— Elle. Ex. A va aller se promener chez ses parents.
— Ce. Ex. A soir, nous irons au concert.
— De. Ex. Voici le chapeau à Pierre.
— E. Ex. Couvarte, vardir, alarte, avarse.
— Chez. Ex. Aller au médecin, au prêtre.
Abajoue, n. f.
Bajoue, partie de la tête d'un animal qui s'étend depuis l'œil jusqu'à la mâchoire.
Abander, v. a.
— Réunir en groupe un certain nombre d'individus.
— Soulever une assemblée en l'ameutant contre soi.
Abander, (s'), v. pr.
Se réunir en groupe, en bande. Ex. Ne t'abande pas avec
ces mauvais garnements, c.-à.-d., ne te mêle pas à eux, à leurs jeux.
Abandonner, v. a.
Cesser. Ex. J'ai abandonné de fumer.
A bas, loc.
A terre. Ex. l'enfant est à bas, il vient de tomber de sa
chaise. Dans le vieux français on écrivait abas pour signifier
en bas, ici-bas.
Abatages, n. m. pl.
Abatis, tête, cou, ailerons, pattes de volaille.
Abatteux d'ouvrage, loc.
Individu qui taille beaucoup de besogne en un temps donné.
En Normandie on dit un homme d'abat, qui travaille vite
et beaucoup.
Abattre, v. a.
Faire, exécuter. Ex. Voici un ouvrier qui abat beaucoup
d'ouvrage dans une journée. Allusion à ceux qui abattent
du bois.
A belle heure, loc. adv.
Tardivement, après l'heure voulue. Ex. Tu arrives à belle
heure, toi; pourquoi avoir tant retardé?
Abîmer, v. a.
—Salir, tacher. Ex. Prenez garde d'abîmer mon habit.
En Bretagne, abîmer comporte une signification identique.
—Injurier. Ex. Je me suis fait abîmer par ce gars-là.
—Abîmer l'eau, faire eau. Ex. Ma chaloupe abîme l'eau.
Abîmer (s'), v. pron.
Se blesser. Ex. Il s'est abîmé les doigts en travaillant au jardin.
Able.
La plupart des terminaisons en able se prononcent comme si
la lettre l n'existait pas. Ex. agréabe, aimabe, capabe.
Aboiteau, n. c.
Mot de provenance acadienne, qui signifie digue. Nous
trouvons dans Littré, (vol. suppl.) «Aboteau, barrage,
obstacle mis au cours de l'eau dans la Saintonge. Etymologie:
a et bot qui signifie une digue, suivant le glossaire
Aunisien.» La Saintonge, pays natal de Samuel Champlain,
fondateur de Québec, a fourni à l'émigration française en
Acadie un bon nombre de ses enfants. F. Godefroy, dans
son Lexique de l'ancien français, cite le verbe aboiter qui
signifiait tromper. Tromper la mer ou un fleuve au moyen
d'une digue, ne serait pas après tout si mal; de là, pourrait-on
dire, un aboiteau. Le mot Saintongeois est aboteau,
petit batardeau fait pour retenir l'eau; d'abotare de basse
latinité. Du Cange lui donne un sens juridique: abotum,
abotamentum.
A bonne heure, loc. adv.
De bonne heure. Ex. Viens donc aussi à bonne heure que tu pourras.
Abord, n. m.
—Grande réunion d'individus arrivant tous ensemble au
même lieu.
—Moment, court espace de temps. Ex. Il commence à
tonner, ce ne sera qu'un abord.
Abord (d') que, loc.
Puisque: Ex. D'abord que tu le veux, je me rends.
Abordade, n. m.—Abordage.
Aborder, v. a.
—Approcher. Ex. Aborde ici que je te parle.
—Heurter par accident. Ex. Sa voiture a abordé la mienne
au coin de la rue Couillard.
Abouler, v. n.
—Aboutir, finir. Ex. Aboule et finissons-en.
—Payer une dette. Ex. Je vais le presser tellement qu'il
finira par abouler.
About, n. m.
—Extrémité d'un terrain confinant au terrain d'un autre,
dans le sens de la longueur.
—Planche de labour à l'extrémité d'un champ.
Autrefois le mot habout signifiait fond de terre abandonné
à un créancier et désigné par ses tenants et aboutissants,
dans la coutume de Lille.
Abouter, v. a.
—Joindre par le bout deux choses susceptibles d'être adaptées
l'une à l'autre.
—Confiner. Ex. Ma terre aboute à celle de Mathieu.
—Faire un about.
—Disposer une planche de labour à l'extrémité d'un champ.
Aboutir, v. n.
—Finir. Ex. Aboutis donc, tu retardes mon ouvrage.
—Réussir. Ex. Cette affaire a abouti heureusement.
—Avoir le dessus, prévaloir. Ex. Son opinion n'aboutira
pas plus aujourd'hui qu'autrefois.
A brasse-corps, loc. adv.
A bras-le-corps. Ex. Allons, les enfants, vous allez colleter,
prenez-vous à brasse-corps.
Abre, âbre, n. m.
Arbre. Ce mot est d'origine normande: «Pour l'amour du
buisson va la brebis à l'abre.»—Proverbe du XVe siècle,
cité par Leroux de Lincy. (Prov. français, t. I, p. 97.)
Abrier, v. a.
—Abriter. Se dit surtout du fait de couvrir une personne
couchée et qui veut se mettre à l'abri du froid ou de l'air.
Dans le sens propre, abrier signifie se mettre à couvert
sous un arbre. (Lac. de S. Pallaye.)
—Excuser. Ex. Ne cherche pas à l'abrier (ou l'abriller), il
est certainement coupable.
Abrier (s'). v. pr.—S'envelopper, se couvrir, se mettre à l'abri.
Abriller, v. a.—V. Abrier.
Abriller (s'), v. pr.—V. S'abrier.
Abroué, n. m.
Abreuvoir, mare d'eau. Ex. Va mener le cheval à l'abroué.
* Abuser, v. a.—Injurier, dire des paroles dures. Ex. C'est
un polisson qui m'a abusé. (Angl.)
* Abutment, (m. a.)
Culée, arc-boutant, but, borne, contre-fiche.
Acadien, enne, adj.
Nom donné à tout Français né dans les Provinces Maritimes,
bien que l'ancienne Acadie ne comprît que la
Nouvelle-Ecosse actuelle. Il se rencontre encore un bon
nombre de familles acadiennes dans la Province de Québec.
L'Acad. dit s'acagnarder, se plaire dans la solitude.
A cause que, loc.
Parce que. Ex. Je suis allé me promener à cause qu'il faisait beau.
Accablation, n.f.
Accablement. Ex. Ces enfants sont insupportables, ils
mettent tout à feu et à sang; quelle accablation!
Accalmir (s'), v. pron.
Se calmer. Ex. Le temps commence à s'accalmir.
Accaparer (s'), v. a.
Accaparer. Ex. Il est défendu de s'accaparer le bien d'autrui.
Accent, n. m.
Action, ardeur, en parlant d'un cheval. Ex. Mon cheval
a un bel accent.
Acceptance, n. f.
Acceptation.
Accommodation, n. f.
—Confort. Ce steamer manque d'accommodation.
—Train d'accommodation, train spécial pour accommoder
les voyageurs d'une région restreinte.
—Billet d'accommodation, billet de complaisance, qui permet
au voyageur de se promener gratuitement.
Accomparager, v. a.
Comparer.
* Accomplissements, m. pl. (Angl.)
Talents, qualités, connaissances en général.
Accord, n. m.
Réconciliation. Ex. Pourquoi vous chicaner, il faudra
ensuite que vous fassiez l'accord.
Accordant, adj.
Conciliant, facile en affaires.
Accords, n. m. pl.
Accordailles, fiançailles.
Accoster, v. a.
S'approcher de quelqu'un pour lui parler. Ex. Quel ennuyeux,
il accoste tout chacun sur la rue.
Accoter, v. n.
—Appuyer, soutenir. Ex. Cet homme jouit de hautes
influences, il est bien accoté.
—Egaler. Ex. Cet individu a du talent, il est difficile à
accoter.
—Accoter une porte, la rendre stable au moyen d'un meuble,
d'un morceau de bois, d'une pierre.
Accoter (s'), v. pr.
—S'appuyer sur un mur, un meuble, etc., de façon à se trouver
à l'aise et à rester en place pendant un certain temps.
—S'accoter l'estomac, bien manger.
Accotouer, n. c.—Dossier de chaise.
Accoupler, v. a.
Attacher, en parlant des wagons de chemins de fer.
Accoupleur, n. m.—Homme d'équipe.
Accoutumance, n. f.
—Habitude.
—Caprice, fantaisie. Ex. Ces enfants sont remplis d'accoutumances.
Ce mot qui, d'après Vaugelas, était déjà vieilli
au XVIIe siècle, est resté. Nous le trouvons dans Marot,
La Fontaine, Montaigne, Amyot et La Rochefoucauld, de
même que dans la dernière édition du Dictionnaire de
l'Académie.
Accouver (s'), v. pron.
S'accroupir, comme la poule qui couve.
Accrapoutir, v. a.
—Ecraser. Ex. Je vais t'accrapoutir comme une punaise.
—Accroupir. Ex. Regarde Pierre, il est tout accrapouti
dans son banc.
Accreire, v. a.
—Accroire. Ex. Tu ne me feras pas accreire cela. Ce mot
vient du roman. En berrichon, accreire; en wallon, acreure;
en provençal, acreire.
—S'en faire accreire, se donner de l'importance. Expression
vieillie qui, d'après Hatzfeld, veut dire gagner du crédit,
de l'autorité.
Accrochat, n. c.
Crochet ou patère qui sert à suspendre un chapeau, un
habit, etc.
Accrocheter, v. a.—Accrocher.
Accrochoir, n. m.—Même sens qu'accrochat.
Accrochouer, n. m.—Accrochoir.
Accroupiller (s'), v. pron.
S'accroupir. Ex. Accroupille-toi par terre.
Acculer, v. a.
Eculer. Ex. Ses souliers sont acculés.
Acculoire, n. f.
Avaloire, pièce du harnais qui, fixée au brancard, descend
derrière les cuisses du cheval de timon, pour retenir la
voiture dans une descente.
A celle fin que, loc.
Afin que. Ex. Je vais aller vous voir à celle fin que vous
me rendiez mes livres.
Acertainer, v. a.
Certifier. Mot vieilli, et dont l'usage semble disparu ici.
Achalage, n. f.—Ennui, embarras.
Achalant, adj.
Fatigant. Ex. Il fait un temps achalant.—Un individu
achalant.
Achaler, v. a.
—Blaguer, tromper. Ex. Cet homme s'est fait achaler dans
cette affaire.
—Importuner. Ex. Va-t'en donc, tu m'achales.
—Exciter le feu. Ex. Cours donc achaler le poêle.
—Fatiguer, incommoder. Ex. Il fait un temps qui m'achale
au point de me rendre malade.
Achalerie, n. f.—Ennui, fatigue.
Achargnement, n. m.—Acharnement.
Achargner, v. a.—Acharner.
Achargner (s'),—S'acharner.
Acharnation, n. f.
Acharnement. Ex. Cet homme aime ses enfants, c'est une
véritable acharnation qu'il a pour eux.
Acharnement, n. m.
Attachement. Ex. Ma mère avait beaucoup d'acharnement
pour ses enfants.
Achesser, v. a.
Assécher. Ex. Mes habits sont mouillés, il faut les faire
achesser au soleil.
Acheter, v. n.
Devenir père d'un enfant. Ex. Les cloches sonnent un
baptême, sais-tu qui vient d'acheter?
Achienneté, e, adj.
Expression acadienne pour marquer l'attachement ou mieux
l'acharnement. Ex. Cet enfant est achienneté à sa mère.
Achiffe, n. f.—Affiche.
Achigan, n. m.
—Poisson que la science a rangé dans l'espèce des microptères
Dolomiens. Ainsi appelé, parce qu'il est très commun
dans la rivière Achigan.
—Manger un achigan, ne pas faire de points au jeu de whist.
Achiquette, n. f.
—Se dit du bois que l'on corde sous forme d'échiquier,
c'est-à-dire en plusieurs carrés.
—Plancher en achiquette, parquet posé par carrés.
A clair (tout), loc.
Distinctement. Ex. Je l'ai entendu tout à clair.
Acmoder, v. a.
Accommoder. Ex. Acmoder du poisson.
A cœur d'année, loc. adv.
Toute l'année. Ex. Il me faut endurer ce paresseux-là à cœur d'année.
A cœur de jour, loc. adv.
Toute la journée, du matin jusqu'au soir. Ex. Travailler
à cœur de jour.
A cœur jeun, loc. adv.
A jeun. Ex. Le docteur me fait prendre ses bolus à cœur jeun.
A compte (en), loc. adv.
A compte. Ex. J'ai reçu dix piastres en à compte. On peut
dire: J'ai reçu un acompte de dix piastres, ou dix piastres
à compte.
Aconnaître, v. a.
Connaître. Ex. Pierre est revenu des Etats; il a eu de la
misère à se faire aconnaître.
Acouillau, acoyau, n. m.
Coyau, pièce de bois posée sur la base des chevrons et l'angle
du mur, de manière à dépasser la saillie de l'entablement
et à former l'avance de l'égoût du toit.
A coup, d'à coup, loc.
Subitement. Ex. Le vent s'est élevé d'à coup.
Acoustique, n. f.
Récepteur. Cylindre évasé qu'on appuie sur l'oreille pour téléphoner.
Acquéreuse, n. f.
Acquéreur. Ce féminin a été rejeté par l'Académie.
Acquêt, n. m.
Gain, profit, chance. Ex. Tu as autant d'acquêt de ne pas
te mêler de cette affaire. Mot vieilli, mais français.
Acte, n. m.
Loi. Les Actes sont le journal où sont consignés des actes:
les Actes du parlement anglais, les Actes des Apôtres.
D'après le B. P. F., acte pour loi est très approprié.
* Acter, v. n.
Tenir un rôle de théâtre. Ex. Ce Monsieur acte à la perfection.
(Angl.) Autrefois acter se disait pour dater les actes.
A désamain, loc.
Qui n'est pas à la main. Ex. J'irais bien me loger à Saint-Roch,
mais c'est trop à désamain.
A dire le vrai, loc.
A vrai dire, pour parler franchement. Ex. A dire le vrai,
c'est une grosse besogne que de faire un dictionnaire.
Admettable, adj.—Admissible.
Admission, n. f.
Aveu. Ex. Le prisonnier a fait l'admission de son crime.
Adon, n. m.
—Effet du hasard, de la chance. Ex. Quel adon! Que je
suis chanceux! Adon voulait dire autrefois don, présent.
—Habileté, talent. Ex. C'est un homme qui a de l'adon
pour faire de belles choses, des petits chefs-d'œuvre.
Adonner, v. a. et n.
—Etre favorable. Ex. La marée adonne, allons à la pêche.
—Jouer une carte de même couleur. Ex. J'ai joué du
cœur, adonne.
Adonner (s'), v. p.
—Convenir. Ex. Cet individu t'adonne-t-il, toi?
—Effet du hasard. Ex. Je m'adonnais à passer par chez
vous, quand tu m'as appelé.
—S'accorder, marcher en harmonie. Ex. Ces deux cousins
s'adonnent bien ensemble.
* Adresser, v. a.
Porter la parole devant une assemblée. (Angl.)
Adret, te, adj.
Adroit. Ex. Ce menuisier est adret, ce médecin est adret.
S'entend non seulement de la dextérité du manœuvre,
mais aussi du savoir et de l'intelligence.
Adroisse, n. f.—Adresse.
Affaire, n. f.
—Faire son affaire, s'enrichir. Ex. Ce marchand fait son
affaire.
—Faire l'affaire à quelqu'un, le punir, le mettre à la raison.
Ex. Si cet individu revient ici, je lui ferai son affaire.
—Etre d'affaire, être habile en affaires.
—Avoir affaire à quelqu'un Ex. Si tu ne me payes pas,
tu auras affaire à moi.
—Pas d'affaire, non, je ne veux pas.
Affaires, n. f. pl.
—Effets, lingerie. Ex. Déménage au plus tôt toutes tes
affaires.
—Faire ses affaires, aller à la garde-robe.
Affecté, e, adj.—Prétentieux, vaniteux.
* Affecter, v. a.
Influencer. Ex. Rien ne saurait affecter mon vote à la
Chambre, ni promesses, ni menaces, etc. (Angl.)
Affiquet, ajustement de femme. Ex. Cette femme a mis
tous ses afficots, c.-à.-d. qu'elle affiche toutes ses parures,
colliers, bracelets, épingles, etc.
Affidavid, n. m.
Affidavit, déclaration avec serment faite devant une autorité.
Affiler, v. a. et n.
—Tailler en pointe, aiguiser. Ex. Mon crayon est mal affilé.
—Amadouer. Ex. Pour le convaincre, il faut d'abord l'affiler.
—Se préparer. Ex. Affile-toi pour partir bientôt.
—Aligner, mettre à la file.
Affirmative (dans l'), loc.
—Affirmativement. Ex. Quelle réponse ferez-vous? Je
répondrai dans l'affirmative, cela vaudra beaucoup mieux.
Affligé, e, adj.
—Malade. Ex. Une personne affligée des yeux, des oreilles.
Affrancher, v. a.—Hongrer, procédé qui vient de la Hongrie.
Affranchir, v. a.
—Châtrer, hongrer.
—Greffer.
—Civiliser les nations sauvages, les tirer de la barbarie.
Affranchisseur, n. m.—Châtreur de bestiaux.
Affronter, v. a.
—Tromper impudemment.
—Aborder de front, rencontrer face à face.
Affûtage, n. m.—Tir à l'affût.
Affûteur, n. m.—Tireur à l'affût.
Affûts, n. pl.
Ruses, dissimulation. Ex. Vos affûts me laissent absolument
froid, je saurai m'y soustraire.
Afistoler, v. a.
Arranger, se parer, se mettre beau, rafistoler.
—Enjôler.
—Raccommoder.
—Remettre à neuf. Ex. Afistoler un vieil habit.
* Aft. (m. a.)—A l'arrière. (Terme de marine.)
Agacer, v. a.
—Produire sur les dents une sensation désagréable provenant
de la saveur aigre ou acide. Ex. L'alun agace les
dents.
—Emousser une scie.
* Agate, (Angl.)
Parisienne ou Sédanaise. 5½ points. (T. d'impr.)
Age, n. f.
Age, n. m. Ex. Nous sommes tous deux de la même âge.
Age (à bout d'), loc.
Très vieux. Ex. Etre rendu à bout d'âge.
Age (être en), loc.
—Avoir atteint la majorité, l'âge de vingt et un ans. Ex.
Maintenant que tu es en âge, tu vas jeûner pendant le
carême.
Age (hors d'), loc.
Très vieux. Se dit surtout des animaux. Ex. Mon cheval
blanc est hors d'âge, ménageons-le.
Agent, n. m.
—Agent de station, chef de gare.
—Agent de télégraphe, télégraphiste.
—Agent des Terres de la Couronne, officier préposé à la vente
des terres.
—Agent des passagers, employé préposé au service des voyageurs.
Ageter, v. a.—Acheter.
Ageteur, euse, n. m. et adj.—Acheteur.
Agets, ajets, n. m. pl.
Les agets sont les douze jours qui commencent avec la Noël
pour finir aux Rois; la température de chacun d'eux sert
de pronostic pour les douze mois de l'année qui va commencer.
Ainsi Noël, c'est janvier, le 26 décembre, février,
etc., etc.
M. Rivard signale, dans le B. P. F. (v. 2. p. 39-41), que
le mot aget s'emploie différemment dans certaines parties
de la province de Québec: présage, pronostic, dans la
région de St-Hyacinthe; êtres d'une maison, dans la région
du Saguenay et dans le comté de Charlevoix; comble de la
mesure, dans le comté de Dorchester.
Aget veut dire habitude, manière d'être. On dit ajeu à
Caen, et agi dans le patois de Provence.
Agever, v. a.—Achever. Ex. Cette femme est belle agevée.
Agir (en), loc.
En user. Ex. Il faudra que tu en agisses bien avec cet
homme-là, c'est-à-dire que tu t'en serves de manière à le
satisfaire.
Agoïen, enne, n. m. et f.
Acadien. Ex. Ce doit être un agoïen de Madawaska, il
parle pas comme tout le monde.
Agoniser, v. a.
Accabler d'injures, agonir. Ex. C'est une mauvaise langue,
il m'a agonisé de bêtises.
Agoucer, v. a.
Exciter, irriter. Ex. N'agouce pas le chien, il est malin.
Agoucer paraît être une corruption d'agacer.
Agrafe, n. f.—Fermoir d'un livre, d'un porte-monnaie.
Agrafer, v. c.
—Saisir au passage et retenir. Ex. Cet importun m'a agrafé,
c'est-à-dire, il m'a retenu en s'accrochant à mon bras.
—Orthographier. Ex. Un homme qui agrafe mal.
Agrains, n. m. pl.
Criblures, résidu de ce qui est passé au crible.
Agrayer, v. a.
Gréer, garnir un bâtiment, un mât, de voiles, poulies, cordages.
Agréient, n. m.
Ingrédient, ce qui entre dans la composition d'un médicament,
d'une boisson.
Agrément, n. m.
Plaisir, joie. Ex. Nous avons eu beaucoup de plaisir, sans
compter l'agrément. Vaugelas avait condamné ce mot
qui, de son temps, s'écrivait agreement.
Agrès, n. m.
—Engins de pêche.
—Outils.
—Personne désagréable.
—Attelage d'un cheval.
Agréyer, v. a.—(V. Agrayer).
Agréyer (s'), v. pr.—S'habiller en vue d'une promenade.
Agréyer (se faire), loc.—Se faire donner des coups violents.
Agréiable, adj.—Agréable.
Agricher, v. a.—Saisir, mettre les crocs sur une proie quelconque.
Agripper, v. a.—Prendre avidement, accrocher. (Fr. fam.)
Agripper (s'), v. pr.—S'agriffer, s'attacher avec les griffes.
Agrouer (s'), v. pr.—S'accroupir.
Aguette (d'), loc.
En tapinois. Ex. Cette femme marche d'aguette. Le vieux
français nous a laissé le mot agait, guet, veille, et aguaiter,
guetter.
Aguettes (aux), loc.
Aux aguets. Ex. Notre servante est toujours aux aguettes
pour renifler nos paroles.
Agurir, v. a.—Ahurir, ennuyer, troubler.
Agurissement, n. m.—Ahurissement.
Ahan, n. m.
Effort qui essouffle le travailleur, le bûcheur.
Aider à quelqu'un.
Aider quelqu'un, le secourir, l'assister. Aider à quelqu'un
signifie contribuer à son travail.
Aiduille, n. f.—Aiguille. Ex. Une aiduille à laine.
Aiduillée, n. f.—Aiguillée. Ex. Une aiduillée de fil.
Aigle pêcheur, n. m.—Balbuzard (faucon) de la Caroline.
Aigrefin, n. m.—Etre faible, de complexion délicate.
Aigrettes, n. f. pl.—Fétus du chanvre ou de lin.
Aiguillettes (en), loc.
En pièces. Ex. En voulant réparer un meuble, je l'ai mis
en aiguillettes.
Aillère, n. f.
—Œillère, dent canine de la mâchoire supérieure.
—Œillère, visière.
Aillis, n. m.—Taillis, broussailles.
Aïol, n. m.—Aïeul.
Ain, n. m.—Haim, hameçon.
Air, n. f.
S'emploie souvent au féminin, mais à tort. Ex. L'air est
fine ce matin, il fait un froid de loup.—Jouer une belle air
de piano.
Air, n. m.
—Erre, allure, train, vitesse. Ex. Si tu veux sauter plus
haut, prend plus d'air.
—Arrhes. Ex. Je lui ai donné une piastre d'air.
—Souffle. Ex. Impossible d'aller en chaloupe aujourd'hui,
il n'y a pas un air de vent.
—Etre en air, être disposé, être en veine. Ex. Je suis en
air de travailler ce matin.
—Se donner des airs, affecter certaines prétentions.
—Vivre de l'air du temps, vivre de rien ou de peu de chose.
—Monter en l'air, monter haut.
—Etre en l'air, être très gai.
—Avoir de l'air, se tromper. Ex. Quelle heure est-il? Il
est deux heures. T'en as de l'air! il est quatre heures.
—Donner un air d'aller, donner un élan.
—Perdre son air, perdre son aplomb.
—Faire de l'air, laisser passer l'air extérieur. Ex. Une
croisée qui fait de l'air.
—Prendre l'air, laisser passer l'air de l'intérieur à l'extérieur.
Ex. Une pompe qui prend l'air.
—Avoir de faux airs, ressembler vaguement. Ex. L'enfant
a de faux airs de sa mère.
Airer, v. a.
Aérer, ventiler. Ex. Aire le salon comme il faut.
Airrhes, n. f. p.
Arrhes, argent donné à l'avance pour assurer l'exécution
d'un marché.
Airs, n. m. pl.
Etres, aîtres. Ex. Je connais tous les airs de cette maison,
c'est-à-dire la disposition des diverses parties d'une maison.
Ajambée, n. f.—Enjambée.
Ajamber, v. a.—Enjamber.
Ajouter à quelqu'un.
Ex. Je lui ajoutai, pour j'ajoutai à ce que je lui ai dit.
Al, alle, pron. pers. f.
Elle, devant une voyelle ou une h muette. Ex. Alle est
allée à la messe.
Alalime, adv. et adj.
—Unanimement. Ex. Notre candidat a été élu alalime.
—Unanime. Ex. Etes-vous alalimes pour régler cette
question?
Alan, n. m.—Elan.
Alarte, adj. f.—Alerte.
* Alderman, (al-deur-mane).—(m. a.)
Conseiller municipal.
Alener, v. a. et n.
—Anneler, mettre un anneau dans le groin d'un cochon.
—Agneler.
Alentir, v. a.
Ralentir. Molière a employé alentir.
Alentir (s'), v. pr.—Se ralentir.
Alentour, adv.
Autour. Ex. Qu'as-tu à rôder alentour de moi? Il ne faut
pas confondre autour avec alentour, dit la grammaire.
Alentours (dans les), loc.
Environ. Ex. Mon père a dans les alentours de cinquante ans.
Algonquin, n. m.
—Personne d'apparence bizarre, mal vêtue.
—Langage incompréhensible. Ex. Qu'est-ce que tu baragouines?
Parles-tu l'algonquin?
Ali, e, adj.
Pâte mal cuite. Ex. Ce pain est mal cuit, il est ali.
A lieur de, loc. adv.
Au lieu de. Ex. Je lui ai recommandé d'aller aux vêpres,
a lieur de cela, il est allé au Nickel.
Alimal, alimaux, n. m.
Animal, animaux.
Alise, n. f.—Bourdaine.
Alitré, e, adj.
Avivé, légèrement enflammé. Ex. Cet enfant a les joues alitrées.
* All aboardal-a-bôrde (m. a.)
En voiture! En voiture!
Allable, adj.
Action d'aller. Ex. Les chemins sont dans un état terrible,
ce n'est pas allable.
Allant, part. pr. du verbe aller.
Bien ou mal disposé à marcher. Ex. Mon cheval n'est pas
allant, aujourd'hui.
Allant à dire, loc.
De nature à laisser croire ou entendre. Ex. Il s'est servi
d'une expression allant à dire que j'avais faussé la vérité.
Allébore, n. m.—Ellébore.
Allège, adj.
Lège, à vide, non chargé. Ex. Ma voiture est allège, embarque
tes valises.
Allégéance, n. f.—Allégeance.
Allégir, v. a.
Alléger. Ex. Depuis la dernière fois que je me suis pesé,
j'ai allégi de dix livres.
Allégir (s'), v. pron.
—Diminuer son fardeau.
—Se soulager. Ex. Je lui ai dit ma façon de penser, cela
m'a beaucoup allégi, car j'en avais gros sur le cœur.
Allégué, n. m.
Allégation, Employé substantivement, le mot allégué a
rencontré beaucoup d'adversaires, parce qu'il n'est pas
reconnu par l'Académie et qu'il ne se rencontre pas dans
les dictionnaires, à l'exception de Littré. L'usage que nous
en faisons en Canada a rendu ce mot presque indispensable,
et allégué restera.
Allemagne, n. c.
—Ecole d'Allemagne, école normale.
—Argent d'Allemagne.. Ex Cette cuiller est en argent
d'Allemagne; métal qui vient d'Allemagne.
Aller, v. n.
Ce mot s'emploie dans différentes acceptions:
—Ex. Aller sur la soixantaine, avoir dépassé cinquante-neuf
ans.
—Etre à l'article de la mort. Ex. Je t'assure que notre
malade s'en va.
Aller (se faire), loc.
Expédier vite une affaire, un ouvrage quelconque. Ex. Si
tu veux réussir, tu as besoin de te faire aller. Expression
populaire employée, en France, pour signifier berner.
Aller d'venir.
—En sens opposé. Ex. Mon mal part du cou et vient finir
dans le bas du dos, frotte-moi avec du liniment aller
d'venir.
—Course rapide. Ex. J'arrive du marché, je n'ai fait
qu'aller d'venir.
* Alley, (m. a).—Bille en verre de couleur, boulet.
* All fours, al fôrze (m. a.)—Impériale. (T. de jeu de cartes).
Allonge, n. f.
Annexe, prolongement apporté à une maison. Ex. Ma
maison fait face à la rue Hébert, mais j'ai fait construire
une allonge sur la rue Laval.
Allonger (s'), v. pr.
—Payer. Ex. Il a bien fallu qu'il s'allongeât de cinquante
piastres.
—Se coucher, s'étendre de tout son long. Ex. N'ayant
pas de lit pour m'y coucher, je me suis allongé par terre.
Allouance, n. f.
—Concession. Ex. Tu me feras bien une petite allouance
de cinq par cent.
—Réserve, espace de terrain réservé pour les chemins.
Allumé, adj.
Légèrement pris de vin. En France, la même expression
s'emploie pour dire être abreuvé.
Allumer, v. n.
Se reposer. Ex. Pierre, entre donc allumer, nous allons
rire. Le mot pipe est évidemment sous-entendu, mais
comme la question peut être aussi bien adressée à un passant
qui ne fume jamais, le sens de se reposer nous paraît le
plus rationnel.
Allure, n. f.
—Démarche. Ex. Voici une personne de belle allure.
—Bon sens, entrain. Ex. Cette chanson n'a pas d'allure,
cette danse a beaucoup d'allure.
Almenach, n. m.
Almanach.
Alorsse, adv.—Alors.
Alouette branle=queue, n. f.—Maubèche tachetée.
Alouette des prés, n. f.—Maubèche à poitrine cendrée.
Alouette pipi, n. f.—Farlouse de la Louisiane.
Alouette solitaire, n. f.—Chevalier solitaire.
Alphabette, n. f.—Alphabet, n. m.
Alsphate, n. m.—Asphalte.
Altérage, n. m.—Atterrage, rive glacée d'une rivière.
Altère, n. f.—Artère.
Alton (fil d'), n. m.
Fil de laiton. Autrefois laton ou leton se disait.
Alumelle, n. f.
—Lame d'un canif, d'un couteau.
—Surplis sans manche.
Aluminum, n. m.—Aluminium.
A maille et à corde, loc.
—A bout de ressources. Ex. Ce pauvre diable est rendu
à maille et à corde. Clapin cite l'expression à mâts cordes
parmi les canadianismes, pour signifier la même chose.
—Péniblement. Ex. Travailler à maille et à corde.
A main, loc.—Commode, à la main.
Amalgamation, n. f.—Fusion, union.
Amalgamer, v. a.
Unir, fondre ensemble. Ex. Ces deux compagnies de
chemin de fer vont être amalgamées.
Amancher, v. a. et n.
—Ajuster, mettre en ordre. Ex. Cette femme est bien mal
amanchée.
—Arranger. Ex. C'est une affaire qui a été mal amanchée.
—Tromper. Ex. Ce gars-là m'a amanché de la belle façon.
—Emmancher, mettre un manche.
—Donner, flanquer. Ex. Baptiste m'a amanché un coup
de poing qui m'a fait voir trente-six chandelles.
—Aboucher. Ex. Amancher des tuyaux.
Amancher (s'), v. pr.
—S'habiller. Ex. Il fait un temps de chien, je ne sais
vraiment comment m'amancher.
—Prendre ses mesures. Ex. Je vais m'amancher de telle
façon qu'il n'aura pas le dernier mot.
—S'emmancher. Ex. Je te dis que ça s'amanche pas de
même.
Amanchure, n. f.
—Manière dont une personne ou une chose sont terminées.
Ex. Comme tu est mal habillé! quelle amanchure?
—Affaire mal arrangée et incompréhensible.
—Ouvrage mal fait.
Amant, n. m.—Aimant. Ex. Voici de la pierre d'amant.
Amarinades, n. f.—Marinades, conserves au vinaigre.
Amarinages, n. f.—Marinades.
Amariner, v. a.
—Mettre des légumes en conserves.
—Semoncer. Ex. Je me suis fait amariner par mon père,
qui était de mauvaise humeur.
Amarrer, v. a. et n.
—Attacher. Ex. Amarrer ses souliers.
—Arrêter. Ex. Il y a assez longtemps que nous travaillons,
amarrons.
—Joindre les deux bouts. Ex. A force d'économie, j'ai
fini par amarrer.
—Avoir égalité de votes. Ex. Nos deux candidats ont
amarré, ils ont reçu chacun 2250 votes.
Dans le principe, amarrer signifiait préparer un navire pour
la mer, et plus tard arranger, mettre en ordre.
Amassis, n. m.—Ramassis, amas.
A matin, loc.
Ce matin. Ex. Crois-tu qu'il fait beau, à matin.
Ambiber, v. a.—Imbiber.
Ambine, n. f.
Lien fait de branches flexibles qui relie les bâtons d'un traîneau.
Ambitieux, euse, adj.—Orgueilleux.
Ambition, n. f.
—Orgueil.
—Rivaliser. Ex. Ils sont tous deux à l'ambition, c'est à
qui en fera le plus.
—Persévérer, être courageux. Ex. C'est un homme qui
travaille d'ambition, aussi réussit-il.
Ambitionner (s'), v. pr.
S'entêter, s'efforcer plus que de raison. Ex. Plus je travaille,
plus je m'ambitionne pour finir plus vite.
Amblette, n. f.
—Hart tordue pour lier les piquets de clôture.
—Carcan de bois qui sert à attacher les bêtes à cornes dans
l'étable.
Ambre, n. m.—Amble.
Ambrer, v. n.—Ambler, aller l'amble.
Ambreur, n. m.—Ambleur, cheval qui va l'amble.
Ame en peine, n. f.
Individu qui promène son chagrin un peu partout.
Amelette, n. f.—Omelette.
Amen.
Jusqu'à amen, jusqu'à épuisement. Ex. Je lui ai chanté
pouilles jusqu'à amen. Amen est un mot hébreu.
Amendement (en).
Comme amendement. Ex. Nous proposons en amendement
à la motion, les mots qui suivent.
Amener, v. a.
Produire. Ex. Puisque tu prétends cela, amène tes preuves.
Américain, n. m. et f.—Citoyen, citoyenne des Etats-Unis.
Américanisation, n. f.
Acte légal qui rend quelqu'un citoyen de la république des
Etats-Unis.
Américaniser, v. n.
Se faire naturaliser citoyen de la grande république des Etats-Unis.
Amérique, n. f.
Pour les Canadiens-Français en général, l'Amérique se confond
avec les Etats-Unis. Partir pour l'Amérique, c'est
traverser la ligne frontière entre le Canada et les E.-U.
Ames (les), n. f. pl.
Les âmes détenues dans le purgatoire. Ex. Je promets, si
je réussis, de faire dire une messe pour les âmes.
Ames (les bonnes), n. f. pl.—Les âmes du purgatoire.
Amet, n. m.—Lumière, balise, point de repère, jalon.
Ameuiller, v. n.
—Se dit d'une vache très avancée dans sa gestation.
—Arriver au but, finir. Ex. Ameuille donc, termine ton
ouvrage.
Ami, n. m.
—Amis comme cochons, amis inséparables, par allusion au
cochon de saint Antoine.
—Il n'y a pas à dire mon bel ami, inutile d'hésiter.
Amiauler, v. a.—Amadouer.
Amicablement, adv.—Amiablement.
Amiqué, n. f.—Amitié.
Amlette, n. f.
Omelette. Ex. Manger des amlettes au lard.
Amollir (s'), v. pr.
S'adoucir. Ex. Le temps s'amollit, le froid achève.
Ammunition, n. f.
Munition de chasse ou de guerre.
Amont, adv.
—Contre. Ex. Ne grimpe pas amont la clôture.
—Parmi. Ex. Il était amont les autres gars.
—Au milieu. Ex. J'ai trouvé un nid d'oiseau amont le blé.
Amont (d'), loc.
Auprès de. Ex. Veux-tu bien t'ôter d'amont moi?
Amonter (s'), v. pr.
Monter. Ex. Votre billet s'amonte à cinquante piastres.
Amorphosé, v. p.
Métamorphosé, absorbé dans ses pensées au point d'être
comme immobilisé. Ex. Remue-toi donc, es-tu amorphosé?
—Faire l'amour, faire la cour à une personne du sexe.
—Pomme d'amour, pomme d'api.
Ampas, n. m.
—Appât.
—Entraves. Liens fixés aux pieds d'un cheval pour gêner
sa marche.
Lampas. Engorgement de la membrane qui tapisse le palais
des jeunes chevaux.
Ampâter, v. a.—Amorcer, garnir d'une amorce.
Ampouille, n. f.—Ampoule.
Ampouler, v. a.—Produire des ampoules, des boursouflures.
Amusard, adj. et n.
Homme loquace, qui prend du plaisir à perdre son temps et
à faire perdre le temps des autres, un musard.
Amusement n. f.
Amusement, n. m. Ex. C'est une belle amusement.
Amuser (s'), v. a.
—S'arrêter en route. Ex. Amusons-nous point, le temps
presse.
—Amuser le temps, perdre le temps en niaiseries.
Amuseux, adj.
—Amuseur, enjôleur.
—Musard, négligent.
Amusouère, n. m.—Amusoire, moyen d'amuser.
Anales, n. f. pl.
Annales. Ex. Je suis abonné aux Anales de la Bonne Sainte-Anne.
Anbandon, n. m.—Abandon.
Anbandonner, v. a.—Abandonner.
Ancanter, v. a.
Appuyer, donner une position plus stable et plus confortable.
Ex. Ne bouge pas, nous allons t'ancanter avec des oreillers.
Ancanter (s'), v. pr.
Se donner une position plus ou moins déclive dans un lit
ou un fauteuil.
Anchet, n. m.
—Appât.
—Ver de terre.
Ancre (à l'), loc.
Ne rien faire. Ex. Pierre a perdu sa place, le voilà de
nouveau à l'ancre.
