[10] Il s’ouvroit rue Neuve-des-Petits-Champs et devoit son nom au cousin de M. de Villacerf, le marquis Gilbert Colbert de Saint-Pouange, dont le fils eut, par mariage, en 1702, la principauté de Chabannais. La rue, qui fut percée de 1775 à 1777 sur l’emplacement de l’hôtel et de son jardin, prit ce dernier nom qu’elle porte encore.
Les Jardiniers qui sont exercez à la construction des cabinets et ornemens de treillages[11], sont entr’autres Mrs de la Saulsaye[12] et Godeau ci-devant désignez : Carpentier à l’Hotel de Lesdigüires[13], et au Fauxbourg saint Antoine : le Roux, rue de Pincourt : Hennetin, rue de la Muette[14] : et le Normand, rue de Montreuil.
[11] On peut voir sur les estampes du temps, qui représentent des jardins, et dues pour la plupart aux jardiniers-artistes, qui en avoient dessiné l’ordonnance, quelles proportions monumentales on donnoit à ces treillages : « le grand avantage, dit Lister, qu’ils ont dans les villes, c’est, outre la beauté du travail, de cacher le vilain aspect des maisons voisines. » Voyage à Paris, chap. IX.
[12] On a vu tout à l’heure qu’il étoit jardinier de l’hôtel de Condé. Il s’y étoit fort distingué, comme le prouvent les deux planches très-rares où sont figurés les treillages du jardin, à cette époque.
[13] Lisez de Lesdiguières. C’étoit l’ancien hôtel que Zamet avoit fait bâtir sous Henri IV, rue de la Cérisaie, près du petit Arsenal, dont il n’étoit séparé que par une impasse. Il appartenoit alors, à Françoise de Gondi, veuve du duc de Lesdiguières. Mme de Sévigné, dans ses Lettres, en vante la beauté, mais en regrette la trop grande solitude et le difficile accès. (Edit. Hachette, t. X, p. 374 et 467.) Les jardins surtout en étoient magnifiques. Carpentier qui en avoit la direction, et qui excelloit, comme on le voit ici, pour les treillages, ne les y avoit pas épargnés : « Celui du fond, dit Lister, étoit fort noble, et avoit coûté dix mille livres ; un autre en avoit coûté six mille. J’en remarquai un plus petit, et, le seul que j’ai vu ainsi, tout en feuillage de fer peint en vert. »
[14] Ou de la Meute, comme on l’appeloit en 1540, à cause de quelque maison de chasse. C’est dans cette rue, qui va de la rue de Charonne à celle de la Roquette, que Tamponnet, peut-être sur le même terrain, eut sous le premier Empire et la Restauration, ses admirables serres qui ne contenoient pas moins de cinq mille orangers de toutes tailles, et où l’on vit la première collection de camélia. (Dufey, Memorial parisien, 1821, in-12, p. 67.)
Les Jardiniers qui font commerce de Fleurs, Arbres et Arbustes pour l’ornement des Jardins, sont au Fauxbourg saint Antoine[15] : les Sieurs Julien et Guyot dit petit Claude, ruë de Pincourt : Chevalier, ruë des Amandiers : Tremel et Grebey, rue de la Raquette : le Breton, rue de Charonne : du Puis, Huby et Hely, ruë de Baffroy[16] : Gaumont Jacques et du Buisson, grande ruë du Fauxbourg : Marechal, rue saint Bernard, etc.
[15] V. sur ces floristes du faubourg, le Mercure d’avril 1721, p. 176, et celui de juin-juillet de la même année, 2e partie, p. 112.
[16] Elle est adjacente à la rue de Charonne.
Et en divers autres quartiers de la Ville et des Fauxbourgs sont les Sieurs Thibaut fils, rue des Boullais : Baptiste, près les Invalides : Jacques, ruë de Taranne[17] : des Crochets, près la porte saint Martin : Besnard, Fauxbourg saint Laurent, etc.