M. de Cauroy, ruë Briboucher, tient magasin de Bijouteries et Coffres d’Angleterre[14], de Porcelaines, de Pagottes[15], de terre cizelées et de Meubles de la Chine[16].

[14] Ces « articles » anglais furent longtemps à la mode. Le 30 juillet 1743, un privilége de dix ans fut accordé à Claude-Imbert Gérin, qui s’établit rue de Charenton, pour fabriquer « toutes sortes de fayences, à l’imitation de celles d’Angleterre. »

[15] Pour « pagodes. » C’étoit une des chinoiseries les plus recherchées. Au siècle suivant, Gersaint, le fameux marchand de curiosités, en avoit fait son enseigne. Voici le texte de l’adresse que M. de Caylus avoit gravée pour lui, en 1740 : « à La Pagode, Gersaint, marchand jouaillier sur le Pont-Notre-Dame, vend toute sorte de clainquaillerie nouvelle et de goût, bijoux, glaces, tableaux de cabinet, pagodes, vernis et porcelaines au Japon, coquillages et autres morceaux d’histoire naturelle, cailloux, agathes, et généralement toutes marchandises curieuses et étrangères.

[16] Cet art. est un peu différent dans l’édit. de 1691, p. 24. Après une liste à peu près pareille à celle qui commence ce chapitre, mais moins longue, on y lit : « Ces marchands vendent des porcelaines, des meubles de la Chine et des terres cizelées en détail, mais on en trouve en gros chez M. Du Cauroy, à la ville d’Anvers, rue Briboucher », c’est-à-dire, comme on sait, rue Aubry-le-Boucher.

M. de la Cousture, Cloitre S. Nicolas du Louvre, a un particulier talent pour damasquiner sur l’acier[17] en Figures et Ornemens de la Chine.

[17] Cet art de damasquiner n’étoit pas nouveau chez nous, mais il avoit été singulièrement perfectionné par un des maîtres de La Cousture, nommé ici, le fourbisseur parisien Cursinet, mort vers 1670. « Il a fait, dit Félibien, Des principes d’architecture, 1676, in-4o, p. 455, des ouvrages incomparables en cette sorte de travail, tant pour le dessin, que pour la belle manière d’appliquer son or, et cizeler de relief par dessus. »

Le Sieur Salé Peintre, rue de la Ferronnerie, dit avoir trouvé un secret d’Optique qui fait voir dans un Tableau toutes autres Figures que celles qui y sont peintes, et même au gré des Spectateurs.

Le Sieur l’Arche Fondeur et Cizeleur en Bronze, qui est fort renommé pour les Figures de Cabinet, demeure rue des Ciseaux, prés l’Abbaye saint Germain ; il donne une couleur de bronze antique aux figures modernes[18].

[18] Il se servoit de purpurine, ou bronze moulu, qui s’appliquoit soit à l’huile soit au vernis.

Les Sieurs Vilaine, rue Neuve saint Mederic, et la Pierre, quay des Orfèvres, ont un particulier talent pour bien nettoyer les Tableaux.