[56] Pierre Gruyn ou Grouïn. Il étoit depuis longtemps dans les affaires, où il avoit commencé comme receveur des fortifications. Il devint garde du Trésor royal, et ne fut pas dans cette charge d’une aménité rare. Son aventure avec Jean Bart, qui avoit dû venir le trouver dans ses bureaux de la rue du Grand-Chantier, où il logeoit alors, et qu’il reçut avec une brutalité qui, d’ailleurs, lui fut bien rendue, court tous les ana. Une autre du même genre est moins connue, c’est la scène que lui fit un officier de gendarmerie, qui alla jusqu’à le maltraiter chez lui. Grouïn se contenta de le faire mettre à la Conciergerie. (Journ. de Dangeau, 10 et 17 avril 1698.) Son vrai nom étoit Desbordes-Grouïn, et il venoit de fort bas : « jadis garçon de cabaret, dit Guy Patin, fils du maître de la Pomme de pin, il est aujourd’hui grand partisan, et même un des gabelles. » Plus il fut haut, plus on se souvint d’où il venoit. Sa nomination de garde du Trésor fut accueillie par cette chanson :

Garde du trésor de la France,

Gruyn quelle est ton insolence !

Connais-tu la Pomme de pin ?

C’est là que l’épouse peu fière

D’un maudit frelateur de vin

Te donna jadis la lumière.

—   M. Chaillon, ruë des blancs Manteaux.

Allençon. M. Haette, ruë de la Tixeranderie.

—   M. de la Marliere, Cloître Saint Mederic.