[1] Dans l’édit. précéd., ce qui suit se trouvoit, avec des détails différents, au « chapitre IV, des Académies :… Les Académies de la deuxième espèce, où l’on instruit la noblesse dans les Sciences et dans les Arts qui regardent la discipline militaire, et dans tous les exercices de la danse, sont au nombre de cinq ; sçavoir : celle de M. Coulon, rue Férou, près Saint-Sulpice ; celle de M. de Long-pré au carrefour Saint-Benoist ; celle de M. Bernardi rue de Condé, et celle de Monsieur de Roquefort, dans la rue de l’Université », p. 8.
Toutes les Academies de Manège ont esté reduites à deux, et reglées de telle sorte que les pensionnaires y sont distribuez en nombre egal ; l’une est au Carrefour saint Benoist[2], où il y a pour Ecuyers, Messieurs de Lonpré[3], Bernardy[4], et et l’autre qui est dans la ruë des Canettes, a aussi pour Ecuyers, Mrs Vandeüil, Roquefort, et d’Auricour.
[2] La cour du Dragon fut construite à la place de cette académie et de son manége.
[3] Nous l’avons trouvé tout-à-l’heure parmi les curieux de médailles. Il avoit été fait écuyer du Roi, le 14 février 1670. V. Registre du Secrétariat, pour 1670, Biblioth. Nat., f. franç., no 6652, fol. 96 vo.
[4] Il étoit de Lucques, comme Arnolphini, autre grand « académiste » de ce temps-là. Avant de venir au carrefour Saint-Benoît et de s’y associer avec Longpré, Bernardi avoit eu une académie de manége rue de Vaugirard, près du Luxembourg, où on lui avoit permis d’élever tous les ans un fort pour exercer ses élèves aux manœuvres des sièges. Soleysel, auteur du Parfait maréchal, dont nous avons parlé plus haut, avoit professé dans son manége.
C’est dans ces deux Academies, que les jeunes gens sont exercez dans les Sciences et dans les Arts qui conviennent à la Noblesse ; c’est-à-dire, aux Mathématiques et aux exercices des Armes, du Cheval et de la Danse[5].
[5] Un contemporain, Le Bret, nous dit dans ses lettres diverses, p. 127, que tout bon gentilhomme devoit rester deux ans chez Bernardi, et y gagner au moins « un prix à la course de bagues. »
Messieurs le Perche père, rue de la Harpe[6] ; Liancourt, rue des Boucheries saint Germain, de Brie, rue de Bussy, et du Fay, rue du Chantre, sont les Maîtres en fait d’Armes preposez dans les deux Academies, pour enseigner l’usage de l’Epée.
[6] C’étoit un honneur de prendre de ses leçons. Brillon, dans ses Portraits sérieux, galants et critiques, 1696, in-12, p. 270, dit de l’homme du bel air qu’il appelle Aristarque : « grand homme d’exercice, vous lui entendrez répéter qu’il est un des forts écoliers de Le Perche, et que dans l’Académie de Longpré on ne parle que de lui. »
M. de Beaufort, près la porte saint Honoré, montre dans l’une et dans l’autre, l’exercice de la Pique, du Mousquet et des Evolutions militaires.