[30] On ne fait pas autrement aujourd’hui pour les boîtes de pâte de Regnault, et autres.

Une personne solvable qui connoit la vertu de ces Remedes, s’oblige quand on le veut d’en payer la valeur en l’acquit des malades en cas qu’ils ne guérissent pas, pourvu qu’ils conviennent de les payer au double pour une parfaite guérison.

Le Sieur Fillesac, rue de la Bucherie joignant les Ecoles de Medecine, vend toutes sortes d’Eaux minérales artificielles[31].

[31] « On trouve d’ailleurs des eaux de Forge, rue de la Truanderie, au bureau du Messager de Forge. » Edit. de 1691, p. 19. — Les eaux minérales artificielles sont vivement moquées par Bernier dans ses Essais de médecine, 1re part, chap. XIII. On les fait, dit-il, avec beaucoup d’eau pure et un peu de vitriol — nous dirions aujourd’hui d’acide sulphurique ; — or, les limonades gazeuses ne se font pas aujourd’hui autrement. Les eaux minérales de Fillesac n’étoient donc qu’une sorte de limonade gazeuse. On trouve un curieux prospectus imprimé de sa drogue en bouteille dans les Mss. de la collection Delamarre, no 21, 738, ad finem. Un certain Barbereau, que La Bruyère a désigné par B. B. dans son chapitre des Jugements, § 21, lui fit concurrence. Dès 1670, il étoit connu. Nous trouvons aux Mss. de la Bibl. nat., dans un des registres du Secrétariat, une permission, en date du 12 avril 1670, donnée « au sieur Barbereau, médecin ordinaire du Roy, de vendre et debiter les remèdes de son invention. »

Les Eaux distilées, le Cristal minéral, la Crême de tartre, le Sel policreste ordinaire, et généralement les Drogueries Chimiques se vendent en gros chez le Sieur Courtier au cul de sac des petits Carreaux.

Les huiles d’amandes douces, de noix, de semences froides, de pavôts, et autres tirées sans feu, sont extraites et vendues aux Apoticaires et Droguistes par un Epicier qui demeure rue Montmartre près l’égout, et par un autre qui demeure au carrefour saint Benoist, quartier saint Germain.

Les essences fortes et les huiles grasses de Provence et de Montpellier sont commercées par le Sieur Verchant devant saint Honoré, et par les Provenceaux du cul de sac saint Germain l’Auxerrois[32].

[32] Ce cul-de-sac existe encore presque en face du chevet de Saint-Germain-l’Auxerrois, rue de l’Arbre-Sec. Après avoir quatre ou cinq fois changé de nom depuis le XIIIe siècle, il prit, pour ne plus le quitter, celui de Cul-de-sac des Provençaux, qu’il doit aux marchands d’huiles et d’essences de Provence, que nous trouvons ici, et dont il sera reparlé.

L’Esprit de vin est commercé en gros à la devise Royale, sur le quay de Nesle ; chez le Sieur Butet, devant saint Roch ; et chez la veuve des Barres, rue S. André.

Les Eaux de vie sont aussi commercées en gros par ledit sieur Butet, et encore par les Sieurs Hazon, rue saint Martin[33], et Frotin, rue des Canettes.