Ces signes sont généralement divisés en Méridionaux et Septentrionaux ; les premiers, au nombre de six, sont ainsi nommez et figurez : la Balance ♎︎, le Scorpion ♏︎, le Sagittaire ♐︎, le Capricorne ♑︎, le Verseau ♒︎, les Poissons ♓︎. Le Soleil passe dans les trois premiers en automne, et dans les trois derniers en hiver.
Les derniers, pareillement au nombre de six, sont aussi désignez par les noms et par les figures suivantes : à sçavoir le Bélier ♈︎, le Taureau ♉︎, les Gémeaux ♊︎, l’Écrevisse ♋︎, le Lion ♌︎, la Vierge ♍︎. Le Soleil passe dans les trois premiers au printemps et dans les trois autres en été.
Ainsi, lorsque le Soleil paraît au Capricorne, qui est vers le 22 décembre, nous entrons en hiver, dont le premier jour, étant le plus court de l’année, fait ce qu’on nomme Solstice d’hiver, c’est-à-dire le temps auquel le Soleil est plus éloigné de nous.
L’accroissement des jours se faisant par degrez depuis le Solstice d’hiver jusqu’environ le 20 mars, il arrive enfin que leur durée devient égale à celle des nuits, égalité qu’on nomme Équinoxe et qui fait le commencement du printemps, où l’on voit le Soleil au Bélier.
Depuis ce premier Equinoxe, les jours s’augmentant par degrez, nous arrivons enfin le 21 juin au plus long jour de l’année, c’est-à-dire au Solstice d’été, où le Soleil entre dans le signe de l’Écrevisse.
Puis les jours étant derechef dégénérez jusqu’à une juste égalité de durée avec celle des nuits, nous arrivons enfin à l’Équinoxe d’Automne vers le 22 septembre, où le Soleil entre au signe de la Balance, et d’où les jours dégénèrent encore jusqu’à l’entrée de l’hiver.
Pour représenter précisément dans la Sphère les diverses situations des signes où commencent les Équinoxes, et de ceux où commencent les Solstices, on y voit deux grands Cercles qu’on nomme les Colures, qui passent comme le Méridien sur les deux pôles, et qui, étant placez en distances égales, séparent le Globe en coupant le Zodiaque, où ils marquent de la sorte les endroits où le Soleil détermine le changement des saisons[20].
[20] Cette définition des colures est assez juste. Ce sont, en effet, deux grands cercles qui s’entrecoupent à angles droits aux pôles, et qui passent : l’un, le colure du solstice, par les points solsticiaux, et l’autre, le colure des équinoxes, par les points équinoxiaux de l’écliptique, déterminant ainsi les quatre grandes divisions, qui marquent les quatre saisons de l’année. Leur nom vient de Κολος mutilé, et οὐρὰ queue, parce que, selon Proclus, quelques-unes de leurs parties ne sont pas visibles à la vue.
Si on se représente un Cercle vers chaque pôle et tous deux parallelles à l’Équateur, c’est-à-dire en égales distances, on aura compris ce que les Astronomes nomment à la partie Septentrionale du Monde, Tropique de Cancer, et à la partie Méridionale, Tropique de Capricorne, qui sont les termes de la déclinaison ou oblicuité de l’Écliptique ; le surplus des parties de l’Univers et de la Sphère qui le représente sont à mon avis d’une trop médiocre considération pour l’idée générale que je me suis proposé de donner. Je dois dire seulement que quand on se figure un point qui répond perpendiculairement à notre tête, on le nomme Zénith[21] ou point Vertical, et qu’on appelle Nadir[22], celuy qui luy est directement opposé, et qui répond à nos pieds, ce qui sert à l’explication de quelques phœnomènes.
[21] Ce mot, qu’on écrivoit au moyen âge Cenith, vient de l’arabe Semt ou Simet, qui signifie chemin droit, point vertical.