Ancre de perle, n. m.
Nacre de perle. Ex. Un chapelet en ancre de perle a été
perdu dans cette église. Prière de le remettre au bedeau.
Ancrer, v. n.—S'asseoir pour longtemps.
Andille, n. f.—Anguille.
Andouille, n. f.
—Individu mou, sans ossature. Ex. Va travailler, espèce
d'andouille.
—Dépendeux d'andouilles, v. Dépendeux.
Ane, n. m.
—Faire l'âne pour avoir de l'avoine, feindre d'ignorer une
chose pour se la faire redire.
—Agir de bonne foi comme un âne qui pète, avec la meilleure
foi du monde.
Ange, n. m.—Papillon de nuit.
Ange cornu, n. m.
Individu, qui sous des apparences angéliques, mérite la défiance.
Angel's cakeendjèle kéke (m. a.)—Gâteau des anges.
Angelu, n. m.—Angelus.
Angencement, n. m.—Agencement.
Angencer, v. a.—Agencer.
Angenouiller (s'), v. pr.—S'agenouiller.
Anges (gâteau des), n. m.
Gâteau léger, très sucré, sous forme d'anneau.
Anglaise, n. f.
Jouer à l'anglaise (Terme de jeu de balle). Frapper la balle
d'une façon particulière et très élégante. Ex. Cet écolier
a une belle anglaise.
Anglification, n. f.
Fait de devenir anglais. Ex. Il est souvent question au
Canada de l'anglification de la race française.
Anglifier (s'), v. pr.
S'angliciser. Ex. Les Canadiens-Français n'ont pas l'air
décidés de s'anglifier de sitôt.
Anguille=brûle, n. f.
Cache-tampon. Jeu d'enfants où l'on cache un mouchoir
roulé en tampon, que l'un des joueurs doit chercher et
dont il frappe, lorsqu'il l'a trouvé, ceux qu'il peut atteindre.
Anguille de roche, n. f.—Ammodyte d'Amérique.
Animau, n. m.—Animal.
Anis sauvage, n. m.
Aralie à fleurs en grappe. Racine aussi grosse que le bras,
recommandée comme ingrédient dans la petite bière
d'épinette.
Anmorcer, v. a.—Amorcer.
Anmorphoser, v. a.
Métamorphoser. V. Amorphosé.
Anmouracher (s'), v. pr.—S'amouracher.
Anneau, n. m.
Rond, coulant. Ex. Passe-moi donc mon anneau de serviette.
Année de la grande noirceur.
Il y eut plusieurs noirceurs en Canada, mais la plus célèbre
remonte à l'année 1785 (15 octobre). Ex. Un tel est
venu au monde l'année de la grande noirceur.
Année du grand choléra.
Année 1832, qui vit mourir en quatre mois plus de 3500 personnes.
Année du grand dérangement.
Année 1755, qui a été témoin de la dispersion de nos frères
de l'Acadie en terre étrangère.
Année du siège.
Année 1759. Nos ancêtres faisaient remonter à cette année-là
une foule de choses et d'objets antiques.
Année fiscale, n. f.
Exercice financier qui embrasse une période de douze mois.
Dans la Province de Québec, l'année fiscale commence le
1er jour de juillet.
Années (les bonnes), n. f. pl.
Dicton populaire, qui veut qu'autrefois les récoltes étaient
plus abondantes que celles d'aujourd'hui. Alors c'était
l'âge d'or, les bonnes années.
Annexion, n. f.
Incorporation des Canadiens au peuple de la république des Etats-Unis.
Annexionniste, n. m.
Partisan de l'annexion du Canada aux Etats-Unis.
Annoncer, v. n.
Bien paraître. Ex. Cet enfant annonce bien.
Annuiter (s'), v. pron.
Se laisser surprendre par la nuit. Expression déjà démodée
en France au XVIIe siècle.
A noir, loc.
Entièrement, complètement. Ex. Nous avons vendu nos
gants à noir. J'ai clairé à noir toute cette marmaille.
Anouillère, adj.
Se dit d'une vache, lorsqu' elle continue de donner du lait
sans avoir de veau. Dans la Vendée, on dit nolière. Nous
disons aussi anoyère, ennayère.
Anpât, n. m.—Appât.
Anpâter, v. a.—Appâter.
Anpauvrir, v. a.—Appauvrir.
Anpauvrir (s'), v. pr.
S'appauvrir, perdre sa fortune ou sa santé.
Anse, n. m.—Anse, n. f.
Ansillon, n. m.
Espèce de col de cornue par où l'anguille fait son chemin
pour aller s'emprisonner dans un coffre de bois.
Antéchrit, n. m.—Antéchrist.
* Anticipation, n. f. (Angl.)—Attente.
* Anticiper, v. a. (Angl.)
—Prévoir. Ex. J'anticipe des embarras sans nombre.
—Empiéter. Ex. N'anticipons pas sur nos revenus.
—Espérer. Ex. J'anticipe un grand succès dans cette
affaire.
* Antimacassar, n. m. (Angl.)
Dossier ou voile de fauteuil.
Antiquités, n. f.
Antiquailles, vieux objets de plus ou moins de valeur.
Anvaler, v. a.—Avaler.
* Anxieux, adj. (Angl.)
Désireux. Ex. Je suis anxieux d'aller vous voir.
Aouène, n. f.—Avoine.
Août, n. m.
Nous entendons souvent dire a-oût pour oût. Faute de prononciation.
Aparcevance, n. f.
—Apparence. Ex. La récolte a une belle aparcevance.
—Action d'apercevoir. Ex. La première aparcevance que
j'en ai eue, ce fut à l'Auditorium.
Aparcevoir, v. a.—Apercevoir.
Aparçu, n. m.—Aperçu.
Aparément, adv.
Apparemment.
Apart, n. m.
Réserve. Ex. Je ferai un apart de cinq piastres pour toi
seulement.
A part de, loc. adv.
Excepté, à part. Ex. Personne ne viendra au lac, à part de
Jean, de toi et de moi.
Apartement, adv.
Apertement, au juste. Ex. Je ne sais pas apartement s'il viendra.
Apçon, n. m.—Hameçon.
Apetisser, v. a.—Rapetisser.
A pic, loc.
Susceptible. Ex. Cette femme est à pic, il faut s'en défier.
Aplatir, v. a.—Battre, donner une très forte leçon.
Aplatir (s'), v. pron.
S'abaisser, s'humilier. Ex. S'aplatir devant les grands de
la terre.
A plein, loc. adv.
Beaucoup. Ex. Y avait-il beaucoup de monde à l'assemblée?
Il y en avait à plein.
Aplomb, n. m.
—Avec force. Ex. Je lui ai porté un coup aplomb.
—Perdre son aplomb, se laisser aller au découragement.
—Prendre son aplomb, reprendre ses sens, sortir d'un état
de faiblesse.
Aplomber (s'), v. pr.
—Se mettre d'aplomb. Ex. S'aplomber sur sa chaise.
—Prendre ses précautions.
A poil, loc. A cru. Ex. Je suis allé à cheval, mais j'étais à poil.
Apola, n. f.—Ragoût d'alouettes. Mot sauvage.
Apologie, n. f.—Faire des apologies, faire excuse.
Apothèque, n. f.—Hypothèque.
Apothéquer, v. a.—Hypothéquer.
Apothicaire, n. m.
Pharmacien. Ex. C'est un compte d'apothicaire que vous
m'avez fait, c'est-à-dire, un compte sur lequel il y aurait
beaucoup à rabattre.
Appareiller, v. a. et n.
—Préparer, habiller. Ex. Marguerite, appareille le petit
pour sortir.
—Egaler. Ex. Cet homme est difficile à appareiller.
—Dresser. Ex. Marie, appareille la table pour le dîner.
—Apparier. Ex. Appareiller une paire de bas, de gants.
—Comparer. Ex. Il n'y a pas moyen de mieux appareiller
ce gros homme qu'à une barrique.
Appareiller (s'), v. pron.
Se préparer à partir. Ex. Ma femme, appareillons-nous pour
le bal du Gouverneur.
Apparence (d'), loc.
Vraisemblablement, selon les apparences.
Apparence que, loc.
D'après l'apparence. Ex. Apparence qu'il va faire beau;
il va faire mauvais, apparence.
Appartement, n. m.
Pièce. Ex. J'ai une maison à louer; il y a cinq appartements,
je puis ne vous en louer qu'un seul.
Appelable, adj.
Sujet à appel, en terme de jurisprudence. Ce mot ne se
trouve pas dans le Dictionnaire de l'Académie, ni dans
plusieurs autres grands dictionnaires, cependant le B. P. F.
dit qu'il est français (III, p. 30).
Appeler, v. a.
—Convoquer.
—Donner. Ex. Monsieur, Jean m'appelle des noms.
Appelle (qui s'), loc.
En règle, bien défini. Ex. Pierre a reçu une râclée qui s'appelle...
Appétit, n. m.
Désir de posséder. Ex. Cet homme est prêt à tout sacrifier
pour l'appétit de quelques piastres.
* Applicant, n. m.
Candidat, solliciteur. Ex. Il y a au moins vingt-cinq
applicants à la charge de gardien de nuit. (Angl.)
* Application (faire), loc.
Faire une demande. Ex. Je vais faire application pour
obtenir la place de messager. (Angl.)
Appliquant e, adj.—Qui exige beaucoup d'application.
Appliquer, v. n.—Faire une demande d'emploi. (Angl.)
Appoint, n. c.
—L'heure favorable. Ex. Je suis las d'attendre ses appoints.
—Avantage. Ex. C'est un grand appoint que la réussite
de cette affaire.
* Appointement, n. m.
—Rendez-vous. Ex. J'ai un appointement avec le ministre
des terres pour deux heures. (Angl.)
—Nomination. Ex. J'ai reçu mon appointement à raison
de cent piastres par mois.
—Commodité. Ex. Attendre les appointements de Pierre
et de Jacques.
* Appointer, v. a. (Angl.)
—Nommer. Ex. Le docteur Isambart a été appointé coroner.
—Fixer un rendez-vous. Ex. Je lui ai appointé un jour et
une heure pour une entrevue.
Apport, n. m.—Etre à son apport, être à son compte.
* Appraiser, v. a.—Evaluer, estimer. (Angl.)
* Appraiseur, n. m.—Estimateur. (Angl.)
Approbation, (en) loc.
A l'essai, sous condition. Ex. J'ai acheté un chapeau en approbation.
Approchants (dans les), loc.
Approximativement. Ex. Cet animal pèse dans les approchants
de trois cents livres.
Approche, (faire l')
Sonder le cœur d'une jeune fille. Ex. Pierre a l'intention
de se marier, il vient de faire l'approche de ma sœur
Adèle.
Approcher, v. a.
Faire des propositions. Ex. Au sujet de ce que je t'ai
communiqué, as-tu approché ton frère.
Appropir, v. a.—Rendre propre.
* Appropriation, n. f.
Argent, crédit voté par les corporations ou les gouvernements.
Ex. Nous serons payés à même les appropriations
de l'année courante. (Angl.)
Approprier, v. a.—Affecter à un certain usage. (Angl.)
Appui de chaise, n. m.
Tringle en bois fixée au mur pour le protéger contre le
frottement des chaises.
Apré! int.—Juron sans conséquence.
Après, prép.
—Poursuivre. Ex. Il est toujours après moi.
—À. Ex. On est après travailler.
—Le long de. Ex. Montons après le mur.
—Sur. Ex. Vous avez de la peinture après votre habit.
Accotons-nous après la clôture.
—Par derrière. Ex. Ferme la porte après toi.
—Présence. Ex. Attends après moi.
—Occupation. Ex. Il est après manger.
Bossuet et Racine ont écrit: Je suis après à conclure. Pendant
qu'on était après à me saigner.
Après vient-il de pressus, serré contre, ou du sanscrit parâ,
en arrière, et param, ensuite?
Après (d'), loc.
Selon. Ex. D'après moi, il fera beau demain.
Après (en), loc.—Ensuite. Ex. Ceux-là viendront bien en
après.
Après (par), loc.
Ensuite, après. Expression française, mais bien vieillie.
Apse, n. m.
Asthme. Ex. Je souffre de l'apse depuis deux ans.
A pu près, loc. adv.—A peu près, environ.
A quat'pattissement, n. m.
Le fait d'être à quatre pattes devant les pouvoirs publics, a
fait naître ce barbarisme qui n'a pas d'égal dans la langue,
à l'exception peut-être du mot struggleforlifer dont les
Canadiens-Français ne sont pas responsables.
Aquer, v. a.—Amorcer un hameçon.
Aquette, n. m.
—Hoquet.
—Acquet.
Aragan, n. m.—V. Ouragan.
Araignée, n. f.
—Avoir une araignée au plafond, n'être pas sain d'esprit.
Expression correspondante à la locution latine musca in
cerebro citée par Du Cange.
—Saxifrage sarmenteux. Plante de serres ou d'appartements,
cultivée dans un pot suspendu.
A ras, loc. adv.
Tout près. Ex. Mon verre est plein à ras le bord.—Coupe
cette tige à ras terre.—J'ai coupé la queue de mon chien
tout à ras je t'en prie.
Arbe, n. m.—Arbre.
Arboutant, n. m.
—Terrain qui aboutit à un autre.
—Propriétaire du terrain.
—Aboutissant d'une terre.
Arbre de vie, n. m.
Cèdre blanc, ou thuja d'Occident; se trouve dans la région
du lac Saint-Jean, et sert à la fabrication du bardeau.
Arcades, n. f.—Galeries de côté dans une église.
Arcajou, n. m.
Acajou. Ex. Tous mes meubles sont en bois d'arcajou.
Arce, n. f.—v. Arse.
Arche, n. f.
Arc de triomphe. Ex. C'est demain la procession du Saint-Sacrement;
on a construit deux arches sur la rue St-Jean.
Archette, n. f.—Archet.
Archibête, adj.
Très bête. Ex. Pierre est bête, mais Jean est archibête.
Archidiocèse, n. m.
—Diocèse à la tête duquel se trouve un archevêque.
—Province ecclésiastique sous la juridiction d'un archevêque.
Arcompter, v. a.—Recompter, compter de nouveau.
Arçon, n. m.—Garçon. Ex. Viens ici, mon petit arçon.
Ardille, n. f.—Argile. Au moyen âge on disait ardrille, arsille.
Ardilleux, n. m. et adj.
—Argileux.
—Orgelet, petite tumeur inflammatoire qui se forme au
bord des paupières, en forme de grain d'orge.
—Orgueilleux.
Ardoiser, v. a.—Couvrir en ardoise.
Arèche, n. f.
—Arète de poisson. Ex. J'étouffe, j'ai avalé une arèche.
—Pièce du parement d'un quai.
Aregnée, n. f.—Araignée.
A revoir, loc.—Au revoir.
Arganeau, n. m.
Organeau, anneau de fer où l'on attache un câble.
Argardable, adj.—Qui mérite d'être regardé.
Argardant, part.—Regardant.
Argarder, v. a.—Regarder.
Argent, n. m.
—Jouer à l'argent, risquer de l'argent au jeu.
—Argent de papier, papier monnaie.
—Argent dur, monnaie d'argent.
Argent, n. f.
Argent, n. m. Ex. Est-ce de la bonne argent que vous
avez là?
Argent mignon, n. m.—Argent que l'on garde au coffre.
Argenté, adj.
Riche. Ex. C'est un homme à l'aise, je t'assure qu'il est
argenté.
Argenteries, n. f. pl.
Argenterie. Ex. Je fais encan, et je vendrai toutes mes
argenteries. Louise, frotte donc nos argenteries.
Argents, n. m. pl.
Argent, fonds, deniers. Ex. Il vit à même les argents du
public.
Argot, n. m.
—Ergot. Ex. Joseph est monté sur ses argots, il devient
difficile de lui parler. Argot et ergot se disaient également
bien au XVIe siècle.
—Ergot de seigle.
Argoté, adj.—Ergoté. Ex. Un coq bien argoté.
Arguer, v. n.—Argumenter, plaider.
Arias, arrias, n. m.
—Embarras, contrariété. Ex. Mes enfants me causent
bien du arias.
—Attirail. Ex. Emporte tous tes arias avec toi.
—Tumulte. Ex. Entends-tu le tapage des enfants? Quel
arias épouvantable!
En France arias s'emploie bien dans le sens de tracas. Ex.
Que d'arias! Le vieux français disait arie.
Aridelle, n. f.—Ridelle.
* Arlepape, n. m. (Angl.)—Hornpipe, danse écossaise.
* Arlepatte, n. m. (Angl.)
Autre corruption du mot anglais hornpipe, danse très en
vogue autrefois parmi nos Canadiens.
Arlevée, n. f.—Relevée. Ex. J'ai travaillé toute l'arlevée.
Arlovée, n. f.—V. Arlevée.
Armanach, n. m.—Almanach.
Armette germain, adj.
Issu de germain. Corruption de maître germain, cousin germain.
Armière, n. f.—Ormière.
Armise, n. f.—Remise.
Armoire montante, n. f.
Monte-plats ou monte-charge hissant les plats de la cuisine
à la salle à manger.
Armoniaque, n. f.
Ammoniaque. Ménage dit: «L'usage veut qu'on dise armoniac,
les Italiens disent de même armoniaco. Richelet
disait, en 1680, sel armoniac.» (Observ. sur la langue
française.)
Arouser, v. a.—Arroser.
Arousoir, n. m.—Arrosoir.
Arouter, v. a.—Routiner, former par la routine.
Arouter (s'), v. pr.—S'accoutumer, s'habituer.
Aroutiner, v. a.—Accoutumer, habituer.
Aroutiner (s'), v. pr.
S'habituer, prendre l'habitude de quelque chose.
Arpentage, n. m.
Levée des plans. Ex. Pierre va faire l'arpentage de ma
terre.
Arpenteur, n. m.
Arpenteuse, chenille des phalènes dite géomètre. Ces chenilles
dépourvues de pattes au milieu du corps, ne marchent
qu'en se rapprochant les extrémités de manière à
se recourber le corps en forme d'un U renversé.
Arrache=braquettes, n. m.
Petit instrument en fer servant à arracher les broquettes.
Arracher (en), loc.
Eprouver de grandes difficultés. Ex. Les nouveaux colons
ont une grosse besogne à remplir, je te prie de croire
qu'ils en arrachent.
Arracher (s'), v. pr.
Se tirer d'embarras. Ex. Il travaille tellement, qu'il finira
par s'arracher.
Arracher (se faire).
Se faire enlever de force. Ex. Je me suis fait arracher pour
accepter son invitation.
Arracher (se m').
Disputer la présence. Ex. On m'invite de droite et de
gauche, enfin on se m'arrache.
Arracheur de dents, n. m.—Menteur.
Arracheux bon=temps.—Roger Bon-Temps. V. ce mot.
Arrachis, n. m.
—Arbre arraché.
—Partie de forêt dont les arbres ont été dévastés par un
ouragan.
—Branchages employés comme bois de chauffage par les
fabricants de sucre d'érable.
Arrainement, n. m.
Mise en accusation, au terme de la cour criminelle. Vieux
mot français introduit, comme bien d'autres, dans la procédure
anglaise au temps de la conquête de l'Angleterre
par les Normands. En le refrancisant, nous ne faisons
que prendre notre bien, notre butin, comme disaient
les Normands, et comme nous disons nous-mêmes. Le
verbe araisnier, cité par Godefroy, est un ancien mot qui
signifiait adresser la parole, accuser, assigner. C'est bien
l'origine du mot anglais arraignment. On avait dans le
même temps le mot araisnement, action d'adresser la
parole.
Arrangeant, adj.
De composition facile. Ex. Un homme bien arrangeant.
Arrangement, n. m.
—Conciliation. Ex. C'est un homme d'arrangement.
—Arrangement d'hiver, d'été, service d'hiver, d'été sur les
voies ferrées.
Arranger, v. a.
—Réparer. Ex. Fais donc arranger ton habit.
—Mettre quelqu'un à sa place. Ex. Il s'est fait arranger
de la belle façon.
Arranger (s'), v. pr.
—Se parer, s'habiller pour sortir. Ex. Arrange-toi de ton
mieux pour aller à l'église.
—Se tirer d'embarras. Ex. Arrange-toi comme tu pourras,
je n'y peux plus rien.
Arrangeur, n. m.
Ouvrier qui répare. Ex. Voilà l'arrangeur de parapluies
qui passe, faisons-le entrer. Nous disons aussi, un arrangeur
d'horloges, de montres.
Arraroute.—Arrow-root. (Angl.)
Arrestation, n. f.
Arrêt. Ex. Le juge a lancé un mandat d'arrestation.
Arrêt, n. m.
Repos. Ex. Cet homme n'a pas d'arrêt, il remue toujours.
Arrêter, v. n.
—Attendre. Ex. Arrête, je ne serai pas absent bien
longtemps.
—Cesser. Ex. Arrête de me chanter pouilles.
Arricot, n. m.—Pruche. Expression acadienne.
Arriérages, n. m. pl.
Arrérages.
Arrière, n. m.
Retard. Ex. Ma montre prend de l'arrière. Ce locataire
a de l'arrière sur son loyer.
Arrimer, v. a.
—Arranger, réparer. Ex. Arrime-moi donc le toupet, que
j'aie l'air de quelque chose.
—Battre, malmener. Ex. Je me suis fait arrimer proprement.
—Habiller, accoutrer. Ex. Mon tailleur m'a arrimé de
son mieux.
—Avancer, se hâter.
Arrimer (s'), v. pr.
—S'habiller. Ex. Arrimons-nous de notre mieux avant de
partir.
—Se placer, s'installer. Ex. Les sièges sont remplis,
tâchons de nous arrimer autrement.
—Se mettre d'accord. Ex. Nos deux amis finiront par
s'arrimer, ils ont trop de bon sens.
Arisée, n. f.
Risée. V. ce mot. Le cheval qui se lance avec vitesse,
poussé par son conducteur, prend alors une arisée. Risée
se dit plutôt qu'arisée, mot cité par Clapin.
Arriver, v. n.
—Obtenir une belle position. Ex. Cet homme est enfin
arrivé à force de travail.
—Concorder. Ex. J'ai vérifié les deux comptes, mais ça
n'arrive pas.
Arriver avec quelqu'un.—L'égaler, lui tenir tête.
Arroser, v. a.—Arroser un marché, boire en le concluant.
Arroser (s'), v. pr.—S'arroser la luette, le gosier, boire.
* Arrow=root, arorout. (m. a.)
Fécule comestible tirée des racines de la marante, du curcuma,
etc. Mot usité en France.
Arse, n. f.
—Espace, place. Ex. Veux-tu me donner plus d'arse?—Il
n'y a pas d'arse à se mettre.—Faites de l'arse, là-bas.
Arsoir, adv.—Hier soir. Marot a écrit hersoir.
Artichoux, n. m.—Bardane.
Artifailles, n. f. pl.—Afficôts. V. ce mot.
Artisse, n. m.—Artiste.
Arupiaux, n. m. pl.—Erypiaux, oreillons.
Arvenir, v. n.—Revenir.
As de pique, n. m.
—Propre à rien.
—Etre planté quelque part comme un as de pique, se tenir
debout de manière à gêner son voisin.
A seule fin.
Afin. Ex. Je t'ai fait demander à seule fin que tu règles
ton compte.
Asile, n. m.
Hospice d'aliénés. Ex. Cet homme est fou, mettez-le à
l'asile. C'est un craqué, il est mûr pour l'asile.
Asparge, n. f.—Asperge.
Aspargès, n. m.—Aspergès.
Aspect, n. m.
Apparence. Ex. Les récoltes ont un bel aspect.
* Aspersions, n. f. pl.
Attaques malicieuses, diffamation. (Angl.)
Assaiye, n. m.
Essai. Ex. Nous allons te mettre à l'assaiye.
Assayer, v. a.—Essayer.
* Assaut, n. m.—Voie de faits. (Angl.)
Assavoir, v. et conj.
—Savoir. Ex. Je vous écris pour vous faire assavoir de
mes nouvelles.
—Savoir. Ex. Ils étaient deux, assavoir Jacques et Jean.
Molière s'est servi de ce mot dans son Tartufe:
"Le bal et la grand'bande, assavoir deux musettes."
Assemblée, n. f.
Faufilage. Ex. Fais donc une assemblée pour que je puisse
terminer ma couture.
Assembler, v. a.
Faufiler, faire une fausse couture à longs points.
Assermentation, n. f.
—Prestation du serment.
—Action d'assermenter quelqu'un.
Assermenter, v. a.
Attester par serment. Ex. Son témoignage a-t-il été assermenté?
Assesseur, n. m.—Estimateur officiel.
Asseyer, v. a.—Essayer.
Assez, adv.
—Tellement. Ex. Ai-je été assez bonasse que je l'ai cru
sur parole?
—Assez bon. Ex. Michel est assez poète.
Assinabe, n. f.
Grosse pierre employée par les sauvages pour retenir au
fond de l'eau un filet, une seine.
Assination, n. f.
Assignation. Ex. Nous allons jouer aux cartes, mais pas
d'assination, s'il vous plaît.
Assiner, v. n.
Tricher au moyen de signes. Ex. Nous allons jouer au
quatre-sept, mais il est défendu d'assiner.
Assir, v. a.—Asseoir. Ex. Tais-toi ou je vais t'assir.
Assir (s'), v. p.
S'asseoir. Ce mot est fort en vogue. Ronsard a dit: "Assisons-nous
sur cette molle couche."
Assistance, n. f.
Présence. Ex. Je suis allé à la conférence du juge Routhier,
l'assistance de mille personnes rendues pour l'écouter, lui
fait honneur.
Assistant, n. m.
—Adjoint. Ex. Je vais de ce pas chez l'assistant-commissaire
des terres.
—Assistant-bibliothécaire, sous-bibliothécaire.
Assister (s'), v. pr.—S'asseoir. Ex. Assistez-vous, monsieur.
Associé, n. m.—Compagnon, ami.
Associer avec, v. a.
S'associer avec.
Assommant, adj.
Accablant. Ex. Cet orateur donne des raisons assommantes.
Assommer, v. a.
Abattre l'esprit. Ex. La perte de sa fortune l'a assommé.
Assouer, v. a.
Actionner, intenter un procès. Expression acadienne.
Assumer, v. a.—Prendre charge. Ex. Il a assumé ma dette.
Astérique, n. m.
Astérisque, signe typographique en forme d'étoile * pour
indiquer un renvoi, une lacune, etc.
Astheure, loc. adv.
A cette heure, maintenant, à l'heure présente. La Rochefoucauld,
l'homme aux maximes, a écrit: Pour ne vous
pas mentir, je me suis fort tourmenté qu'il serait bon
d'être assuré asteure de ces affaires que d'attendre davantage
(Lettres, 24.) La Boétie écrivait astheure. Montaigne
a écrit asture.
Astination, n. f.—Obstination.
Astiner, v. n.—Obstiner. Ex. J'astine pas.
Astiner (s'), v. pr.—S'opiniâtrer à vouloir faire une chose.
Atoca, n. m.—Canneberge à gros fruits.
Atosset, n. m.
Nom sauvage d'un poisson que l'on trouve dans les eaux
du lac Saint-Jean.
Atout, n. m.
Agréments, qualités extérieures, attraits. Ex. Voilà une
femme qui a beaucoup d'atout. En Normandie, le mot
adous signifie ornements, parures.
A tout de reste, loc. adv.
Quand même, de toutes ses forces. Ex. Il veut cela à tout
de reste.
A toute, loc. adv.—Aussi bien que possible.
A toute éreinte, loc. adv.
De toutes ses forces. Ex. Travailler à toute éreinte.
Attache, n. f.
—Attachement, affection. Boileau et Racine se sont servi
de ce mot pour exprimer la même idée.
—Lien. Ex. Mets des attaches à ton chapeau.
Attaque, n. f.—Jouer à l'attaque. V. Tague.
Attaquer, v. a.
Meurtrir, dans un état voisin de la corruption. Ex. Cette
pomme est attaquée, mets-la de côté.
Attation, n. f.
Attention. Ex. Je te dis que le feu d'artifice durant les
fêtes de Champlain a été beau, attation!
Attelage, n. m.
Harnais. Ex. Mets l'attelage sur le dos du cheval.
Attelée, n. f.
Forte dépense de travail. Ex. Puisqu'il y a tant à faire,
donnons une bonne attelée.
Atteler, v. a.
—Mettre le harnais au dos du cheval. Ex. Baptiste,
attelle la grise sur le quat'roues?
—Assujétir quelqu'un, le maîtriser. Ex. En voici un que
j'attellerai au premier jour.
—Mettre dans une impasse, dans de mauvais draps.
Attelles (dans les), n. f. pl.
—Traîner une existence pénible. Ex. Il est dans les
attelles.
—Faire un grand effort. Ex. Il va falloir tirer dans les
attelles, la besogne est raide.
* Attendre pour quelqu'un.
Attendre après quelqu'un. (Angl.)
Attends bien (t').
Tu me comprends.
Attifiaux, n. m. pl.—Attifets.
Attigner, v. n.
Forcer beaucoup.
Attikkameg, n. m.
Poisson blanc. Nom d'une ancienne tribu sauvage cantonnée
sur la rivière Saint-Maurice.
Attirer, v. n.
Faire suppurer. Ex. Sur ton clou (furoncle), mets un cataplasme
de graine de lin, ça attire bien.
Attisée, n. f.
Un bon feu. Ex. Il commence à faire froid, nous allons
faire une petite attisée.
Attorney, n. m.
Procureur chargé de représenter une partie en justice. Vieux
mot français atorné. L'atorné, à Compiègne, est un
magistrat élu pour trois ans à la Saint-Jean-Baptiste.
Attraper, v. a.
—Atteindre: Ex. J'ai attrapé mon but.
—Déshonorer.
Au, art.
—Le. Ex. Nous partirons au premier de mai.
—De. Ex. Une salade au poulet.
—Du. Ex. Voici le livre au père Lemoine.
Aubarge, n. f.—Auberge.
Aubargiste, n. m.—Aubergiste.
Aubel, n. m.
Aubier. Aubel se disait jadis.
Aucun, adj.—Tout, n'importe quel.
Aucun temps (en), loc. adv.
En tout temps. Ex. Tu pourras venir en aucun temps.
Aucun autre, loc. adv.—Tout autre.
Audience, n. f.—Auditoire.
* Auditer, v. a.—Vérifier les comptes. (Angl.)
* Auditeur, n. m.
Celui qui vérifie, examine les comptes. (Angl.)
* Audition, n. f.—Vérification des comptes. (Angl.)
Auge, n. m.—Auge, n. f.
Augmentation, n. f.—Partie de paroisse nouvellement annexée.
Ex. L'augmentation de Somerset.
Augurer, v. n.—Avoir belle ou mauvaise apparence. Ex.
Cette affaire augure mal.
Auieu de, loc. adv.—Au lieu de.
Aujord'hui, adv.—Aujourd'hui.
Au jour d'aujourd'hui, loc. adv.
Aujourd'hui même. Ce mot se décompose en quatre autres,
dont deux, jour et hui ont la même signification.
Aumone, n. f.
Aumône. Ex. Faire l'aumone aux pauvres qui passent.
Aunage, n. m.
—Aunaie, lieu planté d'aunes.
—Branche d'aune.
Auparavant, adv.
Avant. Nous devons nous habiller chaudement auparavant
que de nous mettre en route.
Auparavant moi, loc.—Avant moi.
Au ras.
V. A ras. On peut dire au ras de l'eau, de manière à être
de niveau avec la surface de l'eau.
Auripiaux, n. m. pl.—Oreillons.
Aussi... comme, loc. adv.
Aussi... que. Ex. Il est aussi instruit comme toi.
Autant comme, loc. adv.
Autant que. Ex. J'exigerai autant comme vous.
Autant comme autant, loc. adv.
Tant et plus. Ex. Je l'ai réprimandé autant comme autant,
et rien n'y fait.
Autant (en) que, loc. adv.
Autant que, en tant que. Ex. En autant que je m'en souviens,
c'est vrai.
Autant dire, loc.
On peut dire, pour ainsi dire. Ex. Autant dire que ma
fortune est compromise.
Aute, adj.
Autre. Ex. C'est une aute paire de manches. On trouve
aute dans l'ancien français.
Authentiquer, v. a.—Rendre authentique. Mot vieilli.
Aux environs, loc.
Près de. Ex. Il est aux environs de quatre heures.
Avachi, n. m.—Paresseux.
Avachir, v. n.—Rendre lâche, paresseux.
Avachir (s'), v. pr.—Devenir lâche.
Avalanche, n. f.
Troupe, ribambelle. Ex. Une avalanche d'enfants à instruire.—As-tu
vu sortir les écoliers du séminaire? Quelle
avalanche!
Avalange, n. f.
Avalanche.
Avance (à l'), loc. adv.
D'avance, par anticipation. Ex. Je vais te payer à l'avance.
Avance (d'), adv.
—Vif, prompt à la besogne. Ex. Cet homme n'est pas
d'avance.
—Des patates d'avance. V. Patates.
Avancé, n. m.
Allégation, assertion. Ex. Je vais répondre à tous ses
avancés.
Avancer, v. a.
—Approcher. Ex. Avance donc cette chaise pour que je
m'y asseoie.
—Commencer à se corrompre. Ex. Ce bifstek est pas mal
avancé.
Avancer à quelqu'un.
Fournir des fonds. Ex. Avance-moi donc cinq piastres,
j'en ai un grand besoin.
Avances, n. f.
—Racontars. Ex. Je n'ai que faire de tes avances, cela ne
prend pas.
—Arrhes. Si tu veux que je corrige tes épreuves, donne-moi
des avances.
Avant, adv. et n.
—Profondément. Ex. Creuse avant, si tu veux trouver
de l'or.
—Aller trop vite. Ex. Ma montre prend de l'avant.
Avant (venir de l').
Briguer les suffrages. Ex. As-tu entendu dire que notre
ami vient de l'avant pour les Communes.
Avant (en), loc.
—Briller. Ex. Cet élève est en avant de sa classe.
—Prévoir, savoir par avance. Ex. Un tel est en avant de
son temps.
Avant (par), loc.
Avant. Ex. Il est venu par avant moi.
Avant-z-hier, loc adv.—Avant-hier.
Avarde, adj. f.
Avare. Ex. Cette femme est avarde.
Avaricieux, euse, adj.
Avare qui lésine sur tout.
Avarie, n. f.
—Malheur, dommages. Ex. Si nous n'avons pas d'avarie,
nous serons bientôt prêts à partir.
—Besoin imprévu. Ex. En tout cas d'avarie, emportons
nos parapluies.
Avarse, n. f.
Averse. Ex. Il tombe une avarse à boire debout.
Avé, prép.—Avec. Ex. Viens avé moi.
Avec, prép.
—Par. Ex. Je vais partir avec les chars.
—De. Ex. Que faire avec cela?
—Dans. Ex. Je n'ai rien à voir avec cela.
—Envers. Ex. Je suis quitte avec lui.
—De même. Ex. Il est resté coi, et moi avec.
—Partir avec pas le sou, sans argent.
Aveindre, v. a.
Atteindre difficilement. Ex. Cet objet est très élevé, tout
de même je vais essayer de l'aveindre.
Aveindu, p. p.
Aveint. Ex. Le docteur a eu de la misère à m'arracher
une grosse dent malade, finalement il l'a aveindue.
Aveine, n. f.—Avoine.
Avenant, adj. part.
Advenant. Ex. Avenant le jour où tu voudras me voir, je
serai là.
Avenante (à l'), loc. adv.—A l'avenant.
Avenir, v. n.—Convenir. Ex. Cet habit lui avient.
A venir jusqu'à, loc. adv.
Jusqu'à. Ex. Il s'est bien comporté à venir jusqu'au jour
d'aujourd'hui.
Avention, n. f.
—A merveille. Ex. Cet orateur parle comme une avention.
—Dextérité. Ex. Voilà un enfant qui ira loin, il est plein
d'aventions.
Aventionner, v. a.
Inventer. Ex. Cet ouvrier est très habile, il ne cesse pas
d'aventionner quelque nouvelle machine.
Aventionner (s'), v. pr.
Se mettre dans l'idée. Ex. Aventionne-toi pas que tu puisses
me blaguer, je connais tes trucs.
Avents (les), n. m. p.
L'Avent. Ex. Voilà les Avents qui arrivent, l'hiver va commencer.
En France, on dit les avents des grands prédicateurs.
Aventurer (s'), v. pr.
Aller loin. Ex. J'arrive du lac à la Galette, je me suis
même aventuré un peu plus loin.
Avérage, n. m.
Borne moyenne, vraie et admise. Ex. Ma terre m'a rapporté
depuis trois ans trois cents minots de blé en avérage.
Averdingle, n. f.
—Avarie.
—Insulte, affront.
Avèré, adj.
Avéré, reconnu vrai. Ex. C'est un fait avèré que nous
sommes en temps d'élection.
Avertisation, n. f.—Avertissement.
Aveuc, prép.—Avec.
Aviron, n. m.
Pagaie. L'aviron est une rame d'embarcation; la pagaie
se manie sans qu'on l'appuie à l'embarcation.
Avis, n. m.—M'est avis, je suis d'avis.
* Aviser, v. a.
—Conseiller. Ex. Je vous aviserais de ne pas présenter
cette loi devant les Chambres. (Angl.)
—Regarder. Ex. Examine sérieusement ton affaire, avise-la
de près.
Aviseur, n. m.—Conseiller. (Angl.)
Avisse, n. f.—Vis.
Avisser, v. a.—Visser.
Avocasser, v. a.
Défendre, appuyer une théorie.
Le mot avocasser était l'une des expressions favorites
de Sir George-Etienne Cartier. Nous trouvons dans
Godefroy le mot avocassage pour signifier l'art de plaider,
la profession d'avocat, et avocacion, plaidoyer, office
d'avocat. L'Académie a admis avocasserie, en 1877, et
avocasser est français et signifie exercer obscurément la
profession d'avocat.
Avoine, n. f.
Faire manger de l'avoine à quelqu'un, le fait d'un jeune
homme qui courtise une jeune fille avec plus d'avantage
que tout autre.
Avoir, v. aux.
S'emploie dans une foule de locutions assez typiques.
—Avoir le bras long, faire sentir son influence très au loin.
—Avoir du sable dans les yeux, s'endormir, c'est l'homme
au sable qui passe.
—Avoir du pain sur la planche, avoir de l'argent de côté.
—Avoir du chien, être brave, courageux.
—Avoir des mots, se disputer.
—Avoir mal aux cheveux, avoir la migraine le lendemain
d'une noce.
—Avoir l'estomac dans les talons, avoir une grande faim.
—Avoir les côtes sur le long, être paresseux.
—N'avoir pas inventé la poudre, être imbécile.
—N'avoir pas inventé les boutons à quatre trous, même sens.
—N'avoir pas la langue dans sa poche, parler beaucoup.
Avons (j'), v. aux.
Nous avons, j'ai. Expression très en vogue chez les Acadiens.
