Les Crepes et Crepons se vendent en magasin chez Messieurs le Breton rue des Lavandieres, Gaubas et Solicoffre au cul de sac des Bourdonnois[17].
[17] Jusqu’au règne d’Henri IV, les crêpes et crêpons nous venoient de Bologne. On en dut la fabrication en France à Sully, dit Laffémas, « à la prétieuse manufacture par lui establye dans le château de la ville de Mantes ». Archives curieuses, 1re série, t. XIV, p. 223.
On vend aussi au même lieu les Treillis d’Allemagne, et encore chez M. de la Riviere, rue des Bourdonnois[18].
[18] A la suite, on lit dans l’édit. de 1691, p. 25 : « Au Cheval noir, près la porte de Paris, il y a grand magasin de draperie. » — Les treillis, selon Richelet, étoient « une sorte de grosse toile, dont s’habillent, dit-il, les charretiers, les mariniers et autres gens de cette manière, et dont on fait quelques sacs ».
Les Etoffes de soyes, d’or et d’argent[19], sont[20] commercées par Messieurs Gautier[21] et Regnault, rue des Bourdonnois.
[19] Le milannois Furato avoit, sous Henri IV, importé à Paris, hôtel de la Macque, rue de la Tixeranderie, l’art de faire ces étoffes d’or, ce qui fut pour le royaume une épargne de plus de douze cents mille écus par an, suivant Laffémas. (Loc. citat.)
[20] « Amplement », édit. de 1691, p. 25.
[21] C’étoit le plus en vogue. On se ruinoit surtout chez lui — du moins pour les étoffes — en corbeilles, ou, comme on disoit alors, en « carreaux » de mariage : « l’utile et louable pratique, dit La Bruyère, de perdre en frais de nôces le tiers de la dot qu’une femme apporte ! de commencer par s’appauvrir, de concert, par l’amas et l’entassement de choses superflues, et de prendre déjà sur son fonds de quoi payer Gautier, les meubles et la toilette. » Le marquis de la Femme d’intrigue, de Dancourt, « dont le revenu est en fond de crédit », assure (acte III, sc. X) qu’il se fait des rentes avec ce qu’il achète, pour le revendre, dans cette boutique célèbre : « Il n’y a point d’années, dit-il, … que je ne touche sept à huit cent pistoles chez Gauthier, cela en étoffes. » Les gros gains de Gautier étaient les noces de rois ou de princes, qu’il fournissoit tous. A la fin de 1679 et au commencement de 1680, il eut, par exemple, après le mariage du roi d’Espagne, celui du prince de Conti. Mme de Sévigné écrivit alors à sa fille : « Gautier ne peut plus se plaindre, il aura touché en nôces, cette année, plus d’un million. » Ce dont il se plaignoit peut-être, c’étoit des lenteurs à payer que se permettoit la marquise. Elle et sa fille achetoient beaucoup chez lui, et payoient rarement. Il réclamoit, et il falloit lui écrire le plus honnêtement du monde pour qu’il prît patience. (V. les Lettres de Mme de Sévigné, édit. L. Hachette, t. III, 76 et 88 ; VII, 438.)
Mr du Moütier rue Chanverrie à la ville de Hambourg tient magasin de petites Etoffes fabrique de Paris, et M. Brulé même rue, tient magasin de Taffetas et autres Etoffes de Tours et d’Avignon[22].
[22] Le taffetas d’Avignon, ou demi-armoisin, étoit le plus mince de tous ; celui de Tours, ou « petit gros de Tours », l’était un peu moins.