Et Mrs Favier[7] et Du Four, rue Dauphine, y montrent à danser.

[7] C’est celui dont La Bruyère a dit à l’art. 29 du chapitre de la Mode, en souvenir des leçons qu’il donnoit à M. Le Duc, son élève : « On sait que Favier est beau danseur. » Mme de Sévigné a aussi parlé de lui, t. IX, p. 133. Il étoit attaché à l’Opéra.

Il y a d’ailleurs en differens quartiers des Maîtres en Fait d’Armes, qui tiennent salle chez eux, et qui sont dans l’approbation publique ; par exemple, Messieurs de saint André, quay des Augustins, Chardon, rue de Bussy : Minoux, rue des mauvais Garçons : le Perche fils, rue Mazarine : Pillait père, rue Dauphine : Pillart fils, rue des Cordiers : du Bois, près le Jeu de de Metz[8], etc.

[8] Un des jeux de paume de la rue Mazarine. — On voit que, sauf deux, tous ces maîtres d’armes demeuroient dans le quartier de l’Université. En 1721, il en étoit encore de même. J. de Braye, qui fit paroître alors l’Art de tirer les armes, dit qu’il y avoit dans Paris plus de dix mille bretteurs, et presque tous dans le quartier latin. Ils n’affluoient pas moins, en 1695, dans le faubourg Saint-Germain. Le procureur du Roi, Robert, dans une lettre du 11 juillet à l’agent Desgranges, lui dit, à propos d’une arrestation qu’il devoit mais ne put faire près de l’abbaye : « En un moment, il s’est attroupé en cet endroit beaucoup de gens d’épée et de bretteurs dont ce quartier est rempli, et il étoit impossible d’emmener le prisonnier sans rendre un petit combat et faire tuer beaucoup de monde. » (P. Clément, la Police sous Louis XIV, p. 442.)

M. Liencourt a donné au public un excellent traité de la Pratique des Armes.

Il y a pareillement encore pour les hautes armes, M. Rousseau, qui est ordinairement en Cour[9] : M. Colombon, devant la grande porte du Palais : et M. Chevry, rue des Boucheries saint Germain.

[9] Il étoit maître d’armes des pages de la grande et de la petite écurie, et il le devint ensuite du duc de Bourgogne. Son fils et son petit-fils, qui avoit épousé une sœur de Mme Campan, furent maîtres d’armes des enfants de France. Le dernier ne put échapper à la Terreur : « Il fut pris et guillotiné, dit Mme Lebrun. On m’a dit que le jugement rendu, un juge avoit eu l’atrocité de lui crier : pare celle-ci, Rousseau. » (Souvenirs, 1re édit., t. I, p. 182.) Amédée de Beauplan étoit son fils.

Plusieurs maîtres de Dance dispersés en differens endroits, sont d’ailleurs d’une habilité distinguée ; par exemple, M. de Beauchamp, Maître des Ballets du Roy, et le premier homme de l’Europe pour la composition[10], rue Bailleul : M. Reynal l’aîné, maître à danser des Enfans de France[11], ordinairement en Cour : et Messieurs d’Olivet et Favier cadet, rue du petit Lion : Favre l’aîné, rue de Richelieu : Favre le cadet, rue Platriere : Lestang et Pecourt ainé[12] et cadet, rue Traversine : du Mirail, rue de Seine : Bouteville, rue des mauvais Garçons : des Hayes, devant la Comédie Françoise : Germain l’ainé, rue saint André : Germain le cadet, rue de Bussy : Pestor au Marché Neuf, etc.

[10] G. Brice se contente de dire qu’il est « des plus renommés de sa profession, par les beaux ballets qu’il a composés, et par les élèves habiles qu’il a formés, qui sont à présent admirés de tout le monde, principalement sur le théâtre de l’Opéra, où on les voit exécuter des danses merveilleuses. » Il a été parlé plus haut, p. 230, de son cabinet de curieux.

[11] Son nom est écrit Rénal dans l’Etat de France de 1702, t. II, p. 30, où il figure comme maître à danser du duc de Bourgogne et de son frère le duc de Berry.