Le muid de Ciment qui se fait sur les fossez de l’Estrapade et au fauxbourg saint Antoine, chez le Sieur Petit à l’entrée de la rue de Nappe[17], coûte rendu à l’atelier 20 livres.

[17] Lisez rue de Lappe, nom qui lui venoit du maraîcher Girard Lappe, qui avoit, par là, de grands terrains sous Louis XIII. Dans l’édit. de 1691, p. 39, il est dit : « à l’entrée de la rue de la Roquette. »

Le muid de Plâtre de Montmartre, de Montfaucon, de Norillon sous Belleville, de Charonne[18], etc., coute rendu 6 livres et au plus 6 liv. 10 sols à la mesure et choisi[19].

[18] « Les carrières et fours à plâtre sont, pour la plupart, au bas de Montmartre, au bas de Belleville, à Montfaucon. On tire de ces carrières une sorte de moellons qui est bonne pour les fondations. » Édit. 1691, p. 38. Le plâtre de Montmartre étoit « le plus estimé », selon Félibien, Des principes de l’architecture, 1676, in-4o, p. 698. Les carrières de plâtre au bas de Belleville existent encore. On les appelle aujourd’hui Carrières d’Amérique, à cause de l’exportation d’une partie de leurs produits aux États-Unis, où le plâtre manque.

[19] Soixante ans après, ce prix étoit augmenté d’un tiers. Le muid de plâtre se payoit 9 livres. (Journal du Citoyen, 1755, in-8, p. 381.)

Le tonneau de Pierre de Saint Leu contenant 14 pieds cubes coute rendu depuis 5 jusqu’à 5 livres 10 sols à proportion de l’eloignement, et sur le Port 4 livres 10 sols, avec cette différence que quand les morceaux ont plus de 28 pieds cubes, le prix est augmenté selon le plus ou le moins ; c’est ce qu’on appelle Pierre d’échantillon.

Le bel appareil de Pierre de Liais[20] coute le pied en superficie rendu depuis 20 jusqu’à 25 sols, et celuy de la même Pierre de 13 à 14 pouces de haut 40 à 50 sols.

[20] « Pierre très-dure, dit Félibien, p. 66, blanche et approchant du marbre, c’est pour cela qu’elle reçoit une espèce de poly avec le grès et l’émeril, particulièrement celui de Senlis, qui ne se gaste ny à la gelée ny aux autres injures du temps. » C’est avec ce liais de Senlis, tiré d’une carrière tout près de la ville, que se firent en grande partie, sous Louis XIV, les constructions du Louvre. Nous reparlerons plus loin des pierres de liais.

Le pied cube de Pierre d’Arcueil[21] d’échantillon 10 sols.

[21] Il sera parlé, avec plus de détail, au chap. suivant, p. [111], de la pierre d’Arcueil, dont on se servoit alors beaucoup dans les constructions à Paris.