Avous? v. aux.
Avez-vous? Dans la farce de Pathelin, nous lisons: Avous
mal aux dents, maistre Pierre?
Avri, n. s.—Avril.
Avril (poisson d').
Courir le poisson d'avril, c'est aller à la recherche d'une chose
qui n'existe pas.
Ayau, n. m.—Noyau.
Ayère, n. f.
—Œillère, dent.
—Œillère, visière.
Âzur, n. m.—Azur. Ex. Bleu comme l'âzur.
Babiche, n. f.
Lanière étroite de cuir, de peau d'anguille, etc. Ex. Fournir
quelqu'un de cuir et de babiche.
Babicher, v. a.
—Corriger. Ex. Cet écolier s'est fait babicher sérieusement
par son maître.
—Dire des paroles dures.
Babine, n. f.—Avoir la babine dépendue, pleurer.
Babines (ruine=), n. f.
Petit instrument de musique à bouche dont se servent les
enfants pour s'amuser plutôt que pour en tirer des sons
harmonieux. Il s'en trouve cependant qui parviennent
à en tirer des airs connus.
Bâbord, n. m.
Courir de bord et bâbord, de bord à bâbord, aller d'un côté et
de l'autre.
Babouin, e, n. et adj.—Enfant turbulent.
Baboune, n. f. (Angl.)
Personne munie de lèvres épaisses, avec toutes les apparences
de l'idiotie. Du mot anglais baboon, babouin.
Bac, bacq, n. m.
Auge, petite cuvette. Son diminutif baquet est aussi français;
vient de l'allemand back, qui signifie toute espèce de
vase.
* Bachelier, n. m.
Garçon à marier. Ex. Il y aura à Québec, le 18 du mois
courant, un grand bal donné par les bacheliers de cette
ville. Traduction du mot anglais batchelor.
Bâcher, v. a.
Travailler sans soin. Ex. Cet ouvrier bâche tout ce qu'il
entreprend.
Bâcheur, n. m.—Celui qui bâche de l'ouvrage.
Bachot, n. m.—Bateau de rebut.
* Back=board,—bôrde, (m. a.)
Attelle avec dossière pour protéger la poitrine.
* Back=door,—dore, (m. a.)—Porte de derrière.
* Backgammon,—gammeune, (m. a.)
Trictrac, jeu qui se joue avec des dames et des dés, sur un
tableau divisé en deux compartiments.
* Back=store, n. m., (m. a.)
Arrière-magasin, arrière-boutique.
Bacon,—bék-onne, (n. m.)
Viande de porc fumée et salée. On disait autrefois en
France baconer pour saler. Bacon n'est donc pas un mot
emprunté à la langue anglaise. Notre manière de le prononcer
lui donne l'apparence anglaise.
Bacul, n. m.
Barre de travers que l'on met en avant d'une charrue ou
d'une voiture, qui forme une croupière aux bêtes de trait.
Vient de baculus, bâton.
* Badge, n. f., (m. a.)—Insigne.
* Badloque, n. f. (Angl.)
Malchance, infortune. Ex. Je suis dans la badloque. De
l'anglais bad luck.
Badloqué, e, adj. (Angl.)
Malchancheux. Ex. Il n'y a personne de plus badloqué que
moi.
* Bâdrage, n. m. (Angl.)
Ennui, tracas. De l'anglais bother, ennui.
* Bâdrant, adj. (Angl.)—Ennuyeux, assommant.
* Bâdrement, n. m. (Angl.)—Même sens que bâdrage.
* Bâdrer, v. a. (Angl.)
Ennuyer. Ex. Ne viens pas me bâdrer.
* Bâdrerie, n. f. (Angl.)
Même sens que bâdrement et bâdrage.
* Bâdreux, euse, n. et adj. (Angl.)
Ennuyeux, importun. Ex. Il y a toujours quelque bâdreux
qui vient me faire perdre mon temps.
Bafouiller, v. n.
Bredouiller, parler comme si on avait la bouche pleine.
Expression française, mais familière.
Backer, v. n.—V. Baquer.
Bâfrer, v. pron.
Manger goulument et avec excès.
* Bagage (chambre à), n. f.
Consigne. De l'anglais baggage-room.
* Bagage (char à), n. m.
Fourgon. De l'anglais baggage-car.
* Bagamenne, n. m.
Trictrac. Corruption de l'anglais backgammon.
Bagatelle, n. f.
Trou-madame.—Jeu qui consiste à faire passer de petites
boules d'ivoire dans des arcades numérotées.
Bagne!
Onomatopée en parlant d'une affaire soudaine. Ex. Bagne!
il est tombé à plein ventre par terre.
Bagosse, n. m.
—Mauvais whiskey, préparé en cachette.
—Etoffe de poil de bœuf tissée sur de la laine.
—Chose commune en général. (B. P. F.)
Bagnère, n. f.—Bannière.
Bagou, n. m.
Verbiage, bavardage effronté. Ce mot n'est pas reconnu
par l'Académie.
Bagoulard, n. m.
Bavard, un homme qui parle beaucoup pour ne dire que des
sornettes. Ne se trouve pas dans le Dict. de l'Acad.
Bagouler, v. n.
Bavarder, parler à tort et à travers.
* Bague d'engagement, n. f.—Anneau de fiançailles.
Baguette, n. f. et int.
—Interjection d'usage fréquent. Ex. Baguette! que c'est
beau!
—Jalon, (terme d'arpentage).
Baguetter, v. a.
Poser des baguettes. Oudin et Cotgrave donnent à baguetter
le sens de frapper avec une baguette.
Baguettes de tambour, n. f. pl.—Jambes frêles.
Baille, n. f.
Petite cuve employée dans l'industrie du sucrier ou fabricant
de sucre d'érable.
Bailler, v. a.
Donner. Ex. Baille-moi cette morue. Expression plutôt
acadienne.
Bâille, n. m.
Bâillement. Ex. J'étais présent quand il est mort, j'ai vu
son dernier bâille.
Bâiller, v. n.
Bayer. Ex. Il est là qui bâille aux corneilles.
Bâillette, n. f.
Bâillement. Ex. Tu t'endors, mon enfant, tu commences
à faire des petites bâillettes.
Bailli, n. m.
Huissier. Ce mot était en vogue autrefois, et l'on prononçait
bâilli.
Bain, n. m.
Baignoire. Ex. Va donc chercher le bain pour le nettoyer.
Baisage, n. m.—Action de se faire duper, tromper en affaires.
Baise=la=piastre, n. m.
Avare, mesquin. Ex. C'est un dur baise-la-piastre, il peut
tondre sur un œuf.
Baiser, v. n.
—Duper, attraper. Ex. Il s'est fait baiser dans son affaire.
—Baiser les portes, sortir, être chassé de la classe, du collège.
Baissant, n. m.
Reflux, jusant. Ex. Nous irons nous baigner au commencement
du baissant.
Baissière, n. f.
Enfoncement dans une terre labourée; l'eau des pluies y
est retenue.
Bal, n. m.—Faire le bal, faire beaucoup de tapage.
Bal à gueule, n. m.
Réunion où l'on danse sans musique, au son de la voix,
seulement.
Bal à l'huile, n. m.
Réunion où il ne se fait d'autre dépense que l'huile qui sert
à éclairer la salle.
Balader (se), v. p.
Marcher en affectant un certain air d'importance. Ex.
Voici madame la Pompadour qui passe, se balade-t-elle un
peu?
Baladeuse, n. f.
Femme ou fille qui se balade à travers les rues.
Balai (petit), n. m.
Vergette. Les Montagnais de Tadoussac appelaient le Père
jésuite La Brosse la Grande Vergette: le Père avait dû les
inspirer lui-même à propos de cette appellation.
Balan, n. m.
—Hésiter, être en suspens. Ex. Je suis en balan si j'irai
passer l'été à la campagne.
—Manque de solidité.
—Balancement. Ex. Le balan de la branche l'a fait tomber
de l'arbre.
Balancille, n. f.—Balançoire.
Balanciller, v. n.—Se balancer.
Balancine, n. f.
—Balançoire, siège suspendu entre deux cordes et sur
lequel on se balance.
—Bascule, longue pièce de bois mise en équilibre sur un
point d'appui, et sur laquelle se balancent deux personnes
placées aux deux bouts.
Balanciner, v. n.—Se balancer.
Balanner (se), v. pron.
Aller et venir pour se faire voir.
Balcon, n. m.
Berceau entouré de verdure. Espèce de tonnelle.
Balestron, n. m.
Perche qui sert à tendre la voile dans une embarcation.
Balet, balette, n. m.
—Branche de cèdre ou d'épinette dont on fait les balais.
—Aller au balette, aller couper des branches dans les bois
pour en fabriquer des balais. Figurément, aller au diable.
Ex. Va-t-en au balette, au plus vite.
—Fou comme balette, stupide.
—Cheveux taillés en balet, coupés en carré et un peu long
sur la nuque.
Balier, v. a.
Balayer. Ex. Marie, balie la place, c'est-à-dire le parquet.
Le Dict. de Trévoux dit: «Il ne faut point se servir de ce
mot.» Cependant il a toujours été employé, et il l'est
encore à Amiens ainsi qu'au Canada.
Balieux, euse, n. et adj.—Balayeur, balayeuse.
Balise, n. f.
—Petit arbre tiré des forêts.
—Erables, sapins, épinettes qui servent à orner les chemins
ou les rues à l'occasion de fêtes publiques.
—Petits arbres plantés dans la neige pour guider les voyageurs.
Baliser, v. a.
—Poser des balises le long des chemins et des rues pour une
fête nationale, ou pour l'arrivée d'un évêque en tournée
pastorale.
—Indiquer le chemin à suivre en hiver au moyen de balises
plantées dans la neige ou dans la glace.
Baliures, n. f. pl.—Balayures, ordures ramassées avec le balai.
* Ballast, n. m. (m. a.)
—Sable ou pierre concassées qui servent à empierrer les
chemins.
—Lest d'un navire.
* Ballaster, v. a. (Angl.)
Poser des pierres concassées, du sable, du gravier sur les
voies ferrées pour maintenir les traverses solides.
Balle, n. f.—Partir raide comme une balle, partir très vite.
Balleux, euse, adj.
Personne qui fréquente assidûment les bals.
Ballon, n. m.—Vaste jupon bouffant, crinoline.
* Balloune, n. f.—Bulle de savon. Mot anglais, balloon.
Balusse, n. f.
Balustre, (n. m.) Ex. Allez vous agenouiller à la balusse.
S'emploie souvent au féminin, bien que balustre soit masculin.
Balustre, n. f.
Balustrade, rangée de balustres unis par une tablette.
Bambocher, v. n.
Faire une vie de débauche, de ripaille. L'Académie ne
connaît pas le verbe bambocher, mais bien bamboche, bambochade
et bambocheur.
Bambocheur, n. et adj.—Qui bamboche.
Banc, n. m.
—Magistrature. Ex. L'avocat Désy a été appelé à monter
sur le banc.
—Cour de justice. Ex. Le banc est au complet. Le petit
banc.
—Gradin, tabouret, escabeau.
Banc de brume, n. m.—Brouillard.
Banc de neige, n. m.
Amoncellement de neige occasionné par le vent qui, soulevant
la neige, la transporte comme de la poudre: d'où le
mot poudrerie. V. ce mot.
Banc=lit, n. m.
Meuble à double usage. Fermé le jour il sert de siège pour
s'asseoir; ouvert la nuit, on y couche comme dans un lit.
Le mot anglais bed, d'usage fréquent, sert bien à distinguer
le banc-lit de tout autre meuble.
Bandage, n. m.
Embatage, posage d'une bande de fer qui serre une roue
pour la tenir en état.
Bande, n. f.
Corps de musique, de musiciens. Quelques-uns récriminent
contre l'emploi du mot bande dans ce sens. Molière a dit:
«la bande des musiciens.» Ce mot a dû être importé de
France en Angleterre, comme l'a prétendu Blain de Saint-Aubin
dans l'Opinion Publique. Le même ajoute que ce
mot a été emprunté par les Français aux Italiens.
Il paraît certain que bande, dans le sens de corps de musique,
est du bon français, mais, comme le mot a vieilli, il
vaut peut-être mieux dire corps de musique, comme on dit
aujourd'hui en France.
—Bandage herniaire.
—Avoir de la bande, se dit d'un bâtiment qui penche d'un
côté.
—Prendre de la bande, même sens.
Bandelière, n. f.—Bandoulière.
Bander, v. a.
—Armer. Ex. Ton fusil est-il bandé, fais attention?
—Raidir. Ex. Bande bien serrée la corde de ton arbalète.
* Bandeur, n. m. (Angl.)
Moulinet ou bâton sur lequel on passe une corde pour la
serrer en tordant. De l'anglais binder.
Bang! int.—Coup. Pif! Paf! Pan! V. Bagne.
* Bank-note, nôte, (m. a.) Billet de banque.
* Banne, n. f.
Bande. Ex. Il y aura de la banne, ce soir, sur la terrasse
Dufferin. De l'anglais band.
Banneau, n. m.
—Charrette garnie de planches dont on se sert pour transporter
le charbon, les détritus de la rue et des caves.
Diminutif de banne.
—Sellette carrée des harnais de travail.
Banque, n. f.
—Crête d'un fossé, d'un canal. Ne vient pas de l'anglais
bank, quoique les deux mots comportent la même signification.
—Tire-lire des enfants.
Banqueroute, n. f.
—B. honnête, qui ne nuit pas à la réputation du failli.
—B. frauduleuse, punie par la loi.
Le mot banqueroute signifie faillite et, en France, ne comporte
pas de divisions.
* Banqueter, v. a.
Donner un banquet. Ex. Nous allons banqueter notre nouveau
maire. (Angl.) Banqueter signifie prendre part à un
banquet.
Banqueteur, n. m.
Celui qui aime à fréquenter les banquets. Ce mot était
admis jadis.
Baptême, n. m.
—Voiture qui transporte à l'église ou qui en ramène le
parrain, la marraine et l'enfant. Ex. As-tu vu passer le
beau baptême?
—Juron fréquent. Ex. Baptême, que tu m'embêtes!
Baptêmer, v. n.
—Baptiser.
—Blasphémer.
Baptêmeux, n. m.—Qui blasphème à tout propos.
Baptiser, v. a.
—Donner des sobriquets.
—Jeter de l'eau à la figure.
—Couper le lait avec de l'eau.
Baptiste, n. m.
Nom donné à tout Canadien-Français. Ex. Paie, Baptiste!
Baquer, v. a. et n.
—Reculer, céder, lâcher. Ex. Nous allons nous entendre
pour tâcher d'arriver au pouvoir, mais ne baque pas.
—Aider. Ex. Je vais te baquer, si tu veux me prendre
avec toi pour mener cette affaire à bonne fin.
Baquer n'est pas un anglicisme, comme on l'a écrit. On
l'emploie encore dans l'arrondissement de Valognes (France)
comme ici pour signifier plier, céder. Backer était français
autrefois et signifiait reculer, céder. On a écrit que ce
mot vient de l'islandais bagaz qui veut dire être empêché,
être changé de position.
Baqueur, n. m.
—Celui qui aide quelqu'un dans une opération financière ou
autre.
—Celui qui recule devant les difficultés.
* Bar, n. f. (m. a.)
—Comptoir de restaurant, de buvette. Ex. Tu me rejoindras
à la bar du Frontenac.
—Bar, n. m. En France, le mot bar est masculin et s'emploie
dans le même sens qu'ici.
Baranguer, v. n.
Parler à tort et à travers. Expression très usitée autrefois
dans la région de Montréal.
Barattée, n. f.
Contenu d'une baratte, avant ou après la confection du
beurre. Ex. J'ai à faire une grosse barattée de beurre.
En France, une barattée désigne le liquide qui reste au
fond de la baratte quand le beurre en a été extrait.
Barauder, v. a. et n.
—Aller et venir en tous sens. Ex. Les chemins sont glissants,
la voiture baraude beaucoup.
—Fureter un peu partout, sans s'arrêter nulle part. Ex.
Qu'est-ce que tu baraudes dans le grenier?
—Remuer un objet massif sur son centre ou de côté, pour
le changer de place.
—Flâner, se promener sans but arrêté. Ex. J'ai baraudé
dans les rues toute l'après-midi.
Barauder (se), v. pr.
—Se promener sans but arrêté.
—Marcher en se dandinant.
Baraudeux, euse, n.—Baraudeur, euse, qui aime à flâner.
Barbe de Capucin, n. f.
Nigelle de Damas, appelée aussi Cheveux de Vénus. Plante
d'ornement.
Barbeau, n. m.
—Larve d'œstrides. Ex. Mon cheval est malade, il a des
barbeaux.
—Barbeau de cuisine, le kokerlac, appelé caffard en France.
—Tache d'encre, pâté.
—Poisson dont se sert le pêcheur de morue.
Barbeau-volant, n. m.
Hanneton.
Barbis, n. f.
Brebis. Ex. C'est la barbis du Bon-Dieu que celui-là.
Barbotte, n. f.
—Poisson, genre des silures, qui ne diffère de la barbue que
par sa queue qui est carrée au lieu d'être fourchue.
—Tasse de lait dans laquelle on a mis tremper du pain.
Barbouiller, v. a.
Donner des nausées. Ex. Ce fricot me barbouille le cœur,
chaque fois que j'en mange.
Barbouiller (se), v. pr.
Se gâter. Ex. Le temps se barbouille, nous aurons de la
pluie bientôt.
Barbue, n. f.
Poisson de nos rivières, de la famille des Siluroïdes. Les
savants l'appellent l'Ictalarus nigricans.
Bardasser, v. n.—V. Berdasser.
Bardasserie, n. f.—V. Berdasserie.
Bardasseux, n. et adj.—V. Berdasseux.
Bardassier, n. et adj.—V. Berdassier.
Bardatter, v. a.
—Couvrir de bardeaux.
—Poser des bardeaux. (B. P. F.)
Bardeau, n. m.
—Casse de fonte, casseau; réserve dans laquelle on dépose
les caractères d'imprimerie inutiles à raison de leur multiplicité.
—Bérêt d'universitaire.
—Il lui manque un bardeau, il a l'esprit faible.
Bardi=barda, loc. adv.
V. Berdi-barda.
Bardoiser, v. a.—Couvrir de bardeaux.
Bardoller, v. a.
Couvrir de bardeaux, dans le langage des Acadiens.
Barène, n. f.
Marelle, jeu consistant à sauter à cloche-pied dans un rectangle
tracé sur le sol et partagé en diverses cases, en poussant
d'une case dans l'autre une pierre, un palet.
Barer, v. a.
Donner. Ex. Veux-tu me barer quinze centins pour mon
porte-monnaie?
Bargagner, v. n.—Commercer, trafiquer.
Bargagneux, n. et adj.—-Qui se livre à toute espèce de négoces.
Bargaine, n. m.
Marché. Ex. Je viens de faire un beau bargaine. Bargaigne,
vieux mot français, signifiait commerce, marché. On
trouve bargaïnne.
Bargainer, v. a. et n.
—Commercer, trafiquer, faire du bargaine en général.
—Echanger. Ex. Veux-tu bargainer ta montre avec la
mienne?
Bargou, n. m.—Gruau.
Barguigner, v. n.
—Hésiter, se décider difficilement. Ex. Il n'y a pas à barguigner,
il faut que tu me remettes l'argent que je t'ai
prêté.
—Marchander. Moi j'achète sans barguigner.
Bar=keeper, kîpeur, (m. a.)—Cabaretier.
Barlan, n. m.
Brelan. Ex. Jouons ce soir au barlan de pommes.
Barley, n. m.
Orge mondé ou perlé. Ex. Ce pain est fait de barley.
Barley n'est pas la traduction anglaise d'orge perlé. C'est
un mot français par lui-même; on le trouve dans l'ancien
langage français.
Badine, n. f.—V. Berline.
Barloque, n. f.—Breloque. Ex. Une vieille barloque.
Barlot, n. m.—V. Berlot.
Barlue, n. f.—Berlue.
Barnèche, n. f.—Barnache, oie marine, à bec court et menu.
Barniques, n. f. pl.—V. Berniques.
Barouche, n. f.
—Voiture de famille, participant à la fois du caractère du
carrosse et de la malle-poste.
—Vieille voiture.
—Toute chose vieille, hors de service.
Barouette, n. f.—Brouette.
Barouettée, n. f.—Brouettée.
Barrabas à la Passion.
Etre connu comme Barrabas à la Passion, être connu de tout
le monde. Dicton conservé par le patois normand.
* Barrack, (m. a.)—Caserne.
Barre à tonnerre, n. f.—Paratonnerre.
Barre du cou, n. f.
Cou. Ex. Si tu ne te tiens pas tranquille, je vais te casser
la barre du cou.
Barre du jour, n. f.
Point du jour. Allusion au pâle sillage qui paraît à l'horizon,
aux premiers feux de l'aurore.
Barreau, n. m.
Trictrac. Ex. Maintenant que nous sommes tannés de
jouer aux dames, faisons une couple de parties de barreau.
Barreauter, v. a.—Poser des barreaux.
Barreautin, n. m.
Petit barreau, diminutif de barreau. Barreaux qui unissent
la rampe aux degrés d'un escalier de bois.
* Bar=room, (roum) (m. a.)—Buvette, estaminet.
Barres (jouer aux), loc.
Jeu de course pour enfants.
Barré, adj.
Tacheté, bigarré. Ex. Voilà une belle vache barrée. D'où
le nom de barrette donné souvent aux vaches barrées.
* Barrenn'se, n. f—V. Barène. Ex. Jouer à la barrenn'se.
Barrer, v. a.
Fermer à clef, au moyen d'une serrure ou d'un cadenas.
Ex. Barre la porte, barre la valise, barre la commode, etc.
Barrettée, n. f.
Le contenu d'une barrette. Dans certaines églises de campagne,
on faisait autrefois la collecte au moyen d'une
barrette.
Barrique, n. f.
—Ivrogne invétéré, dont l'haleine rappelle l'odeur qui s'échappe
d'une barrique vide de liqueur forte.
—Plein comme une barrique, ivre.
Barrure, n. f.
Carré où l'on attache les chevaux et les vaches dans les
écuries.
Bas, n. m.
Pas, le seuil. Ex. le bas de la porte est tout usé, il faudra
y voir.
Bas=côté, n. m.
Appentis, petit bâtiment adossé contre un grand.
Bas=de=soie, n. m.—Sobriquet donné aux Irlandais.
Bas=percé, n. m.—Dépensier, qui n'a jamais le sou.
Bas (descendre en), loc.
—Aller dans un étage inférieur. Ex. Descends en bas me
chercher mon chapeau.
—Aller dans le bas du fleuve. Ex. Vas-tu descendre en bas
dans le courant de l'été?
Bascule (donner la), loc.
Jeu d'enfants qui consiste à saisir la victime désignée d'avance
et à lui frapper le dos sur un mur autant de fois
qu'elle a d'années révolues. C'est une manière de célébrer
les anniversaires de naissance parmi nos collégiens.
Basculer, v. a.
—Renverser un véhicule mobile sur son axe.
—Se faire rouler d'un côté ou d'un autre au milieu d'une
foule remuante.
* Baseball, n. m. bése-bâle, (m. a.)
Balle aux champs. Ex. Le jeu de baseball est très en
vogue par le temps qui court.
* Basement, n. m. bèsemènte, (m. a.)
Soubassement, sous-sol.
Basir, v. n.—Disparaître, être perdu.
* Basse=carte, n. f.
Corruption de l'anglais post-card, carte-postale.
Bassine, n. f.
Urinal, vase à col relevé où les malades urinent.
Bassinée, n. f.
Contenu d'une bassine.
Bastinguer, v. a.—Battre.
Bastonais, n. m.
Bostonais, citoyen de la ville de Boston. Sous le régime
français les Bastonais, c'est-à-dire les Anglais de la Nouvelle-Angleterre,
étaient fort redoutés de nos Canadiens.
* Bat, batte, n. m. (m. a.)—Crosse, battoir, bâton, maillet.
Bataclan, n. m.
Attirail, ameublement. Ex. Prends ton bataclan et quitte
ma maison.
Bataclan, d'après Timmermans, voudrait dire moulin
faisant claquer son traquet, dit batacle, d'où par métaphore,
train, remue-ménage, branlebas.
* Batch, n. f. (m. a.)—Fournée, tas.
Batèche.—Juron très répandu dans le peuple.
Bâtiments, n. m. pl.
Ecuries, granges. Ex. Cours vite aux bâtiments atteler la
grise.
Bâtir, v. a.
Construire pour l'usage de quelqu'un. Ex. C'est l'entrepreneur
Laroche qui va bâtir monsieur Larochelle.
Bâtir, v. n.
—Fortement charpenté. Ex. Cet homme est bien bâti, il
doit être fort comme un cheval.
—Prendre de l'embonpoint. Ex. As-tu rencontré Henri, il
commence à bâtir.
Bâtir (se), v. pron.
Construire une maison, une résidence. Ex. M. le curé va
se bâtir pour se mettre chez lui quand il abandonnera sa
cure.
Bâtisse, n. f.
Bâtiment, édifice. Ex. Les bâtisses du parlement viennent
de passer au feu.
Bâtisse (jouer à la), loc.
Jeu de carte très en vogue chez les tout petits enfants. Ils
se bâtissent en or, en argent, etc., etc.
Batiste, n. f.
Lustrine. La batiste est une toile très fine, d'un tissu très
serré; elle diffère de la lustrine, tissu de coton employé
pour la doublure des vêtements.
Bat=le=diable, n. m.
Individu plein de ressources et dangereux de toute façon.
Bâton=bleu, n. m.—Connétable, suisse.
Bâton=de=crème, n. m.—Bâton de sucre.
Bâton (tour du), n. m.
Tour de bâton, profit illicite. D'après Borel, cette expression
serait formée de bas et ton, parce que lorsqu'on veut
faire un gain injuste on ne le dit qu'à voix basse (d'un
bas ton) à l'oreille des personnes qu'on met dans ses intérêts.
Battable, adj.
Qui peut être surpassé en valeur, en qualité. Ex. Voici
un gas qui n'est pas battable.
Batte=feu, n. m.
—Briquet.
—Individu remuant.
Batterie, n. f.
Partie d'une grange où l'on bat les grains, les céréales au
moyen du fléau.
Batteur=de=faux, n. m.
Oiseau qui, à l'époque de la fenaison, fait entendre un chant
comparable au son que retire le faucheur de sa faux en
l'aiguisant.
Battée, n. f.
—Grande quantité. Ex. Y avait-il beaucoup de monde à
l'assemblée? Oui, il y en avait une battée.
—Chaudronnée. Ex. Je viens de terminer une battée de
savon, de sucre.
—Airée, nombre de gerbes qui peuvent être battues d'une
seule fois.
Batteux, n. m.—Machine pour battre le blé.
Battois, n. m.
Battoir, instrument avec lequel on bat le linge.
Battoué, n. m.—Battoir.
Battouète, n. m.—Battoir.
Battre, v. a.
—Remuer. Ex. Empêche donc la porte de battre au vent.
—Battre à plate couture, remporter une victoire complète.
—Battre la campagne, délirer, déraisonner: jeu de phrase
pour battre la campane, carillonner.
—Battre le blé, égrener les épis en les frappant.
—Battre comme blé, battre sans se lasser.
—Battre quatre as, ne pouvoir être surpassé.
—Battre la comète, même sens.
—Le diable bat sa femme, le soleil luit à travers un ciel pluvieux.
Battre (se), v. pron.
—Se battre la gueule, se dit d'un individu qui discourt longuement
et à tue-tête. On devrait dire se battre de gueule.
—Se battre les flancs, cherche à se donner du courage.
Battu, part. pas. de battre.
—Etre malade. Ex. Cet homme est battu du rhumatisme.
—Etre surpassé en qualité. Ex. Ici l'on vend des huîtres
qui ne sont pas battues.
Batture, n. f.
—Rivage laissé à découvert à la marée basse. Ex. La
batture aux loups-marins.
—Glace formée sur les rives du fleuve.
Bauche, n. f.
—Course très vive. Ex. Mon cheval a fait dix lieues d'une
seule bauche.
—Travail rapide, dans un temps limité.
—Course entre hommes. Ex. Veux-tu tirer une bauche
avec moi.
Baucher, v. n.
—Courir vite. Ex. Nos chevaux ont lutté de vitesse, je
t'assure que ça bauchait.
—Travailler vite.
—Courir pour s'amuser. Ex. Veux-tu que nous bauchions
tous deux?
Baudet, n. m.
Lit de sangle. Ex. De mon temps, au collège, nous couchions
sur des baudets.
Baume, n. m.
Pimprenelle, plante aromatique qui croît sur le bord des
chemins.
Baume du Canada, n. m.
Baumier de Giléad; c'est la gomme de sapin, dont on faisait
autrefois une térébenthine en usage dans la peinture et le
vernis.
Bavaloise, n. f.
Pont de culotte, dite à la bavaloise ou bavaroise. Ce mot
indiquerait que la mode en a été empruntée à la Bavière.
Bavaroise se dit également.
Bavardement, n. m.—Bavardage.
Bavassage, n. m.—Bavardage.
Bavassement, n. m.
—Bavardage. Ex. Encore une affaire qui va soulever des
bavassements à n'en plus finir.
—Propos désobligeants.
Bavasser, v. n.
—Bavarder. Ex. Quel homme dangereux? Il bavasse à la
grande journée.
—Dénoncer, faire des rapports. Ex. Cet écolier passe son
temps à bavasser au maître.
Bavasserie, n. f.
—Bavarderie.
—Rapport, dénonciation.
Bavasseux, euse, n. et adj.
—Bavard, qui aime à parler.
—Rapporteur.
Baver sur quelqu'un, loc.
—Dire du mal de quelqu'un.
Bavures, n. f. pl.—Bave, matières vomies.
* Bay rhum, n. m., bé-rome, (m. a.)
Lotion alcoolique pour les cheveux.
* Bay=window, (m. a.)—V. Bow-window.
Bazir, v. n.—Disparaître. Expression acadienne.
* Beam, bîme, (m. a.)—Poutre.
* Bean, bîne, (m. a.)
Haricot. Ex. Aimes-tu les beans, toi? Oui, les beans au
lard.
* Beater, bîter, v. a. (Angl.)—Surpasser, l'emporter. V. Biter.
Béatis, n. m. pl.
Béatilles. Petits morceaux de viande, rejetés dans l'apprêt
des mets, et dont tire parti une économie bien entendue.
Beauté (une), n. f.
—Beaucoup mieux. Ex. Pierre écrit une beauté mieux que
Jean.
—Un grand nombre. Ex. Y avait-il beaucoup de monde au
concert? Il y en avait une beauté.
* Beaver, n. m., biveur. (Angl.)
Chapeau de castor, haut de forme.
Bébelle, n. f.
—Jouets d'enfants. Ex. Voici le jour de l'an qui approche,
nous allons visiter un magasin de bébelles.
—Histoires. Ex. Ne me fais pas de bébelles.
Bébelleries, n. f. pl.—Jouets d'enfant.
Bec, n. m.
Gibier. Expression usitée par les chasseurs pour déplorer
l'absence du gibier. Ex. Pas un bec aujourd'hui.
—Donner un bec, un baiser.
—Taire son bec, cesser de parler.
—Se rincer le bec, le gosier.
—Cela m'a passé devant le bec, cela m'a été refusé, j'ai manqué
l'occasion.
—Un chapeau à bec, chapeau fermé.
—S'affiler le bec pour parler, se préparer à faire un discours.
—Faire le gros bec, montrer de la répugnance à faire une
chose.
—Tomber le bec à l'eau, rater une affaire.
—Avoir du bec, de la jasette.
—Avoir le bec carré, avoir de la difficulté à parler, à raison
du froid qui a raidi les muscles de la mâchoire.
Bec de corneille, n. m.
Petite moule comestible, de forme allongée, et dont la
coquille ressemble au bec de la corneille, d'où son nom.
Becco (de), adv.
De trop peu, de moins qu'il ne faut. Ex. Voici un bas de
becco, dépareillé. Locution très usitée dans le comté de
Kamouraska; vient du Perche. On entend dire souvent
de bécotte, et beccotte, un bas bécotte.
Bec=fin, n. m.
Personne qui fait la grimace sur tous les mets qu'on lui sert.
Bec=sucré, n. m.
—Bouche mielleuse.
—Personne qui aime beaucoup le sucre.
Bèché, adj.—Eclos. Ex. Mes poulets sont tous bèchés.
Bécher, v. a.—Becqueter.
Bèchetée, n. f.—Le contenu d'une bèche.
Bêcher, v. n.
Tomber la tête la première. Ex. Prends garde de bêcher en
courant trop vite.
* Bécouite, n. m. (Angl.)—De l'anglais buckwheat, sarrasin.
Becquer, v. a.—Becqueter. Ex. Becque-moi, mon petit.
Bec=scie, n. m.—Harle d'Amérique.
* Bed, n. m., (m. a.)
Banc-lit. Ex. Toi, tu coucheras ce soir dans le bed.
V. Banc-lit.
Béda, n. m.—Cochon mâle. Expression acadienne.
Bédainer, v. n.—Bedonner, prendre du ventre.
Bedonner, v. n.—Prendre du ventre. Français familier.
Bédame, bindame.
Mais. Ex. Aimes-tu cela? Bindame, ça dépend.
Bédâne, n. m.
Bec-d'âne, outil tranchant de charron, de menuisier, pour
creuser des mortaises.
* Bedder, v. a. (Angl.)
—Poser. Ex. Bedder une vitre.
—Asseoir, fixer. Ex. Bedder une pierre sur son lit de
mortier. (B. P. F.)
Bedeau, n. m.
—Faire quelque chose en bedeau, travailler avec soin.
—Le trou du bedeau, la fosse dans un cimetière.
* Bee, bi, n. m. (m. a.)
Corvée. Ex. Faisons un bee pour éplucher du blé d'Inde.
Béguer, v. a.—Bégayer.
Bégueux, n. m. et adj.—Bégayeux.
Beigne, n. m.—Beignet.
Beignet, adj. et n.
Benet, homme peu intelligent. Ex. Les Beignets de Sainte-Rose.
Sobriquet tombé en désuétude.
Belle (en), loc.
—Avoir en belle, avoir beau jeu, être situé favorablement
pour faire une chose. Ex. Tu as en belle, sauve-toi.
—Prendre son en belle, saisir l'occasion favorable. Ex. Je
saurai bien prendre mon en belle, quand l'occasion se présentera.
Nous disons encore attendre son en belle, pour signifier la
même chose. M. Chauveau, dans les Notes qui suivent
ses Légendes, écrit: «Embellie est un terme de marine,
c'est un changement favorable dans le temps, dans l'atmosphère;
on profite d'une embellie pour mettre à la voile.
De là peut-être l'avoir embelle ou avoir embelle.» Il est
plus rationnel de croire que, dans, le cas présent, belle est
substitué à beau, avoir belle pour avoir beau.
Belle (avoir) loc.—Avoir beau.
Belle (faire la), loc.
Enfant que l'on fait tenir debout avant qu'il ait appris à
marcher. Se dit aussi d'un chien que l'on fait asseoir sur
son train de derrière.
Belle (paru), loc.
Echappé belle. Ex. Je l'ai paru belle.
Belle=Angélique, n. f.
Plante aromatique cultivée dans nos jardins.
Belle heure, loc.
Longtemps. Ex. Il y a belle heure que je suis arrivé.
Belle heure (à), loc.
Heure indue. Ex. Tu arrives à belle heure, toi.
Béloné, n. m.—Gros saucisson.
Beluet, n. m.—Bluet.
Belzamine, n. f.—Balsamine.
Ben, adv.
Bien. Ex. Nous sommes ben ici, restons-y.
Bénane, n. f.—Banane.
Bénifice, n. m.—Bénéfice.
Béniquer, n. m.—Bénitier.
Bénissoué, n. m.
Goupillon. Ex. M. le curé nous a bénis avec son bénissoué.
Ber, bers, n. m.
Berceau. Quelques-uns ont cru que le mot ber était une
corruption de l'anglais bar. Le Dr Devron a écrit dans les
Comptes rendus de l'Athénée Louisianais (janvier 1888),
que ce mot est usité en Louisiane dans le sens de berceau,
et il cite les Mémoires de la Mère Tranchepain, l'une des
premières religieuses ursulines fixées à la Nouvelle-Orléans,
pour faire voir qu'elle a été importée de France. Le
docteur écrit ber et non pas bers. Cependant on trouve
bers dans le Roman de la Rose pour signifier berceau.
Berçante, n. f.—Berceuse.
Berceau, n. m.
—Partie d'une charretée de foin, du fond de la charrette à
la hauteur des ridelles.
—Tonnelle en verdure. Ex. Allons nous mettre à l'ombre
dans le berceau, au fond du jardin.
Berceuse, n. f.
Chaise berceuse. Ex. La berceuse de ma grand'mère.
Berdas, n. m.
—Nettoyage, ménage de maison. Ex. As-tu fait ton
berdas, ce matin?
—Bruit, tapage. Ex. Quel berdas est ça! j'ai la tête cassée.
—Série confuse. Ex. J'ai fait des berdas de rêves la nuit
dernière.
Le mot berdas, d'après M. de Gerville, veut dire bavardage.
Il existait pendant les anciens Etats de Rennes une société
où se réunissaient tous les nobles des deux sexes pour
causer et parler politique, d'où est venu le mot berdasse.
Berdassement, n. m.—Bruit ennuyeux.
Berdasser, v. a. et n.
—Faire le ménage. Ex. J'ai une servante qui n'est bonne
qu'à berdasser, elle ne sait pas faire la cuisine.
—Vaquer à des travaux de peu d'importance. Ex. Quand
tu auras fini de berdasser, nous nous mettrons à l'ouvrage.
—Se faire secouer. Ex. J'arrive de Lorette, je me suis
fait berdasser dans des chemins affreux.
—Inquiéter, tracasser. Ex. J'ai quelque chose qui me
berdasse.
—Disputer. Ex. Si je peux lui mettre la main sur le
corps, je vas le berdasser à mon goût.
—Faire du bruit. Ex. Achève donc de berdasser, tu me
fatigues.
Berdasserie, n. f.
V. Berdassement.
Berdasseux, adj. et n.
V. Berdassier.
Berdassier, n. et adj.
—Celui qui fait plus de bruit que de besogne.
—Celui qui fait toute espèce de métiers.
—Celui qui se mêle des affaires des autres.
—Chicanier.
Berdi-Berda, n. m.
—Grand bruit. Ex. Quel berdi-berda! On ne se comprend
plus.
—Désordre. Ex. J'ai eu beau chercher dans ma valise, je
ne trouve rien, c'est un berdi-berda où une chatte perdrait
ses petits.
Berdouiller, v. a.
Bredouiller. Ex. Qu'est-ce que tu berdouilles là?
Bergamaux, n. m. pl.
Lisières d'écorces de bouleau.
