[6] Dans cet et cætera de Blegny il faut placer le cordonnier Prudent que cite Coulange au premier couplet de son excellente chanson, Les Moines.
Entre les Cordonniers pour femmes qui se font distinguer par la propreté de leurs ouvrages, sont les Sieurs Raveneau rue des Cordeliers, Vernon, Gaborry et Couteaux rue des fossez saint Germain, Bisbot rue Dauphine, Sulphour rue saint Severin[7], etc.
[7] Il ne faut pas s’étonner de voir un cordonnier à la mode logé dans une rue aussi malpropre que la rue Saint-Séverin ; celui qui chaussoit, au siècle suivant, la dernière favorite de Louis XV, ne l’étoit pas mieux. Chantoiseau l’indique ainsi, en 1773, dans son Almanach général d’indication : « Charpentier, cul de sac de la Fosse aux Chiens, cordonnier ordinaire de Madame la Comtesse du Baril (sic) et autres dames de la Cour. »
Le Sieur des Noyers rue sainte Anne, fait des Souliers de femmes d’une grande propreté qu’il vend un louis d’or[8].
[8] Le louis d’or étoit alors de 12 livres 10 sols, depuis 1689. Il descendit à 12 livres, en avril 1692, puis à 11 livres 10 sols, en 1693. (Dangeau, t. III, 39 ; IV, 61, 349.)
Le Poitevin rue Mazarine, fait[9] des Souliers d’hommes qui résistent fort à l’eau, et qu’il vend un demi louis d’or.
[9] « De très-beaux et bons souliers à la cavalière, qu’il vend un demi-louis d’or. » Édit. de 1691, p. 25-26.
Plusieurs Cordonniers des environs du Palais[10], dont il a été parlé à l’article des Armes et Bagages de guerre, font des Souliers de Cuir de botte qu’ils tiennent tous faits dans leurs boutiques, et qui sont d’un bon usage en hiver, par exemple, les Sieurs Noel, Picard, Simon, etc.
[10] Les pantoufles de velours, autrement appelées mules, se vendoient au Palais même. Les hommes s’y fournissoient surtout. (Liger, p. 401.) Ces pantoufles du Palais furent longtemps célèbres.
Les Frères Cordonniers logent présentement rue saint Denis au Bon Pasteur vers sainte Opportune[11].