dix régiments de l’Hetmanat : Starodoub, Tchernyhiv, Nijyn, Kiev, Péréïaslav, Prylouka, Loubny, Hadiatch, Myrhorod, Poltava ;

cinq régiments de l’Ukraine Slobidska : Soumy, Akhtyrka, Charkov, Ostrogojsk, Izium ;

centres des régiments ressuscités à la fin du XVIIe siècle : Khvastiv (Fastov), Bohouslav, Korsoun.

On sait que Charles XII, pour avoir trop poussé vers le sud avec une partie de son armée, perdit liaison avec les réserves qu’on lui amenait, de sorte que ses troupes affaiblies et démoralisées furent défaites près de Poltava, dans l’été de 1709. Il s’enfuit sur le territoire turc, avec Mazeppa et quelques autres chefs. Un petit nombre de cosaques les suivit et les Zaporogues de la Sitche transportèrent leur résidence en pays tartare, non loin de l’embouchure du Dniéper.

Charles s’installa à Bender et s’attacha à entraîner la Turquie dans une nouvelle guerre contre la Moscovie ; ce à quoi il réussit.

Pendant ce temps Mazeppa mourut et les chefs cosaques élurent à sa place le chancelier Orlyk. A cette occasion on élabora une charte constitutionnelle fort intéressante. Son objet était de mettre un frein aux tendances autocratiques des hetmans, qui avaient commencé à se faire jour sous la protection de Moscou (ils avaient adopté la formule : sic volo, sic jubeo, comme le dit le document). La charte déterminait les formes de la représentation législative cosaque, les assemblées périodiques des députés de l’armée, les dépenses du trésor, etc.

Sûr de l’aide de Charles et de la Turquie et ayant à sa disposition les forces Zaporogues, Orlyk, avec ses cosaques, se mit en devoir d’arracher l’Ukraine aux griffes du tzar. Charles et le Khan jurèrent de ne point faire la paix jusqu’à ce que son indépendance soit assurée. La Turquie à son tour entra en guerre, en automne 1710. Il sembla que les vœux des ukrainiens allaient se réaliser.

Parce qu’elle avait prêté ses forces à Charles et à Orlyk, Pierre marcha en 1711 contre la Turquie. Il comptait sur l’appui du voïvode de Moldavie, sur l’insurrection des chrétiens des Balkans et retomba ainsi dans la même erreur que Charles.

Ayant traversé le Pruth, à la tête d’une armée insuffisante, il se trouva cerné par des forces turques bien supérieures et fut forcé de demander la paix. Charles et Orlyk purent maintenant espérer qu’ils forceraient le tzar à renoncer à toutes ses prétentions sur l’Ukraine. Mais Pierre trouva moyen d’acheter le Grand Vizir et le traité fut rédigé de telle sorte que chacun pouvait l’interpréter à sa guise. Charles, Orlyk et le sultan insistèrent pour que la Moscovie évacuât l’Ukraine ; Pierre, sorti de ce mauvais pas, ne voulut rien entendre.

La guerre renouvelée n’aboutit pas à un meilleur résultat, car le tzar persuada au sultan, au moyen d’arguments sonnants, d’adopter son interprétation du traité, c’est-à-dire qu’il n’avait renoncé qu’à la rive droite du Dniéper. Là-dessus, la Pologne, alliée de la Moscovie, releva ses prétentions sur ce pays et les efforts d’Orlyk et des cosaques de la Sitche pour s’en emparer restèrent vains. D’accord avec la Pologne, la Moscovie, de 1711 à 1714, procéda à l’évacuation de ces contrées où les cosaques s’étaient mis volontairement sous le gouvernement de Mazeppa. Les troupes moscovites, en se retirant, chassèrent la population ukrainienne au delà du fleuve et ne laissèrent aux autorités polonaises que des espaces dévastés.