[4] C’est-à-dire par petits fragments, sans épaisseur.
Et le haut appareil qui porte 12 à 13 pouces vaut 40 à 50 sols le pied carré, le tout rendu à l’atelier.
Cette Pierre coute 40 à 50 sols la toise pour la taille polie au grais, et celle d’Arcueil coute 28 à 30 sols la toise coulante.
Le Liais faraut ne coute que 20 sols le pied carré, mais on n’en employe que rarement, parce qu’il est difficile à travailler.
La Pierre du fauxbourg saint Marceau et Vaugirard coute 4 à 4 livres 10 sols la voye, et coute 18 à 20 sols la toise à tailler.
Le Moellon[5] que l’on tire dans lesdites Carrieres, coute, savoir, celuy du Fauxbourg saint Marceau, saint Jacques, Bagneux, Pacy et Vaugirard[6], 17 à 18 livres la toise selon l’éloignement ; celuy des Carrières d’Arcueil coute 18 à 20 livres.
[5] Blegny donne la véritable orthographe, que n’avoit pas adoptée Richelet, et dont on se départit au XVIIIe siècle pour la reprendre de nos jours. L’abbé Prévost la regrettoit : « On devroit, dit-il, écrire moellon, et non moîlon, puisqu’il vient de moelle. » (Manuel lexique, t. II, p. 97.)
[6] Celui d’Arcueil et celui de Saint-Maur, oubliés ici, passoient pour être les meilleurs, comme on l’a vu plus haut. Celui de Passy étoit le moins estimé.
On employe dans les batimens beaucoup de Pierre que l’on tire des Carrieres de saint Leu, de Serans près Chantilly ; elle n’est bonne qu’à 4 ou 5 pieds de terre : c’est pourquoy on employe la Pierre dure des Carrières précedentes au retz de chaussée et le saint Leu au dessus ; on la vend sur le port vers la porte de la Conférence[7] 4 livres 10 sols à 4 liv. 15 sols le tonneau, lequel contient 14 pieds cubes ; cette Pierre est fort tendre, facile à travailler, et devient dure en œuvre par une croute qui se forme dessus ; elle resiste à la gelée et à tous les autres mauvais temps, elle ne coute à tailler que 8 à 9 sols la toise courante, tous paremens veus sur un pied de haut.
[7] On sait qu’elle étoit située entre la Seine et l’extrémité orientale de la terrasse des Tuileries. Le port où se déchargeoient les pierres de Saint-Leu, comme le constate aussi La Tynna, étoit au bas. Il n’existe plus. Le port aux pierres est transféré de l’autre côté, un peu plus en amont, au-dessous du quai d’Orsay. Les pierres de Saint-Leu et de Senlis étoient à peu près les seules qu’on y débarquât. Les autres étoient apportées à pied d’œuvre des carrières mêmes qui avoisinoient Paris, « car, dit Félibien, p. 65, il semble que la nature même ait de tout temps voulu pourvoir aux besoins de cette grande ville, puisque toutes les choses nécessaires pour les édifices qu’on y fait se trouvent sur le lieu même. »