M. Jolly, Conseiller en la Cour, rue saint Antoine[18].

[18] Il figure déjà, avec la même adresse, dans la liste de Spon, en 1673. Il y est donné comme amateur de tableaux modernes.

M. de Caumartin, rue sainte Avoye[19].

[19] Le Fèvre de Caumartin, que nous ayons déjà vu parmi les intendants des finances. Il aimoit, lui aussi, les tableaux modernes, surtout ceux de Rigaud, qui lui fit deux fois son portrait, et peignit aussi celui de sa femme.

M. Mendat, rue saint Loüis du Marais[20].

[20] Conseiller à la Grand’Chambre, père du maître des requêtes, Galiot de Mandat, baron de Nully, dont les goûts nous sont plus connus que les siens : il étoit bibliophile. L’écusson des livres de sa bibliothèque, dont la vente se fit en 1755, avec Catalogue dressé par David l’aîné, porte : d’azur au lion couronné d’or, au chef d’argent chargé d’une hure de sanglier de sable, accostée de deux roses de gueules.

M. Jabac, rue Neuve saint Mederic[21].

[21] Evérard Jabach, banquier de Cologne, établi en France, où il devint directeur de la compagnie des Indes orientales, et l’un des maîtres de la curiosité. Il a déjà été parlé de lui, p. [109], note 11. Ses acquisitions à Londres, après la mort de Charles Ier, furent considérables selon Mariette. Il eut dès lors, tant comme peintures et dessins, que comme marbres et bronzes, le plus riche cabinet de Paris. La gêne vint par la prodigalité. Jabach dut vendre à Mazarin l’admirable série de ses Corrège, qui, plus tard, passèrent au Roi, et sont maintenant au Louvre. Puis, la ruine à peu près complète ayant suivi, il fallut céder la collection entière : 101 tableaux et 5,542 dessins. Le roi offrit 200,000 livres, et, au mois de mars 1671, marché fut conclu. Jabach garda quelques dessins, dont il ne put s’empêcher de faire le fonds d’une collection nouvelle que vendit son petit-fils. Il avoit aussi conservé quelques tableaux, entre autres celui où Lebrun, qui s’y étoit peint lui-même, l’avoit représenté avec sa femme et ses enfants. Il fut vendu à Cologne, en février 1787. — L’hôtel de Jabach, rue Neuve-Saint-Merry, existe encore en partie ainsi que le passage qui le fait communiquer avec la rue Saint-Martin. Bullet en avoit été le principal architecte. Au XVIIIe siècle, les membres de l’Académie de Saint-Luc y firent leurs expositions jusqu’en 1777. C’est ce qui faisoit appeler par Diderot « Jabach » ces tableaux d’ordre inférieur. Un fameux magasin de tabatières s’établit aussitôt après à l’hôtel Jabach.

M. de la Saldiere, rue du gros Chenet[22].

[22] Ne seroit-ce pas, comme nous l’avons dit dans la Comédie de la Bruyère, le bibliophile Guyon de Sardière qui pouvoit alors commencer sa riche collection ? Si ce n’est lui, nous ne savons qui c’est.