91. Un beau cheval de selle gris pommelé à vendre. Adr. chez M. le Président Tubeuf, rue Vivien[373], derrière le Palais Royal.
[373] Le président Tubeuf, après avoir vendu à Mazarin, pour qu’il agrandît son palais, l’hôtel situé à l’angle des rues de Richelieu et des Petits-Champs, étoit allé habiter, rue Vivienne, celui devant lequel fut percée la rue Colbert.
92. Un carrosse vitré à 2 fonds de moyenne grandeur de velours rouge cramoisi à ramages à 3 glaces[374], et le train neuf à vendre. Adr. chez messieurs Tubeuf[375], r. Montmartre, vis à vis S. Joseph.
[374] « L’usage des glaces aux carrosses nous vient d’Italie. Bassompierre est le premier qui l’ait apporté en France. » Longueruana, t. I, p. 109.
[375] Ce sont les fils du président nommé tout à l’heure. Tallemant, t. VII, p. 313-314, parle de l’un d’eux, Charles, conseiller au Parlement, maître des requêtes.
97. On continue jusqu’à la feste de la Purification[376] à vendre les plus belles curiositez du Cabinet de M. Gosseneau[377], depuis 2 heures après midy jusqu’à 6 heures du soir, r. et proche la Monnoye.
[376] 2 février.
[377] Nous croyons qu’il faut lire Gosseau, comme dans la liste des curieux donnée par Spon en 1673. Il habitoit alors près des Carmélites, et peut-être, lorsqu’il vendit, comme on le voit ici, une partie de ses curiosités rue de la Monnoie, étoit-ce pour s’épargner l’ennui de les déménager.
59. On a perdu dès le mois d’octobre dernier une Eolipile, ou soufflet de cuivre rouge en forme de teste qui souffle[378]. Adr. à M. Audry, r. de la Ferronnerie à la Lampe.
[378] Il a déjà, dans une de nos notes, été question de l’eolypile. Nous n’y reviendrons que pour dire comment elle servoit à Descartes pour expliquer l’origine du vent : « Vous demandez, écrit l’abbé de Fleury (Nouveaux opuscules, p. 370), comment se fait le vent, et vous avez recours aux trésors de Dieu. Descartes dit : je vais vous en faire. Il prend une Eolipyle, qu’il remplit d’eau à demi, et la met devant le feu ; l’eau échauffée et raréfiée chasse l’air avec violence, qui souffle le feu. Voilà le vent. » Mussenbrok en possédoit plusieurs d’une grande curiosité dans son cabinet à Leyde : « Une éolipile, par le moyen de laquelle on change l’eau en air… Une éolipile attachée sur un petit charriot, et courant sur le pavé d’une rapidité extraordinaire, par la vapeur qui en sort, etc. » (Catal. des Instrum. de physique, etc., que l’on trouve chez Jean Van Musschenbroek, 1725, in-8o, de 12 p., p. 7.)