Le cycle solaire est encore un nombre révolutaire qui est d’un grand usage dans le Calendrier ; il est nommé solaire parce qu’il règle la lettre Dominicale, c’est-à-dire celle qui désigne le Dimanche, que les Romains avaient consacré au Soleil.

La lettre dominicale est toujours une des sept premières lettres de l’alphabet, qu’on place dans le Calendrier suivant leur ordre naturel pour marquer les sept jours de la Semaine ; mais cet ordre, qui est observé à l’égard des jours, ne l’est pas au respect des années, dans la suite desquelles ces Lettres ne deviennent successivement dominicales que par un ordre contraire et rétrograde, si bien qu’il suffit de sçavoir qu’en 1691 la lettre G était Dominicale pour conclure que nous avions A en 1690 et que nous aurons F cette année 1692, en sorte même que la nécessité qu’il y a cette année bissextile de changer cette lettre à cause du jour ajouté, n’interrompra point cet ordre rétrograde, et par conséquent qu’après le 25 février la lettre Dominicale sera D[34].

[34] Pour réparer le trouble apporté dans l’ordre des Lettres dominicales par l’intercalation d’un jour à la fin de février, on a donné aux années de cette espèce deux lettres dominicales, l’une du 1er janvier à la fin de février, l’autre pour le reste de l’année.

Pour ne rien dire qui demande une espèce d’étude, je ne m’expliquerai pas sur les causes de cette rétrogradation, il suffit de dire ici que son ordre fait une si considérable variété dans la distribution de ses sept premières lettres, qu’elles ne se retrouvent dans le premier arrangement du sicle solaire qu’après 28 années, qui font le juste terme de sa révolution.

On marque l’Indiction romaine dans le Calendrier, parce qu’elle est de quelque utilité pour l’intelligence de l’histoire des derniers siècles. Elle ne sert que pour diviser la suite des années par quinze ; ainsi comme cette année est la quinzième de l’indiction, on recommencera à la compter l’année suivante par le premier ordre[35].

[35] L’Indiction, révolution de quinze années, dont la première, marquée I, est un des trois cycles de la période julienne. C’est une division par quinzaines de toute la série des années, depuis la première de l’ère chrétienne. Elle est encore en usage dans les bulles du Saint-Siège.

A l’égard de l’Épacte, il en sera parlé dans l’article suivant en expliquant les Lunaisons.

ÉPACTE ET LUNAISONS.

On appelle Épacte un certain nombre par lequel, sans almanach, on trouve le temps de la Lune[36]. Pour s’en asseurer, il faut chaque année ajouter onze à l’Épacte de l’année précédente, et prendre pour Épacte le produit de cette addition, pourveu néanmoins qu’il n’excède pas le nombre de trente : car quand cela arrive de la sorte, on prend seulement pour Épacte ce qui est au-dessus de ce nombre, ce qui se pratique constamment de la même sorte jusqu’au terme révolutaire du nombre d’or, après lequel on recommence à compter l’Épacte par le premier nombre ; et c’est ce qu’on a fait l’année précédente 1691, en sorte que dans la présente année 1692 nous aurons le nombre 12 pour Épacte.

[36] L’Épacte est la différence en jours, heures, minutes et secondes qui existe entre une révolution solaire et douze révolutions lunaires. On appelle cycle des épactes un espace de trente années, après lequel les épactes reviennent à peu près dans le même ordre. V. à ce sujet la Métrologie de Saigey. Les épactes, suivant Champollion-Figeac, sont « un moyen chronologique pour vérifier la certitude des dates du moyen âge ». Résumé de chronologie, p. 160.