[2] On ne les vouloit que de la Chine : — « Rappelez-vous, dit Lisette, dans la Maison de campagne de Dancourt (acte I, sc. 5), celle qui en riant vous cassa toutes ces porcelaines de Hollande, parce qu’elle disoit qu’il n’en falloit avoir que de Chine. » Une déclaration royale du 2 juillet 1709 défendit l’importation des porcelaines, faïences et poteries étrangères.
[3] Lisez Dautel ou Dotel. Il est continuellement cité dans les pièces du temps. Le Sage, par exemple, le nomme dans Turcaret, et Regnard dans l’Homme à bonnes fortunes, scène des Curiosités. — « Est-il curieux ? dit Brocantin. — Bon, répond Arlequin, c’est le Dotel du pays. Il troque de nippes à tout moment, et je vous réponds qu’avant qu’il soit deux jours il aura troqué sa femme. » Le financier du Voyage du Parnasse se vante, p. 205, d’avoir acheté chez lui « une belle jatte de la vieille porcelaine verte du Japon », V. aussi le Théophraste moderne, p. 422 ; l’Ambigu d’Auteuil, p. 16-17 ; Gacon, le Poëte sans fard, p. 41.
[4] Il n’étoit pas moins célèbre que Dautel. L’abbé de Villiers le nomme avec lui dans ses Poésies, p. 149, et seul dans son poëme de l’Amitié, p. 48 :
Voulez-vous voir chez vous vos salons inutiles,
Montrer aux curieux mille ornements fragiles,
En antiques tourner et le bronze et le fer,
Et dans un cabinet mettre tout Malafer…
Il collectionnoit pour son propre compte, et possédoit notamment, sans vouloir le vendre ni le troquer, le Saturne coupant les ailes de l’Amour, par Nicolas Perrier. Il voyoit beaucoup artistes et poëtes. La veuve Laurent l’avoit comme habitué dans son café du coin des rues Dauphine et Christine ; il fut ainsi mêlé à l’affaire des couplets de Rousseau. Il avoit écrit une histoire des peintres, dont nous ne connoissons qu’une notice, celle de Santerre, publiée par le Mercure, sept. 1718, p. 69.
[5] Spon, en 1673, l’avoit mis non parmi les marchands de curiosités, mais parmi les curieux : « M. Varenne, dit-il, près la Monnoie, tableaux et diverses curiosités. »
[6] Il est, aussi bien que Dautel, nommé dans plusieurs pièces du temps, comme brocanteur célèbre, et peut-être aussi un peu comme prêteur sur gages. (V. Dancourt, la Foire Saint-Germain, sc. XII, et la Femme d’intrigue, acte V, sc. IX.) Ses deux fils Eléonor et Pierre lui succédèrent au Palais, l’un à l’enseigne de la Croix d’or ; l’autre à celle du Dauphin. — On trouve, dans les Mss. Delamarre, no 21, 627, p. 170, le procès-verbal d’une visite faite chez La Fresnaye, après l’édit contre les dorures, décrété en 1669 et renouvelé en 1687 et 1689.