Berlan, n. m.—Brelan.
Berlander, v. n.
—Flâner, fainéanter. Ex. Qu'est-ce que tu berlandes là?
—Dire des balivernes. Ex. Berlander du matin au soir.
—Hésiter. Ex. Il n'y a pas à berlander, il faut s'exécuter.
Berlandeux, n. et adj.
—Fainéant.
—Indécis.
Berline, n. f.
Voiture propre aux boulangers pour transporter leurs pains.
Berloque, n. f.
Breloque. S'entend ordinairement d'une montre de peu de
valeur.
Berlot, n. m.—Voiture d'hiver plus légère que la carriole.
Berniques, n. f. pl.—Lunettes, bésicles.
Berouette, n. f.—Brouette.
Bérouettée, n. f.—Brouettée, la charge d'une brouette.
Bertelles, n. f. pl.—Bretelles.
Bésique, n. m.
Bésigue, jeu de cartes qui se joue à deux, trois ou quatre
joueurs, avec deux, trois ou quatre jeux de trente-deux
cartes.
Besoin (de), loc.
Besoin. Ex. Prête-moi ton canif, j'en ai de besoin.
Besoin (pour son), loc.
Pour son usage. Ex. C'est vrai que j'ai beaucoup de papier,
mais j'en ai pour mon besoin seulement.
Besson, ne, n. et adj.
Jumeau, jumelle. Le Dict. de l'Académie dit que ce mot a
vieilli, mais il s'emploie toujours, en France comme en
Canada.
* Best, adj. (m. a.)
Le meilleur. Ex. Nous sommes quatre bons joueurs, mais
c'est toi, Louis, qui est le best.
Bestage, n. m.—Habitude de bester.
Bester, v. n.
Avoir beaucoup d'affection pour une personne du même sexe
que soi. (B. P. F.)
Besteux, adj.—Qui a l'habitude de bester.
Bêtas, bêtasse, adj.
Bête, imbécile. Ex. Un gros bêtas.
Bêtassement, adv.—Bêtement.
Bête, n. f.
—Bête comme ses pieds, très bête.
—Bête à manger de l'herbe, très bête.
—Bête à coucher dehors, sot.
—Une bonne bête, un bonasse.
—Bête comme un chou, imbécile.
—Rester bête, éprouver une surprise qui donne un air bête.
—Faire la bête, simuler le manque d'intelligence.
Bêtement, adv.
Très, beaucoup. Ex. Je me suis coupé bêtement.
Bête puante, n. f.
Moufette. C'est l'enfant du diable mentionné par nos premiers
missionnaires.
Bétille, n. f.—Béquille.
Bêtise, n. f.
—Sottise. Ex. Ne fais pas la bêtise d'aller sur l'eau par un
temps pareil.
—Insulte. Ex. Il m'a chanté un tas de bêtises.
Bêtiser, v. n.—Dire des bêtises.
Bêtiseux, n. et adj.
Homme qui tient des propos plutôt malséants.
Bétôt, adv.—Bientôt. Ex. Tu viendras bétôt.
Bette, n. f.
Betterave. Ex. Des bettes à vache, des bettes rouges.
* Better, v. a. (Angl.)
Parier, gager. Ex. Je bette avec toi cinq piastres contre
une.
Beu, n. m.
Bœuf. Ex. Des souliers de beu. Ma foi de beu.
Beugler, v. n.
Chanter très fort. Ex. Nous avons un chantre à l'église
qui chante bien, mais il beugle beaucoup trop.
Beurdas, n. m.—Berdas. V. ce mot.
Beurdasser, v. n.—Berdasser.
* Beurneur, n. m. (Angl.)—Brûleur, bec de lampe.
Beurre de mai, n. m.
Beurre fabriqué en mai. Ce beurre aurait, dit-on, la propriété
de guérir les plaies, les ulcères. En France, on
prépare ce beurre avec du sel, on l'étend sur un morceau
de toile qui prend alors le nom de toile de mai, et que l'on
conserve toute l'année. La même coutume existe ici.
Beurrée, n. f.
Tranche de pain recouverte de beurre, de confitures, etc.
Ex. Une beurrée de beurre (pléonasme), une beurrée de
confitures (impropre).
Beurrer, v. a.
—Flatter. Ex. Tu n' as pas besoin de vouloir me beurrer,
tu n'obtiendras rien de moi.
—Tacher. Ex. J'ai tout le visage beurré de sirop.
—Etendre sur un corps quelconque une substance grasse.
Ex. Beurrer de la graisse ou du beurre sur du pain.
Beurrerie, n. f.—Fabrique de beurre.
Beurrette, n. f.—Petite beurrée.
Biais (sur le), loc. adv.
En biais, d'une manière oblique. Ex. Tu poseras cette
étoffe sur le biais.
Bibelot, n. m.
Amas confus d'objets réunis ensemble. Ex. Quel tas de
bibelots? Débarasse-moi de cela au plus vite.
Bibelotage, n. m.
Action d'amasser des bibelots. Ex. Cesse donc de faire du
bibelotage, tu t'encombres inutilement.
Bibite, n. f.
—Insectes et petits animaux de rang inférieur. Ex. Cette
maison fourmille de bibites. Avoir des bibites dans les
cheveux.
—Froid. Ex. J'ai la bibite aux doigts.
—Individu suspect. Ex. Je t'assure que c'est une vilaine
bibite que ce garçon.
—Correct sous tous rapports. Ex. Tu connais Moïse,
n'est-ce pas que c'est un homme bien?
—Juste. Ex. L'horloge est-elle bien?
Bière (petite), n. f.
Chose de peu de valeur. Ex. Ce gars ne vaut pas grand'chose,
en somme c'est de la petite bière.
* Bifsteck, n. m. (Angl.)
Bifteck. Tranche de bœuf grillée ou cuite à la poêle.
Biger, v. a.—Embrasser, baiser. (B. P. F.)
* Bigne! bagne!
Pif, paf; onomotapée exprimant un bruit éclatant. Bang
est anglais.
Bigre, n. m.
Bougre. Ex. Quel bigre d'enfant! il mérite le fouet. Bigre!
c'est sérieux!
Bigrement, adv.
Bougrement, extrêmement. Ex. Cet homme est bigrement
fort.
Bijouetter, v. a.
—Biseauter. Ex. Nous mettrons des vitres bijouettées à la
porte.
—Bécheveter, mettre tête-bêche.
Bijouettre, v. a.—Bécheveter. (B. P. F.)
Bileux, euse, adj.—Bilieux.
Bill, n. m.
—Projet de loi. Ex. J'ai un bill à présenter à la chambre.
—Compte, note. Ex. Prépare ton bill, si tu veux être
payé.
—Billet de banque. Ex. Un bill de cinquante piastres.
—Affiche, pancarte. Ex. Poster un bill.
—Menu, bill of fare.
—Connaissement, bill of lading.
—Acte d'accusation, true bill.
—Lettre de change, bill of exchange.
—Billet à vue, bill at sight.
Bille de billard, n. f.—Tête chauve.
Bille de bois, n. f.—Bûche de bois.
* Biller, v. a. (Angl.)
Poser un bulletin d'expédition. Ex. Voulez-vous biller ma
valise pour Cacouna?
—Facturer. Ex. Biller des caisses de marchandises.
Billet promissoire, n. m.—Billet à terme.
Billotte, n. m.
—Billot.
—Bille, pièce de bois rond d'une longueur régulière, qui
sert à hacher la viande.
—Etre prêt à mettre son cou sur le billotte, être sûr d'une
chose au point de risquer sa tête.
Bin, adv.—Bien.
Biner, v. n.
Lâcher prise, renoncer à une affaire.
Bindame oui, bindame non.
Expression qui indique une grande hésitation à répondre à
une question. Ex. As-tu fait cela? Bindame oui, bindame
non.
Binette, n. f.
Tête, visage. Ex. Quelle drôle de binette? Binet était un
perruquier célèbre au XVIIe siècle.
Binheureux, adj.—Bienheureux.
Bisc=en=coin (de), adv.
De travers, de biais. Ex. Ne me regarde pas de bisc-en-coin.
En France on trouve bisacoin, bicacoin, en zigzag.
Biorque, n. m.—Couac. V. ce mot.
Birgitté, e, adj.
Brigitté. Ex. Un chapelet birgitté.
Biscotin, n. m.—Petit biscuit.
Biscuit de matelot, n. m.—Biscuit de mer.
Biscuit (faire le), loc.
Réduire à l'impuissance. Ex. Laisse-moi, je vais lui faire
son biscuit en pas grand temps.
* Bisdille, n. f.
Maldonne. Corruption du mot anglais misdeal. V. Misdille.
Bisque, n. f.
Farine de blé délayée avec de l'eau, et mangée cuite, forme
un plat très peu appétissant. Il y a, en France, une bisque
qui est un potage fait avec du coulis d'écrevisses.
Bisque en coin (de), loc.—D'un coin à l'autre.
Bisquer, v. a.—Faire endêver.
Bistringue, n. f.
Bastringue. Ex. Danser la bistringue.
* Bit, n. f., (m. a.)
Morceau, peu. Ex. Tu veux du pain, tu n'en auras pas
une bit.
* Biter, v. a. (Angl.)
Surpasser. Ex. Hein, mon cher, cela te bite.
* Bitters,—teursse, n. m., (m. a.)
Bitter. Ex. Je viens de prendre un bon bitters.
* Black=ball, n. m., (m. a.)
Cirage en boule ou en boîte. Nous disons aussi black-bol.
* Black and tan, annd-tanne, (m. a.)
Chien à peau noire et brune. Ex. Que voilà un beau petit
black and tan!
Blackbouler, v. a.
—Rouler. Ex. Cet individu s'est fait blackbouler comme
il méritait.
—Bloquer. Ex. Je me suis fait blackbouler à mon examen
de terme par le docteur Sanguinet.
* Blackeye, aïe, (m. a.)
Œil poché. Ex. Tu as le tour des yeux noirs, as-tu reçu
une black eye?
* Blackguard, blaggarde, (m. a.)—Polisson, voyou.
* Black=hole, hôle, (m. a.)
Cachot. Ex. Coucher au black-hole.
* Black=moon, moune, n. f., (m. a.)
A l'anglaise (T. de jeu de balle). Cet écolier a une belle
black-moon.
Blague, n. f.
Bavardage de fanfaron. Ex. Ce que tu me dis là, ça sent la
blague. L'origine semble venir du fait que la blague des
fumeurs a souvent l'air d'une bourse bien garnie. Cependant
elle ne renferme que du tabac.
Blaguer le service, loc.
—Ne pas s'occuper d'une affaire, bien qu'on s'en soit
chargé.
—Fausser la vérité.
Blanc, n. m.
—Document qui renferme des phrases imprimées et des
parties non imprimées qu'il faut remplir à la plume. Ex.
Blanc de billet, blanc de chèque. (Angl.)
—Mettre du blanc, augmenter le nombre des interlignes,
(terme d'imprimerie).
Blanc de cirusse, n. m.—Blanc de céruse.
Blanc d'Espagne, n. m.—Craie.
Blanc=mange, n. m.—Blanc-manger.
Blanchissoir, n. m.
Espèce de pinceau dont on se sert pour blanchir les murs des
maisons et des granges avec de la chaux.
Blanchissoué, n. m.—Blanchissoir.
* Blank, (m. a.)—Formule en blanc.
Blasphémer, v. a.
Outrager. Ex. Ce misérable m'a blasphémé.
Blé d'Inde, n. m.
—Maïs. Ex. Un épi de blé d'Inde.
—Réprimande sévère. Ex. Je lui ai fait manger un bon
blé d'Inde.
—Affront, insulte.
Blémichon, n. m.—Petit garçon très pâle.
Bleu, n. m. et adj.
—Ecchymose.
—Indigo. Ex. Veux-tu passer ce linge au bleu.
—Partisan d'une fraction politique dite des bleus, des conservateurs.
—Flambé, coulé. Ex. Notre ancien maire est coulé, il
est bleu comme la poule à Simon.
—Terrible. Ex. Jean a eu une colère bleue. Pierre a eu
une peur bleue.
Bleuet, n. m.—Bluet.
Bleusir, v. a.—Bleuir, faire devenir bleu.
Bleuvir, v. a.—Bleuir.
* Blind, blaïnn'de, (m. a.)—Abat-jour, persienne.
Blinder, v. n.
Protéger. Ex. Je suis blindé contre toutes les attaques qui
pourraient m'être adressées.
* Blizzard, n. m. (m. a.)
Forte tempête de vent et de neige.
Bloc, n. m.
—Pâté, îlot. Ex. Un bloc de maisons.
—Glaçon. Ex. Un bloc de glace.
* Blocade, n. f. (Angl.)—Action de bloquer.
Blond, adj.
Bai-clair. Ex. Mon cheval est d'un beau blond. As-tu
rencontré le blond à François Laroute?
Blonde, n. f.
Jeune fille courtisée. Ex. Ce soir je vais aller voir ma
blonde. Ce mot s'emploie sans distinction de la couleur
des cheveux ou de la peau de la jeune fille. Il existe une
chanson où, après avoir fait le portrait d'une brune,
l'amoureux ajoute qu'il en fera une blonde.
Blondet, adj.—Diminutif de blond.
Blondiner, v. n.—Blondir.
* Blood, n. m. (bleude), (m. a.)
Homme courageux, sur lequel on peut compter. Ex. Qu'est-ce
que tu penses d'un tel? Un tel, mais c'est un vrai
blood.
Bloquer, v. a. et n.
—Enrayer. Ex. Nous étions à deux milles de la ville,
lorsqu'une de nos roues a bloqué.
—Subir un échec. Ex. Imagine-toi donc que je viens de
bloquer mon examen de baccalauréat.
—Arrêter par la neige. Ex. Un train bloqué.
—Se dit du fait de remplacer provisoirement une lettre pour
éviter le parcourement. Nos imprimeurs se servent également
du mot virer.
* Blotting, n. m. (m. a.)—Papier buvard.
* Bloumersses, n. m. pl. (Angl.)—Pantalons de femmes et
d'enfants durant la saison d'hiver.
Blouse, n. f.
—Veston, par-dessus.
—Réprimande.
* Blue book, n. m. (blou bouc), (m. a.)
Livre bleu, qui contient les documents parlementaires. Le
mot bleu vient de ce qu'en Angleterre, les livres qui contiennent
les documents diplomatiques portent une couverture
bleue.
* Blue nose, (blou nôse), (m. a.)
Habitant des Provinces Maritimes d'origine anglaise ou
écossaise.
Bluet, n. m.
Airelle du Canada. Fruit à confitures très commun dans
la Province de Québec. La croquette et la pomme de
terre sont deux variétés d'airelle. V. ces mots.
* Bluff, n. m., bloff, (m. a.)
—Parole ou action propre à intimider ou à provoquer l'illusion.
—Poker. Ex. Jouons au bluff.
* Bluffer, v. a. (Angl.)—Illusionner.
* Bluffeur, n. m. (Angl.)—Qui bluffe.
Bob (passer au), loc.
Infliger une leçon sévère. Le mot anglais bob dans cette
locution, signifie coup, tape.
* Bodkin, (bode-kine), n. m., (m. a.)
Pointe. Outil dont se servent les imprimeurs pour la correction.
Bœuf, empl. adj.
Complet, parfait. Ex. Il a eu un succès bœuf.
Bœuf de garde, n. m.
Taureau. Expression acadienne.
Bœuf de soupe, n. m.—Bouilli.
Bogane, n. f.—Ruisseau, flaque d'eau.
Boile, n. f.—Cuveau pour laver le linge.
Bois, n. m.
Corps. Ex. C'est un monsieur qui porte bien son bois.
—De quel bois cet homme se chauffe-t-il? Quelle espèce
d'homme est-ce?
Bois (aller au), loc.
Aller chercher du bois dans la forêt. Ex. Mon père est
parti ce matin pour aller au bois, il reviendra rien qu'à
soir.
Bois barré, n. m.—Erable jaspé, appelé aussi bois noir.
Bois blanc, n. m.
Tilleul d'Amérique. Le bois blanc désigne d'une manière
générale tous les bois à fibre blanche, comme le tremble,
le peuplier, etc.
Bois-Brûlé, n. m.
Métis de sauvage et de blanc, habitant le Nord-Ouest du
Canada.
Bois debout, n. m.
Terre boisée. Ex. Je viens d'acheter une terre en bois
debout.
Bois de calumet, n. m.
Cornouiller à feuilles arrondies. Les sauvages se servent de
la tige pour faire des tuyaux de calumet, après en avoir
enlevé la moelle.
Bois de Calvaire, n. m.
Bois précieux. Ex. Cet individu n'est certainement pas du
bois de Calvaire, c'est-à-dire qu'il est loin d'être un homme
de valeur.
Bois de corde, n. m.
Bois de chauffage. Ex. J'ai acheté tout mon bois de corde,
j'en ai pour l'hiver. Autrefois, en France, pour mesurer
le bois, on plantait quatre pieux en formant un carré de
huit pieds de côté; et comme les dimensions de cette
mesure se prenaient avec une corde, on appela corde la
quantité de bois qu'elle pouvait contenir, bois de corde,
le bois de chauffage qui se débitait à la dite mesure. Telle
est l'origine de l'expression bois de corde.
Bois de fer, n. m.
Bois très dur dont on se sert pour faire des essieux, des
outils. On le rencontre au Cap Tourmente, près de Québec.
Bois de lune, n. m.
—Arbustes coupés la nuit, dans les bois autour de Québec,
par des maraudeurs.
—Se chauffer avec du bois de lune, avec du bois volé durant
la nuit.
Bois de Mai, n. m.
Aubépine commune, utilisée pour les haies. On l'appelle
encore Epine blanche.
Bois de Malte, n. m.
Aulne blanche.
Bois de plomb, n. m.
Appelé aussi bois-cuir. Arbrisseau commun dans Nicolet.
Bois des Iles, n. m.
Bois de Campêche, employé pour teindre en rouge.
Bois d'orignal, n. m.—Viorne.
Bois de poêle, n. m.—Bois de chauffage.
Bois franc, n. m.
—Bois dur, y compris l'érable, l'orme, le merisier, le noyer,
etc.
—Bois des arbres à feuilles caduques.
Bois francs, n. m. pl.
—Forêts de bois durs.
—Région appelée aussi Cantons de l'Est, où le bois franc
est en abondance.
Bois mou, n. m.
—Bois blanc, tendre, léger, comme l'épinette, le sapin, etc.
—Bois des arbres à feuilles persistantes.
Boisage, n. m.—Boiserie.
Boisées, n. f. pl.
Arborescences qui se forment sur les vitres congelées à
l'intérieur des habitations.
Boisson, n. f.
—Liqueur forte. Ex. C'est un ivrogne, il prend de la
boisson à cœur de jour.
—Etre en boisson, être pris de boisson.
Boisson forte, n. f.
Boisson enivrante, qui n'est pas le vin, ni la bière, ni même
les élixirs.
Boisure, n. f.—Boiserie.
Boitasser, v. n.—Boiter légèrement.
Boîte, n. f.
—Bouche. Ex. Veux-tu fermer ta boîte?
—Banc des jurés. Ex. Les douze petits jurés étaient dans
leur boîte.
—Banc des accusés.
—Banc des témoins.
—Etui. Ex. Boîte de pipe.
—Chenil. Ex. Boîte à chiens.
—Avertisseur. Ex. Boîte d'alarme.
—Panier. Ex. Boîte à ouvrage.
—Case. Ex. Boîte postale.
—Caisse. Ex. Boîte d'horloge.
Boiter tout bas, loc.—Boiter beaucoup.
Boiteux d'ermite, n. m.
Boiteux. Ex. «Où vas-tu, boiteux d'ermite?» Souvenir
de Giroflé Girofla.
Boitte, n. f.—V. Bouette.
Boitter, v. a.
Amorcer. Ex. Nous allons boitter nos hameçons.
Boiture, n. f.
—Boiterie, claudication d'un animal.
—Boitement, action de boiter.
Bol, n. f.
—Bol, n. m. Ex. Une bol à lait.
—Bol à thé, tasse à thé.
—Bol à lait, écuelle.
—Cuvette.
Bolée, n. f.—Contenu d'un bol.
* Bôlt, bôlte, (m. a.)—Boulon, course.
* Bôlter, v. a. (Angl.)
—Abandonner son poste. Ex. Mon député a bôlté sur la
question Riel.
—Se hâter, courir, travailler vite.
* Bôlteur, adj. (Angl.)
Député qui lâche ses amis politiques sur une question vitale.
Ex. Ne me parlez pas de Sam MaClure, c'est un bôlteur.
Bolus, n. f.
Pilule. E. Un docteur à bolus.
Bombarde, n. f.—Guimbarde.
Bombarder, v. a.
Faire une réputation. Ex. On l'a bombardé grand homme
sans trop de raison.
Bombe, n. f.
—Bouilloire. Le corps de la bouilloire ressemble assez à
une bombe, et le bec à celui d'un canard. Il est naturel
qu'à Québec, ville militaire—que les bombes n'ont pas
épargnée—on ait été frappé de la première ressemblance.
Dans la région de Montréal, on dit canard pour bouilloire.
—Bonde d'un tonneau.
Bombée, n. f.
Le contenu d'une bombe. Ex. Une bombée d'eau bouillante.
* Bôme, n. m. (Angl.)
Estacade flottante.
Bommer, v. n. (Angl.)
—Flâner. Ex. Cesse donc de bommer, tu perds ton temps.
—Faire la vie. Ex. Si tu continues à bommer, tu vas ruiner
ta santé.
—Faire un usage immodéré de liqueurs fortes.
* Bommeur, n. m. (Angl.)
—Flâneur.
—Viveur.
—Buveur de spiritueux.
Bon, adj. et n. m.
—Fort, robuste, vigoureux. Ex. C'est un bon homme.
—Avantages, réduction de prix. Ex. Si tu acceptes mon
marché, je te ferai du bon.
Bon pour, loc.
Solvable. Ex. Jean me doit deux cents piastres, mais il
est bon pour.
Bon (plus), adj.—Meilleur.
Bondance.—Interjection pour exprimer l'étonnement.
Bon=Dieu, n. m.
—Dieu, l'Etre Suprême.
—Papillon de nuit.
—La Brebis du Bon-Dieu, personne douce et patiente.
—Manger le Bon-Dieu, être très dévôt.
—Rendu devant le Bon-Dieu, disparu. Ex. Dis-moi ce que
tu as fait de ta belle canne à pommeau d'or.—Ne m'en
parle pas, elle est rendue devant le Bon-Dieu.
Bonguienne.—Interjection pour exprimer la surprise.
Bonheurement, adv.—Par bonheur, heureusement.
Bonhomme, n. m.
—Vieillard, père de famille affligé de vieillesse. Ex. Voilà
le bonhomme Latulippe qui passe, c'est un bon bonhomme.
—Bouillon-blanc.
—Petit bonhomme vit encore. Jeu de société. En prononçant
ces mots, on se passe un petit morceau de papier
enflammé, ou une allumette, et celui ou celle dans la main
de qui le feu s'éteint, doit donner un gage. Ce même jeu
a commencé par s'appeler souffler le charbon.
Bonhomme de chemin, n. m.
Tranquillement. Ex. Aller son petit bonhomme de chemin.
Bonjour, int. et n. m.
—Exclamation. Ex. Bonjour! qu'il fait beau!
—Individu quelconque. Ex. Ces bonjours-là m'embêtent.
—Simple comme bonjour, de facile compréhension.
Bon sang.—Vraiment, en vérité. Ex. Bon sang de la vie.
Bon sens (sans), loc. adv.
Beaucoup. Ex. Il y a du poisson sans bon sens dans les
trois petits lacs, nous en avons pris une cochonnerie.
Bonne, n. et adj.
—Employé elliptiquement pour bon, dans le but d'exprimer
sa satisfaction. Ex. Comme de bonne.
—Petit bateau à fond plat.
—Bon. Ex. Cette fleur sent bonne.
Bonnefemme, n. f.
Vieille femme. Exprime l'idée de chef de famille plutôt
sur l'âge.
* Boomerang, n. m., (m. a.)
Sorte de fronde dont se servent les enfants pour tuer les
oiseaux.
Bonnement, adv.
Au juste, précisément. Ex. Je ne sais pas bonnement si je
t'ai informé de cela.
Bonnes (être dans ses), loc.
De bonne humeur. Rabelais a dit:
«Notre maistre est en ses bonnes,
Nous ferons tantôt une bonne chière,
Tout ira par escuelles.»
Bonnet, n. m.
—Avoir la tête pris du bonnet, être prompt à se mettre en
colère.
—Triste comme un bonnet de nuit, bien triste.
—Jeter son bonnet par-dessus les moulins, ne plus garder de
retenue.
—Bonnet blanc, blanc bonnet, la même chose.
Bonnet carré, n. m.—Barrette, bonnet de prêtre.
Bonneter, v. a.
Flatter. Ex. A quoi sert d'aller le bonneter, tu n'obtiendras
rien de plus.
Bonnette, n. m.—Bonnet.
Bonté, n. f.
—Exclamation. Ex. Bonté, que voilà du bon thé!
—Bonté divine, même sens.
Bonté divine!
J'ai cassé ma terrine.
Divine bonté!
Ma terrine est cassée.
Bonus, n. m.
Gratification offerte à des employés en sus de leur salaire.
Ex. Penses-tu que nous aurons un bonus au jour de l'an.
* Booby, boubé (m. a.)
Booby-price, prix accordé au jeu de euchre à celui qui arrive
bon dernier. Booby veut dire nigaud.
Bord, n. m.
—Côté. Ex. Je vais me promener sur la rue, viens-tu de
mon bord?
—Bas-côté d'une maison.
—De part en part. Ex. J'ai traversé la rivière de bord en
bord.
—Dans. Ex. Embarquons à bord du train.
—Ouvriers de bord, débardeurs.
Bord et babord, loc.
De tous côtés. Ex. Jean court de bord et babord.
Bordage, n. m.
Bord d'une rivière en hiver, quand la glace forme comme
une bordure.
Bordas, n. m.—V. Berdas.
Bordasser, v. n.—V. Berdasser.
Bordasserie, n. f.—V. Berdasserie.
Bordasseux, n. et adj.—V. Berdasseux.
Bordassier, n. et adj.—V. Berdassier.
Bordée, n. f.
—Chute. Ex. Nous allons avoir une grosse bordée de
neige.
—Série. Ex. J'ai reçu une bordée de coups de canne.
Border, v. a.—Ourler.
Bordi=bordas, n. m.—V. Berdi-berdas.
Bordouiller, v. a.—Bredouiller.
Bordure, n. f.
Passementerie qui sert à border un vêtement.
Borgnesse, adj.—Femme borgne.
* Borneur, n. m. (Angl).
Bec-de-lampe.
Boss, n. m.
Maître, bourgeois, patron, chef d'usine, directeur, propriétaire.
Bosse, n. f.
—Enivrement. Ex. Il s'est flanqué une bosse numéro un.
—Coup. Ex. Je lui ai flanqué des bosses à tout casser.
—Porte-feuille.
Bosser, v. a.
—Bossuer. Ex. J'ai bossé mon castor en entrant dans le bateau.
—Conduire, diriger des travaux. (Angl).
Bosser, (se), v. pron.
Se bosseler. Ex. Mon chapeau s'est bossé en tombant.
Bossuse, n. f. et adj.
Bossue. Ex. Cette femme est bossuse. Se dit surtout dans
la région de Montréal.
Botte, n. f.
Tomber en botte, arriver à la ruine, se briser, s'ébarouir. Ex.
Tout tombe en botte chez nous depuis que j'en suis parti.
La tinette de beurre menace de tomber en botte.
Botter, v. n.
—Accumuler de la neige ou de la boue aux pieds du cheval.
Ex. Le cheval botte.
—Rogner des pièces de bois. (Angl.)
—Adhérer, coller à la chaussure. Ex. La neige botte.
Botteur, n. m. (Angl.):—Celui qui rogne des pièces de bois.
Bottes malouines, n. f. pl.
Bottes à l'écuyère. Souvenir de Saint-Malo.
Bottes sauvages, n. f. pl.—Bottes molles, sans semelles.
Boucan, n. m.
—Petite cabane où l'on fait boucaner la viande.
—Mauvais lieu.
—Morceau de bois placé en arrière du chaudron à sucre
pour protéger le feu contre le vent.
Boucane, n. f.
—Fumée. Ex. La maison est remplie de boucane, c'est le
tuyau qui a besoin d'être vidé.
—Vapeur d'eau. Ex. Vois-tu la boucane là-bas, c'est un
bateau qui arrive d'Angleterre.
Boucane (être à la), loc.
Etre suspendu sous l'impulsion d'une personne assise à l'extrémité
d'une balançoire spéciale tenue en équilibre sur
un pivot et qui s'abaisse alternativement d'un côté en s'élevant
de l'autre.
Boucaner, v. n.
Fumer. Ex. La cheminée boucane.
Boucanerie, n. f.
Etablissement où l'on expose des viandes ou des poissons
pour les faire fumer.
Boucaneux, adj.—Brumeux.
Boucanière, n. f.—Boucan.
Boucaud, adj.—Bouscaud.
Boucharde, n. f.
—Outil d'acier à l'usage des tailleurs de pierre.
—Marteau dentelé et brételé, à l'usage des mêmes.
Bouché (être), loc.
Etre imbécile. Ex. Cet individu est bouché par les deux
bouts.
Bouchefroutte, n. m.
Diable. Ex. As-tu rencontré Bouchefroutte? Expression
dont on se sert lorsqu'on s'adresse à une personne de mauvaise
humeur.
Boucher, v. a.
—Réduire à quia par des paroles dures. Ex. Il a voulu
m'insulter, mais je te l'ai bouché proprement.
—Faire taire, fermer la bouche. Ex. Si tu ne te tais pas,
je vais te boucher.
Boucher un trou, loc.
Donner un acompte sur une dette.
Boucherie (faire), loc.
Tuer un bœuf ou un porc, l'épiler, l'ouvrir, le dépecer. Ex.
Maintenant que les froids sont commencés, nous allons
faire boucherie.
Bouche=trou, n. m.
Qui remplit une lacune. Ex. C'est un gas qui n'est bon
qu'à servir de bouche-trou.
Bouchon (mettre un), loc.
Faire taire. Ex. Si tu ne te fermes pas le bec, je vais te
mettre un bouchon.
Bouchonner, v. a.
Faire son ouvrage à moitié. Ex. Cet individu bouchonne
tout ce qu'il fait.
Bouchure, n. f.
Clôture. Mot usité sur l'île du Prince Edouard.
Boucle, n. f.
Nœud. Ex. Fais donc une boucle à ma cravate.
Boucler, v. n.
—Se dit de la mer montante lorsqu'elle entoure des rochers
ou des îlots qu'on peut atteindre à pied sec, à marée basse.
Ex. Voilà l'heure où la mer boucle.
—Conclure. Ex. Notre affaire n'est pas encore bouclée.
Boucoup, adv.
Beaucoup. Ex. J'ai boucoup à faire pour arriver à la fin de
mon dictionnaire.
Bouctouches, n. f. pl.
Huîtres récoltées à Bouctouche, dans le Nouveau-Brunswick.
Boudin (faire du), loc.
Bouder. Ex. Mon petit, cesse donc de faire du boudin.
Boudinerie, n. f.—Viande hachée, boudin.
* Boudlage, n. m. (Angl.)
Commission ou revenu extraordinaire que l'on obtient par
des procédés illicites.
Boudle, n. m. (Angl.)
Pot-de-vin accordé à un personnage influent dans le but de
faire réussir une affaire, d'obtenir un contrat.
* Boudler, v. n. (Angl.)—Faire du boudlage.
* Boudleur, n. m. (Angl.)
Entremetteur qui fait accorder un contrat moyennant un
pot-de-vin fixé d'avance et qui ne doit pas apparaître au
contrat.
Boudrier, n. m.—Baudrier.
Bouer (se), v. pr.—Se crotter.
Bouette, n. f.
—Mélange de son et d'eau donné en pâture aux animaux
de la ferme. Dans le Perche, cette expression ne s'applique
qu'à la mangeaille des pourceaux. Le vrai sens
de bouette est appât pour la pêche de la morue.
—Boue. Ex. Marcher dans la bouette.
—Neige fondante.
—Neige accumulée en masses molles à la surface des
rivières.
Bouetter, v. a.
Donner un repas de bouette aux gros animaux.
Bouffée, n. f.—Accès. Ex. Pierre travaille par bouffées.
Bouffer de rire, loc.
Pouffer. Cependant, on dit bien bouffer de colère.
Bouffie, n. f.
—Bulle. Ex. Une bouffie de savon.
—Boursouflure. Ex. Il s'est brûlé, il a de grosses bouffies.
Bouffre, n. m. et interj.
Bougre. Ex. Quel bouffre d'enfant! Si je te poigne, mon
petit bouffre, tu te feras arranger.
Bouffrèse, n. f.
Bougresse. Ex. Oh! la bouffrèse de femme, elle devient de
plus en plus insupportable.
Boufiole, n. f.
—Ampoule, cloche, boursouflure.
—Bulle d'air ou de vapeur, sur les liquides en ébullition ou
en fermentation. (B. P. F.)
Bouger (ne pas), loc.
Se détromper. Ex. Bougez pas, l'ami, vous êtes à côté de
la coche.
Bougon, n. m.
—Bout d'homme.
—Pipe dont le tuyau est très court.
Bougonner, v. n.
Gronder entre ses dents. Mot français vieilli, qui, en patois
normand, signifie travailler mal, chiffonner.
Bougonneux, n. et adj.—Qui bougonne à tout propos.
Bougrant, adj.
Ennuyeux, fâcheux. Ex. C'est-y pas bougrant que de se
voir pris dans cette sale affaire!
Bougre=à=bougre (être), loc.—A couteaux-tirés. (B. P. F.)
Bougrement, adv.
Beaucoup, très. Ex. C'est bougrement ennuyeux que ce
temps de pluie.
Bougrer, v. a.
—Jeter. Ex. Bougre-moi ça à l'eau.
—Donner. Ex. Je vais te bougrer une tape. Bougre-moi
la paix. Bougre-moi patience.
Bougrer (se), v. pron.
Se moquer. Ex. Je me bougre pas mal de toi.
Bougrèse, n. f.
—Bougresse.
—Grand, fort, sérieux. Ex. J'ai une bougrèse d'envie de
te flanquer une gnole.
Bougrine, n. f.
Vêtement de dessus sans forme particulière. Ex. Qu'est-ce
que tu as de l'air, avec cette vieille bougrine sur le dos!
Bouille, 3e pers. s. ind. prés.
Bout. Ex. L'eau bouille à gros bouillons dans la bombe.
Bouillie, n. f.
—Bouillie pour les chats, travail inutile, peine sans profit.
—Bouillie sans sel, mets mal apprêté.
—Ramener la peau par-dessus la bouillie, donner des arguments
qui ont été plusieurs fois répétés.
Bouillir, v. n.
Etre affecté par l'impatience. Ex. Pendant qu'il parlait, je
bouillais.
Bouilloire, n. f.—Chaudière à vapeur.
Bouillon blanc, n. m.
Molène commune dont les fleurs teignent en jaune.
Boujour, n. m.—Bonjour.
Boulâcrer, v. a.
Bousculer. Ex. Je n'ai pas envie de me faire boulâcrer plus
longtemps.
—Exécuter un ouvrage sans soin.
—Bousiller.
Boulâcreux (euse), n. et adj.
Celui ou celle qui boulâcre.
Boulanger, v. a.
Presser avec la main ou avec les coudes. Ex. Se faire boulanger
le dos, la poitrine au milieu d'une foule de personnes.
Boulant, adj.
Enneigé. Ex. Les chemins sont boulants, aujourd'hui.
Boule, n. f.
—Tête. Ex. Perds-tu la boule?
—Position de fortune. Ex. Il a une belle boule en mains.
Boule=de=cire, n. f.—Symphorine à grappes.
Boule=de=neige, n. f.
—Viorne stérile.
—Faire boule-de-neige, profiter, s'accroître. Ex. Le peu
d'argent que j'ai finira par faire boule-de-neige.
Bouleau blanc, n. m.—Bouleau à papier.
Bouleau rouge, n. m.—Bouleau à feuilles de peuplier.
Bouler, v. a.
—Rouler en boule. Vient du mot débouler.
—Maltraiter.
* Boulezaille, n. f. (Angl.)
Bonbon en forme d'œil de bœuf. De l'anglais bull's eye.
Boulettes, n. f. pl.
Sottises. Ex. Cet écolier n'est bon qu'à faire des boulettes.
Boulin, n. m.—Tronçon d'arbre employé pour le clôturage.
Boulinant, adj.
Synonyme de boulant, enneigé. Ex. Les chemins sont boulinants,
la neige est très légère et très molle.
Boulotte, n. f.
Doigt de gant ou linge que l'on met à un doigt malade,
appelé par les enfants catiche. Les Acadiens emploient
encore le mot doyon pour signifier la même chose.—Voir
ce mot.
* Boume, n. m.
Valeur factice et exagérée. Ex. Nous allons être témoins
d'un boume dans les chemins de fer, dans les banques.
(Américanisme).
* Boumer, v. n.
Donner une valeur factice et exagérée à des actions de compagnies
industrielles et autres. (Amér.)
Bouque, n. f.—Boucle.
Bouquer, v. n.—Montrer de l'humeur.
Bouquet, n. m.
—Fleur, plante cultivée pour sa fleur. Ex. Je vais semer
beaucoup de bouquets ce printemps.
—Tête d'arbre, de sapin ou d'épinette plantée au faîte d'une
maison dont la charpente vient d'être posée.
Bouquette (avoir, tenir le), loc.
L'emporter sur les autres par son adresse, sa beauté ou toute
autre qualité. Ex. Ces trois sœurs sont très jolies filles,
mais l'aînée tient le bouquette. Elles ont bien chanté
toutes trois, hier soir, mais c'est mademoiselle Domisol qui
a eu le bouquette.
Bouquineux, adj.—Bouquineur.
Boura, n. m.—Borax.
Bouragan, n. m.—Bouracan.
Bourbassière, n. f.—Bourbier.
Bourdaine, n. f.
—Alise. Baie du bourdainier. Viorne nue.
—Courir la bourdaine, aller en bande, garçons et filles, cueillir
des fruits.
Bourdainier, n. m.—Alisier.
Bourdalou, n. m.—Vase de nuit.
Bourdé, adj.
Gravé. Ex. Mes bottines sont en cuir bourdé, c'est-à-dire
à grains plus ou moins soulevés. Dans le vieux français,
bourdé voulait dire embourbé.
Bourdignons, n. m. pl.—V. Bourguignons.
Bourgeois, n. m.
—Caractères d'imprimerie de neuf points.
—Homme riche, censé vivre de ses rentes. Ex. Le voilà
devenu un gros bourgeois, il est bien chanceux.
Bourgeoiserie, n. f.
