[463] Cette annonce est reproduite dans la liste suivante, avec cette différence pour l’adresse : « rue Sainte-Marguerite faubourg Saint-Germain, chez le mercier qui fait le coin de la rue des Cizeaux vis-à-vis la porte de l’Abbaye. »

Le Bureau est à l’entrée de la Place Dauphine du costé du Pont-Neuf entre l’epicier et le cabaretier[464].

[464] Cette adresse est répétée à la fin de la liste qui va suivre, avec ce détail en plus : « à la première chambre, au-dessus du cabaretier. »

LISTE GÉNÉRALE
DU
BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE

estably par privilège du Roy en la place Dauphine.

Du premier Avril 1689.

Paris contenant en soy beaucoup plus de peuple que ville du monde, et son aport y estant si grand, non seulement de tous les naturels François, mais des Etrangers de toutes les nations, que les moyens que tout le monde y trouve de subsister ne sçauroient estre trop connus pour la grandeur de la ville et pour l’avantage des particuliers.

Tous ceux dont on s’est servi jusqu’icy sur les avis qu’on a voulu rendre publics ont esté d’un foible secours, en comparaison du Bureau d’Adresse et de Rencontre, et des Listes qu’on a commencé de distribuer, parce que les Affiches se couvrent par la quantité des Placards[465], outre qu’elles ne contiennent que des avis particuliers, qu’on ne lit pas commodément et sans une espèce de pudeur[466] pour les gens de distinction[467].

[465] Le Placard, s’appliquant d’autorité, pouvoit ainsi, de droit, couvrir les affiches. Elles-mêmes, en s’accumulant, couvroient des Avis qui valoient mieux qu’elles. Colletet s’en plaint dans son Journal du 8 août 1676 : « La quantité d’affiches, dit-il, ont caché un livre d’importance pour les curieux. » — Le placard se distinguoit des affiches par les armes du roi figurées en tête, et qui faisoient qu’on l’appeloit aussi « pannonceau royal ». C’est par placards, et non par affiches simples, qu’étoit annoncé tout immeuble à vendre par décret.

[466] Les affiches annonçant certains remèdes ne pouvoient pas, en effet, être lues « sans une espèce de pudeur ». On en peut avoir un exemple par celle que donne Locke dans la relation de son Voyage à Paris, et qu’a reproduite Le Vieux-neuf, 2e édit., t. II, p. 72.