[6] Angélique-Isabelle de Montmorency-Boutteville, duchesse de Mecklembourg-Schwerin. Saint-Simon nous la représente comme « très-avare et très-entasseuse. »
Madame la Duchesse de Porsmeuch, rue[7]
[7] Louise-Renée de Penacoët de Kéroual. Le roi d’Angleterre, Charles II, dont elle avoit longtemps été la maîtresse, l’avoit faite baronne de Petersfield, comtesse de Farsam, duchesse d’Aubigny et de Portsmouth. Revenue en France, lorsqu’il fut mort, elle s’étoit logée sur le quai des Théâtins, auprès de la rue des Saints-Pères, dans un hôtel où elle avoit entassé tout ce qu’elle avoit pu prendre des magnifiques collections de Charles II. Liger, dans le Voyageur fidèle, p. 136, vante sa galerie de tableaux.
Madame la Duchesse de Bouillon, sur le quay Malaquet[8].
[8] Marie-Anne Mancini, duchesse de Bouillon, une des nièces de Mazarin, la protectrice de La Fontaine. Son hôtel existe encore en partie au no 19 du quai Malaquais. Il avoit été bâti par le financier La Bazinière, mais elle l’avoit beaucoup transformé et embelli. En juillet 1696, elle y faisoit encore travailler. « Les dedans, écrit Liger (p. 135), sont plus curieux que les dehors par les tableaux et autres meubles et bijoux qui en sont la richesse et l’ornement. » Suivant Saint-Simon, la duchesse étoit surtout magnifique en pierreries.
Madame la Présidente du Tillet, rue de la Planche[9].
[9] Fille aînée du président Bailleul, mariée au président Girard du Tillet. Elle avoit, dans sa jeunesse, fait beaucoup parler d’elle. V. la Carte du pays de Braquerie, dans l’Histoire amoureuse des Gaules, édit. elzévir., t. I, p. 11.
Madame de Coulange[10], dans le Temple[11].
[10] Marie-Angélique Du Gué Bagnols, femme du marquis de Coulanges, le chansonnier, parent et ami de Mme de Sévigné. Le mari et la femme étoient l’un et l’autre de fins collectionneurs. Coulanges aima d’abord les tableaux : « le cabinet de M. de Coulanges, écrit Mme de Sévigné à sa fille, le 10 nov. 1673, est trois fois plus beau qu’il n’étoit ; vos petits tableaux sont dans leur lustre, et placés dignement. » Il aimoit surtout les portraits. On l’a vu par une fin de couplet citée plus haut. Il donnoit aussi dans les faïences, mais les richesses qu’il vit entassées à l’hôtel de Guise lui firent prendre des goûts plus coûteux : il passa aux cornalines, aux cristaux, aux agathes. C’est encore une des chansons de son Recueil (p. 151) qui nous l’apprend. Sa femme recherchoit les raretés curieuses. Mme de Sévigné (t. X, p. 182) nous a raconté son ravissement lorsqu’elle retrouva le miroir de toilette de la reine Marguerite.
[11] Les Coulanges avoient, à la fin de 1690, quitté la rue du Parc-Royal pour venir habiter un des petits hôtels de l’enclos du Temple.