[3] Lisez rue du Jardinet. Cet hôtel, que Liger place avec plus de raison rue du Paon, où il en subsista des restes jusqu’aux dernières démolitions, devoit son nom aux archevêques de Tours, dont il avoit été longtemps la propriété. Vauvenargues y descendoit pendant ses congés de semestre. Les lettres que lui écrivit Voltaire portent cette adresse.

[4] C’est un des hôtels que, dans la Comtesse d’Escarbagnas, scène XI, Julie, voulant se moquer de la ridicule provinciale, lui nomme comme autant d’hôtels de grands seigneurs : « On sait bien mieux, dit-elle, vivre à Paris dans ces hôtels, dont la mémoire doit être si chère : cet hôtel de Mouhy, Madame, cet hôtel de Lyon, cet hôtel d’Hollande. Les agréables demeures que voilà ! »

On mange à table d’Auberge[5] dans presque toutes les maisons garnies cy-devant designées à vingt, à trente ou à quarante sols par repas[6] : mais l’Auteur ignore encore sur quel pied elles sont reglées chacune en particulier[7], en attendant sur cela un plus grand eclaircissement, les Provinciaux peuvent s’assurer qu’on loge et qu’on mange d’ailleurs dans les Hotels et Auberges ci-après aux differens prix qui seront marquez, par exemple :

[5] C’étoit encore le mot le plus en usage. Gourville dans ses Mémoires, 1re édit., t. I, p. 306, dit toutefois déjà « Table d’hôte », de même que les deux Hollandois qui vinrent à Paris en 1657, et dont M. Faugère a publié le curieux Journal de Voyage. V. p. 191. Nous lisons aussi dans une pièce de Dancourt : « M. Bernard. A table d’hôte, je vous entends, tant par tête. » La maison de campagne, 1688, scène XXX. En somme, c’est, je crois, suivant l’importance des hôtels et des prix qu’on disoit table d’hôte ou table d’auberge.

[6] Même les plus chères de ces tables d’hôte ou d’auberge n’étoient pas pour les délicats, qui ne vouloient que des cabarets « à gros écots », sans prix fixe. Dans les Côteaux ou les Marquis friands, qui furent joués à l’hôtel de Bourgogne, en 1665, Clidamant et Oronte, deux de ces gourmets, s’en expliquent nettement scène XI :

Oronte.

Les repas de grand prix sont bien plus agréables

Et la cherté des mets les rend plus délectables.

Valère.

A ce plaisant discours, que réponds-tu, Marquis ?