[11] Dans l’édit. précédente, p. 61, on lisoit : « les frères cordonniers demeurent rue des Grands-Augustins. » C’étoit une communauté pareille à celle des frères tailleurs, dont il est parlé, p. 61, et avec laquelle, comme on voit, elle étoit venue se loger sous l’enseigne si bien choisie du Bon-Pasteur. Racine s’y fournissoit pour son fils aîné : « Vous trouverez, lui écrit-il, le 26 janvier 1698, dans les ballots de Monsieur l’Ambassadeur : un étui, où il y a deux chapeaux pour vous, un castor fin et un demi-castor ; vous y trouverez aussi une paire de souliers des frères. »
Le Sieur Goubier Epicier rue de Gesvre, vend une bonne Cireure pour les Cordonniers[12].
[12] Son article est plus étendu dans l’édit. précéd. : « le sieur Goubier, apothicaire-épicier, fait et vend toutes sortes de bijouterie de cire pour les enfants, et une bonne cire neuve pour les cordonniers. » Richelet donne dans son Dictionnaire la recette de ce cirage primitif : « composition de cire, dit-il, de suif et de noir de fumée, de térébentine de Venise, de blanc de plomb, et autres ingrédiens qu’on fait bouillir, pour cirer les bottes, les gros souliers… »
ADRESSES
Concernant les articles precedens, recouvertes après leur impression.
Messieurs Doye et Falaiseau rue des cinq Diamans, Piogé rue du petit Lion, et Bastonneau vieille rue du Temple[1], tiennent comptoirs pour la Banque et les Remises de places en places.
[1] Il étoit de la famille de ces Bastonneau, les gros marchands de soie, dont Guy Patin a parlé (anc. édit., t. II, p. 220). Ils étoient venus de Lyon à Paris, où, après avoir continué leur commerce, ils s’étoient mis dans la banque. Un d’eux, Claude Bastonneau, avoit, en 1640, été enterré à St-Eustache (Le Beuf, Hist. du. dioc. de Paris, édit. Cocheris, t. I, p. 240). En 1662, François Bastonneau et Pierre Bidal, son associé, marchands de soie, avoient fait saisir, pour une forte somme qui leur étoit due, les biens du baron de Blancheface. (Archives hospitalières, Hôtel-Dieu, t. I, p. 172.)
M. Bourdon qui grave pour la Taille douce et pour les Cachets, demeure rue Dauphine, M. Garrier quay des Orfevres à la Banniere de France, est encore distingué pour les Cachets.
Entre les Chirurgiens renommez pour les opérations, sont Messieurs Lartet Chirurgien du Roy par quartier[2], Isle Notre Dame sur le quay Bourbon, et Gervais[3] premier Chirurgien de la feue Reine et ordinairement de Monseigneur à l’Hôtel de Noüailles près saint Roch pour la Saignée, M. du Pré rue Platrière, et pour les accouchements M. Marcel près la porte saint Martin.
[2] Il étoit de service chez le Roi pendant le quartier de janvier.
[3] Il servoit pendant le quartier d’octobre.