Bourgeoisie.
Bourgeronner, v. n.
Bourgeonner, pousser des bourgeons. Ex. Un nez tout
bourgeonné.
Bourgot, n. m.
—Porte-voix à coquille. On appelle burgau une grosse
coquille dont on tire une nacre grossière.
—Trompette droite, qui sert à donner des signaux.—Autrefois
lorsque le service de la poste se faisait par des postillons
qui parcouraient nos campagnes, ils étaient munis
de bourgots de fer-blanc.
Bourgotter, v. n.
—Parler ou crier dans un porte-voix.
—Sonner de la trompette.
Bourguignons, n. m. pl.
—Mottes de terre durcies par la gelée.
—Morceaux de glace pris d'un pain.
Bourlette, n. f.—Ciboulette.
Bournichon, n. m.—Petit homme.
Bourrasse, n. f.—Bourrasque.
Bourrasser, v. a.
—Bousculer, brusquer. Ex. Cesse donc de bourrasser tes
petites sœurs.
—Faire des reproches.
Bourrasseux, adj.
Homme d'une humeur difficile qui brusque tout le monde.
Bourreau, n. m.
—Diable. Ex. Que le bourreau t'emporte! J'ai eu une
peur du bourreau.
—Payer en bourreau, payer d'avance. Bon moyen, paraît-il,
pour être mal servi.
Bourreau d'ouvrage, n. m.—Homme qui travaille beaucoup.
Bourreau des arbres, n. m.
Célastre du Canada. Plante grimpante qui s'enroule si
étroitement autour des arbres qu'elle les fait périr.
Bourrée, n. f.
—Travail forcé et rapide. Ex. Il va falloir donner une
dure bourrée, si nous voulons finir d'entrer notre avoine!
—Réprimande, mercuriale. Ex. Je lui ai donné une bourrée
dont il ne perdra pas le souvenir.
—Beaucoup, grande quantité. Ex. Une bourrée de coups,
de monde.
—Accès. Ex. Pierre travaille bien, mais toujours par
bourrée.
Bourrelet de gomme, n. m.
Morceau de gomme durcie que l'on détache des épinettes
et que les enfants mâchent avec plaisir.
Bourrer, v. a.
Conter des blagues. Ex. Je l'ai bourré dans les grands
prix, il a paru croire tout ce que je lui ai dit.
Bourreur, n. m.
Ouvrier qui rembourre les sofas, les chaises.
Bourrichon, n. m.
Petit bonhomme. Ex. Sauve-toi, mon petit bourrichon.
Vient de burrichon, roitelet, dans le patois du Mans et de
l'Anjou.
Bourriers, n. m. pl.
Balayures, ordures. Ce mot vient de bourriers, pailles qui
se mêlent dans le blé battu; du latin burra, employé par
Ausone pour signifier des riens. Par extension, ordures,
mot usité en Bretagne.
Bourrique, n. f.
—Ignorant.
—Catholique comme une bourrique, catholique à gros grains.
Bourrolle, n. f.
Espèce de boîte à forme d'amphore sans anse, ouverte aux
deux bouts, dont l'un, le petit, débouche dans un coffre
où l'anguille va se prendre, et l'autre, le grand, est le récipient
de l'anguille qui s'y introduit pour être rejetée dans
le coffre par le courant. La bourrolle est fabriquée au
moyen de petites harts bien entrelacées et très étroitement
serrées les unes contre les autres.
Bourrure, n. f.
—Bourrage. Ex. La bourrure du harnais est finie, il va
nous en falloir un autre.
—Rembourrement. Ex. C'est un bon homme pour travailler
à la bourrure.
Bourse, n. f.
Crête-de-coq, dont les feuilles teignent en jaune.
Boursiller, v. n.
—Economiser. Ex. Pour arriver à joindre les deux bouts,
il vous faudra boursiller plus que de raison.
Boursoufle, n. f.
Boursouflure. Ex. J'ai une grosse boursoufle sur le bras,
c'est un bourdon qui m'a piqué.
Bouscailler, v. a.—Bousculer.
Bouscaner, v. a.—Bousculer.
Bouscaud, n. m.
—Lourdaud, homme gros, trapu. Ex. C'est un gros bouscaud.
—Butor, grossier.
Bœuf ou vache sans cornes.
—Courtaud.
Bousculage, n. m.—Action de bousculer.
Bousiat, n. m.—Homme malpropre.
Bousillage, n. m.
Ouvrage mal fait. Ex. Quel bousillage!
Bousiller, v. a. et n.
—Remplir les interstices entre les pièces de bois des pans,
avec de la bouse.
—Corriger, arranger, mettre en bon ordre.
—Travailler vite et mal.
Bouskey, n. m.—Whiskey marchand.
Boussole (perdre la), loc.—Devenir fou.
Bout, n. m.
Mot employé dans différentes acceptions, que les dictionnaires
ne mentionnent pas toujours.
—Bout-ci bout-là, en désordre, pêle-mêle.
—Un bout de temps, un certain temps.
—Un petit bout de temps, un court espace de temps.
—Prendre quelqu'un par le bon bout, savoir arriver auprès de
lui.
—Mettre les deux bouts ensemble, joindre les deux bouts, ne
pas s'endetter.
—Tourner un objet bout pour bout, changer sa situation d'une
façon opposée.
—Au bout la fin y sera, il faudra bien que cela finisse un
jour.
—Au bout le bout, quand ce sera fini, on n'en parlera plus.
—C'est le bout du monde, c'est la fin.
—Cet enfant n'a pas de bout, il est insupportable et incorrigible,
d'une façon inexprimable.
—Bête au bout, absolument bête.
—De bout en bout, d'un bout à l'autre.
—Etre rendu au bout, être épuisé.
—Il y a un bout à tout, toute chose a une fin.
Bout=de=canot n. m.
Chacun des deux rameurs qui se placent aux deux bouts
d'un canot d'écorce pour le diriger.
Boute=feu, n. m.
Boute-en-train, celui qui met en gaieté tous ceux avec lesquels
il se trouve.
Bouteille, n. f.
—Burette. Ex. La bouteille à l'huile, au vinaigre.
—Flacon. Ex. La bouteille d'odeur, de parfum.
—Vin, liqueurs. Ex. Ce garçon caresse un peu trop la
bouteille.
Bouteillée, n. f.—Le contenu d'une bouteille.
Bouteiller, v. a.—Mettre en bouteilles.
Bouteillerie, n. f.
Vieux mot français signifiant échansonnerie, ou mieux boutillerie,
redevance en grains. Ex. Saint-Denis de la Bouteillerie,
paroisse du comté de Kamouraska.
Boutique, n. f.
Maison mal tenue. Ex. Quelle sale boutique!
Bouton, n. m.
—Fruit de l'aigremoine qui s'attache à la laine des moutons
en automne et s'enlève très difficilement.
—Petite inflammation commune aux serins à une certaine
époque de l'année.
Bouton d'or, n. m.
Renoncule à fleurs jaunes dont nos campagnes regorgent.
Bouton, (dernier).
A bout de ressources. Ex. Pierre est rendu au dernier
bouton, il est ruiné.
Boutte, n. m.—Bout.
* Bow=window, n. m., (winn'do), (m. a.)
Fenêtre en saillie, en rotonde.
Boxer, v. a.—Emprisonner.
Boxon, n. m.—Mauvais lieu.
Boyard, boïard, n. m.—Civière à porter le bois, la pierre, etc.
Boyau, n. m.
—Avoir toujours un boyau de vide, avoir toujours faim.
—Les boyaux me crient, avoir des borborygmes.
—Avoir des boyaux de père, éprouver de la tendresse pour
ses enfants.
* Bracket, brakète, (m. a.)
Petite console, applique, étagère.
Braguet, breguet, brayet, n. m.—Caleçon de laine.
Braguette, n. f.
Fente de devant d'une culotte. En France, on appelle culottes
à braguette celles qui n'ont pas de pont.
En Bretagne, bragez a la même signification.
Brai, n. m.—Poix des cordonniers.
Braid, bréde, (m. a.)—Soutache, passementerie.
* Braider, v. a. (Ang.)—Poser du braid.
Brâillade, n. f.—Action générale de brailler.
Brâillage, n. m—-Même sens que brâillade.
Brâillard, e, adj.
—Qui braille, qui pleure. Ex. Un enfant brâillard.
—Qui implore du patronage auprès des gouvernements.
Brâillard de la Madeleine, loc.
Expression appliquée aux enfants qui pleurent à tout propos.
Par allusion aux gémissements proférés dans les
environs de la rivière Madeleine, suivant une légende
populaire rapportée par l'abbé Ferland.
Brâiller, v. n.—Pleurer.
* Brain, braine, (m. a.)
Cerveau. Ex. Celui-là, je l'ai sur le brain, il me fatigue.
* Braker, bréquer. (Angl.)
—Serrer les freins dans un train de chemin de fer.
—Réprimer quelqu'un.
* Brakes, bréques, (m. a.)—Freins.
* Brakesman, bréke's manne (m. a.)—Serre-frein.
Brancard, n. m.
—Morceau de sucre d'érable à forme carrée. Ex. Un
brancard de sucre.
—Cartes qui restent sur le tapis après la donne aux joueurs.
Ex. Qu'as-tu besoin de regarder dans le brancard?
Branche, n. f.
—Division. Ex. Va au département des terres, branche
des arpentages.
—Attaque. Ex. Jean a eu une branche de folie; Joseph a
une branche de fièvre.
—Ami. Ex. Bonjour, ma vieille branche.
Branché, adj.
Diplômé, porteur de certificat. Ex. Un pilote branché.
Brancher (se), v. pr.
Brancher. Ex. Les petits oiseaux commencent à se brancher.
Branchu (canard), n. m.
Canard sauvage remarquable par la beauté de son plumage.
Brandiller, v. a.
Brandir. Ex. Ne brandille pas ainsi ce bâton.
Brandy, n. m., branndé.
—Cognac. Vieux mot français qui signifiait allumé, enflammé.
«Et le feu soit si brandy. » (D'Argentré, Coutume
de Bretagne, p. 1051).
—Danse. Ex. Nous allons danser un brandy.
Branle, n. m.
—Tapage. Ex. Mener un branle terrible.
—Ni foutre ni branle, absolument rien.
Branler, v. a.—Branler dans le manche, hésiter.
Branlette, n. f.
Oscillation de la tête. Ex. Ce vieillard commence à avoir
la branlette.
Braque, n. m.—Imbécile. Ex. Il est fou comme braque.
Braquer, v. a.—Abandonner. Ex. Il m'a braqué là.
Braquer,(se), v. pr.
Se fixer. Ex. Il s'est braqué sur une chaise, et il s'y est
installé.
Braquette, n. f.
—Broquette.
—Petite console, applique. (Angl.)
Braquetter, v. a.—Poser des broquettes.
Bras, n. m.
—Avoir le bras long, être influent.
—Par dessus bras, bras dessus bras dessous.
—Bras d'escalier, rampe.
—Aimer gros comme le bras, aimer beaucoup.
—Frapper à bout de bras, du bout du bras.
Brasse, n. f.
—Travailler à la brasse, journée de brasse, corvée de bras.
Brasse-corps (à), loc. adv.
A bras le corps. Ex. Se prendre à brasse-corps pour lutter
de force et d'agilité.
Brassée, n. f.
Ribambelle d'enfants. Ex. Voilà Victoire qui passe avec
sa brassée.
Brasseur, n. m.
Phoque du Groënland qui entre dans le fleuve Saint-Laurent
en hiver.
Brâssage, n. m.
Action de secouer, d'agiter quelque chose.
Brâsse, n. f.
Main, au jeu de cartes. Ex. A qui la brâsse?
Brâssée, n. f.
Chaudronnée. Ex. Une brâssée de savon, de sirop, de
sucre.
Brâssement, n. m—Remuement, brassage.
Brâsser, v. a.
—Mêler. Ex. Allons, brâsse les cartes.
—Disputer. Ex. Je viens de me faire brâsser de la belle
façon. Je me suis fait brâsser le corps.
Brâsseur, adj.—Celui qui, aux cartes, tient la donne.
Braver, v. n.
Faire le brave. Ex. Il fait cela pour braver.
Braverie, n. f.—Bravade.
Braye, n. f.
—Broie ou macque. Instrument pour broyer le lin et le
chanvre, composé de deux bois retenus par une de leurs
extrémités, et s'enclavant l'une dans l'autre à la manière
d'une mortaise.
—Femme qui marchande sans acheter. Ex. Voilà encore
une braye qui vient nous ennuyer avec ses marchandages.
Brayer, v. a.
—Broyer. Ex. C'est aujourd'hui que nous allons brayer
le lin.
—Aller d'un magasin à l'autre sans faire d'achat.
Brayeur, adj.—Celui qui braye.
* Brécer, v. n. (Angl.)
Poser un bandage de fer sur la coque à l'intérieur d'un vaisseau.
Brèche, n. f.
—Dent perdue. Ex. Cet enfant a plusieurs brèches dans la
bouche.
—Brèche-dent. Ex. Cette femme serait plus jolie, si elle
n'était brèche.
Bréché, adj.—Ebréché. Ex. Mon couteau est tout bréché.
Mot cité par Lacurne de Sainte-Pallaye, que nous retrouvons
en pleine vigueur dans le comté de Kamouraska.
Employé par les mères de famille pour inviter leurs enfants
à prendre des positions plus décentes.
Breloque, n. f.—Vieille montre.
Brenante (à la), loc.—A la brune.
* Bréque, n. m. (Angl.)—Frein.
* Bréquer, v. a. (Angl.)—Serrer les freins.
Bretter, v. n.
—Fureter. Ex. Veux-tu me dire ce que tu brettes là?
—Perdre son temps à des bagatelles.
—Faucher. (Expression acadienne). D'après Oudin, bretter
signifiait jouer ou faire des armes.
Bretteux, adj.
—Qui furette.
—Qui perd son temps. Ex. Avance donc à quelque chose,
espèce de bretteux?
—Faucheur.
Breumasser, v. n.—Brumasser.
Breume, n. f.—Brume.
Breunante, n. f.—Brune.
Breune, n. f.—Brune.
Bréviaire, n. m.—Dire son bréviaire, lire son bréviaire.
* Brevier, brevière, (m. a.)—Petit texte, 8 points (T. d'impr.)
Brick, (m. a.)
—Brave garçon. Ex. Toi, tu es un brick, donne-moi la
main.
—Brick bâtard, toute espèce de voiture sans caractère particulier,
démodée et vieillie.
Bricoles, n. f. pl.
—Bretelles de pantalons. En France, la bricole est une
bande de cuir qui se met aux sabots au-dessus du cou-de-pied.
Brigade, n. f.
Troupe de gens réunis ensemble. Ex. Y avait-il beaucoup
de personnes qui marchaient dans la procession?—Oui, il
y en avait une brigade.
* Brigade du feu. n. f.—Corps des pompiers. (Angl.)
Brigand, n. m.—Enfant terrible.
Brimbale, n. f.
—Perche en bascule pour tirer l'eau du puits.
—Crémaillère.
Brimbalement, n. m.—Bruit, désordre.
Brin, n. m.
—Peu, petite quantité. Ex. Tu n'en auras pas un brin.
—Grain. Ex. Un brin de pluie.
—Bran. Ex. Du brin de scie.
Brindezingues, n. f. pl.
Pris de boisson. Ex. En voilà encore un qui est dans les
brindezingues.
* Brinn'che, n. f.
Bien-aimée, préférée. Ex. Celle-là est ma brinn'che.
Bringue, n. f.
—Fille nonchalante. Ex. C'est une grande bringue.
—Pièces. Ex. Mettre un objet en bringues.
Bringuer.—S'amuser, courir, gambader.
* Briquade, n. f. (Angl.)—Briqueterie.
* Briquaille, n. f. (Angl.)—Briqueterie.
Brique, n. f.
—Morceau taillé en carré. Ex. Une brique de lard, de la
brique à couteaux.
—Brique réfractaire, brique à feu. (Angl.)
—Aller à la brique, aller travailler dans les briqueteries.
(Angl.)
Briqueler, v. a.—Briqueter.
* Briqueleur, n. m. (Angl.)
Briqueteur, ouvrier et marchand.
* Briquer, v. a. (Angl.)
Briqueter, paver, garnir de briques.
Briquerie, n. f.
Briqueterie. Briquerie se disait autrefois pour exprimer
la même chose.
Brisable, adj.—Fragile.
Brise, n. f.
Partir tout d'une brise, partir à la course.
Brise-fer, n. m.
—Qui brise tout ce qu'il touche.
—Qui use beaucoup, usurier. Ex. Cet enfant ne peut rien
conserver, c'est un brise-fer.
Brisse, n. f.—Brisque. Ex. Jouer à la brisse.
Broc, n. m.—Fourche en fer à quatre cornes.
Broche, n. f.
—Aiguille. Ex. Apporte-moi mes broches pour que j'achève
de tricoter mes bas.
—Bois pour enfiler le poisson que l'on prend à la ligne.
—Fil de fer. Ex. Clôture en broche.
—Epingle. Ex. Broche à cheveux.
—Jeu de broches, cinq aiguilles.
Broche (faire de la), loc.—Faire l'amour.
Broche (travailler à la), loc.—Exécuter à la hâte.
Brocher, v. n.—Faire l'amour.
Brochet, n. m.
Bréchet. Ex. Il n'a pas épais de lard sur le brochet. Le
bréchet est la partie saillante en avant du sternum des
oiseaux.
Brochetée, n. f.
—Brochette. Ex. J'ai pris une belle brochetée de poissons.
—Fourchée, la quantité de foin ou de paille que l'on enlève
avec un broc. Ex. Prends la fourche et envoie-moi une
brochetée de foin.
—Grande quantité.
Brodure, n. f.—Broderie.
* Brôker, n. m., brôkeur, (m. a.)—Courtier.
Bronches, n. f. pl.
Bronchite. Ex. Es-tu encore malade, moi j'ai les bronches.
Bronchique, adj.
Atteint de bronchite. Ex. Pierre est malade, je crois qu'il
est bronchique.
Bronze, n. m.
Bronche. Ex. Louis a une maladie de bronze.
Broque, n. m.—Tire-fiente, fourche à fumier.
Brosse, n. f.
—Fête. Ex. Notre ami vient de sortir d'une brosse qui
s'appelle.
—Prendre une brosse, faire la fête.
Brosser, v. a.
—Fêter. Ex. Cesse donc de brosser.
—Brosser le chien, faire la fête.
—Battre.
Brosser (se), v. pron.
—Se battre.
—Se brosser le ventre, se passer de tout.
Brosseur, n. m.
Celui qui fait souvent des brosses, qui boit à intervalles assez
réguliers beaucoup de liqueurs enivrantes, et qui recommence
au moment où on le croirait corrigé de sa manie,
un dipsomane enfin.
Brou, n. f.
—Ecume, mousse. Ex. P'tit Pierre vient de tomber de
son mal, il a la brou à la bouche.
—Bave à la gueule des animaux.
—Savonnure. Ex. Voilà du savon qui fait une belle brou.
Brouasser, v. n.—Bruiner.
Brouch'ter, v. a.—Travailler à la hâte et sans précaution.
Brouch'teux, euse, n. et adj.—Qui brouch'te.
Brouch'te-brouch'te, adv.
Ex. Cet ouvrier travaille brouch'te-brouch'te, c'est-à-dire, il
travaille sans soin et hâtivement.
Brouillasser.—Bruiner.
Brouille, n. m.
Brouille, n. f. Ex. Il va y avoir du brouille dans cette discussion.
Brouillon, adj.
Fougueux. Ex. J'ai un cheval qui est pas mal brouillon.
Brousse-poil (à), loc.
A rebrousse-poil. Ex. Ce gas-là n'est pas facile à mener,
il faut toujours le prendre à brousse-poil.
Brouscailler, v. a.—Brusquer.
Brûlade, n. f.—Brûlement, action de brûler.
Brûlé, n. m.
Forêt, ou bois ou région rasée par le feu. Ex. La paroisse
du Grand-Brûlé.
Brûle-gueule, n. m.—Pipe à tuyau très court.
Brûler, v. a.
—Dépasser. Ex. Il m'a brûlé le long de la route.
—S'approcher d'un objet caché que l'on cherche. Ex. Tu
brûles, c'est-à-dire tu t'approches. (Terme de jeu.)
Brûlette, n. f.
Ciboulette, ail civette.
* Brûleur, n. m. (Angl.)—Bec-de-lampe.
Brûlot, n. m.
Espèce de cousin qui brûle la peau en la touchant de son
dard. Genre simule.
Brûlure, n. f.
Ex. Ce mets est excellent pour la brûlure, c'est-à-dire qu'il
est absolument bon.
Brumasser, v. n.—Bruiner.
Brun, adj. et n. f.
—Bai brun. Ex. Un cheval brun.
—Brune. Ex. Se promener à la brun.
Brunante (à la), loc.
A la brune. Cette expression n'est pas française, mais
pourrait l'être sans inconvénient. Faucher de St-Maurice
en a fait le titre d'un de ses ouvrages.
Brusquailler, v. a.—Brusquer.
Brusse, adj.—Brusque.
Bubule, n. m.—Feu. (Langage enfantin.)
Bubusse, n. m.
Lait donné aux petits enfants. Ex. Prends ton bubusse, mon
petit.
Buc en blanc (de), loc.—De but en blanc.
Bûchage, n. m.
—Débitage du bois en bûches.
—Coupe du bois, abattis.
Bûche, n. f.
Stupide. Ex. C'est une bûche, il ne comprend rien, il a la
tête dure.
Bûcher, v. a.
Travailler fort. Ex. L'ouvrage est ardu, mais je vais bûcher
assez fort que j'en viendrai bien à bout.
Bûcheux, n. et adj.
—Bûcheur, travailleur.
—Bûcheron.
* Buck=board, n. m., beuke bôrde, (m. a.)—Barouche.
* Buckwheat, n. m., beukouit, (m. a.)—Sarrasin, blé noir.
* Buggy, n. m., beugghé, (m. a.)—Phaéton.
* Bugle, bioug'l, (m. a.)—Cor de chasse.
* Bull's eye, n. f., (m. a.)—V. Boulezaille.
* Bully, boullé, (m. a.)—Fier-â-bras. Ex. Un bully
d'élection.
* Bun, n. f., bonne, (m. a.)—Brioche.
Bureau, n. m.
—Commode.
—Etablissement public. Ex. Bureau de santé, bureau
d'hygiène.
* Business, biznesse, (m. a.)
Rond en affaires. Ex. J'aime à faire des affaires avec ce
marchand, il est business.
* Bus, beuce (m. a.)
Abréviation de omnibus, voiture publique qui transporte les
voyageurs hors de la ville, et s'arrête en route au gré de
chacun.
* Bustle, n. m. beussl, (m. a.)
Tournure. Ex. Madame a mis son bustle.
* Busy body, bizzé bodé, (m. a.)
Officieux. Ex. Ce n'est qu'un busy body.
Buteux, euse, adj.—Qui bute. Ex. Un cheval buteux.
Butin, n. m.
—Marchandises.
—Mobilier. Ex. Quand je déménagerai, je ne négligerai
rien de mon butin.
—Linge et vêtements. Ex. Emporte tout le butin que tu
as à te mettre sur le dos.
—Bonne personne. Ex. Cette fille-là, c'est du butin.
Butte (une), n. f.
Beaucoup, en quantité. Ex. Y avait-il beaucoup de monde
à l'assemblée? Oui, il y en avait une butte.
* Buttercup, beutteurkeupe (m. a.)—Bouton d'or.
Butteux, euse, adj.
Couvert de buttes. Ex. Le chemin est devenu butteux
depuis les dernières gelées.
Button, n. m.
Petite colline. Ex. La paroisse du Button.
Buvable, adj.
Potable. Ex. Cette eau-là n'est pas buvable.
Buvasser, v. n.—Boire sans cesse.
Buvasserie, n. f.—Action de boire outre mesure.
Buvasseux, adj.—Qui est dans l'habitude de boire.
Buveron, n. m.
—Biberon. Ex. Cet enfant de deux ans est encore au
buveron.
—Ivrogne. Ex. Çà, c'est un bon buveron.
Ça, pron.
—Il. Ex. Ça gèle fort ce matin.
—Celui-ci, celui-là, cette personne. Ex. Ça parle sans
savoir ce que ça dit. C'est ça qui est farceur.
—Cela, cette chose-là. Ex. Ça m'embête gros.
—Ça y est-il? Ça y est. En es-tu?—Oui, c'est convenu.
—Il a de ça, il a de la fortune.
—Quoique ça, malgré cela.
* Cab, n. m., (m. a.)
Cabriolet de place, à deux ou quatre roues. Le véritable
cab est conduit par un cocher qui a son siège en arrière.
Quelqu'un faisait remarquer la forme extraordinaire de ce
véhicule importé d'Angleterre en France. Un plaisant
répondit: «C'est afin que de l'intérieur le supérieur ne
puisse voir le postérieur de son inférieur placé à l'extérieur.»
Cabalable, adj.
Qui peut être cabalé. Ex. Il y a sept bleus dans cette paroisse
qui ne sont pas cabalables.
Cabalage, n. m.
Cabale. Ex. Dans la paroisse de Beaumont, il n'y a pas de
cabalage possible.
Cabale, n. f.
Propagande en vue d'une élection quelconque, politique,
municipale, etc.
Cabaler, v. a. et n.
—Solliciter des votes en faveur d'un candidat briguant les
suffrages d'une communauté électorale. Ex. A force de
le cabaler, j'ai réussi à le faire voter pour mon candidat.
—Travailler à obtenir des suffrages, faire de la propagande
d'une manière générale. Ex. J'ai tellement cabalé dans
ma paroisse, que j'ai pu obtenir une majorité pour notre
candidat.
Cabane, n. f.
Etal de boucher, de fruitier, de regrattier.
Cabane à morue, n. f.
Petite construction en bois placée sur la glace des rivières
où le pêcheur s'installe pour pêcher la petite morue.
Cabane à sucre, n. f.
Maisonnette érigée au milieu d'une sucrerie pour y fabriquer
le sucre d'érable, tout en s'y mettant à l'abri. D'où
l'expression tire de cabane, assez souvent employée par les
amateurs.
Cabané, adj.—Enfoncé. Ex. Il a les yeux cabanés.
Cabaneau, n. m.
Petite armoire pratiquée dans un mur sous l'escalier de
service ou sous le rebord d'une fenêtre, de manière à ce
qu'on ne l'aperçoive même pas.
Cabaner, v. n.
—Habiller chaudement. Ex. Aie le soin de te tenir la tête
et le cou bien cabanés, car il fait une tempête.
—S'arrêter en route pour se mettre à l'abri.
Cabaner (se), v. pron.
—S'installer chez soi. Ex. Je vais quitter mon bureau à
quatre heures, et puis j'irai me cabaner chez moi jusqu'à
demain matin.
—Devenir casanier. Ex. Plus je vieillis, plus je cherche
à me cabaner.
—S'assombrir. Ex. Le temps se cabane, nous allons avoir
quelque orage.
Cabanes, n. f. pl.—Latrines.
Cabarouet, n. m.
—Haquet. Long camion qui sert à transporter les barils,
les grosses caisses, le truck des Anglais.
—Cabriolet. Petite voiture à deux roues, suspendue sur
des baguettes de bois, ou sur des ressorts, et à un siège,
ou encore une voiture à deux roues, avec quatre poteaux,
comme nous en voyons sur nos marchés.
Cabas, n. m.
Bruit, fracas, tapage. Ex. Allons, les enfants, ne faites
pas tant de cabas? En France, ce mot veut dire tromperie,
ou s'applique à un meuble lourd et grossier. Dans l'Anjou,
c'est un manteau.
Cabasser, v. n.
—Faire du cabas, du bruit.
—Fatiguer, abattre. Ex. Cette fille me paraît bien cabassée.
—Secouer fortement. Ex. Je me suis fait terriblement
cabasser dans la voiture à Marois.
Cabinet, n. m.
Chambre à coucher, à la campagne. Ex. Monsieur, passez
dans le cabinet du fond, c'est là votre chambre à coucher.
Nous prononçons souvent cabinette.
Câblegramme, n. m.—Câblogramme.
Caboche, n. f.
—Capsule de certaines plantes. Ex. Une caboche de pavot.
—Tête. Ex. Je me suis sonné la caboche en tombant.
Cabochon, n. m.
—Caboche, tête. Ex. Ce que je te dis là, fourre-moi ça
dans ton cabochon.
—Bosses, proéminences quelconques.
—Nœud de bois, loupe.
—Ouvrier maladroit.
—Imbécile.
Cabousse, n. f.
—Appartement ou pièce attenante à un édifice, servant de
dépense.
Caca, n. m. et adj.
—Immondice de toute nature. Ex. Ne touche pas à cela,
c'est du caca.
—Immangeable. Ex. Ne mets pas cela dans ta bouche,
c'est caca.
—Méchant. Ex. C'est caca ce que tu as fait là, mon petit.
Cacasser, v. n.
—Croasser.
—Caqueter, en parlant de la poule.
—Bavarder.
Cache, n. f.
Cachette, ou lieu secret connu seulement des trappeurs du
Nord-Ouest. Dans ces caches, ils déposaient ce qu'ils
possédaient de plus précieux.
Cache la Belle=Bergère.
Jeu de société qui consiste à se passer de l'un à l'autre un
bijou ou un objet que l'un des joueurs, placé au centre,
doit saisir au passage. La personne prise en possession
du bijou doit payer un gage.
Cache=mainettes, n. f.
Tablier muni de poches dans lesquelles les femmes peuvent
introduire leurs mains tout entières.
Cache petit=pot.
Jeu d'enfant, où il est question de trouver un objet caché
dans la main de l'un des joueurs réunis en cercle. Le
chercheur est debout, au centre.
Cacher, v. a.
—Mettre des couvertures sur une personne couchée pour
la mettre à l'abri du froid.
—Cacher les fautes de quelqu'un.
Cacheter, v. a.
Jeter des couvertures sur quelqu'un pour le protéger contre
le froid.
Cachette, n. f.
Cache-cache, jeu d'enfants, dans lequel tous les joueurs se
cachent, à l'exception d'un seul, qui cherche à découvrir
les cachettes des autres.
Cachette (à la), loc. adv.
En cachette. Ex. Lire des romans à la cachette du maître.
Tu as fait cela à la cachette de moi.
Cadran, n. m.
Montre. Ex. Ton cadran est dérangé.
Cadre, n. m.
Tableau, dessin, gravure encadrés. Ex. Voici un beau
cadre. Métonymie, le contenant employé au lieu du contenu.
Se dit très souvent en France.
Caduc (la), n. f.
L'aqueduc. Ex. Va donc voir si la caduc marche.
Caduc, adj.
Triste, abattu. Ex. Cette femme est bien caduque depuis
que son mari est mort.
Cafière, n. f.
Cafetière, vase qui sert à faire ou à verser le café.
Cage, n. f.
—Train de bois, composé de billots liés ensemble pour
former un radeau.
—Planches ou madriers mis en pile et croisés à angles droits
avec de nombreux interstices, pour être séchés au soleil.
Cageage, n. m.
Tous les travaux particuliers à la mise en train des billots
en flotte.
Cager, v. a.
—Former une cage avec des billots liés les uns aux autres
pour en permettre le transport.
—Empiler des planches ou des madriers pour les faire
sécher au grand air et au soleil.
Cageu, n. m.
Pièces de bois attachées les unes aux autres et mises en flotte
pour être transportées d'un lieu à un autre. Ce mot peut
venir de cajeutes, vieux mot français employé pour désigner
les lits de vaisseaux; du hollandais kajuit.
Cageur, n. m.—Employé sur une cage.
Cagouette, n. m.—Gorge. V. Gagouette.
Cahot, n. m.
Ce mot, qui est français, s'emploie surtout pour marquer les
inégalités qui se produisent dans nos chemins d'hiver par
les amoncellements de neige. On le trouve dans la fameuse
chanson:
...C'est la faute à Papineau
Si nous avons des cahots.
Câille, adj.
Mélange de blanc et de noir. Ex. Marie, va tirer la grande
vache câille. Thérèse a les yeux câilles.
Câiller, v. n.
Se laisser aller au sommeil. Ex. Mon petit Jean, tu t'endors,
tu commences à câiller. En Anjou, câille se dit pour
sommeil profond.
Câilles, n. f. pl.
Caillebottes, masse de lait caillé. Ex. Vivre aux câilles et
aux patates.
Câillette, n. f.
Nom fréquemment donné aux vaches de couleur câille.
Cailloud'chouc, n. m.—Caoutchouc.
Caisser, v. a.
Encaisser, mettre en caisse. Ex. Caisser des livres.
Caisson, n. m.
Tête. Ex. Se faire sauter le caisson avec un pistolet.
* Cake, kéke, (m. a.)—Gâteau. Ex. Un Johnny cake.
Calâbre, n. m.—Cadavre.
Calamel, n. m.—Calomel.
Calant, adj.
Qui cale, enfonce. Ex. Les chemins sont calants.
* Calculer, v. n. (Angl.)
Présumer. Ex. Je calcule partir la semaine qui vient.
Calèche, n. f.
—Cabriolet à ressorts, à deux roues, suspendu sur deux
bandes de cuir, à coffre gondolé, encore en usage à Québec.
—Diarrhée. Ex. Avoir la calèche.
Caléchée, n. f.
Calèche remplie de voyageurs, de promeneurs.
Calemberdaine, n. f.—Calembredaine.
Calenas, n. m.—Cadenas.
Calenderier, n. m.—Calendrier.
Caler, v. n. et a.
—Ruiner. Ex. Ce marchand est calé à tout jamais.
—Enfoncer. Ex. La terre est molle ici, ça cale.
—Devenir chauve. Ex. Tu cales bien de bonne heure, toi,
tu as la tête comme un genou.
—Perdre de l'argent. Ex. J'ai calé gros d'argent dans ma
dernière spéculation.
En France, caler signifie avoir peur. Ex. Tu caleras
quand il faudra te battre. Caler peut venir de cale, calotte.
Brantôme parle de la cale ecclésiastique, béguin ou coiffe
de soie que les hommes portaient sous le chaperon (camail).
Calfetage, n. m.—Calfatage.
Calfeter, v. a.—Calfater.
Calfeteux, n. m.—Qui exerce le métier de calfat.
Caliberdas, Bruit, tapage. Ex. Mon Dieu! quel caliberdas!
Colin-Maillard. Ex. Courir le Cali-Mailla. Le Colin-Maillard
cherche à saisir un joueur, et, lorsqu'il le tient, il
doit deviner son nom. S'il nomme le joueur qu'il a pris,
ce dernier devient Colin-Maillard.
Câlice, n. m.—Calice.
Câline, n. f.
Espèce de bonnet rond, noué sous le menton, dont nos
Canadiennes se servaient beaucoup dans le temps passé.
La mode semble en vouloir disparaître.
Calmir, v. n.
Faire le calme. Ex. La mer va calmir, ensuite nous partirons
pour l'île aux Corneilles.
Calmir (se), v. pron.
Se calmer. Ex. Il finira par se calmir avec le temps.
Calotte, n. f.
—Ronce odorante, appelée aussi cap, casquette, capuchon,
framboise.
—Casquette. Ex. Les écoliers du séminaire sont obligés
de porter la calotte de drap bleu avec nervure blanche.
Calumet, n. m.
—Toute pipe de bois, ou dont le tuyau est en bois ou en
roseau.
—Homme de très petite taille.
Caluron, n. m.
Petite casquette qui ne recouvre que le sommet de la tête.
Câlus, n. m.—Cal, calus.
* Calvette, n. f. (Angl.)
Ponceau. De l'anglais culvert.
Calvine, n. m.
Calville. Ex. Des pommes de Calvine. Calville est un
petit village de Normandie, et la pomme Calville est particulière
à la Normandie. Le nom a été apporté de France,
mais la pomme nous est étrangère.
Camail, n. m.
Capeline particulière aux jeunes enfants et qu'ils portent
durant l'été.
Cambuse, n. f.—Poêle rustique.
Camelotine, n. f.
Etoffe de laine très lustrée, en vogue autrefois.
Camomine, n. f.
Camomille. Ex. Une bonne tisane de camomine pour la
migraine.
Camp, n. m.
—Habitation primitive élevée dans les bois pour y loger les
bûcherons, les voyageurs. Il y a les camps temporaires
et les camps permanents. Se prononce campe.
—Ficher le camp, se sauver, déserter.
—Sacrer le camp, même sens.
Camp=lit, n. m.
Lit de camp, préparé au moyen de branches d'arbres recouvertes
de peaux de carriole.
Campe, n. m.—Camp.
Camper, v. n.
—S'installer dans un camp, près d'un lac ordinairement,
pour faire la chasse ou la pêche.
—Jeter. Ex. Son cheval l'a campé par terre.
—Appliquer. Ex. Je lui ai campé une bonne claque.
Canâiller, v. n.—Se livrer à la canaillerie.
Canaoua, n. m.
Sobriquet donné aux sauvages en général. Ex. Les Canaouas
de Ristigouche.
Canaouiche, n. m.
Sobriquet donné aux sauvages. Ex. Bonjour, canaouiche!
Canard, n. m.—Bouilloire. V. Bombe.
Canard branchu, n. m.—Canard huppé.
Canard gris, n. m.—Canard pilet.
Canayen, enne, n. et adj.
Canadien, enne. Ex. Les Canayens sont pas des fous, partiront
pas sans prendre un coup.
Cancanage, n. m.
Cancan, médisance que l'on colporte.
Cancanement, n. m.—Cancan.
Cancaner, v. n.
Bavarder, médire. Cancan est du français académique, mais
pas cancaner.
Cancaneux, adj.
Cancanier, qui a l'habitude de faire des cancans.
* Cancellation, n. f. (Angl.)
Action de canceller, de contremander, de résilier, d'annuler,
de biffer.
* Canceller, v. a. (Angl.)
—Contremander. Ex. Canceller une commande de livres.
—Résilier. Ex. Canceller un bail.
—Annuler. Ex. Canceller une loi.
—Biffer. Ex. Canceller une disposition de la loi.
Cancre, n. m.
Paresseux incorrigible. Se dit aussi bien d'un homme fait
que d'un écolier.
Cancreté, n. f.
Le fait d'être cancre. Ex. C'est la cancreté même.
* Candy, cann'dé, (m. a.)
Bonbon. Ex. Un enfant qui se nourrit de candy.
Caneçon, n. m.—Caleçon, avec permutation entre l et n.
Cani, n. m.
Moisi. Ex. Cette viande a une forte odeur de cani; voici
du pain qui a goût de cani.
Canir, v. n.—Se gâter par l'humidité.
Canisse, n. f.
Canistre. Bidon de fer-blanc pour y mettre le pétrole et
toutes les huiles, les vernis, etc.
Canissure, n. f.—Chancissure.
Canitude, n. f.
Canicule. Ex. Nous resterons à la campagne durant les
canitudes.
