Un des voisins prit un livre de dévotion et lut d'une voix entrecoupée de sanglots la prière des agonisants.

Un instant après le mourant agita les lèvres. Son fils aîné se pencha tout près de lui et put distinguer ce seul mot: «Geneviève!»

Ce fut le dernier que Paul Durand prononça en ce monde: peu après son âme s'envolait.

Lorsqu'on eut avec respect et émotion fermé les yeux de son père et lu d'autres prières, Armand se leva et sortit de la chambre, suivi de près par madame Ratelle.

--Embrasse-moi, mon pauvre et malheureux garçon, lui dit-elle comme ils entraient dans la jolie petite chambre à coucher qu'il avait toujours partagée avec Paul depuis leur enfance.

En l'attirant près d'un siège:

--Assieds-toi là, continua-t-elle, et dis-moi pourquoi tu n'es pas venu plus vite?

--Dites-moi plutôt, interrompit-il avec un emportement qui n'était pas dans son caractère, dites-moi plutôt pourquoi on ne m'a pas demandé de venir? pourquoi ce traître de vil Paul ne m'a pas écrit?

--Mais il t'a écrit deux fois et moi une fois, mais nous n'avons reçu aucune réponse, est-ce que tu t'es absenté de la ville dernièrement?

--Oui, je suis allé passer quelques jours chez madame Belfond à Saint-Etienne, mais je vous ai écrit un mot pour vous en prévenir et j'ai laissé à ma pension des ordres précis de m'envoyer les lettres qui me seraient adressées à Montréal.