Rue Contrescarpe près la rue saint André, chez Mademoiselle Blavet, logent les Carrosses d’Orléans[2] qui vont jusqu’à Die, Chambon et Blois[3], et qui partent tous les jours[4] l’été à cinq heures du matin, et l’hiver à neuf[5].

[2] C’est la même qui avoit aussi l’entreprise des carrosses de Rouen. V. Correspondance des contrôleurs généraux, no 235. Elle s’appeloit Anne Boucher, veuve Blavet. Ses carrosses alloient jusqu’en Espagne.

[3] Dans l’édition précédente, au chap. XXIV, qui a le même titre que celui-ci, c’est de « Monsieur Blavet » qu’il est parlé, p. 51 ; et au lieu d’une seule maison rue Contrescarpe, on voit qu’il en avoit une autre « rue Saint-André, à l’Hôtel de Lion ». L’an d’après, sa veuve lui avoit succédé.

[4] Le messager de la poste partoit aussi tous les jours. C’est ce qu’on appeloit la Malle du Courrier. La nuit du 19 décembre 1700, celle de Tours fut dévalisée au bout du Pont-Neuf, près de la Samaritaine, par des filous. (Corresp. admin. de Louis XIV, t. II, p. 735.)

[5] Les « carrosses d’Orléans », qui avoient fourni à La Chapelle, en 1680, le sujet d’une amusante comédie restée longtemps au répertoire du Théâtre François, descendoient encore, sous la Restauration, dans la rue Contrescarpe, aujourd’hui rue Mazet. L’auberge du Cheval blanc d’où ils partoient existe toujours et n’a presque pas changé de physionomie. — On lit dans l’un des 9 numéros des Affiches de Dugone pour 1716 un avis sur ces carrosses qui partoient régulièrement tous les jours, à 5 heures 1/2 du matin, de la rue Contrescarpe, pour aller à Orléans en deux jours et revenir de même, « lesquels, y est-il dit, conduisent toutes sortes de personnes, hardes et bagages, or et argent. »

Au même lieu sont les Carrosses d’Auvergne qui partent le Mercredi et qui passent par Chenerailles, Chasteauneuf, Ligniere, la Chatre, la Bourance, Jarnage, le Busson Feuillentin, Guéret, Chambon, saint Amant, Mont-Luçon, Isset, Neuvy, Rillac, Moriac, Nivdan, Aurillac, etc.

On fait partir du même endroit et le même jour le Carrosse du Berry, passant par Orléans, Gien, Aubigny, Bourges, etc.

Tous les jours celuy de Normandie, passant par Rouen, Diepe, le Hâvre, etc.

Les Mardis celuy de Bourdeaux qui communique avec toute l’Espagne.

Les Mercredis ceux de Chartres, de Chasteaudun, de Vendosme, etc.