Canne, n. f.
—Cruche.
—Vivre la canne à la main, être assez riche pour pouvoir
s'exempter de travailler.
Canne de roche, n. f.—Canard histrion.
Cannée, n. f.—Le contenu d'une canne, d'une cruche.
Cannelier, n. m.
Instrument en bois à double montant, troué à intervalles
égaux.
Cannelle, n. f.—Fuseau, bobine.
Canner, v. a.—Donner des coups de canne.
Cannevette, n. f.—Plateau à liqueurs.
* Cannuck, kannoque, (m. a.)
Nom donné aux Canadiens-Français par les Anglais.
* Canon, canonne, (m. a.)
Gros canon, 48 points. (Terme d'impr.)
Canon, n. m.
—Verre. Ex. Viens prendre un petit canon chez Lambert.
—Fessier.
Canonner, v. n.—-Rejeter des gaz avec bruit.
Canot, n. m.
Sorte de chapeau de femme, appelé aussi chapeau de matelot.
Canoterie, n. f.
Côte de la Canoterie, nom donné à une côte qui fait communiquer
la partie basse de Québec avec la partie haute.
Autrefois il fallait la descendre pour prendre les canots
destinés à faire la traversée de la rivière Saint-Charles.
Cant, n. m.
Côté, la partie la plus étroite d'une pièce de bois, d'un bloc
de pierre de taille. Ex. Mettre un bloc de pierre sur le
cant, une maison bâtie en madriers sur le cant.
Canter, v. a.
—Pencher. Ex. Un mur qui cante. Le vieux français
disait eschanteler pour exprimer la même idée.
—Mettre sur le côté. Ex. Canter un meuble pour pouvoir
le passer par une porte étroite.
Canton, n. m.
—Voisinage. Ex. Nous demeurons dans le canton.
—Township. Ex. Les Cantons de l'Est.
* Canvasser, v. a. (Angl.)—Cabaler.
Caoutchouquer, v. a.
Couvrir de caoutchouc.
Cap, n. m.
—Capsule de fusil.
—Ronce.
—Casquette.
* Cap (night), naïte, (m. a.)
Consommation prise avant de se mettre au lit. Ex. Prenons
un night-cap et allons nous coucher.
Capable, adj.
—Fort, musculeux. Ex. Si tu veux te battre, je t'assure
que je suis aussi capable que toi.
—Instruit. Ex. Cet écolier a fini ses études, il est très
capable.
—Dans la possibilité. Ex. Je ne suis pas capable d'aller
glisser.
* Capacité (en sa), loc. (Angl.)
En sa qualité. Ex. Agir en sa capacité de président, de
secrétaire.
Cape, n. f.
—Câpre. Le fruit se met en conserves dans le vinaigre
pour lui donner du piquant.
—Cap. Ex. Chemin des Câpes, entre Saint-Joachim et la
Baie Saint-Paul.
Capharnaüm, n. m.
Maison spacieuse habitée par plusieurs ménages, où l'ordre
et la propreté font souvent défaut.
* Capiâsser, v. a. (Angl.)
Signifier un capias, mandat d'arrestation d'une personne endettée
qui manifeste son intention de quitter la province.
Capiche, n. f.—Coiffure de femme qui recouvre les épaules.
Capillaire, n. f.
La plus belle de nos fougères dont on fait un excellent sirop
pour le rhume. Les botanistes l'appellent adiante pédalé.
Capine, n. f.—Capeline.
* Capital politique. (Angl.)
Exploitation d'une question au point de vue et au profit
d'un parti. Ex. Faire du capital politique en faveur des
conservateurs.
Capot, n. m.
—Capote. Ex. Un capot d'écolier, un capot bleu, un capot
d'habitant.
—Par-dessus de fourrure. Ex. Un capot de poil, un capot de
chat, d'astrakan, de seal, de castor piqué.
Capot (faire).
Rester capot. Faire capot veut dire faire toutes les levées,
au jeu de cartes. Ici, c'est le contraire.
Capoter, v. a.
Mettre le capot sur le dos d'un autre.
Capoter (se), v. pron.
Mettre son capot. Même sens que s'encapoter.
Capuche, n. f.
—Bonnet de nuit à l'usage du sexe.
—Sage-femme.
Capuchon, n. m.—V. Calotte.
Capuchonner (se), v. pron. Mettre son capuchon.
Caque, n. m.
Caca. Ex. Faire son caque, dans le langage enfantin.
Caracolage, n. m.—Action de marcher en caracolant.
Caracoler, v. n.
Avoir une direction tortueuse. Ex. Un chemin qui caracole.
Caractère, n. m.
Lettre de recommandation. Ex. Voulez-vous me faire la
charité, voici mon caractère, lisez-le.
Un caractère se disait autrefois de la manière d'écrire, et
aussi pour les lettres ou figures que quelques-uns croyaient
avoir une certaine vertu en conséquence d'un pacte fait
avec le diable.
Caractère seul, loc.
Homme triste, fuyant la compagnie du monde.
Carafée, n. f.
Le contenu entier d'une carafe. Ex. Une carafée d'eau, de
cognac.
Caraquettes, n. f. pl.
Huîtres pêchées à Caraquet, sur le littoral de l'Atlantique,
dans le Nouveau-Brunswick.
Caravane, n. f.
Bande. Ex. Voyager en caravane, glisser en caravane.
Carcajou, n. m.
Glouton, petit animal de nos forêts, mentionné par La Hontan.
On l'appelle encore le diable des bois, et les sauvages le connaissent
sous le nom de quaquasut.
Carcan, n. m.
—Collier en bois que l'on met au cou des animaux de ferme
pour les empêcher de sauter les clôtures.
—Décharné. Ex. Maigre comme un carcan.
Carcaner, v. a.—Mettre le carcan.
Carcasse, n. f.—Personne très maigre.
Carcul, n. m.—Calcul.
Carculer, v. a.—Calculer.
Cardures, n. f. pl.
Retirons, laine restée dans le peigne, après le peignage.
Carême, n. m.—Face de carême, figure très pâle.
Carillon, n. m.
Bruit, tapage. Ex. Quel carillon faites-vous là, mes petits
enfants?
Carisé, n. m.
Flanelle croisée très épaisse et très forte. Ex. Des caneçons
de carisé.
Carnage, n. m.
—Bruit, fracas. Ex. Quel carnage est çà? Cessez, les
enfants, de vous chamailler.
—Dégât. Ex. Le tonnerre a fait du carnage cette nuit.
Carnas, n. m.—Cadenas.
Carottage, n. m.
Action de carotter, de tromper, d'escroquer.
Carotte=à=Moreau, n. f.
Ciguë. Sa racine ressemble beaucoup à la carotte rouge.
Poison violent.
Carotte, n. f.
Mensonge. Ex. Pousser une carotte.
Carotter, v. a.
Voler, obtenir de l'argent sous de faux prétextes.
Carouge commandeur, n. m.—Etourneau à ailes rouges.
Carpe de France, n. f.
Cette carpe est nommée par les botanistes maxostôme doré,
cousin germain de la carpe.
Carpiche, n. f.
Culbute. Ex. Il a pris une carpiche en descendant l'escalier
de la petite rue Champlain, il a failli s'assommer.
Carrage, n. m.
Enjeu. Ex. Le carrage est défendu à ce jeu-là.
Carré, n. m.
Place publique. Ex. Le carré Viger, à Montréal. En Normandie
on dit carreau, d'où l'expression jeter sur le carreau.
Carreau, n. m.
—Imposte, partie fixe ou non qui surmonte la partie mobile
d'une porte, d'une croisée.
—Soupirail. Ex. Les rats entrent par le carreau de la cave.
—Carré, morceau carré. Ex. Un carreau de lard.
Carreautage, n. m.
Action de diviser une étoffe par carreaux.
Carreauté, adj.
Divisé en petits carreaux. Ex. Avez-vous de l'indienne
carreautée noir et blanc?
Carrette, n. f.
Cadre de bois sur lequel les pêcheurs enroulent les lignes
destinées à tirer de l'eau le poisson après l'avoir harponné.
Carrer (se), v. pron.
Mettre un enjeu, au jeu de cartes, au brelan.
Carriole, n. f.
Traîneau d'hiver. Ex. Attèle la grise à la carriole; n'oublie
pas la peau de carriole.
Carriolée, n. f.
—Une carriole remplie de voyageurs.
—L'ensemble des personnes que contient une carriole.
* Carte complimentaire, n. f.—Carte de faveur. (Angl.)
* Carte-poste, n. f.—Carte postale. (Angl.)
Cartes (tirer aux), loc.—Tirer les cartes.
Carteron, n. m.—Carton. Ex. Une boîte en carteron.
Casarner, v. a.—Caserner.
Caserner (se), v. pr.
Se renfermer chez soi. Ex. Quand vient l'hiver, j'ai toujours
envie de me caserner.
Casernier, n. et adj.—Casanier, qui aime à rester chez soi.
* Cash, cache, (m. a.)
—Comptant. Ex. Moi, je paye cash.
—Caissier. Ex. J'ai affaire au cash.
Casque, n. m.
—Gros casque, homme important.
—Arranger le casque à quelqu'un, le morigéner.
—Avoir du casque, avoir du toupet.
—Lever le casque à quelqu'un, lui dire ses vérités.
—Se faire serrer le casque, se faire taper.
—En avoir plein son casque, être rendu au bout de sa patience.
—Cela va lui prendre le casque, cela va le forcer sérieusement.
—Mauvais plaisant. Ex. T'es pas fou, le casque!
Casquette, n. f.—Ronce odorante. Voir Calotte.
Cassable, adj.
Qui peut être cassé. L'Académie ne reconnaît pas ce mot.
Cassage, n. m.
Ne se dit que des minerais. Ici, nous étendons ce mot à
toute action de casser, verre, porcelaine, etc.
Casse, n. m.
Casque. Ex. Prends ton casse et va-t-en. V. Casque.
Casseau, n. m.—V. Cassot.
Casse=glace, n. m.—Brise-glace.
Casse=poitrine, n. m.—Boisson forte.
Casser, v. a.
—Fendre. Ex. Cours me casser un peu de bois pour allumer
le poêle.
—Renverser. Ex. J'ai tiré au poignet avec Arthur, et je
l'ai cassé.
—Avoir du succès à tout casser, beaucoup de succès.
—Se casser le nez sur la porte, se voir refuser la porte.
—Casser sa pipe, rater son affaire.
Casserille, n. m.—Quadrille.
Casserole, n. f.
Cendrier. Ex. Marie, vide donc la casserole du poêle.
Casserolée, n. f.—Le contenu d'une casserole.
Cassette, n. f.
Boîte de merceries à l'usage des colporteurs, des marchands
ambulants. Ex. Tiens, tu sais bien que monsieur Damour,
si riche aujourd'hui, a commencé par porter la cassette.
Câssis, n. m.
Cassis, Gadelle noire. Ex. De la gelée de câssis.
Cassot, n. m.
—Estomac. Ex. Avoir le cassot plein.
—Boîte en écorce de bouleau, dont se servent les fabricants
de sucre d'érable pour mettre la tire. On l'utilise, en
outre, pour la cueillette des petits fruits, des fraises, des
framboises, etc. En France, le cassot est une caisse à
compartiments où l'on trie les chiffons pour la fabrication
du papier.
—Soulever le cassot, morigéner.
Castille, n. m.
—Savon de Castille, savon importé de France.
—Hache de castille, hache d'acier. De l'anglais cast steel.
Castonade, n. f.
Cassonade. Ménage, dans ses observations sur la langue
française, dit: «Le grand usage est castonade, et non pas
cassonade qui est pourtant le véritable mot. De casson,
cassonade. Je dirais donc castonade, mais sans blesser
cassonade.»
Castor, n. m.
—Ricin. Ex. Huile de castor. (Angl.) Castor Oil.
—Parti politico-religieux. Ex. Je te dis, moi, qu'il y a
encore des castors.
—Chapeau de haute forme. Ex. Tu as l'air de quelque
chose avec ton castor.
Castor errant, n. m.
Castor isolé des siens que le chasseur capture facilement.
Castor (petit), n. m.
Petit insecte qui pullule sur les mares d'eau et qui passe
pour très venimeux.
Castoriser (se), v. pron.
Avoir une tendance de plus en plus prononcée vers le castorisme.
Castorisme, n. m.
Parti des castors, qui a pris naissance en 1886, et dont le
programme consistait dans l'application des principes
ultramontains dans la vie publique comme dans la vie
privée.
* Cast steel, castile, (m. a.)
Acier fondu. Ex. Une faux en cast steel.
Casuel, adj.
—Volage. Ex. Cette personne est pas mal casuelle. (De
Gaspé, Mémoires).
—Fragile. Ex. Cette verrerie est casuelle.
—Délicat, faible. Ex. Ma femme n'a pas grand santé,
elle est casuelle.
Catalogne, n. f.
—Crêpe au lard. (Taché, For. et Voy.). Ex. Marie, huche
ton père pour venir manger des catalognes.
—Lisière de tapis fabriqué avec des bandes étroites de laine
ou de coton au moyen d'une machine dite métier.
Oudin dit qu'il y avait jadis des couvertures de laine
blanche qui portaient ce nom, parce qu'elles venaient de
Catalogne.
Cataplamme, n. m.—Cataplasme.
Cataplasse, n. m.—Cataplasme.
Catapleume, n. m.
Cataplasme. Le verbe cataplamer existait jadis et signifiait
faire un cataplasme.
Cataplume, n. m.—Cataplasme.
Catchime, n. m.—Catéchisme.
Cateau, cataut, n. f.
Catherine. Ex. Joséphine est habillée comme Cateau, c'est-à-dire
sans goût, quoique avec beaucoup de fanfreluches.
Nous disons également: Elle est amanchée comme Cateau.
Catéchime, n. m.—Catéchisme.
Catéchisse, n. m.—Catéchisme.
Catéreux, adj.—Homme d'humeur inégale.
Caterre, n. m.—Catarrhe. Ex. Je crois que j'ai le caterre.
Catherine-serrée, n. f.
Femme à l'étroit dans ses vêtements. Ex. Regarde Catherine-serrée
qui passe.
Catherinette, n. f.—Mûrette ou ronce du Canada.
Catholique, adj.
Honnête, respectable. Ex. Ce n'est pas catholique ce que
tu viens de faire.
Catiche, n. f.
Doigt de gant ou simplement un linge qui enveloppe un
doigt malade. Diminutif de Cataut.
Catichette, n. f.—V. Mainette.
Catichonner, v. a.
Habiller sans goût. Ex. Cette mère catichonne ses enfants,
est-elle ridicule?
Catichonner (se), v. pron.
S'habiller sans goût. Ex. Une fille qui passe son temps à
se catichonner.
Catin, n. f.
—Poupée. Ex. Monsieur, avez-vous des catins a vendre?
—Sans doute. Passez par ici, la femme aux catins? Diminutif
de Catherine.
—Doigtier, fourreau eu forme de doigt de gant, dont on
recouvre un doigt malade.
Catiner, v. n.
Jouer à la poupée, fabriquer des poupées avec du vieux
linge.
Catinette, n. m.
Petit garçon efféminé qui se plaît à catiner.
Catineux, n. et adj.
Petit garçon qui joue à la poupée avec ses sœurs.
* Catsup, catseupe, (m. a.)
Sauce de champignons, de tomates, etc.
* Caucus, n. m.
Réunion intime des partisans d'un groupe de politiciens.
(Américanisme.)
Cause (à), loc. conj.
Pourquoi. Ex. Tu me refuses d'aller là-bas, dis donc, à
cause?
Cause que (à), loc. conj.
Parce que. Ex. J'ai fait cela à cause que j'ai voulu.
Cause que (d'à), loc. conj.
Pourquoi. Ex. D'à cause que tu m'en veux?
Causer, v. n.
Causer à quelqu'un, causer avec quelqu'un. Ex. Nous lui
causerons de notre affaire.
Causette, n. f.
Courte conversation. Ex. Entre donc, l'ami, nous allons
faire un bout de causette.
Caustique, n. m.
Carbonate de potasse, et en général toute substance caustique.
Ex. Vous allez laver le plancher avec du caustique.
Caution, n. m.
Caution, n. f. Ex. Prête-moi donc cent piastres, j'ai un
bon caution à te donner.
* Cauxer, v. a. (Angl.)
Cajoler, enjôler. De l'anglais to coax, amadouer.
Cavalier, n. m.
Amoureux qui fait la cour à une jeune fille. Ex. En voilà
une qui n'est pas chanceuse, elle a déjà eu trois cavaliers,
et elle ne se marie pas plus vite que les autres.
Cavée, n. f.
Creux, fosse, vallée. On dit encore cavée en Normandie
pour signifier une fosse.
Cav'reau, n. m.
—Caveau. On employait autrefois les mots cavearot et
cavereau.
—Cave à légumes.
—Chapelle funéraire érigée dans un cimetière.
Cayen, ne, n. et adj.
Acadien. Ex. Les Cayens de la Gaspésie.
Cazagot, n. m.
Boîte en écorce où les femmes des sauvages déposent leur
petit enfant pour le transporter sur leur dos au cours de
leurs pérégrinations.
Cèdre blanc, n. m.—Thuya d'Occident.
Cèdre rouge, n. m.—Genévrier de Virginie.
Cédrière, n. f.
Forêt de cèdres. Ex. Nous allons couper du balaitte dans
la cédrière.
Ceinture fléchée, n. m.
Ceinture longue et large, aux couleurs voyantes et variées,
fabriquée autrefois par les sauvages seulement.
Ceinture, n. f.
Un chemin de fer de ceinture, un chemin de fer circulaire.
Ceinturer, v. a.
Entourer avec une corde. Ex. Ceinturer une valise.
Celle (la), pron.
Celle. Ex. C'est la celle que je connais.
Cellesse (la).—Celle.
Cémiquière, n. m.—Cimetière.
Cémitière, n. m.—Cimetière.
Cendrouillonne, n. f.—Servante malpropre.
Cenelle, n. f.
Fruit de l'aubépine. L'Académie a écrit senelle, mais en
renvoyant à Cenelle qu'elle a omis de reproduire.
Cenellier, n. m.—Aubépine.
Cenille, n. f.—Chenille.
Cent, cenn't, n. f., (m. a.)
Centin. Ex. Je n'ai pas la cent, je n'ai pas c'te cent.
Centin, n. m.
Traduction de l'anglais cent, centième partie de la piastre.
Centume, n. m.—Centuple. (B. P. F.)
Cerceau, n. m.
Petit berceau de fer et d'osier en forme de tonnelle qui empêche
les draps de lit de toucher à un membre malade.
Cercle, n. m.
Cerne. Ex. Es-tu malade, tu as un grand cercle autour des
yeux. As-tu vu le cercle qu'il y a autour de la lune?
Cercle de quart, n. m.—Cercle de baril, de tonneau.
Cérémonie (être de), loc.
Agir en qualité de parrain et de marraine dans un baptême.
Ex. Pierre et sa femme sont de cérémonie chez les Beaufils.
Cérimonie, n. f.
Cérémonie. Ex. Pas de cérimonie, Monsieur, entrez.
Cérimonieux, adj.—Cérémonieux.
Cérimonitieux, euse, adj.
Très cérémonieux.
Cerise, n. f.
Verre de vin. Ex. Entrons chez Boisdon, nous allons
prendre une cerise.
Cerise à grappes, n. f.—Cerise de Virginie.
Cerise à grappier, n. f.—Cerisier à grappes.
Cerise de France, n. f.—Cerise.
Cerner, v. a.
Culotter. Ex. Ta pipe est bien cernée.
Certifida, n. m.
Assa fœtida, résine antispasmodique et d'une odeur fétide,
employée par les chasseurs comme appât.
Ceule, pron.—Celle.
Ceuses (les), pron.
Ceux. Ex. Les ceuses qui sont pour, levez la main.
Chacoter, v. a.
—Fatiguer l'esprit, donner à réfléchir. Ex. Cette affaire
me chacote gros.
—Réprimander vertement.
Chacun (un).—Chacun. Ex. Qu'un chacun donne son opinion
l'un après l'autre.
Chadron, n. m.
—Chaudron.
—Echarde.
Chadronnée, n. f.—Chaudronnée.
Chadronnet, n. m.—Chardonneret.
Chagriner (se), v. pron.
S'assombrir. Ex. Il fera mauvais tantôt, le temps se chagrine.
Chaîner, v. n.
S'enfuir rapidement. Ex. Nous avons été poursuivis par
des voleurs, et nous avons pris la fuite, je t'assure que ça
chaînait.
Chair de cuir, n. f.
Partie molle d'un cuir tanné. Employée journellement
pour arrêter les hémorrhagies externes.
Chaise, n. f.
—Chaire. Ex. M. le curé est monté dans sa chaise.
—Etre assis entre deux chaises, expression qui définit bien
la position d'un homme qui, pour avoir couru deux lièvres
à la fois, n'en a saisi aucun.
Chaland, n. m.—Embarcation à fond plat.
Chalin, n. m.—Eclair de chaleur.
En Normandie, câliner veut dire faire des éclairs de chaleur.
Cotgrave définit chaline un tonnerre peu bruyant au commencement
du jour.
Chalit, n. m.—Bois de lit.
Challe, n. f.—Semonce. (Cl.)
Challer, v. a.—Semoncer, réprimander.
Chaloir, v. imp.
Se soucier. Ex. Il m'en chaut.
Chaloupée, n. f.—La charge d'une chaloupe.
Chaloupier.—Qui conduit une chaloupe.
Chamborder, v. a.
Border, entourer. Ex. J'ai fait chamborder mon hangar.
Chamâillerie, n. f.
Querelle, dispute, bataille.
Chambrai, n. m.
Cambrai, toile de lin, blanche, fine, qu'on fabriquait à Cambrai.
Chambranler, v. n.
Chanceler, aller d'un chambranle à l'autre. Ex. Pierre
n'est pas ferme sur ses pieds, il chambranle.
—Branler, osciller. Ex. Un meuble qui chambranle quand
on le remue.
Chambre, n. f.
—Salon. Ex. Passez, Monsieur, dans la chambre, dans la
grande chambre.
—Avoir des chambres à louer, être un peu fou.
Chambre (grande), n. f.—Salon.
Chambré, adj.
Lamellé. Ex. La glace est chambrée. (B. P. F.)
Champlure, n. f.
Chantepleure, robinet quelconque.
Chançard, adj.
Chanceux, homme que la chance poursuit.
Chance, n. f.
Billet de loterie. Ex. Moi, j'ai six chances, j'ai acheté six
billets.
—Coup de chance. V. Coup de chance.
Chancre, n. m.
—Cancer. Ex. Un chancre à la bouche.
—Manger comme un chancre, beaucoup.
L'on disait autrefois boire en chancre, boire avec excès.
(Du Tillet, Hist. de la fête des Foux.)
Chancreux, euse, adj.
Cancéreux. Ex. Une plaie chancreuse.
Chandelle, n. f.
—Avoir des chandelles au nez, avoir le nez morveux.
—Ne pas manger de chandelles, se tirer du grand.
Ex. C'est un gas qui ne mange pas de chandelles, car la
mèche l'écœure.
Chandelles (en), loc.
—Glace à demi désagrégée sous l'action de la chaleur et de
la pluie.
—Aiguilles de glace qui pendent des toits des maisons,
à la façon des stalactites. (B. P. F.)
Chandonnet, n. m.—Chardonneret.
Change, n. m. et f.
—Monnaie d'une pièce. Ex. As-tu de la change pour une
piastre?
—Habits de rechange. Ex. Je n'ai plus de change, la
laveuse ne m'a pas apporté mon linge.
—De la change, du change.
Change pour change, loc.
Troc pour troc. Ex. As-tu une montre à changer? si tu
veux, je changerai la mienne pour la tienne, change pour
change.
Changeaillage, n. m.—Action d'échanger de menus objets.
Changeailler, v. a.—Echanger de menus objets.
Changer (se), v. pron.
Changer d'habits. Ex. C'est aujourd'hui dimanche, il faut
se changer.
Changeur de chevaux, n. m.
Qui fait profession d'échanger des chevaux pour en tirer du
profit.
Chanquier, n. m.
—Sentier, chemin très étroit formé dans les bois par un
long usage.
—Chantier.
Chanteau, n. m.
Patin. Ex. Le chanteau de ma chaise berçeuse est usé.
Chanter, v. a.
—Imiter le chant. Ex. La poule qui chante le coq, c'est-à-dire,
qui imite le chant du coq.
—Raconter. Ex. Qu'est-ce que tu me chantes là?
Chanter le coq, loc.
Chanter victoire. Ex. Cesse de chanter le coq, je te ferai
bientôt rabattre le caquet.
Chanteux, adj.
Chanteur. Ex. Louis est un beau chanteux.
Chantier, n. m.
—Exploitation d'une forêt.
—Quartier où se réunissent les travailleurs.
—Cabane.
—Sentier.
Chape, n. f.
—Châle.
—Semonce. Ex. Il s'est fait lever une chape en règle.
Chapeau, n. m.
Maladie de la peau sous forme de croûtes qui forment sur
le crâne des enfants une espèce de chapeau.
Chapeau (passer le), loc.
Faire une collecte.
Chapelain, n. m.
Aumônier. Ex. M. le Chapelain des Ursulines.
Chap'lette, n. m.
—Rouler le chap'lette, dire souvent son chapelet.
—Claque-chap'lette. V. ce mot.
Chapelinat. n. m.—Aumônerie.
Chapelouse, n. f.
Chenille. En Normandie, carpeleuse et charpeleuse se disent.
Du latin caro pilosa, chair velue.
Chapitre, n. m.
Réprimande. Ex. As-tu eu ton chapitre de Monsieur St-Cyr,
moi, j'ai eu le mien. Corneille s'est servi de ce mot.
Chapitrer est français.
Chaque, pron.
Chacun. Ex. Mes ouvriers me coûtent deux piastres par
jour chaque.
Chaqueune, pron. f.—Chacune.
Char, n. f.—Char, n. m. Ex. Voyager dans les petites chars.
Char, n. m.
—Voiture de chemins de fer, wagon. Ex. Embarquons
dans les chars, changeons de char, les chars sont chargés
de monde.
—Gare. Ex. Y a-t-il loin d'ici aux chars?
—Train de chemin de fer. Ex. Tu connais Baptiste, ce
n'est pas les chars. Dis-moi donc l'heure des chars. J'ai
un cheval qui marche comme les chars. J'ai eu le malheur
de manquer les chars.
—Tramway, char urbain. Ex. Les petits chars marchent-ils
aujourd'hui?
—Char à bagage, fourgon.
—Char à bois, à charbon.
Char de Vénus, n. m.—Aconit Napel.
Charabia, n. m.
Langage bizarre, incompréhensible. Ce mot, d'après Pierquin
de Gembloux, vient de Skarakiad, ville d'Arabie,
qui donna son nom aux Sarrasins. Charabia se trouve
dans Larousse.
Charader, v. a.
Houspiller. (De Gaspé, Mémoires, p. 135.)
Charbon, n. m.
—Huile de charbon, pétrole.
—Charbon dur, houille maigre.
—Charbon mou, houille grasse.
Charbonner, v. a.
Charger un bateau ou un steamer de charbon.
Charbonnier, n. m.
Bâtiment qui transporte du charbon. Larousse cite charbonnier
dans ce sens.
Charcher, v a.
Chercher. Ex. Qu'est-ce que tu charches là?
Chardonnet, n. m.
Chardonneret. Marot dit chardonnet.
Chardron, n. m.
—Chardon.
—Un chardron sec, une personne inabordable.
Chardronnet, n. m.—Chardonneret.
* Charge, n. f. (Angl.)
—Plaidoirie, réquisitoire.
—Allocution du juge faisant le résumé de la cause.
—Etre à charge, être fatigant, ennuyeux.
Chargeage, n. m.—Action de charger.
Chargeant, adj. part.
Indigeste. Ex. J'ai dîné au dinde, c'est chargeant.
* Charger, v. a. (Angl.)
—Haranguer, charger le jury.
—Mettre au débit. Ex. Vous chargerez ces deux piastres
sur mon compte.
—Réclamer. Ex. Il m'a chargé dix piastres pour sa consulte.
Chargner, n. m.—Charnier. V. ce mot.
Chargnère, n. f.—Charnière.
Chariot, n. m.
—Corbillard.
—Espèce de banquette roulante, à siège troué au centre,
et où l'on place debout un enfant qui est à la veille de
marcher.
Charlander, v.
—Ennuyer, importuner.
—Chalander se disait jadis.
Charlanter.—V. Charlander.
Charlimagne.
Corruption de Charly man, expression usitée pour engager
les travailleurs qui doivent soulever un lourd fardeau, à
faire un effort commun. Ex. Chante le charlimagne, ça
va nous aider à mieux travailler.
Charlot, n. m.
Diable. Ex. Mes mitaines sont raides comme la peau du
vieux Charlot.
Charme, n. m.
Se porter comme un charme, avoir une excellente santé.
C'est charbe qui se disait jadis. Ex. Cet enfant profite
comme une charbe (chauvre).
Charme (d'un), loc.
D'un tour de main. Ex. Ç'a été fait d'un charme.
Charnel, adj.—Consanguin. Ex. C'est mon oncle charnel.
Charnier, n. m.
—Caveau où l'on dépose les membres d'une même famille.
—Caveau à l'usage de tous les défunts durant l'hiver. Au
printemps, les cercueils sont enterrés dans des fosses particulières.
Charnière, n. f.—Charnier.
Charpenquer, n. m.—Charpentier.
Charpente à tête.
Charpente grossière faite de bois rond ajusté aux angles au
moyen de simples entailles.
Charpiller, v. a.—Mettre en charpie, écharpiller.
Charpir, v. a.
Déchirer, mettre en charpie. Ex. Charpir de la laine.
Chârrequer, n. m.—Charretier.
Chârretier, n. m.
—Cocher de place.
—Conducteur de voiture en général, quelle que soit sa
forme ou son usage.
Chârriable, adj.
Qui peut être charrié.
Vieux terme de coutumes, qui désignait un vassal obligé
envers son seigneur à fournir des charrois.
Chârriement, n. m.
—Course. Ex. Ecoute, mon enfant, cesse tes chârriements
d'un quai à l'autre.
—Action de transporter des objets, des meubles, d'un lieu
à un autre.
Charrier, v. a.
—Aller très vite. Ex. Ce charretier a un bon cheval, il
nous a charriés jusqu'à Lorette en pas grand temps.
—Avoir la diarrhée. Ex. J'ai pris une bonne dose d'huile
de castor, c'est ça qui fait chârrier.
Chârrieux, m.
Charrieur, qui charrie. Ex. Un charrieux d'eau, de bois,
de neige, de charbon.
Chârroyable, Qui peut être charrié.
Chârroyage, n. m.—Charriage, action de charrier.
Chârrue, n. f.
—Chasse-neige.
—Mot souvent employé pour exprimer le mécontentement.
Ex. Charrue! il y a toujours quelque mauvaise affaire
qui me tombe ainsi sur les bras.
* Chartine, n. f.—De l'anglais shirting. V. ce mot.
Chasse=femme, n. f.—Sage-femme.
Chasse=galerie, n. f.—Danse des sorciers ou des loups-garous.
Chasse=paillasse!
Expression dont on se sert pour faire le vide autour de soi,
quand on est entouré d'enfants.
* Chasse=panne, n. f.—Marmite. De l'anglais saucepan.
Chassepareille, n. f.
Salsepareille. Ex. Du baume de chassepareille qui guérit
de tous maux.
* Chasse=pinte, (Angl.)—Casserole. De l'anglais saucepan.
Châssis, n. m.
—Fenêtre. Le châssis est l'encadrement, la fenêtre est
l'ouverture pratiquée dans le mur pour obtenir de l'air et
de la lumière.
—Encadrement de la charpente d'une maison, d'un hangar.
Châssis doubles, n. m. pl.
—Fenêtre extérieure, pour garantir du froid en hiver.
—Verres de bésicles, et par extension, les bésicles elles-mêmes.
Chat, n. m.
—Ami particulier.
—Pas un chat, personne. Ex. Y avait-il beaucoup de
monde au comité d'archéologie? A l'exception du président
et du secrétaire, il n'y avait pas un chat.
—Avoir un chat dans la gorge, être enrhumé.
Chat (capot de), n. m.
Par-dessus en fourrures, confectionné avec des peaux de chat
sauvage.
Chat sauvage, n. m.—Raton ordinaire.
Château, n. m.
—Chanteau. Ex. C'est à mon tour de donner le pain bénit,
j'ai eu le château aujourd'hui!
—Patin de chaise berceuse.
Château branlant, n. m.
Meuble qui menace ruine. Ex. Mets-moi la hache dans ce
château branlant, c'est bon pour le poêle.
Chatonner, v. n.
Marcher en titubant. Ex. Cet enfant commence à chatonner,
c'est-à-dire marche comme les petits chats. Expression
d'origine acadienne. Vieux mot français cité par
Godefroy, qui signifiait, en son temps, marcher à quatre
pattes comme un chat.
Chatouilleux, adj.
—Délicat. Ex. Je m'aperçois que lorsqu'on parle d'argent,
tu deviens chatouilleux.
—Douteux. Ex. Cette affaire est chatouilleuse.
Chatte (jouer à la), loc.
Jouer au chat. V. Attaque, Tague, Taque.
Chatter, v. n.
—Aimer un confrère plus que tous les autres. Expression
de collégien.
Dans le principe, chatter signifiait être friand, manger des
friandises.
—Draguer avec une chatte ou grappin dépourvu d'oreilles.
Chatterie, n. f.
Action de chatter. Ex. Les chatteries sont expressément
défendues dans tous nos collèges.
Chatteux, n. et adj.
Qui chatte. Ex. Je vous avertis dès le commencement de
l'année que les chatteux passeront mal leur temps avec moi.
Chaud, adj.
—A moitié ivre. Ex. Tiens, voilà José qui est encore chaud.
—Cher. Voilà une affaire qui m'a coûté chaud.
—Vivement discuté. Ex. Les élections provinciales auront
lieu bientôt, je crois que ce sera chaud.
—Avoir chaud, avoir honte.
—N'être pas chaud pour quelqu'un ou quelque chose, n'être
pas très bien disposé. Ex. Je ne suis pas chaud pour les
nationalistes.
Chaudet, n. f.—Buveur un peu lancé.
Chaudière, n. f.
—Piano qui n'est pas d'accord.
—Seau. Ex. Va chercher la chaudière aux eaux sales.
—Vase de fer-blanc qui sert à puiser l'eau, à traire les
vaches.
Chaudiérée, n. f.—Le contenu d'une chaudière.
Chaudronne, n. f.
Chaudron. Ex. Une chaudronne pour faire la soupe.
Chaudronnée, n. f.—Contenu d'une chaudronne.
Chaufaud, n. m.
—Plate-forme en forme d'échafaud construite sur le rivage
de manière à favoriser l'accès des vaisseaux qui y déposent
le poisson que les pêcheurs viennent de prendre.
—Chevalets où l'on dépose le poisson.
Chauffaille, n. f.—Action de chauffer très fort.
Chauffé, n. m.
Echauffé, odeur causée par une forte chaleur ou par la fermentation.
Ex. Ça sent le chauffé.
Chauffer, v. a. et n.
—Fermenter. Ex. La bière commence à chauffer dans le
baril.
—Porter un haut de forme. Ex. Tu as mis ton tuyau, tu
chauffes.
—Chauffer le four, boire des liqueurs fortes.
Chaufferie, n. f.
Chambre où l'on fait sécher le bois, le linge.
Chauguère, n. f.—Chaudière.
Chauguèrée, n. f.—Chaudiérée. V. ce mot.
Chaumer, v. a.
Chauler, passer le blé à l'eau de chaux avant de le semer;
ainsi des œufs. Ex. Des œufs chaumés.
Chausser, v. a.
Convenir. Ex. Si cela te chausse, tant pis.
Chaussette, n. f.—Pantoufle.
Chausson, n. m.
—Individu mal dégrossi, rustre, ignorant et mal vêtu.
—Chaussette, demi-bas.
Chautasse, adj.—A moitié ivre. (B. P. F.)
Chavirer, v. n.—Devenir fou, avoir la tête à l'envers.
Chayère, n. f.—Chaudière.
Chayérée, n. f.—Chaudiérée. V. ce mot.
Ch', pr. pers.—Je. Ex. Ch'suis embêté.
* Cheap, tshîpe, (m. a.)
A bon marché. Ex. C'est réellement cheap.
Chèche, adj.
Sec, sèche. Ex. Du linge chèche, une serviette chèche.
Chécher, v. a. et n.
Sécher. Ex. La lessive chèche, commence à chécher.
Chècheresse, n. f.—Sècheresse.
* Check, (m. a.)
—Chèque. Ex. Un check de cent piastres.
—Bulletin de bagage. Ex. Mettre un check sur une valise.
—Etiquette. Ex. Poser un check sur une pièce de flanelle.
—Fausse rêne. Ex. Un check de bride.
—Frein. Ex. Mettre un check à quelqu'un.
—Poussée (au jeu). Donner un check à quelqu'un. (B. P. F.)
* Checkage, (Angl.)
—Etiquetage. Ex. Checkage d'un stock de marchandises.
—Enrênement. Ex. Checkage d'un cheval.
—Pointage. Ex. Le checkage d'un compte.
—Enregistrement. Ex. Le checkage du bagage.
—Poussée (au jeu). Ex. Le checkage n'est pas permis.—(B.
P. F.)
Checker, (Angl.)
—Enregistrer. Ex. Checker du bagage.
—Etiqueter. Ex. Checker des marchandises.
—Enrêner. Ex. Checker un cheval.
—Arrêter, calmer. Ex. Checker quelqu'un.
—Vérifier. Ex. Checker un compte, une facture.
—Pointer. Ex. Checker une liste électorale.
—Surveiller. Ex. Checker quelqu'un.
—Pousser de l'épaule (au jeu).—(B. P. F.)
* Checkeur, n. m. (Angl.)
—Celui, qui, le jour du scrutin, soit pour une élection
municipale, soit pour une élection politique, se tient à la
porte du bureau de votation (poil), pour pointer les noms
des électeurs.
—Vérificateur. Ex. Un checkeur de listes électorales.
—Facteur de gare. Ex. Un checkeur des boîtes, valises,
arrivées en gare.
Chèfre, n. m.—Chef.
Chèfrerie, n. f.
Fonction et privilèges propres au chef d'un parti.
Chemin, n. m.
—Ecartement que l'on donne aux dents d'une scie.
—Aller son petit bonhomme de chemin, faire son chemin
loyalement.
—Ne pas y aller par quatre chemins, aller droit au but.
—Etre dans le chemin, dans la misère.
Chemin couvert, n. m.
Corridor qui va du presbytère ou de la sacristie à l'église.
Chemin (maître), n. m.
Chemin principal par où l'on transporte le bois, du camp à
la jetée, dans nos chantiers.
Chemin de sortie.—Chemin qui communique au maître chemin.
