Les Fayences de Nevers arrivent sur le quay de la Tournelle près la porte saint Bernard[10].
[10] Ces faïences de Nevers, qui avoient leurs collectionneurs, comme on le voit par quelques vers de Sénecé dans ses Épigrammes (1717, in-12, p. 224), se fabriquoient depuis longtemps déjà, et en dernier lieu, sous la direction d’un nommé Castelnau.
M. Perrot Maitre de la Verrerie d’Orléans[11], a trouvé le secret de contrefaire l’Agathe et la Porcelaine avec le Verre et les Emaux. Il a pareillement trouvé le secret du Rouge des Anciens, et celuy de jetter le Verre en moulle pour faire des bas reliefs et autres ornemens. Il a son Bureau à Paris sur le quay de l’Orloge à la Couronne d’or.
[11] Bernard Perrot étoit neveu de Castelnau que nous venons de voir à la faïencerie de Nevers. Dès le mois de décembre 1655, il avoit obtenu le privilége de la verrerie royale d’Orléans et de celle de Fay-aux-Loges, qui en étoit la succursale, à six lieues de là sur le canal. En 1666, autre brevet délivré à Perrot en faveur d’une découverte fort importante pour l’exploitation de sa verrerie : il tiroit d’une pierre « qui abonde en France », — la houille certainement — un combustible moins cher que le charbon. En 1688, ayant perfectionné la fabrication du verre, « soit colorié, soit en relief », et aussi « le coulage des métaux à table creuse, avec des figures », un privilége nouveau lui fut encore accordé. Il le garda, ainsi que les deux autres, jusqu’à sa mort, en 1710, malgré les concurrents qui firent faire sur ses fabriques une enquête, en février 1692, dont le résultat tourna pour lui. Deux de ses parents, peut-être ses neveux, Jean Perrot et Jacques Jourdan lui succédèrent avec un renouvellement de privilége en date du 2 août 1710, où il étoit dit que les ouvrages de Perrot « égalent en beauté et en qualité les porcelaines ». La rue près des remparts Saint-Euverte, où Perrot avoit sa verrerie à Orléans, s’appelle encore aujourd’hui rue des Bouteilles.
M. Massolat Maitre de la Verrerie de Rizancourt[12], a son Bureau à Paris rue du Four près la Foire saint Germain chez le Sieur Feloix Huissier[13].
[12] Paul de Masselai, et non Massolat. Il avoit été un des concurrents de Perrot, et, n’ayant pu lui faire perdre le privilége de la verrerie d’Orléans, il étoit allé en établir une à Rizaucourt, au fond de la Champagne.
[13] L’édition de 1691, p. 30, ajoute « au Châtelet ».
Pour le Verre blanc et le Verre des Vitriers, voyez l’article fait exprès.
Pour les Glaces, voyez l’article des marchandises de Miroitiers[14].
[14] On trouve dans l’édit. de 1691, au chap. « du Commerce du verre, etc »., p. 30, les indications suivantes qui manquent ici : « le verre blanc pour les mignatures et autres tableaux, se vend chez un vitrier qui demeure rue aux Ours, devant l’image de la Vierge, et chez un autre qui demeure vieille rue du Temple, au coin de la rue de Bercy. »