M. le Doyen de saint Germain l’Auxerrois[23].

[23] Il avoit entre autres belles peintures son portrait peint par Rigaud, et aimoit aussi beaucoup les antiques. C’étoit un D’Argenson.

Mrs Belluchot et le Riche, rue des Massons[24].

[24] François Belluchot, secrétaire du Roi, et Antoine Le Riche, secrétaire du Roi aussi, avoient leurs cabinets dans la même maison : Belluchot y collectionnoit avec un grand goût des tableaux de maîtres — il en avoit un surtout du Guide qui étoit admirable. — Le Riche faisoit, lui, collection de livres choisis et d’estampes, dont il avoit beaucoup de « très-belles et très-curieuses », dit G. Brice (3e édit., t. II, p. 175).

M. de Furetière, rue du Roy de Cicile[25].

[25] Ce n’est pas l’auteur du Dictionnaire, mort alors depuis quatre ans, mais son frère Nicolas Furetière, avocat au Parlement, qui avoit comme lui le goût des curiosités, et peut-être avoit hérité des siennes. Dans sa liste de 1672, Spon n’avoit pas oublié Furetière, le lexicographe, l’auteur du Roman Bourgeois, il nous l’avoit donné comme étant curieux de livres rares, d’estampes, de bronzes, etc. Son frère, que nous voyons logé rue du Roi-Sicile, pouvoit y demeurer alors. Le 9 janvier 1691, il avoit fait baptiser une de ses filles à Saint-Gervais, qui est la paroisse de cette rue. Il mourut le 9 décembre 1697, à l’île Saint-Louis. M. Ferd. de Lasteyrie a retrouvé son inventaire après décès. Cent cinquante tableaux y figurent avec « une infinité de petits bronzes, de médailles, d’objets en pierre dure, etc. » Il avait donc qualité pour compter parmi les Curieux. V. Bull. de la Soc. de l’hist. de Paris, t. IV, p. 146-150.

M. de Creil, rue de Montmorency[26].

[26] Il figure dans la liste de Spon. On y apprend qu’il collectionnoit : tableaux anciens et modernes, porcelaines, statues de bronze, médailles antiques et modernes. Il en brocantoit aussi : « Il y a longtemps, écrit Baudelot d’Airval, en 1686, dans l’Utilité des Voyages, que M. de Creil règne dans le commerce des choses précieuses… il s’en défait aussi avec toute la complaisance possible, lorsque les curieux connussent le prix de l’antiquité, et n’estiment pas les choses médiocrement. » — Parmi ses tableaux modernes, se trouvoit un baptême du Christ que Le Sueur avoit peint pour lui.

Mrs Bertin[27] et de la Touanne, porte Gaillon.

[27] Trésorier des parties casuelles, « qui, lisons-nous dans les Annales de la Cour et de Paris, pour 1697-1698, t. I, p. 148, est un des hommes de Paris les plus curieux pour les meubles. » Il avoit surtout de merveilleux tapis, acquis par lui de la succession du conseiller Pussort. Le Roi les vit, les désira, et ils lui furent cédés. Ibid.