Chemin du roi, n. m.—Grand chemin.
Chemin passant, n. m.—Chemin régulièrement suivi.
Chemine, n. f.
Chemin. Ex. Dans la concession où je reste, il n'y a ni
chemin ni chemine, c'est-à-dire aucun chemin.
Chemise, n. f.
—Changer d'idées comme de chemise, changer souvent.
—Tenir plus à sa peau qu'à sa chemise, s'occuper plutôt de
soi que des autres.
—Se promener en queue de chemise, en déshabillé.
Chemise de Notre-Dame.
Clochettes ou liseron des haies. Terme de botanique.
Chemise fine, n. f.—Chemise de toile ou de coton blanc.
Chenail, n. m.
Chenal. Ex. Le chenail du nord, du sud du fleuve Saint-Laurent.
Chenâiller, v. n.—Courir, aller à la course.
Chenille à poil,—V. Chapelouse.
Chenilles, n. f. pl.
Maladie des vaches et des moutons. Larves d'œstrides.
Cheniquer, v. n.
Abandonner la partie par couardise. Ex. Veux-tu faire
encore une partie? Tu refuses, tu cheniques.
On a beaucoup ergoté sur l'origine de ce mot. Est-elle
française, anglaise, allemande, hollandaise? En hollandais,
slikken, qui se rapproche un peu de cheniquer, veut
dire avaler, et slock, goutte. D'après Timmermans, slikken
signifierait sangloter, éprouver un spasme de la glotte. En
allemand schnitt veut dire coupure, rognure, schnitzer,
sculpteur, et aussi faute, bévue. L'étymologie anglaise
semble plus rationnelle. Est-elle acceptable? M. Rivard,
dans le Bulletin du Parler Français (vol. 1, p. 146), nous
apporte le mot sneak, prononcé shneak par une certaine
classe d'Irlandais. Comme ce verbe signifie s'en aller
furtivement, se sauver, il donne assez bien l'idée de cheniquer.
Mais on est en droit de se demander comment il se
fait que le mot cheniqueux se rencontre aussi en France,
puisque Timmermans le cite pour désigner un buveur
d'alcool. Il faudrait donc s'en tenir à l'origine hollandaise.
Cheniqueux, n. m.
Qui chenique. En France, ce mot signifie buveur d'alcool.
Chenu, adj.
—Mesquin, de qualité inférieure. Ex. C'est chenu, cela
ne vaut pas grand chose, c'est mesquin.
En France, chenu signifie tout le contraire, c'est bon comme
le chêne, d'où chenu semble venir.
* Chéper. (Angl.)
De l'anglais shape. Ex. Cet individu est curieusement
chépé, a une drôle de mine.
Chérant, adj.
Qui exige un prix trop élevé de ses clients. Ex. M. le
docteur, vous êtes un peu chérant.
Cherche.—C'est à savoir.
Cherchement, n. m.
Action de chercher.
Chercher, v. a.
—Chercher des midis à quatorze heures, avoir des idées impossibles.
—Chercher le soleil en plein midi, chercher une chose qui
crève les yeux.
Chère=épice, n. m.
Marchand qui vend cher sa marchandise. Les épices venant
de l'Inde coûtaient très cher autrefois.
Chérité, n. f.
Charité. Ex. Voulez-vous me faire la chérité pour l'amour
du Bon-Dieu.
Chesse, adj.—Sec, sèche.
Chesser, v. a. et n.—Sécher.
Chesseresse, n. f.
Sécheresse. Ex. Si la chesseresse continue, tout va périr.
Chétiment, adv.—Chétivement.
Chétit, adj.
—Chétif. Ex. Un enfant chétit.
—Méchant. Ex. Sors d'ici, mon petit chétit.
—Malade. Ex. L'enfant de Baptiste est malade depuis
huit jours, il est bien chétit.
Chétiver, v. n.—Devenir chétif, maladif.
* Cheurtine, n. f.—De l'anglais shirting. V. ce mot.
Cheux, prép.
—Chez. Ex. Cheux nous.
—La famille, la paroisse, la maison. Les gens de cheux
nous sont tous faits comme ça. Cheux nous sont tous
malades de la grippe.
Cheval, n. m.
—Séchoir.
—Avoir une faim de cheval, une grosse faim.
—Cheval à cheval, manche à manche.
—Cheval fendu, cheval fondu, jeu où un certain nombre
d'enfants étant courbés à la suite des uns des autres, leurs
camarades sautent sur leur dos.
—Mes chevals, mes chevaux. Expression acadienne.
—Mon chevau, mon cheval. Expression acadienne.
—En Anjou, on dit aller à ch'vau, à dos d'chevau.
Cheval d'ivrogne, n. m.
Cheval endurant et de piteuse mine.
Cheval de quêteux, n. m.
Mauvaise rosse, qui s'arrête de lui-même à toutes les portes.
Chevalement, adv.
Terriblement. Ex. Il faut être chevalement bête pour avoir
battu cet enfant.
Chevalet, n. m.—Chèvre ou ixe.
Chevaucher, v. n.
Se croiser. Ex. Les lunes chevauchent.
Chevêche, n. f.—Chouette du Canada.
Chevelure de noyés, n. f.—Algues marines.
Cheveu, n. m.
—Spiral. Ex. Le cheveu d'une montre.
—Tête. Ex. As-tu mal aux cheveux? Expression qui
s'applique à un individu qui, au lendemain d'une noce, se
lève avec un gros mal de tête.
—Cela vient comme un cheveu sur la soupe, sans à propos.
—Avoir les cheveux fâchés, embroussaillés.
* Chéver, v. a. (Angl.)—Prêter à des taux usuraires.
* Chéveur, (Angl.)
Celui qui prête à usure.
Cheville, n. f.
—Individu que l'on place au milieu d'autres pour l'obliger
à travailler.
—Un trou, une cheville; autant de trous, autant de chevilles,
avoir réponse à tout.
Cheviller, v. a.
Mettre. Ex. Cheville-toi cela dans le coco bien à serre.
Chèvre, n. f.
—Chevalet pour supporter une cloche avant qu'elle soit
placée dans un clocher.
—Chevalet pour supporter du linge mouillé.
Chevreuil, n. m.—Cerf d'Amérique.
Chevreux, n. m.—Chevreuil.
Cheyère, n. f.—Chaudière.
Cheyérée, n. f.—Le contenu d'une chaudière.
Chez (par), loc.—Chez. Ex. Passe-donc par chez nous.
Chez soi (un), loc.
Appartement ou domicile à soi. Ex. Un petit chez soi vaut
mieux qu'un grand chez les autres.
Chiâler, v. n.
Pleurnicher. Ex. Cet enfant a chiâlé toute la nuit. Expression
acadienne. Vient du normand quiauler pour chiauler,
chiailler. Une quiaulée, en normand, est une ribambelle
de petits pleureurs.
Chiâleux, adj.
Enfant qui est dans l'habitude de chiâler.
Chic, adj.
—Bien fait, remarquable, d'un bel effet. Ex. Voilà un
homme chic. C'est chic.
Chicailler, v. a.—Déchiqueter. (B. P. F.)
Chicailler (se), v. pron.—Se chicaner.
Chicaneux, n. et adj.—Chicaneur.
Chicanier, n. et adj.—Chicaneur.
Chicher, v. n.—Etre mesquin.
Chicherie, n. f.
Mesquinerie. Ex. Cet individu est d'une chicherie sans
nom.
Chiard, n. m.
Bœuf bouilli dans de l'eau avec des pommes de terre, oignons,
sel, poivre, et le moins de beurre possible. Mets très
connu des collégiens et pas toujours apprécié à sa valeur.
Chiarge, n. m.—Cierge.
Chiben, n. m.—Topinambour. Mot usité chez les Acadiens.
Chicoter, v. a.
—Contester sur des puérilités.
—Donner à songer. Ex. Cette affaire me chicote.
Chicoteux, adj.—Ennuyeux, tracassier.
Chien, n. m.
—Avoir du chien, une tournure provoquante.
—Se regarder comme des chiens de faïence, comme des chiens
en porcelaine de Chine, qui se regardent sans bouger.
—Manger à son chien de soûl, beaucoup.
—Mordu d'un chien ou d'une chienne, pas de différence.
—Une faim de chien, faim canine.
—Garder un chien de sa chienne, garder rancune.
—Un mal de chien, une grande peine.
—Etre accoutumé à faire qqch. comme un chien à aller nu-tête,
avoir une longue habitude.
—Avoir du chien dans le corps, avoir le courage de faire les
cent coups.
—Etre chien, être avare.
—C'est chien, c'est contrariant.
—Son chien est mort, il est ruiné.
—Il fait un temps de chien, mauvais temps.
—Il fait un temps à ne pas mettre les chiens dehors, très mauvais.
—Tourner en jeu de chien, tourner mal.
—En chien, beaucoup. Ex. Bête en chien.
—Les chiens en lèvent la queue, c'est ridicule au point que
même les chiens s'en aperçoivent et expriment leur manière
de voir. Et si le ridicule est poussé jusqu'à son
comble, on ajoute: Et ils ne la rabattront plus.
Chien de France, n. m.
Avoir le nez froid comme un chien de France, très froid.
Chien de poche, n. m.
Enfant qui s'attache à ses parents et les suit partout, comme
le chien qui suit son maître sans jamais se lasser.
Chien=fou, n. m.
Homme enragé, fâché et dangereux comme un chien enragé.
Chiendent, n. m.
—Froment rampant.
—Difficulté. Ex. Il y a du chiendent là-dedans.
Chienne, n. f.
—Habit long et d'usage journalier.
—Voiture formée de planches posées sur quatre roues.
—Siège dans les chantiers. (Taché, For. et Voy.)
—Avoir la chienne sur le dos, être paresseux.
—Promettre un chien de sa chienne, promettre de se venger.
—Une chienne d'habitude, une mauvaise habitude.
Chiennetée, n. f.—Chiennée.
Chienneter, v. n.—Chienner.
Chiette, n. f.—Lieux d'aisances.
Chiotte, n. f.—Latrines.
Chiffon, n. m.
Nom donné à une jeune fille. Ex. Mon petit chiffon.
Chigner, v. n.
—Echiner. Ex. Il y en a qui ne chignent pas à l'ouvrage.
—Pleurnicher. Ex. Des enfants qui chignent à tous propos.
Chigneux, adj.—Pleurnicheur.
Chignon, n. m.
—Quignon. Ex. Un chignon de pain.
—Tête, cerveau. Ex. Tâche de te fourrer cela dans le
chignon.
Chignon du cou.
Derrière de la tête. Ex. Je l'ai pris par le chignon du cou
et je l'ai couché par terre.
Chimaigre, n. m.—Maigre et chétif.
Chimères, n. f. pl.—Idées noires, chagrins, inquiétudes.
Chiper, v. a.
Voler avec adresse. Ex. Il m'a chipé mon canif.
Chipotée, n. f.—En abondance, en quantité.
Chipoter, v. n.
S'occuper à des riens, à des travaux de peu d'importance.
Chipoterie, n. f.
—Bagatelles, niaiseries.
—Objets confus, désordre.
Chipoteux, n. m.
Chipotier, qui travaille avec lenteur, qui chicane lorsqu'il
marchande.
Chipouterie, n. f.—V. Chipoterie.
Chipoutis, n. m.—Chair à pâté.
Chique, n. f.
—Propos désagréable. Ex. Nous avons passé le temps à
nous faire manger des chiques.
—Répartie offensante. Ex. Je lui ai envoyé une chique.
—Maladie sur les chevaux. Larves d'œstrides.
—Poser sa chique, se taire.
—Cela ne vaut pas une chique, ne vaut rien.
—Bout de chique, petit individu.
Chiquée, n. f.
Ce qui constitue une chique. Ex. As-tu une chiquée de
tabac à me passer.
Chiquement, adv.
Admirablement. Ex. Cette robe est chiquement faite.
Chiquette, n. f.
Petite chique.
Chiqueux, n. m.
Qui est dans l'habitude de chiquer.
* Chire, n. f. (Angl.)
—Embardée. Ex. Pierre n'est rien que bon à prendre des
chires.
—Course de vaisseau, de voiture, d'animal ou d'un homme
qui glisse sur la glace ou sur un terrain humide.
—Fuite. Ex. Mon voleur a eu peur, et il a pris une chire.
* Chirer, v. n. (Angl.)
—Embarder. Ex. Notre vaisseau a chiré sur son ancre.
—Glisser hors de sa voie.
—Aller vite.
Chireux, n. et adj. (Angl.)
Qui va à droite ou à gauche, sans pouvoir marcher dans le
droit chemin.
Chitit, adj.—Chétif.
Chiure, n. f.
Petite tache noire produite par des excréments. Ex. Des
chiures de mouches.
Chlori de chaux, n. m.
Chlorure de chaux.
Chlorure de chaux, n. f.
Chlorure de chaux, n. m. Ex. Un bon désinfectant, c'est
de la chlorure de chaux.
Choc, n. m.
Prise de bec. Ex. Nous avons eu un choc ensemble.
Chofa, n. m.—Sofa.
Choisi, adj.
De bonne qualité. Ex. Voici du beurre choisi.
Choisir, v. a.
—Choisir son monde, manifester des préférences pour certaines
personnes.
—Choisir à la main, trier avec soin. Ex. Des œufs choisis
à la main.
Choléra, n. m.
Diarrhée abondante. Ex. Le docteur m'a fait prendre un
remède qui m'a donné le choléra.
Choléra du pays, n. m.
Choléra analogue au choléra asiatique, avec des symptômes
beaucoup moins graves.
Chonge, n. m.—Songe.
Chonger, v. n.—Songer.
* Chop, tshope, (m. a.)—Côtelette.
Choquer la gueule, loc.—Offenser.
Chose, n. m.
—Personne dont le nom ne revient pas. Ex. Ecoute-moi,
Chose, ne fais pas cela?
—Un pas grand chose, un homme dont on ne s'occupe guère.
—Prendre quéq'chose, prendre un verre de vin.
Chose (rester tout), loc.
Interdit, interloqué. Ex. Quand je lui ai rappelé cette
affaire d'argent, il est resté tout chose.
Chosier, n. m.
Jolie expression fort usitée autrefois, surtout dans le district
de Montréal. «Il y a bien des choses dans un chosier»
pour dire qu'il y a une multitude de choses qui existent
et dont on ne se doute pas. Le chosier, c'est l'universitas
rerum des Romains. Le mot est du vieux français, qui
signifiait arbre qui porte des choses, comme Madame de la
Sablière disait du bon La Fontaine qu'il était un fablier.
Chou, n. m.
—Terme d'amitié, donné aux petits enfants. Ex. Mon
chou! viens ici, mon petit chou.
—Pomme de chou, v. ce mot.
Chouayen, n. m.
Bureaucrate, ami du gouvernement. Ainsi désignait-on de
1800 à 1837 les amis du pouvoir. Ce nom se trouve dans
quelques chansons politiques du temps. En le reproduisant,
les puristes modernes lui ont substitué le mot Chouan.
C'est à tort. Chouayen n'est pas une altération de Chouan.
Ce nom fut donné à une partie du faubourg Saint-Louis,
en l'honneur du fort Chouagen ou Oswégo, pris par les
Français sur les Anglais. Les pauvres gens qui l'habitaient
alors, votaient pour le gouvernement.
Le nom Chouayen ou Chouéyen est aujourd'hui donné à un certain
nombre de cultivateurs de la Jeune-Lorette. On
les appelle encore les Canons de Lorette.
Chouche, n. f.—Souche.
Chouenne, n. f.—Blague, mensonge vulgaire.
Chouenner, v. n.—Dire des blagues.
Chouenneux, adj.—Blagueur.
Chouette, n. f.
—Amie. Ex. Ma belle chouette.
—Digne d'admiration. Ex. Cela est chouette.
Chouler, v. a.
—Exciter. Ex. Ne va pas chouler le chien après moi.
—Bafouer.
Chouqu'ser, v. a.—Pousser deux chiens à se battre.
Chousse, n. f.—Souche.
Choutiam, n. m.—Chou de Siam, chou-navet.
Choux gras (jeter ses), loc.
Jeter des choses qui peuvent encore être utiles. Ex. Ce
n' est pas lui qui jette ses choux gras, il est trop ménager.
Chréquien, n. m.
—Chrétien.
—Marcher sur le chréquien, marcher à peau nue. En
France on dit marcher sur la chrétienté, sur la chrétienneté.
Chrétien, n. m.
—Homme en général. Ex. Il n'y a pas de chrétien capable
de soulever cette pierre.
—Parler chrétien, parler français de manière à être compris.
* Christmas, n. m. krissmeuss, (m. a.)
Noël. Ex. Que vas-tu me donner pour mon Christmas?
Chuille, n. f.—Cheville.
Chuiller, v. a.—Cheviller.
Chuinée, n. f.—Cheminée.
* Chum, n. m. tsheume, (m. a.)
Ami, camarade. Ex. Celui-ci est mon chum.
Chûte de neige, n. f.—Tombée de neige.
Chuter, v. n.—Tomber, faire une chute.
Ci, adv.
Aujourd'hui. Ex. N'oublie pas de venir me voir entre ci
et demain. Il y a encore un mois entre ci et Pâques.
Ciarge, n. m.—Cierge.
Cigailler, v. a.
—Rudoyer un cheval en tirant sur la rêne en tous sens.
V. Zigailler.
—Couper maladroitement un objet.
Cigailleur, adj.
—Qui cigaille.
—Qui taquine, importune.
Cigale, n. f.—Cigare.
Cigane, n. f.—Cigare.
Cigâre, n. m.—Cigare.
Cigarette, n. m.
Cigarette, n. f. Ex. Veux-tu fumer un cigarette?
Cigonner, v. a.
—Taquiner, scier. Ex. Achève de me cigonner?
—Attiser le feu. Ex. Cigonne donc le poêle, on gèle.
V. Zigonner.
Cileri, n. m.—Céleri.
Cimiquière, n. m.—Cimetière.
Cimitière, n. m.—Cimetière.
Cinglée, n. f.
Volée, coups de fouet.
Cinmiquière, n. m.—Cimetière.
Cinquante, adj.
Une foule. Ex. Il se fourre cinquante choses dans le chignon.
Cinq cents, n. m.
Diable. Ex. Il fait une tempête du cinq cent. J'ai un mal de
dents du cinq cent. Il a une peur de moi du cinq cent. Il
y a du cinq cent dans tout cela. Voilà un enfant qui fait
ses cinq cents volontés.
Cintième, n. et adj.
Cinquième. Les vieux manuscrits ayant supprimé la lettre q,
on a formé cintième comme on a fait septième, huitième.
Cintre, n. m.
About, planche de labour, ou sillon perpendiculaire aux
autres au bout d'un champ. Vient de chintre, mot mentionné
par Borel et par Lacurne de Sainte-Pallaye.
Cintrer, v. n.
Faire le cintre. D'après Jaubert, chaintrer c'est tirer une
ligne avec le soc de la charrue.
* Cipaille, n. m. (Angl.)
Ragoût composé de viande et de petits carrés de pâte. C'est
le mot anglais sea-pie francisé.
* Cipâre, n. m. (Angl.)—Cipaille. V. ce mot.
Circonstances (sous les), loc.
Dans les circonstances, dans le cas présent.
Circuit, n. m.
Pièce de terre. Ex. Aujourd'hui nous allons labourer le
circuit.
Circulaire, n. m.
—Imperméable à l'usage des femmes.
—Ample manteau d'hiver, doublé en fourrure, et porté
seulement par les femmes.
Circulation, n. f.
Tirage. Ex. Une gazette qui a une circulation considérable.
Circuler, v. a.
Faire circuler. Ex. Circuler un document pour y faire
apposer des signatures.
Cire, n. f.
Chassie, petite sécrétion jaunâtre qui se concrète au bord
des paupières, ou dans le coin des orbites. Ex. Mon
enfant a les yeux pleins de cire tous le matins.
Cirer ses bottes, loc.
Se préparer à mourir en recevant l'extrême-onction.
Tu peux cirer tes bottes, le docteur l'a dit.
Cireux, adj.
Chassieux. Ex. Mon enfant a toujours les yeux cireux.
Ciroter, v. n.
Devenir chassieux. Ex. Les yeux lui cirotent toujours.
Ciroteux, adj.
Chassieux. Ex. Avoir les yeux ciroteux.
Cirurgien, n. m.
Chirurgien.
Cisaillage, n. m.
Action de cisailler, de couper sans soin du linge, du papier.
Cisailler, v. a.
—Couper sans cérémonie avec des ciseaux. Ex. Cisailler
du papier, de l'étoffe.
—Conduire un cheval en tirant d'un côté et de l'autre sur
les rênes. Ex. Cisailler la gueule du cheval avec les
cordeaux.
—Taquiner, ennuyer.
—Scier, irriter. Ex. Mon col de chemise me cisaille le cou.
Ciseau (crier), loc.
Dans le temps de le dire. Il est mort bien vite, il n'a pas
eu le temps de crier ciseau. J'ai fait cela en criant ciseau.
Ciseau à dents, n. m.
Outil d'acier à l'usage des tailleurs de pierre. V. Boucharde.
Ciseau à fret, n. m.
Gros ciseau à deux biseaux, dont la lame qui est mousse, sert
surtout à pratiquer l'ouverture des caisses et autres parties
clouées.
Cité de temps, loc.
Intervalle de temps dont la durée est très longue ou peut
être incalculable d'avance. Ex. Je l'ai attendu une cité
de temps.
Citoyen, n. m.
Homme considéré pour son honnêteté, sa valeur morale et
même pour sa fortune. Ex. Ça, c'est un citoyen.
Citronnelle, n. f.
Petite courge de forme bien arrondie qui se confit dans le
sucre.
Citrouillère, n. f.—Compote de citrouille.
Civilien, n. m.
Civil, bourgeois. Ex. Je viens de rencontrer un officier
habillé en civilien.
* Clabord, n. m. (Angl.)
—Planche destinée au lambrissage extérieur des maisons,
par le système dit à clin.
—Lambris à clin.
—Clous à bardeaux.
* Claborder, v. a. et n. (Angl.)—Lambrisser à clin.
* Claim, cléme, (m. a.)—Titre.
Clair, adj.
—Libéré, libre. Ex. Il n'est pas clair de son affaire. Me
voilà clair de la douane. Cette planche est claire de
nœuds.
—Jour. Ex. Il commence à faire clair vers quatre heures.
Clair (tout à), loc.
Distinctement. Ex. Je l'ai entendu tout à clair.
Clairance, n. f. (Angl.)
—Congé. Ex. C'était un mauvais serviteur, je lui ai
donné sa clairance.
—Décharge. Ex. Le procès de Lafleur est terminé, le
juge lui a donné sa clairance.
—Quittance. Ex. Maintenant que tu es payé, donne-moi
une clairance.
—Acquit. Ex. Mon vaisseau va partir demain, j'ai obtenu
une clairance.
—Défrichement. Ex. Nous commençons à faire de la
terre, il y a par-ci par-là de bonnes clairances. (B. P. F.)
Clairaud, adj.
—De nuance claire. Ex. Cette étoffe est clairaude.
—Clair. Ex. La soupe est clairaude.
—Clairsemé. Ex. Les oignons sont clairauds cette année.
Claircir, v. n.
—Devenir clair. Ex. Le temps commence à claircir.
—Rendre clair. Ex. Veux-tu claircir le poêle?
* Clairer, v. a. (Angl.)
—Débarrasser. Ex. Clairez le chemin, la chambre, la
place, la table.
—Absoudre, décharger. Ex. Le juge a clairé le prisonnier.
—Congédier. Ex. Je viens de clairer ma servante.
—Déblayer. Ex. Le chemin était plein de bois mort, je
l'ai fait clairer.
—Faire un profit. Ex. Dans cette affaire j'ai clairé cinquante
piastres.
—Acquitter. Ex. Louis me devait encore quelques piastres,
je l'ai clairé.
—Se tirer d'affaire. Ex. La chose était pas mal compliquée,
je m'en suis clairé assez bien.
—S'éclaircir. Ex. Le temps se claire.
—Franchir. Ex. J'ai claire la barrière d'un saut.
—Sortir d un mauvais pas. (B. P. F.)
—Clairer la bâtisse, sortir, s'en aller.
Claireur, adj.
Celui qui déblaye les chemins et fait métier de clairer le bois
afin de permettre aux bûcherons de travailler plus à l'aise.
Clairifier, v. a.—Clarifier.
Clairinette, n.f.—Clarinette.
Clairon, n. m.
—Aurore boréale.
—Eclaircie de beau temps entre deux orages. Ex. Il y a
de beaux clairons dans le nord.
—Gomme à couleur très claire trouvée sur les écorces d'épinette
et recherchée. V. Bourlet.
Clairon du roi (le).
Jeu de société où l'on chante: Il a passé par ici, le
clairon du roi, Mesdames; il passe, il est passé, le clairon
du roi joli.
Clairté, n. f.
Clarté, lueur. Rabelais et Régnier ont écrit clairté.
Clajeux, n. m.—Iris versicolore.
* Clam, (m. a.)—Mollusque.
Clanche, adj.
Affamé, qui a les flancs creux faute d'alimentation.
Clapet, n. m.
Petite hache pour abattre les jeunes arbres.
Clapotage, n. m.
—Agitation légère de l'eau, de la boue avec les mains ou
les pieds.
—Commérage. Ex. Quel clapotage pour si peu de chose?
Clapotement, n. m.
Mouvement de la vague agitée par le vent.
Clapoter, v. n.
—Agiter l'eau, la boue, marcher dans des flaques d'eau.
—Parler à tort et à travers. Ex. Qu'est-ce que tu clapotes
encore?
—Rapporter tout ce qui se passe sans rien définir.
Clapoteux, adj.
—Un indiscret bavard.
—Un homme de tous métiers.
Claque, n. f.
—Chaussure de caoutchouc qui se met par-dessus la chaussure
ordinaire pour se garantir de la boue, de l'humidité,
du froid, de la neige.
—Soufflet. Ex. Je lui ai flanqué cinq ou six claques par la
tête qu'il en a vu trente-six chandelles.
Claque=chapelet, n. m.—Bigot.
Claque=whiskey, n. m.—Ivrogne.
Claqué, e, adj.
Couvert partiellement en caoutchouc. Ex. Des chaussures
claquées, chaussures d'hiver dont la semelle est en caoutchouc.
Claquer, v. a. et n.
—Courir.
—Travailler vite. Ex. Il a claqué son ouvrage en un rien
de temps.
—Tromper. Ex. Je me suis fait claquer dans cette affaire-là.
—Coûter. Ex. Il en claquera, si je ne réussis pas.
—Mettre des claques. Ex. Es-tu bien claqué?
—Taper. Ex. Il m'a claqué par la tête, j'en ai vu des
chandelles.
—Se faire claquer la gueule, parler beaucoup.
—Se faire claquer la langue, produire un clappement de
langue.
—Claquer un somme, dormir.
—Claquer le coup, boire des liqueurs fortes.
Claqueux, adj.—Délicieux, de très bonne qualité.
Claret, n. m.
Clairet, vin de Bordeaux. Ex. Boire du claret à la place
d'eau.
Clas, n. m.—Glas. En Saintonge et en Anjou, on dit clas.
Classe, n. f.
Qualité. Ex. Nous ne vendons que de l'étoffe de première
classe.
Clavigraphe, n. m.
Dactylographe, machine à écrire. Ce mot, de création canadienne,
n'a pas fait fortune. Cependant on s'en sert
encore en Canada.
Clavigraphie, n. f.—Art du dactylographe.
Cleaner, v. a., cliner. (Angl.)—Nettoyer. V. Cliner.
* Cleaneur, n. m. (Angl.)—Laveur de voitures.
Clef (à la), loc.
A soi. Ex. Il y a de l'argent à la clef, il fait donc bon de se
mêler de cette affaire. En musique, la clef indique la note.
J'ai quinze enfants à la clef.
Clencher, v. a. et n.
Agiter la clenche pour faire ouvrir une porte.
Clenchette de fusil, n. f.—Détente de fusil.
Clerc avocat, n. m.—Etudiant en droit.
Clerc de poll, n. m.—Greffier du bureau de votation.
Clerc médecin, n. m.—Etudiant en médecine.
* Cléricale (erreur), n. f. (Angl.)
Erreur de plume, faute de copiste. Traduction de l'anglais
clerical error.
Cléricature, n. f.
Etude d'une profession. Ex. J'ai fait ma cléricature sous le
docteur Lafrance.
Cliche, n. f.
Diarrhée. Vient du mot clichard, sobriquet donné aux
habitants de Bayeux, parce que, suivant une vieille tradition,
pour les punir d'avoir chassé saint Gerbold, leur
évêque, Dieu les affligea de lienteries et d'hémorrhoïdes.
Clicher, v. n.—Avoir la diarrhée.
Clinclan, n. m.—Clinquant.
Clins d'z'yeux, n. m. pl.—Clins d'yeux.
Cliner, v. a.
—Cligner. Ex. Cette femme cline des yeux.
—Nettoyer. Ex. Cliner un poêle, un chaudron. De l'anglais
to clean.
Clinquant, n. m.—Mica.
* Cliper, v. a. (Angl.)
Tondre, couper les cheveux tout près du crâne. Ex. Je
viens de faire cliper mon cheval. Se faire cliper la tête.
* Clipeur, n. m. (Angl.)
Tondeuse, instrument pour cliper.
Cliquart, n. m.—Qui appartient à une clique.
Clique, n. f.
—Bande d'individus. Ex. Ils étaient une grosse clique.
—Partisan d'une cause ou ami fidèle. Ex. La clique à
Sénécal.
Cloche, n. f.
Filets de morve qui pendent au nez des enfants, et prennent
tantôt la forme de chandelles, tantôt celle de cloches.
V. Chandelle.
Cloche d'eau, n. f.
Phlyctène, ampoule formée par de la sérosité.
Cloche (grosse), n. f.
Le père de famille. Ex. Avant de décider cette affaire,
nous allons consulter la grosse cloche.
Cloche à vache, n. f.
Clarine, sonnette qui pend au cou des animaux pour les
empêcher de s'égarer quand ils paissent dans les bois.
Clocher, v. n.
—Se déranger. Ex. Sa santé et ses affaires clochent.
—Produire des phlyctènes sur la peau.
Cloque, n. f.
Par-dessus d'hiver. Ce mot n'est pas un anglicisme, comme
on le pourrait croire. Froissart s'en est servi. «Sur ton
dos jette ta cloque.» C'était alors une espèce d'habillement
arrondi comme une cloche, et qu'on appelait cloche
ou cloque.
Clore, v. n.
Faire de la clôture. Ex. Tu vas emplir la charrette de
pieux, de piquets, de harts, et nous irons clore l'arpent du
sorouet.
Clos, n. m.
Lieu de pâturage. Ex. Pierre, va mettre les vaches au clos.
Clos à bois, n. m.—Chantier.
Close, n. f.
Clôture, fin d'une retraite, d'une neuvaine.
* Closet, n. f., (m. a)
—Latrines.
—Garde-robe, armoire.
Closeter, v. a. (Angl.)
Enfermer dans un cabinet, prendre en particulier.
Clôturage, n. m.—Action de clôturer.
Clôture, n. f.
—Etre sur la clôture, être dans l'indécision sur le choix d'un
parti.
—A pleine clôture, en quantité. Ex. Le blé est à pleine
clôture.
—Sauter par-dessus la clôture, faire faux bond, manquer à
un engagement.
Clôture d'embarras, n. f.
Clôture faite de branches d'arbres.
Clou, n. m.
—Petite quantité de boisson alcoolique que l'on ajoute à
une eau gazeuse ou fermentée.
—Furoncle.
Clouer, v. a.—Clore. Ex. Clouer le bec d'un grand bavard.
Clouéson, n. m.—Cloison.
Clouésonner, v. a.
Diviser par des cloisons.
C'mandement, n. m.—Commandement.
C'mander, v. a.
Commander. Ex. Pourrais-tu m'aider à porter ce fardeau,
sans te c'mander?
C'mencement, n. m.
Commencement. Ex. Il y a un c'mencement partout.
C'mencer, v. a.
Commencer. Ex. C'mence, toi? Non, c'mence, toi.
C'ment, adv.—Comment.
C'mode, adj.
Commode. Ex. En voilà un qui est pas c'mode à manœuvrer.
C'modité, n. f.—Commodité.
C'modités, n. f. pl.—Commodités. V. ce mot.
Co, n. m.—Coq. Ex. Allons voir battre les cos?
* Coat, côte, n. m., (m, a.)
—Habit, veston.
—Frock coat, redingote.
Coben, adv.
Combien. Ex. Coben y avait-il de personnes à la conférence—Je
sais pas coben.
Cobi, e, adj.
Bossué. Ex. Un chapeau cobi. En Anjou, cobi se dit d'un
fruit meurtri.
Cocasser, v. n.
—Colporter des nouvelles fraîches.
—Tenir des propos cocasses.
—Chanter, après avoir pondu, en parlant de la poule.
Ex. C'est la poule qui cocasse qui a pond.
Cocassier, n. m.—V. Coquassier.
Coche, n. f.
—Forte somme d'argent. Ex. Je viens de finir mon procès,
j'ai dû payer une grosse coche à mon avocat.
—Cote. Ex. Tu es à côté de la coche.
Coche rendrait tout aussi bien l'idée que cote, si on s'en
rapporte à l'origine de l'expression. On faisait des coches
sur un morceau de bois fendu en deux dont chacun des
intéressés gardait une moitié pour marquer la quantité de
fournitures que l'on achetait chez le boulanger et le boucher.
—Faire une coche mal taillée, commettre une bourde.
—Faire une coche à la fortune de quelqu'un, la diminuer dans
une certaine mesure.
Cochon, n. m.
—Homme vil, méprisable, ladre.
—Saigner le cochon, tirer de la liqueur d'un fût.
Cochons (petits), n. m. pl.
Sarracénie, nom donné par le Dr Sarrasin à cette plante de
nos savanes, très recommandée contre la petite vérole.
Cochonnaille, n. f.
Viande de cochon, charcuterie. Ex. Acheter de la cochonnaille
au marché Montcalm.
Cochonnement, adv.
Malproprement. Ex. Travailler cochonnement.
Cochonner, v. a.
Mal travailler. Ex. Cet ouvrier cochonne tout ce qu'il touche.
Cochonnerie, n. f.
—Saleté. Ex. J'ai un tas de cochonneries dans les yeux.
—Grande quantité, surabondance. Ex. Penses-tu que
nous aurons des prunes, cet automne?—Nous en aurons
une cochonnerie.
* Cock=tail, téle, n. m. (m. a.)
Eau-de-vie, sucre, amers et eau qui, mélangés, forment un
breuvage apéritif. Ex. Allons prendre un cock-tail chez
Laforce.
Coco, n. m. et adj.
—Œuf. V. Coquaud.
—Estomac. Ex. S'en est-il fourré dans le coco, de cette
bonne galette.
—Tête. Ex. Cet homme a le coco fêlé. J'ai une idée sur
le coco qui me tarabuste.
—Chapeau de feutre dur.
—Nigaud. Ex. A-t-il l' air coco, celui-là.
Cocombe, n. m.
Concombre. Ex. Hé! la mère, y a-t-il ben des cocombes
c't'année?—Pour une année qu'il y a pas de cocombes, il y
a des cocombes, mais pour une année qu'il y a des cocombes,
il y a pas de cocombes.
Cocote, n. f.
—Bourgeon. Ex. Des cocotes de pin, d'épinette. J'ai une
sœur qui fait des câdres avec des cocotes.
—Poule, dans le langage enfantin.
Cocotier, n. m.
Coquetier, petit ustensile dans lequel on place l'œuf que l'on
mange à la coque.
* C. O. D., (m. a.)
Cash on delivery, paiement contre livraison.
* Code, n. m. (Angl.)—Berceau. V. Cot et Cote.
Co d'inde, n. m.
—Coq d'Inde. Ex. Pourquoi viens-tu rouge comme un
co d'Inde?
—Imbécile. Ex. Tu n'es qu'un gros co d'Inde.
* Coercion, n. f. (Angl.)—Coercition.
Cœur, n. m.
—Dîner par cœur, se passer de dîner.
—Donner du cœur au ventre, du courage.
—Avoir le cœur où les poules ont l'œuf, ne pas avoir de cœur.
—Donner un coup de cœur, faire un effort sérieux.
—Avoir le cœur malade, avoir mal au cœur.
—Se dégraisser le cœur, se remettre l'estomac en changeant
d'alimentation.
—Avoir le cœur sur la main, être très généreux, très hospitalier.
—Porter au cœur, éprouver une douleur qui affecte le système
et porte à l'évanouissement. Ex. Je me suis coupé
un doigt avec mon canif, ça m'a porté au cœur. En
Anjou, porter au cœur signifie ravigoter.
—A cœur d'année. V. A cœur d'année.
—A cœur de jour. V. A cœur de jour.
—A cœur jeun. V. A cœur jeun.
Cœur de poule, n. m.—Personne très sensible à la douleur.
Cœur d'or, n. m.
Homme généreux, rempli de toutes les qualités imaginables.
Cœureux, adj.
—Un homme de cœur, affectueux.
—Généreux, ardent, vaillant.
En Anjou, on dit un vin cœureux pour un vin qui a du
corps.
* Coffer=dam, coffeur, n. m., (m. a.)
Batardeau, digue provisoire établie pour mettre à sec un
endroit où l'on veut bâtir.
Coffre, n. m.
—Poitrine. Ex. Malgré mon âge, j'ai encore le coffre
solide.
—Avoir de l'argent au coffre, avoir des économies.
Coffrer, v. n.
—Travailler. Ex. Ce bois est vert, il va coffrer.
—Etre étanche.
Cognement, n. m.
Action de cogner avec un outil, un objet quelconque.
Cogner, v. a. et n.
—Frapper. Ex. Va ouvrir la porte, ça cogne.
—Battre. Ex. Le cœur me cogne fort.
—Cogner des clous, des piquets, dormir assis, la tête oscillant
de tous côtés.
—Il en cognera si je ne réussis pas, je réussirai à tout prix,
quelque effort qu'il soit requis.
Coiffer, v. a.
—Etre né coiffé, avoir toutes les chances.
—Se faire coiffer, se faire dire ses vérités.
Coin, n. m.—Maigre comme un coin, très maigre.
Cointer, v. a.—Mettre un coin, coincer.
Coix, n. f.—Croix.
Col, n. m.
—Faux col. Ex. J'ai un col trop raide, il me gêne le cou.
—Manteau. Ex. Mets ton col pour sortir, il ne fait pas
chaud.
Colas=fillette, n. m.
Homme efféminé, qui s'occupe des travaux propres aux
petites filles.
* Cold=cream, côld-crîme, n. m., (m. a.)
Onguent d'eau de rose.
Coléreux, adj.—Toujours prêt à se fâcher. Français vieilli.
Colidor, n. m.
Corridor. Ex. Les colidors du séminaire.
