Il y a encore des Communautez Religieuses qui ont des Maisons Collègiales dans l’étendue de l’Université, où les nouveaux Profez sont instruits aux Humanitez, Rhétorique, Philosophie, etc., à sçavoir : les Grands Augustins devant le Pont neuf[14], les Grands Cordeliers, près saint Cosme[15], les Grands Jacobins, rue saint Jacques[16], les Bernardins, au quartier saint Victor[17] ; les Carmes, à la place Maubert[18], les Prémontrez, rue Hautefueille[19] ; les Religieux de l’Ordre de Grammont, rue du Batoir[20], et ceux de l’Ordre de Cluny, place de Sorbonne[21].
[14] Ils ont donné leur nom au quai. De leur église, construite en 1368, on fit, sous le premier empire, le marché à la Volaille, qui garda le nom de la Vallée, parce qu’on l’y transféroit de la Vallée de Misère, située près du Châtelet. Ce qui restoit, sur le quai, de l’église devenue marché, vient de disparoître. Il subsiste encore quelque chose des bâtiments, au no 5 de la rue du Pont de Lodi, dont le percement, en 1797, coupa en deux le terrain occupé par le couvent.
[15] Ils avoient donné leur nom à la rue, qui prit, en 1790, celui de rue de l’Ecole de Médecine. Leur église y subsiste encore. C’est le Musée Dupuytren. Pendant la Révolution, ce fut le Club des Cordeliers, d’où Camille Desmoulins, qui en faisoit partie, datoit son journal, le Vieux Cordelier.
[16] Nous en avons parlé un peu plus haut, à propos de leur Bibliothèque.
[17] Dans la rue à laquelle ils avoient fait donner leur nom, et qui prit, en 1806, celui de rue de Pontoise, parce qu’elle est voisine du Marché aux Veaux, que Pontoise approvisionne.
[18] Ils n’étoient pas sur la place même, mais auprès, dans la rue, qui leur devoit son nom. Leur église, qui datoit du XIVe siècle, fut démolie en 1814, pour faire place au marché Maubert. Ces carmes ne sont pas à confondre avec ceux de la rue de Vaugirard, les Carmes déchaussés, à qui l’on doit l’eau de Mélisse, et dont l’église existe encore.
[19] Ils s’y étoient établis, dès 1252, dans une des maisons que Pierre Sarrazin, qui donna son nom à une des rues voisines, y possédoit. Leur chapelle, située au coin de la rue Hautefeuille, à gauche de la rue de l’Ecole de Médecine, fut démolie et rebâtie en 1618. C’est aujourd’hui un café.
[20] Ils n’étoient pas rue du Battoir, mais dans le voisinage, rue Mignon, où, depuis 1603, ils occupoient, par suite d’un échange avec leur prieuré du bois de Vincennes, le collége fondé en 1343, par le maître des Comptes, Jean Mignon.
[21] Le collége de Cluny se trouvoit en effet au coin de cette place et de la rue des Grès. Sa fondation par Yves de Vergy, abbé de Cluny, datoit de 1269. Quelques restes du cloître subsistent encore. David y avoit son atelier en 1806.
Outre les exercices ordinaires de l’Université, on professe la Théologie au Collège de Sorbonne[22], et à celuy de Navarre.