[9] Il devint plus tard directeur des finances. Il avoit de très-grands biens, entre autres Rambouillet, qu’il échangea avec le roi, pour qu’il y mît un haras, et la Muette qu’il vendit à Mme de Berry, fille du Régent. La direction des finances, dont il étoit titulaire, ayant été supprimée, il eut une pension de douze mille livres, et en attendant qu’on le fît secrétaire d’Etat des affaires étrangères, la charge, créée exprès pour lui, de capitaine du bois de Boulogne. Il y fit bâtir le pavillon, qui s’appelle encore à cause de lui « pavillon d’Armenonville. »

Gardes du Trésor Royal.

M. De Frémont, ruë Neuve Saint Augustin[10].

[10] Avant d’être, à partir de 1689, garde du Trésor royal, il avoit été dans les finances, et s’y étoit souvent empêtré, notamment en 1682, où l’on avoit dû nommer deux commissaires pour l’examen de ses affaires, et mettre garnison chez lui. Il ne s’en étoit tiré que moyennant quatre millions. (V. aux Mss. de la Biblioth. Nat., Lettres hist. et anecdot., 10 et 17 avril et 8 may 1682.) Le maréchal de Lorges, que sa fille Geneviève avoit épousé en 1676, l’avoit beaucoup aidé dans ce mauvais pas. Saint-Simon épousa l’une des filles nées de ce mariage, quoique le grand-père fût, comme ancien traitant, de la classe des gens que son orgueil de duc avoit le plus en mépris. — L’hôtel de la rue Neuve-Saint-Augustin, où nous voyons ici Frémont, devint, après lui, la propriété de son gendre, M. de Lorges. Il fut acheté ensuite par la princesse de Conti. C’est sur son emplacement que fut percée en 1777 la rue à laquelle le prévôt des marchands, M. de La Michodière, a laissé son nom.

M. Brunet, ruë des Francs Bourgeois[11].

[11] Brunet de Chailly, frère de Brunet de Rancy, et de Brunet de Montferrand, auquel il succéda comme président des Comptes, après avoir vendu à la fin de mai 1696, sa charge de garde du Trésor, moyennant un million à M. de Turmenies. Il y a dans les poésies de P. Du Cerceau, t. I, p. 38-41, de jolis vers à sa femme.

Fermiers Généraux des Domaines, cinq Grosses Fermes, et Domaine d’Occident comme cautions de M. Pierre Domergue preneur[12].

[12] Ce Pierre Domergue était le prête-nom, l’homme de paille de Berthelot, qui, en mars 1687, avoit pris pour trente-six millions le bail des Gabelles et des Cinq grosses fermes. Ce bail succédoit à celui de Jean Fauconnet, dont on sait le nom par La Bruyère, qui appelle « les Fauconnet » ceux qui, comme Berthelot et consorts pour Domergue, lui servoient de caution. Ces prête-noms, seuls contractants officiels, avec la responsabilité de la prise de corps, étoient de pauvres diables, qu’on payoit de leurs risques par une pension de deux ou trois mille livres. Monteil avoit vu une de leurs quittances d’appointements.

M. Brunet, ruë des Francs-Bourgeois[13].

[13] Un des frères de Brunet de Chailly, dont il a été parlé dans l’avant-dernière note.