Et du Nombre des vingt cinq[11] sont Mrs Groü Doyen, Avrillon près le Puits Certain, Coquart rue du Temple, Charles rue de la Huchette, Baron rue du Paon, Rousseau rue d’Avignon[12], Sellier montagne sainte Genevieve, Paris près la Grève, Moricault l’ainé place Maubert, Roussillard près le Pont Marie, Riberolle Isle Notre Dame, Moricault le jeune rue des Boucheries saint Germain, Forel joignant la Comedie Françoise[13], Baron et Guibault au cimetiere saint Jean[14], Gaudin près le Pont Notre Dame, True rue Galande, la Nopce près le Palais, Courtois, rue saint Honoré, le Gendre rue des Noyers, Migret Fauxbourg de Richelieu, etc.
[11] Les vingt-cinq « cabaretiers », suivant la Cour, qu’il ne falloit pas confondre avec les douze « marchands de vin », quoiqu’ils en portassent le titre et eussent les mêmes privilèges. On pouvoit chez eux non-seulement vendre « le vin à pot, mais donner des repas complets. V. Le Traité de la Police, t. III, p. 719, et la Correspondance de Colbert, t. II, 1re partie, p. 169. Les cabaretiers ordinaires, qui n’étoient pas en même temps marchands de vin comme les vingt-cinq, ne pouvoient au contraire fournir pour les noces et repas que leur salle, le pain, le vin, les couverts, linges et salades. Il falloit apporter le reste. V. à ce sujet un arrêt du 1er août 1705, rendu contre le cabaretier Joseph Filastreau. — Il sera parlé plus loin des marchands de vin qui vendoient surtout au pot.
[12] C’est son cabaret qui est indiqué ainsi dans l’édit. précéd., p. 28 : « à la Galère, derrière Saint-Jacques la Boucherie. » Il avoit, en effet, cette enseigne, déjà ancienne dans la rue d’Avignon, qui en prenoit parfois le nom de « rue de la Galère. » Sauval, t. I, p. 111. — V. sur la maison qu’y occupoit Rousseau, de curieux renseignements dans l’édition que M. Cocheris a donnée de l’Histoire du Diocèse de Paris, par l’abbé Le Beuf, t. III, p. 506. — Il est continuellement parlé de ce fameux cabaretier dans les pièces du temps : le Chevalier à la mode, de Dancourt, les Chinois et la Fille de bon sens de la Comédie italienne, etc. Coulange ne l’a pas oublié dans ses couplets. Il y chante :
Chez Rousseau portons nos écus.
[13] Il tenoit le cabaret de l’Alliance, qui étoit, en effet, près de la Comédie françoise établie, depuis 1688, rue des Fossés-Saint-Germain. (Hist. amour. des Gaules, t. III, 435.) C’est à sa porte que mourut subitement, en 1701, le gros comédien-auteur Champmeslé. L’Alliance est citée, pour les débauches qui s’y faisoient, dans plusieurs pièces du théâtre italien : la Cause des femmes, Pasquin et Marforio, les Aventures des Champs-Elysées, où Forel est nommé.
[14] Les cabarets y étoient déjà nombreux sous Louis XIII. Saint-Amand l’appelle « un cimetière »
Fait pour enterrer les ennuis.
Il y a plusieurs autres Marchands renommez pour les fins Vins et pour la belle Viande, par exemple, Messieurs Lamy aux trois Cuilleres rue aux Ours[15], Loisel aux bons Enfans[16] près le Palais Royal, Fitte au grand Loüis rue Bailleul[17], Berthelot à la Conférence rue Gémis Laurent, du Monchel au Soleil d’or rue saint André, du Test à la Corne rue Galande, de Sercy à la petite Galere rue de Seine[18], etc.
[15] Celui-ci étoit en telle vogue, qu’il avoit fini par dédaigner le nom de cabaretier, pour prendre celui de traiteur, que tous les autres, cela va de soi, prirent aussitôt comme lui, même ceux des guinguettes. « Colombine, déguisée en chevalier. Quand vous donnerai-je à souper chez Lamy ? — Isabelle. Vous perdez le respect, chevalier, une fille de ma qualité au cabaret ! — Colombine. Oh ! s’il vous plaît, Lamy n’est pas un cabaret, c’est un traiteur de conséquence… » Le Banqueroutier (1687), théâtre de Ghérardi, t. I, p. 390. Il est nommé dans le prologue du Grondeur (1691).
[16] Il avoit pris pour enseigne le nom même de sa rue, qui alloit, du reste, fort bien à un cabaret.