Le Sieur Pouilly[19], rue Dauphine, a trouvé un secret pour augmenter de beaucoup la vertu de l’Aymant et un Microscope qui grossit extraordinairement les objets[20].

[19] « Faiseur d’instruments mathématiques… vend un calandrier de cabinet propre et curieux. » Edit. de 1691.

[20] Ces derniers détails manquent dans l’édit. de 1691, p. 24, mais après l’article se lit celui-ci, qui n’a pas reparu ici : « On trouve des estampes de toutes sortes chez le portier de l’Académie des peintres, rue de Richelieu. »

Les Tableaux Cilindriques[21] se vendent chez le Sieur Amielle, près saint Hilaire.

[21] Il eût mieux valu dire « miroirs cylindriques. » V. à leur sujet, le Diction. des Arts et Métiers de l’abbé Jaubert, 1773, in-12, t. II, p. 612.

Il y a un Pere Theatin qui en fait pour luy et pour ses amis d’une beauté extraordinaire[22], aussi bien que des Figures de toutes espèces pour la Lanterne magique[23].

[22] Les religieux s’occupoient volontiers d’optique ; le P. Jean-François Niceron, auteur du Thaumaturgus opticus, 1646, in-fol., avoit fait chez les Minimes de la place Royale, qui étoient un couvent de son ordre, des tableaux changeants d’une habileté et d’un effet surprenants.

[23] Ce n’étoit pas encore devenu un amusement enfantin et vulgaire. On s’en divertissoit dans le monde, comme à cette soirée de l’hôtel de Liancourt, où le spectacle fut une lanterne magique, avec deux vielles pour orchestre. V. Loret, Muse historique, 13 mai 1656.

Le Sieur Hubin Emailleur, rue saint Denis, devant la ruë aux Ours, fait et vend des Baromettres, des Thermomettres et des Hidromettres d’une propreté particulière[24].

[24] Il étoit célèbre depuis déjà longtemps. En 1673, Spon le plaçoit sur la liste de ses curieux : « M. Ubin, dit-il, émailleur, rue Saint-Denys, vis-à-vis la rue aux Ours : thermomètres, baromètres, larmes d’Hollande, et autres curiosités. » Suivant Huet, qui lui fit faire un anémomètre, qu’il avoit lui-même inventé, et qui le traite « d’excellent ouvrier », il étoit anglois. (Huetiana, p. 56.) C’est lui qui, avant Réaumur, construisit les thermomètres les plus parfaits : « les curieux en conservent encore dans leurs cabinets », écrivoit, en 1773, l’abbé Jaubert (t. III, p. 143). Il excelloit aussi pour les yeux de verre : « chez Hubins, le fabricant d’yeux de verre, dit Lister à la fin du chap. V de son Voyage à Paris en 1698, j’en vis de pleins tiroirs, de toutes couleurs, de façon à appareiller n’importe quels yeux : et il faut qu’il en soit ainsi, car la moindre différence seroit intolérable. » L’édit. de 1691, p. 31, n’oublie pas ce talent de Hubin pour les yeux artificiels, et elle lui donne pour concurrent Le Quin, rue Dauphine, que nous retrouverons plus loin. — Hubin était grand ami de Papin, dont, en 1674, il avait présenté à l’Académie des sciences l’ouvrage important, Nouvelles expériences du vuide.