LISTE
DE MESSIEURS DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE[151]
en Ianvier 1676[152].
[151] Ces Listes se publièrent d’abord en une brochure in-4o, comme la première qui va suivre ; puis sous forme de placard in-folio, dont un exemplaire étoit affiché dans la salle du Louvre, où Colbert avoit permis, en 1673, que l’Académie s’installât, lorsqu’après la mort du chancelier Séguier elle eut quitté son hôtel, avec le roi pour nouveau protecteur.
[152] Ce n’est qu’à partir de 1711 que l’Almanach Royal publia les noms et les adresses des Académiciens du moment d’après ces Listes, qui sont devenues très rares. Les deux que nous donnons, à la suite l’une de l’autre, sont les seules que nous connaissions.
Le Roy, Protecteur.
Messieurs
1635. Henry-Louis Habert, sieur de Montmor, doyen des Maistres des Requestes, rue S. Avoye[153].
[153] Il étoit de l’Académie depuis sa fondation, comme l’indique la date de 1635, qui précède ici son nom. Il se tenoit chez lui des conférences, mais de philosophie et de physique. Gassendi fut quelques années son hôte, à l’époque où Chapelle, Molière et Bernier suivoient ses leçons. Son hôtel, autrefois magnifique, « ædes renidentes », comme dit Sorbière, existe encore dans la partie de la rue du Temple qui s’est substituée à la rue Sainte-Avoie. Il mourut le 21 janvier 1679. L’abbé de Lavau fut son successeur à l’Académie. Quelques-unes des premières séances, avant qu’elle eût un établissement fixe, s’étoient tenues chez Montmor. — Son fauteuil, le 40e, est occupé par M. Cuvillier-Fleury, selon le Dictionn. histor. de la France, par M. Lud. Lalanne, que nous prenons pour guide.
Iean Des-Marests, cy-devant Controlleur General de l’Extraordinaire des Guerres, à la Place Royale[154].
[154] Desmarests Saint-Sorlin, factotum poétique de Richelieu, pour lequel il fit Mirame, et qui l’avoit mis, des premiers, de son Académie. Il mourut cette année 1676, le 28 octobre, et eut J. J. de Mesmes pour successeur. On lui devoit l’inscription de la statue de Louis XIII élevée dans la place Royale, où il logeoit. Il avoit auparavant habité l’hôtel Pelvé, qu’il avoit fait rebâtir, car il se mêloit d’architecture, au coin des rues de Thiron et du Roi de Sicile. Il y avoit été, dans les premiers temps, un des hôtes de l’Académie encore sans asile. — Son fauteuil, le 39e, est occupé par M. de Champagny.
1639. François Esprit, advocat en Parlement[155].