[12] Louis Pécourt, maître à danser des pages de la Chambre. Lui et Lestang étoient les maîtres à grands succès, et qui gagnoient le plus. Richelet, à ce propos, a dans son recueil Les plus belles lettres françoises, 4e édit., t. I, p. 379, une note bien curieuse, et encore plus amère : « M. le duc d’Enghien, dit-il, dansoit proprement, et de son temps la danse commençoit à être quelque chose. Cependant ce n’étoit rien en comparaison de ce qu’elle est. Elle enchante et aussi pour plaire, ou pour faire fortune, il faut comme Pécourt ou L’Etang danser ou être maître à danser. » Regnard, dans sa farce du Théâtre Italien, le Divorce, jouée en 1688, parle aussi du succès des leçons de ces danseurs et du prix qu’ils y mettoient : « Colombine. Un demi louis d’or pour une leçon ! on ne donnoit autrefois aux meilleurs maîtres qu’un écu par mois. Arlequin. Il est vrai, mais dans ce temps là les maîtres à danser n’étoient pas obligés d’être dorés dessus et dessous comme à présent, et une paire de galoches étoit la voiture qui les menoit par toute la ville. »
Outre ce qu’on a veu dans l’article des Mathematiques touchant les maîtres qui professent et qui enseignent toutes les dépendances, il y a d’ailleurs entre les fameux, Messieurs Goret, Terranneau, Walter, etc., dont on n’a pû recouvrer les adresses.
M. Chartrain qui est également sçavant et illustre, et qui demeure rue du Four saint Germain, enseigne l’Histoire, la Geographie, le Blazon, etc.
Autant en fait M. l’Abbé Brice, Auteur de la Description de la Ville de Paris[13], qui demeure rue du Sepulcre.
[13] Nous avons parlé de lui dans une de nos premières notes, p. 6, et quant à sa Description de Paris, nous l’avons assez souvent citée pour ne pas avoir à y revenir ici. Elle en étoit encore à ce moment à sa première édition, publiée en 1684, 2 vol. in-12.
M. Veneroni[14], Secretaire Interprète du Roy, ordinairement nommé dans les Tribunaux pour la Traduction et Interpretation des Langues Espagnole et Italienne, enseigne ces deux Langues chez luy, rue du Cœur Volant[15] et en Ville ; c’est celuy même qui a publié un Dictionnaire[16], une Grammaire, et une Nouvelle Metode pour la Langue Italienne[17], et qui a traduit les Lettres du Cardinal Bentivoglio, le Pastor Fido, etc.
[14] Ce nom, qui a longtemps été populaire dans les classes, n’étoit pas le sien. Il se l’étoit donné, en italianisant son nom véritable, Vigneron.
[15] Ajoutons, d’après Jal, Dict. critique, p. 1242, « à l’enseigne du Chapeau couronné. »
[16] Ce dictionnaire italien ne lui appartenoit pas beaucoup plus que son nom à l’italienne. La Monnoie nous l’apprend sans ménagement dans une note du glossaire de ses Noëls bourguignons : « le plagiaire, dit-il, qui s’est emparé du dictionnaire italien d’Oudin et l’a fait imprimer sous le nom de Vénéroni, étoit un pédant nommé Vigneron. » Il est juste d’ajouter qu’il n’avoit pas — ce qu’oublie La Monnoye — nié ce qu’il devoit à Oudin, quand, en 1681, il avoit donné une nouvelle édition de son dictionnaire. Il avoit mis sur le titre : « continué par Laurent Fevrette et par Vénéroni. » C’est bien plus tard, lorsqu’il fut mort, que son nom italianisé le lui fit attribuer tout entier.
[17] Il n’a pas plus fait cet ouvrage qu’il n’a fait l’autre. « Sa méthode, lisons-nous, au mot « Vénéroni », dans le Dictionn. histor. de l’abbé Ladvocat, n’est pas de lui, mais du fameux Roselli, dont on a imprimé les aventures en forme de roman. A son passage en France, il alla prendre un dîner chez Vénéroni, qui, ayant vu qu’il raisonnoit juste sur la langue italienne, l’engagea à faire une grammaire pour laquelle il lui donna cent francs. Vénéroni n’a fait qu’y ajouter quelque chose à son gré, et la donna sous son nom. »