M. Toupault rue Quinquempoix fait le même commerce, et vend diverses sortes de Peaux pour les Fourreurs.
Les Marchands Foureurs qui font le détail des Manchons des Hermines[13], et generalement des Marchandises de Fourures, sont pour la plupart dans la rue des Foureurs près sainte Opportune et dans la rue de la vieille Bouclerie[14].
[13] « Peaux en poils. » Édit. précédente, p. 37. — L’hermine ne servoit pas seulement aux vêtements des avocats. On en faisoit aussi des pelisses. Voilà pourquoi, jouant sur le nom de Pelisson, Somaize, dans le Dictionnaire des Précieuses, l’appelle Herminius.
[14] On lit, à la suite, dans l’édit. de 1691 : « Il y a beaucoup de corroyeurs au faubourg Saint-Marcel, aux environs de la rivière des Gobelins, rue Maubuée et cloître Saint-Jacques de la Boucherie. » On sait que les corroyeurs n’ont pas encore quitté les bords de la rivière des Gobelins.
Il y en a d’ailleurs quelques autres rue de Gesvres, sur le quay neuf et rue saint Antoine.
Pour les Peaux de Buffles, voyez l’article des Armes et Bagages de Guerre.
Pour les Vaches de Roussy et Maroquins façon de Levant, voyez l’article des Bureaux publics.
OUVRAGES ET MARCHANDISES
DE CHEVEUX.
Monsieur Binet qui fait les perruques du Roy[1], demeure rue des Petits Champs, M. le Grain qui fait celles de Monsieur, est logé au Palais Royal dans la Cour des cuisines.
[1] Ces perruques, dont la forme fut longtemps en vogue, s’appeloient, à cause de lui, des binettes, ou perruques-binettes, comme dit Salgues dans un curieux chapitre de son livre : Paris, 1813, in-8, p. 352. Le mot se conserva dans le peuple, qui, de la perruque, finit par l’appliquer à la tête. Le mot tintamarresque « une binette » vient de là. — Le Roi avoit tout un cabinet de perruques, séparé de sa chambre par la salle du Conseil, et qu’on appeloit soit cabinet des perruques, soit cabinet des Termes. Il étoit, en effet, garni tout autour de Termes ayant chacun une perruque sur la tête. Les formes varioient suivant que le Roi alloit à la chasse, recevoit les ambassadeurs, ou restoit dans ses appartements. Binet, qui avoit soin de cette singulière collection, quittoit rarement la Cour. Il comptoit parmi les cent cinq personnes, distribuées en cinq tables, qui avoient droit de manger chez le Roi, et qui, à ce titre, comme nous l’avons vu dans le manuscrit que possédoit Techener : État et menu des dépenses pour 1705, recevoient chacune un chapon. La consommation de cheveux choisis qu’exigeoient les perruques royales étoit considérable. Binet n’y épargnoit rien : « Je pélerois, disoit-il, toutes les têtes du Royaume, pour parer celle de Sa Majesté. » Son fils François Binet eut en survivance sa charge de premier barbier, et sa fille épousa, en 1720, le fils de Quentin, un des barbiers ordinaires. (Mercure, mai 1720, p. 172.) C’est Quentin qui, avec Binet, avoit la garde des perruques du Roi, et lui donnoit celle du lever plus courte que les ordinaires.