--On ne le trouvait pas plus, femme, il y a quelques mois, lorsque nous avions coutume d'avoir presque tous les soirs un poulet rôti ou quelque chose d'aussi bon. Mais, grâce à la Providence, j'ai un bon appétit et une bonne digestion, en sorte que je puis manger ce qu'il y a.
--C'est bien dommage que tu ne puisses ajouter que tu as aussi un peu plus de bon sens? reprit avec sarcasme sa chère moitié.
--J'ai ce qui est aussi utile, une part raisonnable de bonne humeur, répliqua imperturbablement le digne M. Martel. Armand mon fils, passez-moi le pain. Tu ne manges donc pas, petite: qu'est-ce qu'il y a! Peut-être que toi aussi tu ne trouves pas la fricassée de dont goût.
--Ce n'est point cela, interrompit la mère Martel avec indignation. Non, la pauvre enfant a été désappointée.
--Ce n'est toujours pas en amour, observa-t-il en souriant, car elle s'est assuré, hardiment et fermement, notre ami Armand!
--Je désirerais, cousin Martel, dit la jeune mariée avec un éclair dans ses yeux, je désirerais réellement que vous ne traîneriez pas mon nom dans de vulgaire plaisanteries.
--Tu es plus susceptible, jeune femme, ce soir que tu n'avais l'habitude de l'être au temps passé.
--Parce que sa patience a été rudement éprouvée ce soir, André. Etre tout habillée, et attendre deux ou trois heures pour faire une promenade avec son mari, et ne pas être capable de l'avoir!
--Est-ce tout? Eh! bien, elle trouvera sa promenade plus agréable lorsqu'elle sera capable de la faire.
--Les jeunes mariées n'ont pas l'habitude d'être refusées pour de si simples demandes mais c'est peut-être la façon chez les messieurs.