[33] La famille Hazon étoit d’Orléans, dont les eaux-de-vie furent si longtemps célèbres. C’est le père de celui que nous trouvons ici, qui avoit osé répondre à Colbert l’interrogeant, lui et les négociants de Paris et des villes voisines « sur le moyen de rétablir le commerce : — Je vous dirai franchement, Monseigneur, que, lorsque vous êtes venu au Ministère, vous avez trouvé le chariot renversé, et que, depuis que vous y êtes, vous ne l’avez relevé que pour le renverser de l’autre côté. » Le ministre fit grise mine, ce qui empêcha non-seulement Hazon d’achever, mais les autres de rien dire. (Amelot de la Houssaye, Mémoires histor., t. II, p. 365.)
Le Sieur Guyon Apoticaire Epicier à la place Maubert, et un autre au cimetiere saint Jean, font venir des vipères en vie de Poitiers[34].
[34] La vipère entroit pour une grande part dans les préparations de la polypharmacie du XVIIe siècle, surtout dans celles qui devoient combattre la blessure même faite par la morsure des vipères. C’étoit de l’homœopathie par anticipation. Il entroit aussi des trochiques de vipères dans la composition de la thériaque. L’apothicaire Charas, dont nous avons parlé, p. 167, et qui fut si célèbre, avoit, pour cela, donné à sa boutique de la rue des Boucheries, au coin de celle du Cœur-Volant, des Vipères d’or pour enseigne. Cette apothicairerie fameuse, dont le titulaire étoit encore un Charas en 1777, n’a cessé d’exister qu’au commencement de ce siècle.
M. Alary Apoticaire[35] privilegié du Roy, qui (par l’infidelité de ses Commis) s’est trouvé mal des Bureaux qu’il avoit établi dans les Provinces, pour la distribution de ses tablettes fébrifuges[36], et de son Sirop purgatif de la bile, ne laisse pas d’en continuer la distribution chez luy au bout du pont saint Michel devant le quay des Augustins à l’enseigne du Page du Roy.
[35] « De Grou en Provence. » Edit. de 1691, p. 18. — Son fils, l’abbé Alary, fut de l’Académie française, et président du club philosophique, qui se tenoit chez lui, à l’entre-sol de l’hôtel du président Hénault, place Vendôme, d’où lui étoit venu le nom de Club de l’entre-sol. L’abbé de Longuerue l’avoit stylé à l’érudition : « Il se mit, dit le marquis d’Argenson, dans ses Mémoires (édit. Jannet, t. I, p. 65), il se mit à dicter à l’abbé Alary, qui n’étoit alors qu’un petit garçon, fils de son apothicaire, trop heureux d’écrire sous lui. »
[36] « A cinq sols la prise. » Edit. 1691, p. 18.
Ledit Sieur Alary se propose de publier bien tot un spécifique pour les fièvres continues, pour la pleuresie, etc., qui agira avec une promptitude extraordinaire[37].
[37] L’édit. de 1691, p. 32, donne un article que celle-ci ne reproduit pas : « le sieur Soubiron, apoticaire, rue de la Vieille-Monnoie, et le sieur Andry, apoticaire-épicier, au carrefour de l’Ecole, vendent des drogues et compositions pour les maladies des chevaux. »
On vend rue saint Denis à l’enseigne de la Providence près la rue des Précheurs, une pomade qui répare tous les deffauts de la peau du visage, et qui donne une fort grande fraicheur au teint.