On continuera à recevoir les avis tous les jours, jusqu’au 12 de ce mois inclusivement, et aux heures ordinaires, pour le Livre suivant, qui se trouvera aux Bureaux, le 16 à midy, jusqu’à la fin du mois.
On enseigne gratis à l’ordinaire les adresses qui sont faites au Bureau.
On ne se mettroit pas en peine de faire des avertissements sur l’utilité du Bureau d’adr. si on n’avoit à faire qu’à ceux qui s’en sont servis : mais comme le débit des Livres a fait remarquer que quantité de gens ne font que commencer à en prendre connoissance, et qu’il les faut aussi instruire des avantages qu’ils en peuvent tirer, il est du moins bon d’apprendre aux derniers venus qu’il n’y a pas une voie au monde plus seure, plus abrégée et plus comode que celle là pour trouver ce qu’on souhaite, pour se défaire de ce qu’on ne veut point garder, et pour sçavoir et faire sçavoir aux autres tout ce qu’il est besoin qu’on sçache[297]. L’exemple de cette Liste fait assez voir comment elle produit cet effet, pour apprendre à chacun comment il s’en pourra servir.
[297] Lorsqu’en septembre 1717 le Bureau d’adresse, qui prit alors le titre de Bureau général privilégié d’adresse et de rencontre, dut rouvrir rue Saint-Sauveur, « l’avis très utile au Public », qui l’annonça dans le Mercure, reproduisit presque textuellement ce qu’on lit ici. V. le Mercure, sept. 1717, p. 178-183.
Mais il faut à l’occasion satisfaire icy à la plainte de quelques uns contre ces Listes, prétendans qu’elles ne soient toutes que la même chose, sous prétexte seulement qu’ils ont pu voir en chacune, peut-estre 10 ou 12, ou fort peu plus d’avis repétez de l’une en l’autre[298]. Il suffiroit de répondre en un mot, que quand il y auroit quatre fois autant de répétitions, on ne pourroit encore honnestement plaindre ce peu qu’il en couste pour voir les autres avis nouveaux, dont on donneroit souvent dix ou vingt fois autant pour avoir la connoissance d’un seul. Mais de plus, ils doivent, une fois pour toutes, considérer qu’à peine voit-on jamais trois fois de suite cinq ou six avis de choses à vendre ou demandées, si elles ne sont d’une grande conséquence ; et qu’à l’égard de ceux qui font sçavoir leur demeure et les choses qu’ils débitent, et de ceux qui ont coutume d’afficher, ils doivent nécessairement estre repetez non seulement trois ou quatre fois, mais toujours, puisqu’il y a continuellement des gens nouveaux qui ont besoin de les connoistre. Et ainsi ce petit nombre d’avis renouvellez, outre qu’il n’est pas considérable à proportion des nouveaux, pour faire qu’on songe à espergner 15 deniers pour les voir[299], est même une chose nécessaire à tout le monde, pour trouver toujours à point nommé de certaines gens et de certaines choses dont on peut avoir affaire.
[298] Nous aurons plusieurs fois à signaler de ces répétitions dans les listes suivantes.
[299] C’est-à-dire un sou trois liards. C’est ce que coûtoit, comme on le verra plus loin, chaque exemplaire de ces listes.
Immeubles à louer, vendre ou échanger.
9. Maison à porte cochère à louer présentement, rue des Poitevins, près St. André des Arts, ayant court, remise, escurie à 4 chevaux, 3 estages par le devant de chacun 4 pièces de plain pied, et un petit corps de logis à 2 étages sur le derrière, le tout pour 900 livr. Adresse chez M. le Président de Mesgrigny, dans la mesme rue[300].
[300] Cet hôtel de Mesgrigny existe encore au bout de la rue des Poitevins, près du retour en équerre qu’elle fait pour gagner la rue Serpente. Il fut occupé longtemps par le libraire Panckoucke, qui en avoit fait un véritable musée archéologique, décrit, ainsi que l’hôtel, dans sa brochure : Collection d’antiquités égyptiennes, grecques, romaines, etc., etc., 1841, in-8o. — Germain Brice, dans l’édit. de 1684, in-12, de sa Description de Paris, t. II, p. 128, a dit quelques mots de l’hôtel Mesgrigny, que le président, auquel il doit son nom, habitoit encore à cette époque : « Il est bâti avec beaucoup de régularité, et, quoique les appartements n’en soient pas fort spacieux, ils ne laissent pas d’être commodes. »