[47] « M. Girardon, qui demeure aux Galleries du Louvre, où il a un très-curieux cabinet de bronzes et de médailles antiques, est estimé un des plus excellents sculpteurs de l’Europe. » Édit. 1691, p. 113. — François Girardon, de Troyes, « Troyen », comme lui-même se qualifioit souvent en signant ses statues. Nous nous contenterons de dire ici qu’il fut de l’Académie, dès 1657, et qu’il mourut le 1er septembre 1715, à quatre-vingt-huit ans. Ce que Blegny écrit sur son cabinet des galeries du Louvre se trouve confirmé avec détails par Brice, 3e édit., t. I, p. 73-74.
[48] « Messieurs Coisevaux, aux Gobelins, et Des Jardins, faubourg Montmartre, sont encore de très-habiles sculpteurs. » Édit. 1691, p. 113. — Antoine Coysevox, né à Lyon, en 1640, reçu de l’Académie en 1676, mort en 1720. Ce fut un des grands artistes du siècle. Les Victoires sur des chevaux ailés qui se trouvent aux deux côtés de l’entrée des Tuileries, sont de lui. — Martin Desjardins, né à Bréda, dont le vrai nom, avant qu’on l’eût francisé, étoit Van den Bogaert. Il fut de l’Académie, en 1671, et mourut n’ayant que cinquante-quatre ans, le 2 mai 1694. Le groupe de Louis XIV et de la Victoire du monument de la place des Victoires, et le bas-relief le plus en vue de la porte Saint-Martin furent ses principaux ouvrages à Paris.
[49] Louis Le Conte, de Boulogne, près Paris, reçu de l’Académie, le 4 janvier 1676, et mort, encore jeune, le 24 décembre 1694. Il avoit sculpté, d’après les dessins de Le Brun, et sur l’ordre de Colbert, nommé marguillier d’honneur, la chaire à prêcher de Saint-Eustache.
[50] Thomas Regnaudin, de Moulins, fut reçu de l’Académie, le 7 juillet 1657, et mourut à soixante-dix-neuf ans, le 3 juillet 1706. Il travailla pour Versailles, où le groupe, fondu par les Keller, la Loire et le Loiret, est de sa main. On lui doit aussi celui de Saturne enlevant Cybèle, qui se voit, depuis le grand siècle, dans le jardin des Tuileries, et se trouve à présent dans une des salles du Louvre.
[51] Corneille Van-Clève, né à Paris, en 1644, reçu de l’Académie, le 26 avril 1681, mort à quatre-vingt-sept ans, le 31 décembre 1732. Il y avoit beaucoup de ses ouvrages dans les différentes églises de Paris.
[52] « Et Cotton », édit. de 1691, p. 63. L’Espingola, dont nous avons parlé plus haut, p. 90, s’y trouve nommé « Spingola ». Quant à Cotton, il est des moins connus. Nous savons seulement qu’il avoit eu le second prix de sculpture en 1675, qu’il étoit élève d’Anguier, et qu’on lui devoit, sauf le buste, qui étoit de Coysevox, les sculptures du tombeau de Le Nôtre à Saint-Roch. Celles des tombeaux de Lulli et de Lambert aux Petits-Pères étaient aussi de sa main.
[53] Pierre Le Gros, de Chartres, reçu de l’Académie le 15 septembre 1663, mort le 17 mai 1714, à quatre-vingt-six ans. Il étoit élève de Sarrazin. Il travailla au pavillon central des Tuileries, et fit à la porte Saint-Martin un des bas-reliefs qui regardent le faubourg.
[54] Jean-Baptiste Tuby, né à Rome, en 1630, et pour cela surnommé le Romain. Il fut reçu de l’Académie le 7 août 1663, et mourut à soixante-dix ans, le 9 août 1700. Il avoit travaillé à l’arc de triomphe de la porte Saint-Bernard, deux des figures du tombeau de Colbert à St-Eustache étoient de sa main, et on lui devoit le tombeau de Turenne, qui, de Saint-Denis, fut transféré aux Invalides. Il l’avoit exécuté d’après des dessins de Le Brun.
[55] Anselme Flamen, de Saint-Omer, reçu de l’Académie en 1681, mort le 15 mai 1717, à soixante-dix ans. Le groupe de Borée et d’Orythie, du jardin des Tuileries, est de lui en grande partie. Marsy ne l’avoit qu’ébauché.