[79] C’étoit un essai de petites affiches mensuelles dont nous n’avons rien retrouvé. Peut-être Blégny n’y donna-t-il pas suite. Renaudot en avoit tenté du même genre, mais trimestrielles, sous Louis XIII. On en trouve le plan dans sa rarissime brochure : Inventaire des adresses du bureau de rencontre, 1630, gr. in-4o. Le roi lui avoit, à cet effet, accordé un privilége le 8 juin 1629. On ignoroit si l’exécution avoit suivi le projet, lorsque nous fûmes assez heureux pour découvrir à la Bibliothèque Nationale un numéro de ces premières petites affiches, portant la date du 1er septembre 1633 et l’indication que c’étoit la 15e feuille de cette publication. Or, comme elle avoit dû commencer à la fin de 1629, il y avoit juste quinze trimestres qu’elle existoit en septembre 1633. Nous avons publié, avec des notes, dans le tome IX de nos Variétés, p. 51 et suiv., cette 15e feuille, la seule que l’on connoisse encore.
SUCCEZ DES REMEDES
INDIQUEZ L’ANNÉE PRÉCÉDENTE.
L’Auteur étant persuadé qu’entre tous les besoins ausquels il s’est proposé de pourvoir, il n’y en a point de plus pressans que ceux qui concernent le rétablissement de la santé, il a jugé qu’on trouveroit ici, avec plaisir, une relation qu’il tient de son libraire par qui elle est certifiée véritable, puis qu’elle contient un grand nombre de cures merveilleuses opérées dans le courant de l’année précédente, par l’usage des remèdes spécifiques qui avoient été par lui annoncez.
Plus de trente personnes de l’un et de l’autre sexe accablées par des Rhumatismes habituels et inveterez, par la Sciatique, par les Gouttes des pieds et des mains, et par des douleurs causées par les panacés et autres poudres mercurielles, ont été parfaitement guéries en peu de jours, par l’usage des Etuves vaporeuses et de la liqueur anodine marquée à la page [51].
Autant en est-il arrivé à un paralitique qui avoit d’ailleurs au bras droit des nodus d’une prodigieuse grosseur, les membres paralitiques ayant été parfaitement rétablis, et les nodositez entièrement dissipées dans l’espace de cinq semaines.
Ces remèdes ont encore opéré dans un jeune homme à peu près dans le même espace de temps, la guérison de la Goutte des pieds et la dissipation de plusieurs Loupes et Tumeurs froides qu’il avoit aux deux genoux.
Un homme d’une particulière considération, en qui il s’étoit fait un effroyable dépôt d’humeurs sur les jambes, après avoir fini par le quinquina des vapeurs dont il étoit tourmenté, a été parfaitement guéri en six semaines par la liqueur vulnéraire, quoi qu’extraordinairement replet, non seulement de cette fluxion, mais encore de plusieurs grands ulcères qu’elle causa subitement avec mortification de la peau et des chairs, accompagnez d’une fièvre terrible et d’un vomissement continuel que le quinquina avoit causé.
L’un des domestiques de ce malade fût guéri dans le même temps d’une Hidropisie formée en deux prises d’un Sirop spécifique.
Plus de cinquante personnes ont été gueries de Décentes de Boyaux, les unes en un mois ou cinq semaines en faisant retraite à la pension de Pincourt, les autrefois mois ou environ, en vacquant à leurs affaires ; par les Bandages[80] et par les emplatres de la Manufacture royale.
[80] C’étoit une invention très-ancienne, ainsi que nous l’avons prouvé dans le Vieux-neuf, 2e édition, t. I, p. 133-134, note. En 1647, un charlatan avoit inventé un bandage dont il promettoit merveille. Les Annales du Bibliophile, t. I, p. 38, ont publié l’affiche qui en énuméroit les miracles.