[9] C’étoit une grande hôtellerie dont il sera reparlé, sur l’emplacement de laquelle a été percé le passage du même nom.

MERCERIE ET QUINCAILLERIE.

Le Bureau des Marchands Merciers, Jouailliers, Quincailliers-Grossiers, etc.[1], est dans la rue Quinquempoix.

[1] Cet et cætera n’est pas pour la forme. Les joailliers et les quincailliers n’étoient pas, en effet, les seuls métiers qui fissent, avec les merciers, proprement dits, partie du corps de la Mercerie. Dix-sept autres en dépendoient aussi. Ce n’étoit pas le premier des six corps, mais c’étoit le plus important. Voici, du reste, quel en étoit l’ordre : la Draperie, l’Épicerie, la Mercerie, la Pelleterie, la Bonneterie, l’Orfévrerie. Les libraires et les marchands de vin, qui n’en étoient pas, mais venoient immédiatement après, avoient des priviléges égaux : ils pouvoient être aussi échevins et juges-consuls.

Les Maîtres et Gardes en charge de la Marchandise de Mercerie, Jouaillerie, etc., sont Messieurs Arlot grand Garde rue saint Germain, Perichon rue saint Honoré, l’Evesque rue des Bourdonnois, le Doux, Baroy, Testart et Sautereau rue saint Denis.

Les Marchands de Fer pour le commerce desquels il y aura un article à part, sont néanmoins du même corps.

La Mercerie en gros se fait par un grand nombre de Marchands qui ont des Boutiques et Magasins rue saint Denis, depuis la rue des Lombards jusqu’à la rue du petit Lion[2], entre lesquels Mrs Maillet aux trois Maillets[3], le Bray à la Gibecière, Bioche au Cheval d’or, Choisy à la Lune, Deplanc à la Boëte d’or, Nique au Cheval noir, Regnault aux trois Agneaux, Milochin, Sauvage, Marcadé[4], etc., ont un grand assortiment de Mercerie pour les Détailleurs.

[2] Liger, dans son Voyageur fidèle, p. 359, donne la même indication.

[3] Son article est plus détaillé dans l’édit. de 1691, p. 21 : « les marchandises qui conviennent aux savoyards et colporteurs ambulans, se vendent chez le S. Maillet, rue S. Denis, près le Sépulcre, à l’enseigne des Trois-Maillets. »

[4] « Rue Saint-Denis, à la Rose-Blanche. » Édit. 1691, p. 21. Deux lignes plus loin, il est encore question de lui : « le même M. Marcadé et Messieurs Bellavoine, rue Saint-Denis, et Villaine, rue Bourlabé, envoyent toutes sortes de marchandises de bijouteries dans les pays estrangers. » Marcadé et Bellavoine étoient, comme nous l’avons prouvé dans notre Notice sur lui, des proches parents du poëte Regnard. C’est sans doute avec l’un d’eux qu’il commença ses voyages, dont le premier, qu’il fit de très-bonne heure, ne fut pas moins que jusqu’à Constantinople. Gelée, dont le nom viendra un peu plus loin, et qui, on le verra, faisoit le commerce des marchandises d’Outre-Mer, étoit aussi de sa famille. Monteil possédoit et a souvent cité l’inventaire d’un Bellavoine, sans doute père de celui qui figure ici. L’acte est de 1667.