[45] Grand audiencier. Rigaud avoit peint son portrait et celui de sa femme.
[46] Président au Parlement. Il avoit habité d’abord un hôtel de la rue Barre-du-Bec, où Laurent de La Hire lui avoit peint une galerie.
M. Leviez, rue saint Sauveur.
M. l’Abbé Bizot[47], rue saint Jean de Beauvais.
[47] Baudelot d’Airval, dans son Utilité des Voyages, au chapitre des « Cabinets de France », parle ainsi de lui : « Monsieur l’abbé Bisot (sic) a des talents pour la curiosité qui sont incompréhensibles : on peut dire qu’il en est une source inépuisable, et que personne ne connoît mieux les médailles modernes que lui. »
M. de Gagniere, à l’Hotel de Guise[48].
[48] François-Roger de Gaignières, le plus célèbre des curieux de son temps. Il avoit eu le gouvernement des ville, château et principauté de Joinville, par Mme de Guise qui se l’étoit attaché, et qui le logeoit dans son hôtel de la rue du Chaume avec ses collections. Elles comprenoient : documents de tous genres, lettres originales, copies, dessins, estampes, le tout choisi avec une remarquable intelligence. Il en fit cession au roi le 19 février 1711, moyennant 4,000 liv. comptant, une pension viagère de même somme, et 20,000 liv. à payer après sa mort aux personnes qu’il désigneroit. C’étoit donné, aussi ne vit-on là qu’un don de la part de Gaignières. Le 17 mars suivant, Coulanges lui écrivoit : « Votre cabinet mérite bien l’immortalité, et, pour y parvenir, vous ne pouviez mieux faire que de le joindre à celui de Sa Majesté. Je souhaite fort que tant que vous vivrez elle vous donne largement des marques bien effectives de la reconnoissance qu’elle en doit avoir. Le présent le mérite bien. » Cette acquisition fut la dernière qui fut faite sous Louis XIV pour la bibliothèque du Roi. Elle en est restée un des fonds les plus importants. — Gaignières se mêloit quelquefois de dessiner. On peut voir au Cabinet des Estampes, Topographie du Loiret (arrondissement d’Orléans) une mauvaise gravure de M. de Caumartin, faite d’après un dessin de lui, signé. C’est une vue du château de Cléreau, près de Sully-la-Chapelle, dans une contrée qu’il devoit connoître. Il étoit, en effet, croyons-nous, et nous pourrions le prouver, originaire de Jargeau. N’oublions pas de dire que, suivant G. Brice (t. I, p. 366), il joignoit au goût des dessins et des estampes celui des médailles, et aussi celui des portraits contemporains et autres. C’étoit un des plus à la mode, comme on le voit par cette fin d’un couplet de Coulanges dans son Recueil de chansons choisies, 1696, in-8, p. 35 :
Venez tous dans mon cabinet,
Chacun, pour sa parure,
Aura sa bordure,