[5] Michel Le Bouteux, fils de celui qui avoit eu un si beau jardin, rue de la Madeleine, à la Ville-l’Evêque, où tout le monde pouvoit s’aller promener, comme on le voit dans le roman de Mme de Villedieu : Mémoires de la vie de Henriette-Sylvie de Molière, édit. de 1701, p. 110. On a du père : Plans des bastiments et jardin de la Norville ; Plan du jardin et château de Louvois ; Plan du château de Presles, près Beaumont, etc. ; et du fils : Plan et élévation du château de Villacerf, toutes planches très-rares.
[6] Il avoit de plus, en survivance, la conciergerie de cette Orangerie. (Etat de France, 1692, p. 498.)
M. Molet, Jardinier ordinaire de Sa Majesté[7], demeure au vieux Louvre[8].
[7] Charles Mollet, fils de Claude Mollet, qui avoit été sous Henri IV, sous Louis XIII et dans les premiers temps du règne de Louis XIV, « jardinier ordinaire et dessinateur des plans, parcs et jardins des maisons royales », et de qui l’on a un livre si curieux : Théâtre des plants et jardinages, etc., 1652, pet. in-4o. Un autre de ses fils, André, frère de Charles, qui est ici, avoit été maître des jardins de la reine de Suède, et avoit publié à Stockolm, en 1651, in-fol. : le Jardin de Plaisir, contenant plusieurs dessins de jardinages, tant parterre en broderie, compartiments de gazon, bosquets et autres.
[8] Sa charge, qu’il transmit en survivance à son fils Armand, le 1er février 1692, étoit celle de « jardinier du Petit-Jardin parterre, qui est au-devant des fenêtres du Louvre. » Il étoit donc tout naturel qu’il logeât dans ce palais. Son père avoit demeuré tout près à l’hôtel de Matignon, et il avoit fait planter, vers 1606, sur la belle place, qui étoit alors au-devant, « quantité de mûriers blancs. » (Archives curieuses, 1re partie, t. IX, p. 130.)
M. Carbonnet, aussi Jardinier de Sa Majesté, demeure près saint Roch, tous trois après M. le Nostre, ont un grand talent pour les desseins de Parterres, de Bosquets, etc.
M. Balon, Directeur de la Pépiniere du Roule[9], demeure là même.
[9] On sait que c’est de cette pépinière du Roule que le nom de la rue de la Pépinière est venu. Voici ce qu’on lit sur Balon qui la dirigeoit alors, dans l’Etat de France de 1692 : « M. Balon, qui est au jardin de la pépinière au Roule, établie en 1670, est directeur des plants d’arbres des maisons royales. » Noël de Morlaix, que Lister y alla voir (V. son Voyage, ch. X), fut le successeur de Balon à la pépinière du Roule.
Il y a encore divers autres Jardiniers de grands Seigneurs, qui sont renommez pour les compartimens, par exemple,
Messieurs de la Saulsaye à l’Hotel de Condé : de Marne, rue de l’Egout près la place Royale : Godeau, près saint Roch à l’Hôtel de saint Poüange[10], etc.