[155] Son prénom étoit Jacques, et non François ; Pellisson (Hist. de l’Acad. françoise, édit. Ch. Livet, I, p. 288) le fait non pas avocat, mais conseiller du roi. On a de lui : Paraphrase de quelques psaumes, dont l’édition, imprimée toute en italiques, est rare. Il fut très goûté chez La Rochefoucauld, chez Mme de Sablé et chez le chancelier Séguier, qui contribua beaucoup à le faire recevoir de l’Académie à la place de Philippe Habert (V. Regist. du 14 fév. 1639). Si son adresse n’est pas donnée ici, c’est qu’à la suite du prince de Conti il s’étoit retiré à Béziers, où il mourut le 6 juillet 1678. L’archevêque de Rouen, Colbert, lui succéda. — Son fauteuil, le 3e, est échu à M. Jules Sandeau.

1640. Olivier Patrv, advocat en Parlement[156], proche le Puy-l’Hermite[157], faubourg S. Marcel.

[156] On sait trop la réputation qu’il se fit au barreau de Paris pour que nous devions y insister. Il avoit succédé, comme académicien, à Porchères d’Arbaud. Il mourut le 16 janvier 1681 et fut remplacé par le président Potier de Novion. — Son fauteuil, le 6e, est aujourd’hui celui de M. le duc de Noailles.

[157] Ce puits, qui se trouvoit au carrefour formé par les rues de l’Épée de bois, Gracieuse et Françoise, finit par donner son nom à cette dernière. Patru logeoit encore auprès lorsqu’il mourut. (Jal, Dict. critique, p. 945.) Richelet parle ainsi de sa maison : « Patru se retira dans le plus beau quartier du faubourg Saint-Marcel, en une petite maison assez agréable, qui avoit un jardin, une basse-cour et toutes les commoditez des charmants réduits de la campagne. » Les plus belles Lettres françoises, édit. de 1708, in-12, 1re part., p. 57.

1643. Claude Bazin, sieur de Bezons, conseiller d’Estat[158], près les Capucins du Marais[159].

[158] Il avoit été avocat général au grand Conseil, et s’y étoit fait, « parlant éloquemment et fortement en toutes rencontres », comme dit Chapelain, les seuls titres qu’il eût à être de l’Académie. Il y remplaça Séguier en 1643, et, lorsqu’il mourut, le 20 mars 1684, à 67 ans, il eut Boileau pour successeur. — Son fauteuil, le 7e, est occupé par M. Émile Augier.

[159] Leur couvent, construit en 1622 et supprimé en 1790, se trouvoit à l’angle des rues d’Orléans et du Perche, où l’église, bâtie sur l’emplacement d’un jeu de paume, existe encore sous l’invocation de saint François d’Assise.

1647. Pierre Corneille, cy-devant Advocat General à la Table de Marbre de Normandie, rue de Clery[160].

[160] Nous nous contenterons de dire que P. Corneille ne fut pas de l’Académie tant que vécut Richelieu, qui lui gardoit rancune du Cid. Six places s’étoient successivement trouvées vacantes : il ne lui en laissa prendre aucune, sous prétexte qu’il habitoit Rouen. A ce compte, Esprit, qui habitoit beaucoup plus loin, à Béziers, aurait dû encore en être moins, et il en fut pourtant. En 1647 seulement, sous Mazarin, Corneille fut élu à la place de Maynard. — Nous ne dirons rien sur l’adresse qui lui est donnée ici : rue de Cléry. Nous en avons parlé longuement, à propos de son dernier logis rue d’Argenteuil, dans notre Histoire de la Butte des Moulins, p. 263. — Par le plus ingénieux et le plus sensé des hasards, il se trouve qu’aujourd’hui le fauteuil de P. Corneille, le 9e de l’Académie, est celui de M. Victor Hugo.

1649. François de Mezeray, conseiller du Roy, Historiographe de France[161], rue Mont-Orgueil, vis-à-vis la rüe Beaurepaire[162].