[30] « Au Jardinet. » Id.
Les Marchands de Vins qui vendent quelquefois en gros et qui debitent beaucoup au pot[31] et en bouteilles, sont entr’autres, Messieurs Mariette, au carrefour saint Benoist, de la Cour rue du Crucifix saint Jacques de la Boucherie, Bernard devant le Pont Neuf, Saulsay rue des Poulies, Rougeault près l’aport de Paris, Bricet Butte saint Roch, Haumont et Berthelot rue des Boucheries saint Germain, des Hottes rue de la Fromagerie, Darlu, Hardouin et Joly près le Palais Royal.
[31] Les bourgeois faisoient vendre la plupart « à pot » ou « au pot », chez ces marchands de vin, le produit de leurs vendanges : « M. Bernard. Ne vaut-il pas autant vendre mon vin à la campagne que de le faire vendre à pot dans Paris, comme la plupart de mes confrères. » Dancourt, la Maison de campagne, scène XXXII.
Le même M. Joly donne fort bien à manger à trente sols par tête[32].
[32] L’édition de 1691, p. 28, cite encore quelques autres cabarets : « Au petit Paris, rue de la Verrerie ; à la petite Epousée, rue Saint-Jean en Grêve ; chez Tessier, au coin Saint-Paul ; au Cormier, rue des Fossez-Saint-Germain ; à la Vallée Tissart, rue Vaugirard ; au Milieu du Monde, à la Grenouillère, où demeure Lognon, renommé pour les matelottes ; à la Chasse Royale, près la porte Saint-Louis ; aux Bâtons royaux, rue Saint-Honoré. » Les Bâtons royaux se trouvoient près de Saint-Roch, dont les marguilliers y alloient faire bombance. (V. notre Histoire de la Butte, p. 52.)
HOSTELS GARNIS
ET TABLES D’AUBERGES.
Il y a des Appartemens magnifiquement garnis pour les grands Seigneurs à l’Hotel de la Reine Marguerite rue de Seine[1], et à l’Hotel de Bouillon quay des Théatins.
[1] Liger, dans son Voyageur fidèle, p. 325, le met aussi au nombre des hôtels garnis renommés. Il existe encore au no 6 de la rue de Seine. C’est un pavillon détaché du magnifique hôtel que la première femme d’Henri IV s’étoit fait construire, et dont les jardins, qui s’étendoient jusqu’à la rue des Saints-Pères, ne survivent plus que par un jardinet planté de quelques arbres, où l’on descend, comme sous Henri IV, par un double perron. La façade du pavillon est restée ce qu’elle étoit. On s’est contenté de l’exhausser d’un étage, mais du même style, au-dessus duquel on a reconstruit les anciennes mansardes. Le conseiller d’Etat Gilbert des Voisins l’habitoit au XVIIIe siècle, et les Mirabeau, dont les boiseries intérieures conservent encore le chiffre, y étoient venus après lui.
Il y a encore plusieurs autres Hotels meublez en differens quartiers, par exemple, le grand Duc de Bourgogne rue des petits Augustins, l’Hotel d’Escosse rue des saints Pères, l’Hotel de Taranne, l’Hotel de Savoye, et l’Hotel d’Alby rue de Charonne, l’Hotel de l’Isle, l’Hotel de Baviere, l’Hotel de France, et la Ville de Montpellier rue de Seine, l’Hotel de Venise, et l’Hotel de Marseille rue saint Benoist, l’Hotel de Vitry, l’Hotel de Bourbon, l’Hotel de France, et l’Hotel de Navarre rue des grands Augustins[2], la Ville de Rome rue des Marmouzets, l’Hotel de Perpignan rue du Haut Moulin, l’Hotel de Tours rue du Jardinier[3], l’Hotel de Beauvais rue Dauphine, l’Hotel d’Orléans rue Mazarine, l’Hotel du saint Esprit rue de Guenegaud, l’Hotel de saint Agnan rue saint André, l’Hotel d’Hollande[4], l’Hotel de Beziers, l’Hotel de Brandebourg, l’Hotel de saint Paul et le grand Hotel de Luyne rue du Colombier.
[2] On peut remarquer que beaucoup de ces hôtels étoient dans le faubourg Saint-Germain. Les étrangers le préféroient, et les hôtels garnis s’y étoient multipliés en conséquence : « depuis que la paix étoit faite, lit-on dans les Annales de la Cour et de la Ville, pour les années 1697-1698, t. II, p. 135, il y avoit eu dans Paris un si grand abord d’étrangers, que l’on en comptoit quinze à seize mille dans le faubourg Saint-Germain seulement… Le nombre s’accrut encore bientôt de plus de la moitié, en sorte que, au commencement de l’année suivante, on trouva qu’il y en avoit trente-six mille dans ce seul faubourg. »