[8] La rédaction est un peu différente dans l’édit. de 1691, p. 25 : « Le sieur Fournerat, marchand fripier, sous les piliers des Halles, entretient bourgeoisement et honnêtement d’habits, pour quatre pistoles par an. » Avant cet article, on y trouve celui-ci : « Il y a une friperie aux Halles, qui s’étend jusqu’au Pont-Neuf, pour le commerce des habits tout faits, vieux et neufs, simples et garnis, et même pour les habits de deuil et pour ceux de théâtre et de mascarades qu’on peut louer à tant par jour. » Le Pont-Neuf étoit leur limite. Depuis une ordonnance de police du 9 mars 1669, ils n’avoient sous aucun prétexte le droit d’y étaler pas plus qu’à la place Dauphine. On les parquoit aux Halles et dans les rues avoisinantes pour mieux pouvoir les surveiller, presque tous étant soupçonnés d’être des recéleurs.
[9] Fournerat eut souvent, pour son genre d’industrie, maille à partir avec les drapiers. Il ne se conformoit pas — car il travailloit autant sur le neuf que sur le vieux — à l’arrêt du 6 février 1616, enjoignant aux fripiers de n’avoir que des morceaux d’étoffes de cinq aunes au plus, et non des pièces entières. Aussi les drapiers obtinrent-ils contre lui une condamnation, le 23 décembre 1697. — Les drapiers étoient, au reste, très-attentifs aux intérêts de leur commerce et, par là, très-processifs. Ils avoient eu par exemple, pour faire valoir les droits de leur corporation, un procès en 1688 avec les marchands de soie. Ils le gagnèrent. Regnard y fait allusion dans sa farce Le Divorce, acte III, sc. 6.
Les Frères Tailleurs[10] demeurent à présent rue saint Denis au bon Pasteur près sainte Opportune.
[10] C’étoit une communauté, moitié laïque, moitié religieuse, que ne lioit aucun vœu, mais dont quelques pratiques religieuses et surtout le travail étoient la règle.
Il y a au bout de la rue Dauphine un Marchand Chaussetier qui fait des bas de toiles pour hommes.
Entre les fameux Tailleurs pour femmes[11], sont Messieurs Regnaud devant l’Hôtel d’Aligre, Villeneuve près la place des Victoires, Lallemand rue saint Martin, le Brun, le Maire et Bonjuste rue de Grenelle, Chalandat rue de l’Arbre sec, Fabre rue saint Antoine au Plat d’Etain, la Barque devant le Sepulcre, Bertrand rue des Petits Champs, Taland vis à vis saint Germain, etc.
[11] Ils étoient moins des tailleurs que des Corsetiers : « Ils s’attachent particulièrement, dit M. de Paulmy, à faire les corps et corsets baleinés, ce qui est vraiment un ouvrage difficile et délicat. » (Mélanges d’une grande Bibliothèque, t. XXII, p. 223.) — C’est donc comme corsetier et non autrement que Bandelet, propriétaire de la maison de la rue de Richelieu où mourut Molière, étoit tailleur de la reine.
Entre les Maîtresses Couturières qui sont en réputation de bien habiller les Dames, sont Mesdames Charpentier rue Montorgueil près saint Eustache, Villeneuve près la place des Victoires, Remond et Prevot rue des Petits Champs, Billard rue sainte Avoye, Bonnemain rue des fossez saint Germain l’Auxerrois, Fauvé Port saint Landry, etc.
M. l’Hermineau Brodeur du Roy, demeure aux Galeries du Louvre[12].
[12] Il occupoit ce logement des galeries depuis 1663 ; il y mourut en 1694. L’abbé de Marolles, dans Le Livre des Peintres, etc., édit. G. Duplessis, p. 87, accorde ce détestable vers à cet artiste de la broderie :