La Liste générale des maîtres de cette Communauté se peut recouvrer aux Ecoles de Chirurgie près l’Eglise de saint Côme. L’exactitude du chef d’œuvre[3] et des exercices qui s’y font en tout temps, doit faire presumer que cette liste n’est composée que d’habiles gens ; et en effet il y en a peu qui ne se soient rendus recommandables par quelques endroits : par exemple, pour les grandes Opérations, Messieurs Petit à l’Hôtel Dieu[4]. Bessière, près la Trinité[5]. Triboulleau, rue des Juifs. Roberdeau, rue saint André. Haustome, rue de la Truanderie, etc.
[3] On sait que c’est ainsi que s’appeloit dans toutes les corporations l’épreuve décisive pour être reçu maître. Pour la communauté des chirurgiens, ce devoit être une opération faite avec succès.
[4] On a de lui un Traité des maladies des os, et un certain nombre de mémoires parmi ceux de l’Académie des sciences.
[5] « M. Bessière, chirurgien fameux pour les playes et pour les grandes opérations, demeure rue d’Arnetal (Grenétat), près la Trinité. » Edit. 1691, p. 18. — Jacques Bessier — c’est son vrai nom — fut, en effet, célèbre. C’est un des quatre chirurgiens auxquels le roi accorda des lettres de noblesse, il les obtint en 1712. Julien Clément, qu’on trouvera tout-à-l’heure, en avoit eu de semblables l’année précédente.
Pour les Consultations M. Morel, rue du Bac, près les Convalescens[6].
[6] « M. Morel, premier chirurgien de la Charité, recherché pour les consultations chirurgicales… » Edit. 1691, p. 18. — L’hôpital des convalescents, près duquel il demeuroit, se trouvoit rue du Bac, à la hauteur du no 98, qui le remplace. Il avoit été fondé, en 1642, par Mme de Bullion, femme du surintendant des finances, pour les convalescents de la Charité. Tous y étoient admis, à l’exception des soldats, des laquais et des prêtres.
Pour la Saignée Messieurs Gillet, rue d’Orléans. Passerat, rue Neuve des Petits Champs. Canto, rue des Boucheries saint Germain. Gervais, rue saint Antoine. Meurisse, rue saint Jacques, etc.
Pour la reduction des os rompus et demis, M. Michault, rue Hautefeuille, etc.
Pour les accouchemens, Mrs Mauriceau, rue neuve de Richelieu. Clément, rue et devant le petit S. Antoine[7]. Portail et Bonnamy, rue saint Martin. Desforges, près saint Eustache. De Frades, rue Comtesse d’Artois, etc.
[7] « M. Mauriceau, chirurgien-accoucheur, auteur d’un traité des maladies des femmes, qui se vend chez d’Houry, rue Saint-Jacques, demeure dans la rue des Petits-Champs. — Monsieur Clément, qui a eu l’honneur d’accoucher Madame la dauphine, demeure devant le petit Saint-Antoine. » Edit. 1691, p. 18. — Mauriceau, qui fut si célèbre pour les accouchements, et dont le Traité des femmes grosses, qu’il publia en 1681, et qu’il traduisit lui-même en latin, resta classique en chirurgie jusqu’à nos jours, avoit en effet demeuré rue Neuve-des-Petits-Champs avant d’aller rue de Richelieu. Il y logeoit, quand son Traité, qu’il vendoit lui-même, parut. On lit sur le titre : « Chez l’auteur, au milieu de la rue des Petits-Champs, au bon Médecin. » Cet accoucheur avec enseigne ne doit pas surprendre. C’étoit l’usage, que les sages-femmes continuent encore. La plupart des chirurgiens tenoient d’ailleurs boutique, et une enseigne leur étoit nécessaire. On lit dans les Œuvres de Santeul, 1698, in-12, 2e part., p. 178, un distique qu’il avoit fait pour une de ces enseignes : Sur un tableau de la charité de Saint Louis, y est-il dit, à la boutique d’un chirurgien, proche Saint Martial :