[467] Le Journal de Colletet indique quelques affiches de livres ; ainsi, le 6 juillet 1676, le Traité des maladies des femmes grosses, par Fr. Mauriceau, dont il a été parlé plus haut, t. I, p. 159 ; et, le 1er août suivant, Le Tailleur sincère, avec plusieurs figures en taille-douce : « il se vend, dit-il, chez A. de Rafflé, rue du Petit-Pont, in-folio en parchemin 40 fr., et in-8 20 fr. » Il oublie d’ajouter que l’auteur s’appeloit Benoist Boulay, dont le portrait sert de frontispice. Son livre, « nécessaire, dit encore Colletet, pour ceux qui veulent pratiquer l’épargne », est aujourd’hui des plus rares.

Ces considérations, celles qui regardent l’utilité publique et l’avantage du commerce, qui depend des Rencontres et des Occasions que les avis font naistre, ont fait les principaux objets du r’establissement du Bureau d’Adresse et de Rencontre, et des précautions qu’on a prises de n’en confier l’administration qu’à des conditions portées par les Règlements, afin d’asseurer dans le Public la confiance des particuliers, et faciliter les ventes, achapts, amodiations, traités et conventions qui se font à l’egard des immeubles, et pour mettre dans un plus grand commerce toutes sortes de meubles, comme Lits, Tapisseries, Bijoux, Tableaux, Chevaux, Carrosses et autres effets, et principalement pour donner aux gens de qualité, et à ceux qui ont besoin de domestiques ; des Aumôniers, Gentilshommes, Ecuyers, Gouverneurs, Intendans, Receveurs, Secretaires, sous Secretaires, Hommes d’affaires, Solliciteurs, Commis, Ecrivains, Precepteurs, Maistres d’Hostel, Vallets de chambre, Suisses, Portiers, Concierges, Gardes-bois, Cochers, Postillons, Pallefreniers, Chasseurs, Fauconniers, Sonneurs de Cor, Jardiniers, Vignerons, Gens de Labour, Charretiers, Muletiers, Valets à tout faire, Laquais à gages et à récompense[468], et généralement toutes sortes d’autres domestiques, pour les recevoir, non seulement à leur choix, mais avec plus de seureté et de connoissance que par le passé, le Bureau n’estant estably que pour l’Indication.

[468] Les « laquais à récompense » se distinguoient des « laquais à gages » en ce qu’ils n’étoient payés pour ainsi dire que par hasard ou fantaisie. Après avoir servi trois ou quatre ans, ils reçevoient de leur maître trois ou quatre cents francs et n’avoient pas le droit d’en demander davantage. La plupart des valets de Regnard et de Dancourt sont des « laquais à récompense ».

A Vendre.

1. Une charge de Substitut de M. le Procureur général à Paris, aux Gages et Droits y attribuez, du prix de 25,000 liv.

2. Un Carrosse couppé avec 6 glaces de Venise garni de velours cramoisi, le tout comme neuf, du prix d’environ 700 livres.

3. Une charge de grand Valet de pied de Madame[469], qui jouit de tous les privileges, aux gages et profits y joints, du prix de 3,000 liv.

[469] Ils étoient au nombre de dix, chacun à 20 sols par jour pour leur nourriture « outre leurs habits d’hiver et d’été ». État de France pour 1692, p. 776.

4. Deux grands chevaux de carrosse grissel[470] à longue queue, de 5 à 6 ans, du prix de 1,000 l.

[470] Il faut lire gris-sale, une des nuances du gris admises dans les haras.