MATIERES MEDÉCINALES
SIMPLES ET COMPOSÉES.
Les Marchands Epiciers qui s’attachent particulièrement à la Droguerie medecinale[1], sont pour la plu-part dans la rue des Lombards : par exemple, Messieurs Tranchepain, Vilain et Michon.
[1] Les épiciers, sous prétexte de drogueries, s’étoient faits de véritables apothicaires, mais cela n’alla pas sans procès. Il y en eut un notamment fort grave entre ces rivaux de la pilule et des drogues, en 1633. Gui Patin en a parlé. (V. ses Lettres, anc. édit., t. I, p. 38, et II, p. 134.) A Paris, l’affaire s’arrangea ; mais un siècle après, elle se ralluma en province, à Chartres, où le démêlé entre les épiciers et les apothicaires fit très-grand bruit en 1758. On en trouvera quelques détails dans l’Année littéraire de Fréron, 1758, t. VIII, p. 256. Pendant que les apothicaires de province contestoient aux droguistes la vente des remèdes, les droguistes de Paris faisoient la même querelle aux religieux carmes ou jésuites qui s’étoient mis avec eux en concurrence : « les jésuites, écrit Voltaire à Thiriot le 15 septembre 1768, eurent, il y a quelques années, un procès avec les droguistes de Paris, pour je ne sais quel élixir qu’ils vendoient fort cher, après avoir vendu de la grâce suffisante qui ne suffisoit point, tandis que les jansénistes vendoient de la grâce efficace sans efficacité. Ce monde est une grande foire, où chaque Polichinelle cherche à s’attirer la foule ; chacun enchérit sur son voisin. »
Il y a néanmoins de ces Droguistes en quelques autres endroits de la Ville : par exemple, Messieurs Andry, rue de la vieille Bouclerie[2], Brousset, rue neuve saint Mederic[3] ; Moulin, rue des trois Maures ; Boileau, rue des Lavandières[4], etc.
[2] Son fils, qui se faisoit appeler Andry de Boisregard, publia, en 1738, un volume sous ce titre : Cléon à Eudoxe, touchant la prééminence de la médecine sur la chirurgie.
[3] « Au coin de la rue Macon. » Edit. 1691, p. 32.
[4] « Quartier Sainte-Opportune. » Ibid.
Les uns et les autres vendent en gros et en détail, généralement tout ce qui peut faire le sujet des opérations de la Pharmacie et de la Chimie, à l’exception de quelques métaux dont il sera parlé dans un chapitre à part ; de la plûpart des herbes qui sont vendues dans les Halles et Marchez par les Herboristes, et des fleurs qu’on trouve dans leurs temps le matin, rue aux Fers près saint Innocent, ou chez les Fleuristes ou Bouquetières.
Les Maitres et Gardes en Charge de l’Apoticairerie, sont Messieurs Clément à l’Hôtel de Soissons ; Gaillard, rue saint Honoré près saint Roch, et Martel, rue saint Avoye.
Et ceux de l’Epicerie et Droguerie sont Messieurs Harland, rue saint Jacques de la Boucherie ; Boudet, rue saint Martin ; et Chabouillé, rue de la Cordonnerie.