Coli=Mailla, n. m.—Colin-Maillard. V. Cali-Mailla.
Colique, n. f.
—Aimer comme la colique de son ventre, aimer bien peu.
—Cela passera comme une colique, cela ne durera pas.
Colique cordée, n. f.
Obstruction de l'intestin par lui-même, d'après un préjugé
populaire.
Collage, n. m.
—Mesurage du bois. (Angl.)
—Action de mettre au rebut du mauvais bois. (Angl.)
—Action de se coller au flanc des autres.
Collant, adj. part.—V. Colleux.
Collatéral, e, adj. (Angl.)
Supplémentaire. Ex. Nous leur donnerons une garantie
collatérale.
Colle, n. f.
—Rebut. Ex. Du bois de colle. (Angl.)
—Blague. Ex. Faire de la colle à tout propos.
* Collecter, v. a. (Angl.)
Percevoir, faire rentrer ses fonds, recueillir des aumônes.
Ex. Je n'aime pas à me faire collecter trop souvent.
* Collecteur, n. m. (Angl.)
Qui sollicite pour un autre le paiement d'une dette. Ex.
Encore un collecteur! Vous repasserez lundi prochain, et
je vous dirai quand revenir, mon ami.
* Collection, n. f. (Angl.)
—Perception, recouvrement de dettes. Ex. La collection
ne va pas, l'argent est rare.
Collège, n. m.
Collége. Ex. Dans mon petit temps, nous écrivions collége
avec un accent aigu. Tout change en ce monde, et souvent
s'aggrave.
Coller, v. a. et n.
—Chercher à faire accroire une chose invraisemblable. Ex.
Il m'en a collé une bonne.
—Mesurer. Ex. Coller des plançons. (Angl.)
—Infliger. Ex. Ce misérable s'est fait coller deux jours
de prison.
—Mettre de côté le mauvais bois, le bois de colle. (Angl.)
—Donner des marques d'amitié. Ex. J'ai deux petits
garçons qui aiment ça, coller.
Coller (se), v. pr.
—Se fixer sur place et ne plus bouger. Ex. Pourquoi es-tu
toujours à te coller sur cette chaise?
—S'approcher de trop près, de manière à gêner le mouvement.
Ex. Cesse donc de te coller amont moi, tu me
fatigues.
Collerette, n. f.
Pèlerine. Ex. Je vais mettre ma collerette en fourrure.
Collet, n. m.
—Faux-col.
—En avoir dans le collet, avoir bu assez pour se mettre
gaillard.
—En avoir plein son collet, avoir trop bu.
—Avoir le collet en roue, être guindé.
Colletailler, v. n.
Se colleter, lutter dans le but de déployer sa force et son
adresse.
Colleteur, euse, n. m. et f.
Qui collette. En France ce mot s'applique à celui qui tend
des collets, au braconnier.
* Colleur, n. m. (Angl.)
Mesureur de bois. De l'anglais culler.
Colleux, n. et. adj.—Ennuyeux, qui ne lâche plus.
Collier, n. m.
—Prendre le collier de misère, se mettre au travail.
—Tirer dans le collier, faire un travail pénible.
Collouer, v. a.—Clouer.
Côlon, n. m.
Colon. Ex. Un côlon du lac Saint-Jean.
Colonie, n. f.
Attroupement, rassemblement. Ex. Le bonhomme Noël
du magasin Paquet est arrivé, il fallait voir la colonie
d'enfants qui le suivaient dans les rues.
Colombien (pain), n. m.
Petit pain de forme allongée dont la confection remonte à
l'année 1893, lors du quatre-centième anniversaire de la
découverte de l'Amérique par Christophe Colomb.
Coloué, n. m.—Couloir, passoire.
* Coltâr, n. m. (Angl.)
Coaltar, goudron extrait de la houille. Ex. Du coltâr pour
goudronner les toits.
* Coltârer, v. a. (Angl.)
Couvrir de coltâr. Ex. Coltârer les toits des maisons.
* Colvette, n. f. (Angl.)
Ponceau, dallot. De l'anglais culvert.
Comarce, n. m.—Commerce.
Combat, n. m.
Borborygme, bruit produit par le déplacement des gaz intestinaux.
Ex. La soupe aux pois m'occasionne bien des
combats.
Combaturer, v. a.—Combattre. (B. P. F.)
Comben, adv.—Combien.
Combien, adv.
Comment. Ex. Combien est notre ami Pierre?
Combien que, loc. adv.
Combien. Ex. Combien que ça coûte? Combien que je te
dois?
* Combine, n. m. et f. (Angl.)
Trust, cartel. Ex. Cette maison ne fait pas partie de la
combine du pétrole.
* Combiner (se), v. pron.—Exécuter en commun. (Angl.)
Comblance, n. f.—Surcroît.
Comble (un), n. m.
Le comble du ridicule, de la bêtise, de la folie, et ainsi de
suite. Ex. Pierre offre son ours aux électeurs du comté
de Québec, c'est un comble. Louis vient d'être nommé
sous-chef du département des terres, c'est un comble.
Comète, n. f.
Battre la comète, dépasser l'imagination. Ex. Ça bat la
comète, cette histoire-là. Quelle comète? On ne le dit
pas. Toute espèce de comète sans doute.
Cométique, n. m.
Traîneau tiré par les chiens du Labrador.
Commandable, adj.
Qui peut être commandé. Ex. Ces ouvriers ne sont pas
commandables.
Comme, conj. et adv.
—Que. Ex. Je joue aussi bien comme Louis.
—En qualité de. Ex. Mon père a été choisi comme candidat
à l'élection prochaine.
—En même temps. Ex. Je suis arrivé comme lui, vers
neuf heures.
Comme çà, loc. expl.
Ex. Il m'a dit, comme ça, que rien ne presse de partir.
Enlevons comme ça, et le sens reste le même.
Comme c'est que, loc. adv.
Comment, de quelle manière. Ex. Dis-moi donc comme
c'est que tu t'y prends pour avoir d'aussi belles patates?
Comme ci comme çà, loc.
—Ni bien ni mal. Ex. Comment te portes-tu?—Comme ci
comme çà.
—De qualité difficile à définir. Ex. Comment trouves-tu
ce vin-là?—Comme ci comme çà.
Comme de ben entendu, loc.—Comme cela est évident.
Comme de bonne, loc. adv.
Sans doute, assurément. Ex. Aimes-tu beaucoup le sucre
d'érable? Comme de bonne.
Comme de bonne raison, loc.
Assurément. Ex. Si tu veux m'en croire, nous allons nous
payer une petite fête aux huitres.—Comme de bonne raison.
Comme de faite, loc. adv.—En réalité, en effet.
Comme de juste, loc. adv.
Sans aucun doute. Ex. Trouves-tu que c'est raisonnable de
ne pas aller au bureau un jour de congé?—Comme de juste.
Comme de raison, loc. adv.
Sans doute. Ex. As-tu vu Jacques Cartier aux Pageants?
Comme de raison.
Comme de plus belle, loc.
Sans relâche. Ex. Il mouille comme de plus belle.
Comme d'icitte à demain, loc. adv.
Locution pour exprimer une longueur de temps. Ex. Un
discours long comme d'icitte à demain.
Comme dit la chanson, loc.
Quelle chanson? Aucune en particulier. Ex. Un chien
regarde bien un évêque, comme dit la chanson.
Comme dit l'anglais, loc.
Suivant l'expression consacrée par la langue anglaise. Ex.
Comme on fait son lit on se couche, comme dit l'anglais,
as you make your bed, so you must lie.
Comme je te pousse, loc.
Misérablement, péniblement. Ex. Ça marche comme je te
pousse.
Comme manière de, loc. adv.
Une manière de. Ex. Il avait comme manière de chapeau
sur la tête.
Comme on dit, loc.
Locution très souvent employée comme suit: Je dirai comme
on dit, et puis on ajoute un proverbe quelconque, ou une
sentence passée en proverbe: Ex. Je dirai comme on dit:
chacun son métier, les vaches seront bien gardées, ou
encore: Il y a plus de mariés que de contents, etc.
Comme par charité, loc.
Sans soin ni égard. Ex. J'ai fait mes emplettes au magasin
de la Dernière-Mode, et on m'a servi comme par charité.
Comme pour l'amour de Dieu, loc.—Comme par faveur.
Comme pour mourir, loc.
Avec instance. Ex. Je l'ai supplié comme pour mourir de
me remettre mon argent.
Comme qui, loc.
—A peu près comme. Ex. C'est comme qui dirait une
espèce de fou.
—Comme si l'on. Ex. C'est comme qui tirerait un fusil
chargé à poudre pour tuer un lièvre.
Comme tout, loc. adv.
Beaucoup. Ex. Il est bête comme tout.
Comment, adv.
Combien. Ex. Comment avez-vous de crayons dans votre
poche? Comment voulez-vous pour ce piano?
Comment-ce que, loc.
Comment. Ex. Comment-ce que vous faites pour n'être
jamais malade?
Comment que, adv.
Combien. Ex. Comment que ça coûte pour aller à Québec?
Commerce, n. m.
—Désordre, tapage. Ex. Ces enfants mènent un commerce
d'enfer.
—Juron. Ex. Apré commerce!
—Troc. Ex. Un enfant qui fait des commerces avec ses
petits camarades.
Commerceau, n. m.
Petit commerce.
Commercer, v. a.
Troquer, échanger pour autre chose. Ex. Un enfant qui
commerce tous ses bibelots, ses crayons, ses plumes, etc.
Commérer, v. n.
—Faire des commérages. Ex. Cette personne passe tout
son temps à commérer.
—Etre commère dans un baptême.
Commeune, adj. f.
Commune. Ex. L'argent est pas commeune par le temps
qui court.
Commichon, n. m.
Commis inexpérimenté. Ex. Au magasin de Simon, il y a
un tas de commichons qui vous servent comme par charité.
Commignon, n. f.—Communion.
Commissaire, n. m.
—Commissaire du havre, fonctionnaire chargé de l'administration
du pilotage et des travaux des havres de villes.
—Commissaire des incendies, officier enquêteur sur les causes
des incendies.
—Commissaire d'écoles, fonctionnaire élu par les citoyens,
qui voit au fonctionnement des écoles de sa municipalité.
—Commissaire de la Cour Supérieure, fonctionnaire de la
dite Cour.
—Commissaire des petites causes, tribunal de juridiction
inférieure.
—Commissaire pour l'érection des paroisses, fonctionnaire
chargé de régler les affaires relatives à l'érection des paroisses,
à la construction des églises, etc.
—Commissaire de l'Agriculture, des Travaux publics, de la
Colonisation, des Terres de la Couronne, Ministre de l'Agriculture,
des Travaux publics, de la Colonisation, des Terres
de la Couronne. (B. P. F.)
Commission, n. f.
—Course que l'on fait pour rendre service. Ex. Quand
nous étions jeunes, en faisions-nous de ces commissions
pour tout le monde?
—Emplette.
Commission scolaire, n. f.
Corporation des commissaires ou des syndics d'écoles.
Commugnon, n. f.—Communion.
Communs, n. m. pl.—Latrines.
Commussion, n. f.—Commission.
Commussion scolaire, n. f—Commission scolaire.
Compagnée, n. f.
—Compagnie, réunion de plusieurs personnes dans un
salon. Ex. Bonjour, la compagnée.
—Epouse, fiancée.—Ex. Dansez, monsieur, avec votre
compagnée.
Comparage, n. m.—Compérage.
Comparager, v. a.—Comparer.
Comparaison (sans), loc.
Sans vouloir exagérer. Ex. Tu as un beau chapeau, mais
le mien est encore plus beau, sans comparaison.
Comparition, n. f.—Comparution.
Compas, n. m.
Jambes. Ex. Allonge le compas, nous avons une longue
marche à faire.
Compâssieux, adj.
Compatissant. Ex. Cette femme est bien compâssieuse.
Compeau, n. m.—Pièce de terre.
Compérage, n. m.
—Fête de la famille à l'occasion d'un baptême.
—Le parrain, la marraine, le père et celle qui porte l'enfant.
En France, le compérage est le lien spirituel du parrain
et de la marraine, avec le père et la mère de l'enfant.
Compère=compagnon, n. m.
Compère et compagnon. Ex. En voilà deux qui sont compères-compagnons,
un peu trop.
Compéter, v. n. (Angl.)—Faire concurrence.
* Compétiter, v. n. (Angl.)—Même sens que compéter.
* Compétition, n. f. (Angl.)
Concurrence, rivalité dans les opérations commerciales.
* Complétion, n. f. (Angl.)—Accomplissement.
* Complimentaire, adj. (Angl.)
—Billet complimentaire, billet de faveur.
—A titre complimentaire, à titre de faveur.
Complimenteux, adj.—Complimenteur.
* Compliments de la saison, n. m. pl.
Souhaits de Noël et du Jour de l'An. Ex. Je vous envoie
ma carte avec les compliments de la saison. (Angl.)
Comportement, n. m.
Conduite. Ex. Cet écolier a un bon comportement.
En France ce mot veut dire bonne santé.
Comportement du temps.
Manière d'être de la température. Ex. Nous irons peut-être
pêcher demain, ça dépendra du comportement du
temps.
Composition, n. f.
Alliage de métaux peu précieux. Ex. Cette cuiller n'est
pas en argent, elle est en composition.
Compote (tomber en), loc.
—Perdre connaissance, tomber en syncope.
—Tomber en ruine.
Comprenable, adj.
Compréhensible.
Comprenage, n. m.—Entente.
* Comprendre, v. a.
Entendre dire. Ex. Je comprends que vous avez de l'argent
à prêter. (Angl.) To understand.
Comprenette, n. f.
Compréhension. Ex. Mon enfant fait des progrès, il commence
à avoir de la comprenette.
Comprenouère, n. f.
Intelligence, esprit. Ex. C'est un gars qui a de la comprenouère.
Comprenure, n. f.
Compréhension, intelligence. Ex. Avoir pas mal de comprenure.
Compris, prép.
Y compris. Ex. J'ai tout acheté, compris le piano.
Comptant (son), loc.
Son soûl. Ex. Rire son comptant.
Compte, n. m.
En avoir pour son compte, être à l'article de la mort, ou
encore, avoir reçu des coups au point de ne pouvoir plus
recommencer la bataille. Ex. Paul et Jacques se sont
battus comme des chiens, mais Paul en a eu pour son compte.
—Faire le compte, suffire. Ex. Voici encore trois piastres
et demie, ça fait-y le compte?
Compter, v. n.
—Croire. Ex. Je compte que tu ne me feras pas défaut.
—Sans compter que, en outre. Ex. Je dois aller au théâtre
ce soir, sans compter que j'ai plusieurs personnes à voir.
Conçarter (se), v. pron.—Se concerter.
* Concerne, n. f. (Angl.)
Etablissement, société de commerce. De l'anglais concern.
Concession, n. f.
Partie de paroisse éloignée de l'église et du fleuve. Ex. As-tu
déjà été dans les concessions de Saint-Pascal?
Concourir, v. n.
Partager l'opinion, au barreau et dans les délibérations du
Parlement. C'est du français légal. Cette expression
pourrait être adoptée tout aussi bien qu'une foule d'expressions
parlementaires anglaises que la presse française a,
pour bien dire, stéréotypées et qui envahissent rapidement
le dictionnaire de l'Académie. Ce mot, du reste, est
d'origine latine et n'a rien d'anglo-saxon. Il existe dans
la langue française dans plusieurs autres acceptions:
converger vers un même point de l'espace; contribuer
avec d'autres à un même résultat; être sur les rangs en
même temps que d'autres pour prétendre à quelque chose,
un prix, une nomination.
Condamner, v. n.
—Fermer. Ex. J'ai condamné ma maison pour l'été.
—Déclarer hors de service. Ex. Cette maison a été condamnée
par l'architecte. Ce pont a été condamné par l'ingénieur.
Condition, n. f.
Acheter sous condition, acheter à condition, sous réserve de
pouvoir rendre au marchand.
Conducteur, n. m.
—Chef de train. Ex. Demande au conducteur si le train
est en temps.
—Chef de tramway, celui qui perçoit les billets.
—Chef du wagon-poste, conducteur de malles.
—Maître de cérémonie, conducteur du deuil.
Conduire (se), v. pron.
Se rendre quelque part, se transporter d'un lieu à un autre,
aller, marcher. Ex. Je suis capable de me conduire jusqu'au
bout de la ville, bien qu'il n'y ait pas de lumière. Je
vois pas bien clair, mais je suis capable de me conduire.
Conduisable, adj.—Qui peut être conduit.
Confi, adj.—Confit, e. Ex. Des prunes confies.
Confidentellement, adv.—Confidentiellement.
Confirmer, v. a.
Donner un soufflet. Ex. Je sais pas ce qui me retient de
te confirmer.
Confiteur, n. m.—Courte-pointe, édredon.
Confiture, n. f.
Mettre quelque chose en confiture, en bouillie, en compote.
Conformité à (en), loc.
En conformité de. Ex. En conformité à la loi de juillet.
Confortable, n. m.—Courte-pointe, édredon.
Conforteur, n. m. (Angl.)
Courte-pointe, édredon. De l'anglais comforter.
Confusion, n. f.
—Convulsion. Ex. Mon enfant est tombé en confusion.
—Grande quantité.
Confusionner,—Faire rougir, rendre confus.
Congit, n. m.
Condit, substance ou fruit confit dans du sucre cristallisé.
Congress, n. f, pl. (Angl.)
Chaussures, bottines dont l'entrée est demi élastique.
Conjoint, adj. (Angl.)
—Mixte. Ex. Les deux orateurs de la Chambre président
de droit le comité conjoint de la bibliothèque.
—Collectif. Ex. M. le curé a lu, dimanche, une lettre conjointe
de nos évêques.
—Commun. Ex. L'action conjointe de nos législateurs.
—Réuni. Ex. Les efforts conjoints de tous nos amis nous
feront arriver au pouvoir. De l'anglais conjoint.
Conjointement, adv.—Egalement.
Conjonction, n. f.
Congestion. Ex. Il est mort d'une conjonction de poumons.
Connaissant, adj. part.
Savant. Ex. Mon enfant est pas mal connaissant, il sait
lire, écrire et compter.
Connectable, n. m.—Connétable.
Connecter, v. a. et n. (Angl.)
—Raccorder des trains. Ex. Le Pacifique connecte avec le
chemin des Piles, un peu avant d'arriver aux Trois-Rivières.
—Joindre, réunir les deux bouts d'un tuyau, d'un fil électrique.
* Connestache, n. m. (Angl.)
Corn-starch, amidon de maïs.
Connétable, n. m.
—Commissaire de haute police, suisse, homme chargé de
faire la police dans l'église.
Connexion, n. f. (Angl.)
—Raccordement entre deux trains.
—Action de réunir des tuyaux.
—Communication dans le service téléphonique. Ex. Voulez-vous
me donner la connexion avec le numéro un-neuf-zéro-huit.
Consarver, v. a.—Conserver.
Conscience, n. f.
—En conscience, en vérité.
—Ma conscience! Ma grande conscience! Ma conscience du
bon Dieu! Appel à la conscience pour affirmer la vérité
de ce que l'on dit.
—Estomac. Ex. J'ai tout mon dîner sur la conscience.
Conseiller=de=ville, n. m.
Echevin. Ex. Autrefois, il y avait à Québec des échevins
et des conseillers-de-ville; aujourd'hui, il n'y a plus que
des échevins, les conseillers-de-ville ont vécu.
Conseilleux, adj.
Qui donne des conseils. Ex. Grand conseilleux petit payeux.
Consent, adj.—Consentant.
Consentant, e, adj.
Qui agrée, consent. Ex. Consentez-vous à venir avec
moi?—Oui, je suis consentant.
En terme de jurisprudence consentant s'emploie. Ex. Les
parties consentantes.
Consentir à quelqu'un, v. n.
Consentir. Ex. Je lui ai consenti un billet promissoire.
Conséquence (de), loc.
Important. Ex. C'est un homme de conséquence. Cette
affaire est de conséquence.
Conséquent, adj.
Important. Ex. Cette affaire est conséquente.
Conserve (de), loc.
—En conserve. Ex. Des fruits de conserve.
—De réserve. Ex. Des légumes de conserve.
Considération (sous), loc.
En considération. Ex. Je vais mettre votre demande sous
considération.
Consistance (sans), loc.
Inconséquent, manque de logique dans les idées. Ex. C'est
un individu sans consistance.
Consistant, adj.—Conséquent. (Angl.)
Consister, v. n.
Cela ne consiste en rien, cela n'a aucune importance.
Consommage, n. m.
—Déchets de viande, graisse, soupe, que l'on fait bouillir
ou consommer pour en fabriquer le savon dit du pays.
—Action de consommer les déchets de viande.
Consomptif, ive, n. m. f.
Phtisique, consomptif n'est pas français.
Consomption, n. f. et adj.
—Phtisie. On peut dire: la phtisie amène toujours la
consomption, c'est-à-dire le dépérissement progressif.
—Phtisique. Ex. Mon cousin est consomption.
* Conspiration, n. f.
Complicité. Ex. Il a été condamné à deux ans de pénitencier
pour conspiration de faux. (Angl.)
* Constable, n. m., (m. a.)—Connétable, officier de police.
* Constituant, n. m.
Electeur, commettant. (Angl.)
Consulte, n. f.
Consultation. Ex. Le docteur Lalancette charge deux
piastres pour une consulte.
Contable, adj.
Qui peut être raconté. Ex. Des histoires comme celle-là,
ça n'est pas contable.
Conte, n. m.
A son conte, d'après ce qu'il raconte. Ex. A son conte, c'est
Pierre qui est dans le tort.
Conte, de conte, prép.
—Contre. Ex. Je suis fâché conte lui.
—Près de. Ex. Approche-toi de conte moi.
* Contemplation, (en).
En perspective. Ex. J'ai plusieurs projets de loi en contemplation
(Angl.)
* Contempler, v. a.—Projeter. (Angl.)
Contenancer, v. a.
Appuyer, soutenir. Ex. Contenancer quelqu'un en l'encourageant
de son mieux.
Content, e, adj.
Faire content, donner des signes de contentement en se frappant
les deux mains. Ex. Fais ton content, mon petit.
Langage maternel.
Conter, v. a.
—Dire à quelqu'un son fait. Ex. Je vais lui conter ça.
—Conter des contes, raconter des histoires, des légendes, etc.
Conter et raconter, loc.
Conter à plusieurs reprises. Ex. A quoi sert de conter et
raconter toutes ces histoires-là?
Conterbande, n. f.—Contrebande.
Conterbandier, n. m.—Contrebandier.
Conterbarrer, v. a.—V. Contrebarrer.
Conterbarrer (se), v. pron.—V. Contrebarrer (se).
Contecœur (à), loc.
—A contrecœur. Ex. Travailler à contecœur.
Conterdiction, n. f.
Contradiction. Ex. Un tel, c'est la conterdiction en personne.
Conterdire, v. a.
Contredire. Ex. Conterdis-moi pas, c'est inutile.
Conterdit, n. m.
Contredit. Ex. Nous avons eu un petit conterdit ensemble.
Conterfaire, v. a.—Contrefaire.
Contestation d'élection, n. f.
Procès intenté en vue de faire invalider une élection.
Conteste, n. f.
—Protestation.
—Chicane, querelle.
Conteur de contes, n. m.
Individu qui, dans nos campagnes, fait une spécialité de raconter
des histoires, légendes, etc, devant une assemblée
quelquefois assez nombreuse.
Conteux, adj.—Conteur. Ex. Un conteux de menteries.
Contiendre (se), v. pron.
Contenir. Ex. J'ai pas été capable de me contiendre plus
longtemps.
* Contingents, n. m. pl. (Angl.)
Dépenses imprévues. Ex. Vous mettrez cette somme au
chapitre des contingents.
Continu (un).
Sans interruption. Ex. Il a parlé un continu pendant deux
heures.
Continuel (un), n. m.
Sans relâche. Ex. Il pleut un continuel.
* Contracter, v. a. et n.
Entreprendre. Ex. Ces deux entrepreneurs vont contracter
pour construire ma maison; un autre a contracté ma
grange. (Angl.)
* Contracteur, n. m. (Angl.)—Entrepreneur.
Contrat, n. m.—Marché à forfait.
Contre, prép.
—Auprès de. Ex. Asseyez-vous contre moi.
—Ne pas aller contre, ne pas contredire.
—Il n'y a pas à aller contre, c'est sûr.
—Avoir contre son cœur, avoir à contrecœur.
Contre (de), loc. adv.
Contre. Ex. Ne te monte pas de contre lui!
Contre=à=contre, loc. adv.—Côte à côte.
Contre=à=côte, loc. adv.—Côte à côte.
Contrebarrer, v. a.
Contrecarrer. Ex. Tu passes ton temps à me contrebarrer,
à quoi bon, en vérité?
Contrebarrer (se), v. pron.—Se contrecarrer, se contredire.
Contre bon sens, n. m.
Contresens. Ex. Tu vois bien que c'est un contre bon sens.
Contrebouter, v. a.—Contredire.
Contrée, n. f.
Petite étendue de terrain. Ex. Sur ma terre, il y a des
mauvaises contrées où rien ne pousse.
Contrefait, e, adj.
Bouleversé. Ex. As-tu du chagrin, tu as la figure toute
contrefaite.
Contre=porte, n. f.
Porte extérieure qui se ferme automatiquement.
Contretenir, v. a.—Retenir, empêcher d'agir.
Contretenir (se), v. pron.—Se retenir, se modérer, se réprimer.
Contrevention, n. f.—Contravention.
Contrôlable, adj.—Qui peut être contrôlé, assujetti.
* Contrôle, n. m. (Angl.)
—Direction. Ex. Je vais bientôt prendre le contrôle du
magasin.
—Dépendance. Ex. Ce département échappe au contrôle
du gouvernement.
—Influence. Ex. M. X. exerce un fort contrôle sur la
banque des ouvriers.
—Empire. Ex. Avoir du contrôle sur soi-même.
—Autorité. Ex. Je ne puis exercer aucun contrôle sur mon
fils aîné.
—Sous contrôle, maîtrisé. Ex. L'incendie n'a pu être
sous contrôle qu'après trois heures de dégât.
* Contrôler, v. a.
Maîtriser, exercer de l'influence, de l'autorité, de l'empire,
commander, gouverner, etc. (Angl.)
Controvarse, n. f.
—Controverse.
—Prêcher la controvarse, contredire sans à propos, pour le
plaisir de la chose.
Convenir, v. a.
Fixer. Ex. Convenir d'un jour pour se rencontrer.
Convention, n. f.
Réunion. Ex. Les élèves de Rhétorique de 1888 auront
une convention en 1908.
Conventum, n. m.
Réunion d'élèves sortis du collège. Ex. Le conventum des
élèves de la rhétorique de 1878.
* Conviction, n. f.
Condamnation, rapport de culpabilité. (Angl.)
Conviendre, v. a.—Convenir.
Convint, part. pas.
Convenu. Ex. Nous sommes convints de nous réunir
demain.
Convoiter, v. n.—Convoler.
Copérage, n. m.—Compérage, baptême.
Copère, n. m.—Compère.
Copiage, n. m.
—Plagiat.
—Copie. Ex. J'ai beaucoup de copiage à faire.
—Imitation.
Copie, n. f.
Exemplaire. Ex. Je vous enverrai dix copies de mon dernier
ouvrage.
Copier, v. a.
Plagier. Ex. Monsieur, Chose a copié son devoir sur celui
de Machine.
Copieux, adj.
—Qui copie, copieur.
—Elève qui copie ses devoirs sur ceux de ses confrères, ou
dans les livres.
Coppe, n. f.
Sou. Ex. Je n'ai pas c'te coppe. Ça ne vaut pas une coppe.
Copper, v. n.
Payer. Ex. Allons, l'ami, coppe au plus vite.
Coq, n. m.
—Faire un coq, ne pas faire la moitié des points, au jeu de
whist.
—Faire son coq, faire le fanfaron. Ex. Tu n'as pas besoin
de tant faire ton coq, tu n'es pas si drôle.
Coq d'Inde, n. m.
Homme stupide. Il existe en français deux mots seulement
qui se terminent par la lettre q, cinq et coq. On prononçait
autrefois co d'inde. Et la chanson de Boufflers:
Or de ces nids, de ces coqs, de ces lacs,
L'amour a formé Ni-co-las.
Coq (petit), n. m.
Jeune homme qui aide aux ouvriers. Ex. Par ici, petit coq,
aide-moi à lever ce madrier.
Coq=l'œil, n. m.—Loucheur.
Coq-nigaud (en), adv.—Incognito. Voyager en coq-nigaud.
Coque, n. f.—Moule, moucle.
Coquecigrue, n. m.
Drôle de pistolet, un original. D'après l'Académie, ce mot
signifierait baliverne.
Coq=en=pâte, n. m.
—Homme retiré dans son fromage.
—Lourdaud.
Coquassier, n. m.
Qui élève des coqs. En France, c'est un marchand de
volailles.
Coquaud, n. m.
Œuf de poule. Comme ce mot dérive de coque, il est préférable
d'écrire coquaud et non coco.
Coquerelle, n. f.
—Blatte germanique.
—Homme aux cheveux roux.
En France, coquerelle est le nom donné aux noisettes dans
leur capsule verte et réunies par trois.
Il y a un insecte assez semblable à la blatte qui se rencontre
dans les Antilles et que les Anglais appellent cockroaches.
C'est, peut-être, l'origine de notre coquerelle. Il ne serait
pas surprenant de rencontrer ce mot dans les colonies ou
dans quelque province française.
«Coquerelle, femme qui garde les chanoinesses de Remiremont
depuis l'extrême-onction jusqu'à leur enterrement.» (Mémoires
de la Houssaye, t. I., p. 9.)
Coquerico, n. m.
Cocorico. Onomatopée imitant le chant du coq.
* Coquerie, n. f. (Angl.)
Cuisine. Vient de l'anglais cookery.
Coqueron, n. m.
Petite armoire dérobée, destinée à recevoir toute espèce de
vêtements et de chaussures.
Coquin, e, adj.
Gentil. Ex. Cet enfant est bien coquin.
Coquiner, v. n.
Manquer d'honnêteté. Ex. Coquine pas avec moi, je suis
honnête.
Corbigeau, n, m.
Courlis de la baie d'Hudson. D'après Cotgrave, ce serait
le cormoran.
Corde, n. f.
—Se mettre la corde au cou, trop s'engager.
—Filer sa corde, faire de mauvaises actions qui finalement
mènent à la potence.
—Toucher la grosse corde, parler d'une chose qui doit faire
du bruit, ou toucher vivement celui à qui on parle. (Fur.)
Corde à linge, n. f.
Corde tendue qui sert à suspendre le linge, cordeau.
Corde de pendu, n. f.
Corde qui porte chance. Ex. Toi, tu as toutes les chances,
as-tu de la corde de pendu dans ta poche?
Cordeau, n. m.
Guide. Ex. Tire donc sur le cordeau à ta droite, tu vois
bien que le cheval marche à côté du chemin.
Cordé, adj.
—Filandreux. Ex. Des navets, des raves, des carottes cordés.
—Colique cordée, V. ce mot.
Cordée, n. f.
—Pile. Ex. Une cordée de bois.
—Cordeau. Ex. Une cordée de linge.
Cordelle (traîner à la), loc.
—Hâler un canot dans les rapides au moyen d'une corde.
—Amarre tirée par un cheval.
Corder, v. a. et n.
—Empiler, mesurer du bois à la corde.
—S'empiler, se corder. Ex. Voilà du bois qui corde mal.
Corderoi, n. m.—Velours de coton à côtes.
Cordeur, n. m.—Qui corde le bois.
Cordon, n. m.
—Mesure de bois, la quatrième partie d'une corde.
—Chemin de séparation au bout des terres.
—Tirer sur le cordon, être très économe.
Cordon de S. Antoine.
Eczéma à la surface du corps, tout autour de la taille, zona.
Corduroi, n. m.—V. Corderoi.
Corgnère, n. f.—Cornière.
Cornâiller, v. a. et n.
—Lutter vivement. Ex. Ça va cornâiller, la lutte va être
chaude.
—Donner des coups de cornes à droite et à gauche.
—Se donner des coups de cornes.
En Saintonge, cornâiller veut dire essayer ses cornes.
Cornâiller (se), v. pron.
—Lutter ensemble comme deux bêtes à cornes.
—Se donner des coups de cornes.
—S'obscurcir. Ex. Le temps se cornâille.
Cornas, n. m.—Cadenas.
Corne de çarf, n. f.—Ammoniaque.
Corne de seigle, n. f.
Ergot de seigle, production végétale parasitale sous forme
d'éperon ou de corne sur les épis de quelques graminées,
comme le blé et le seigle.
Corner, v. a. et n.
—Donner des coups de cornes. Ex. Cette vache a manqué
me corner.
—Corner les oreilles, corner aux oreilles.
Cornet d'encre, n, m.—Encrier.
Cornetée d'encre, n. f.
Encrier plein d'encre.
Corniche, n. f.
—Tablette de cheminée.
—Avoir du pain sur la corniche, avoir des économies.
Cornichon, n. m.
—Niais, imbécile.
—Concombre d'Amérique.
—Ergot de seigle. V. Corne de seigle.
Cornière, n. f.
Coin, angle. Ex. Enlever une cornière d'un objet. Employé
adjectivement, cornier, cornière, ce mot est français.
Coronel, n. m.—Colonel.
Corporal, n. m.—Caporal.
Corporation, n. f.
—Municipalité. Ex. Je m'en vas payer les taxes de la
corporation. (Angl.)
—Mine, apparence. Ex. Pour un homme malade, tu as
une jolie corporation.
—Conseil de ville. Ex. Le gros Jean est employé à la
corporation. (Angl.)
Corporé, adj.—Taillé, bien découplé.
Corporence, n. f.
—Corpulence.
—Taille. Ex. Cet homme est bien bâti, il a une bonne
corporence.
Marot a employé corporence.
Il mourut veau par desplaisance,
Qui fut dommage à plus de neuf.
Car on dit (vu sa corporance)
Que c'eust été un maistre bœuf.
Corporent, adj.—Corpulent.
Corporeux, adj.—Corpulent.
Corps, n. m.
—Gilet. Ex. Voilà l'hiver, tu vas mettre tes corps de laine.
Madame de Sévigné a écrit: Il faut lui mettre un petit
corps un peu dur qui lui tienne la taille.
—Cadavre. Ex. Le service funèbre va commencer bientôt,
voici le corps qui passe.
—Corsage.
Côrps, n. m.
Corps. Ex. Avoir mal dans le côrps.
—Avoir le côrps dérangé, avoir la diarrhée.
Corps mort, n. m.
Arbre abattu par la tempête ou par suite de vétusté.
Correct, adj.
—Exact. Ex. Mon compte est-il correct?
—Entendu. Ex. J'espère que tu viendras au comité d'archéologie
ce soir.—C'est correct, j'irai.
Correctable, n. m.—Connétable.
Correspondre (se), v. pron. Se corrompre.
Correyer, v. a.—Corroyer.
Correyeur, n. m. Corroyeur.
Corrigeable, adj—-Corrigible.
Corroie, n. f.
Courroie. Ex. Des souliers à corroie.
Corson, n. m.—Cresson.
Corté, e, adj.
Bien habillé. Ex. Une fille cortée. V. Recorté.
Corton, n. m.
—Creton, rillon. Ex. Je n'ai jamais pu oublier nos cortons
de collège, t'en souviens-tu, Philippe?
—Croton. Ex. Huile de corton.
Corvée, n. f.
Travail fait en commun pour aider quelqu'un dans un
moment d'infortune ou pour d'autres fins utiles et pressantes.
Cossade, n. f.—Busard des marais.
Côsse, n. f.
Cosse. Ex. Une côsse de pois, de fèves.
Cossin, n. m.
—Coussin.
—Homme impropre au travail.
* Costarde, n. f. (Angl.) Flan.—De l'anglais custard.
* Cot, n. m., (m. a.)—Berceau suspendu, petit lit d'enfant.
* Cotation, n. f. (Angl.)
Cote, part que l'on doit payer d'une dépense, d'un impôt.
Ex. Les cotations de la Bourse.
* Cote, n. m., (m. a.)
—Berceau suspendu.
—Lit de camp.
Côte, n. f.
—Ne pas en avoir épais sur la côte, être d'une grande maigreur.
—Avoir les côtes sur le long, être paresseux. Etant donnée
sa conformité physique plus qu'étrange, l'individu ainsi
affligé n'est pas susceptible de se remuer rapidement.
Côte du nord, n. f.—La rive nord du fleuve Saint-Laurent.
Côte du sud, n. f.—La rive sud du fleuve.
Côtelettes, n. f. pl.—Favoris.
Côtereux, adj.—Catarrheux.
Côteux, adj.—Région où il y a beaucoup de côtes.
Côteyer, v. a.—Côtoyer.
Cotil, n, m.—Coutil. Ex. Un sac en cotil.
Cotille, n. f.—Coquille.
Cotir, v. a. et n.
—Pourrir. Ex. Nous ne ferons rien de bon avec ce bois,
il est trop coti.
—Dépérir. Ex. La maladie m'a coti.
En France, cotir se dit des fruits. Ex. La grêle a coti les
pommes. Signifie aussi craquer. Ex. Fais cotir tes doigts.
Cotisations, n. f. pl.
Taxes municipales. Ex. Voici le temps de payer ses cotisations.
Cotiser, v. a.
Estimer la valeur d'une propriété foncière, en vue de la
taxe municipale.
Cotiseur, n. m.—Estimateur.
Coton, n. m.
—Tige, trognon. Ex. Un coton de chou, de patates.
—Râpe. Ex. Un coton de blé d'Inde.
—Nervure. Ex. Un coton de tabac.
—Queue d'animal.
—Vieux cheval.
—Etre au coton, personne dont la santé va en diminuant, et
au figuré, celle dont la réputation est compromise.
—Filer un mauvais coton, avoir du mal à se tirer d'affaire.
Cotonnage, n. m.—Cotonnade.
Coton jaune, n. m.—Coton écru.
Cotonner, v. n.
—Usé. Ex. Mon habit est cotonné.
—Avoir mauvaise apparence. Ex. Quelle mine as-tu, ce
matin, tu me parais bien cotonné.
Cotonnier, n. m.—Asclépiade de Cornuti.
Côtoyeux, adj.—Montagneux.
* Cottage, (m. a.)—Maison de campagne.
Cou blanc, n. m.—Pluvier à collier, semipalmé.
Couac, n. m.
—Fausse note.
—Homme aux longues jambes.
—Charlatan. (Angl.) quack.
—Oiseau de mer, dont la chair n'est guère mangeable.
Couchage, n. m.—Action de se coucher.
Couche, n. f.
—Avoir la couche épaisse, n'être pas dégrossi.
—Porter encore la couche, être trop jeune pour avoir autant
de prétentions.
—En avoir une couche, sous-entendu de bêtise.
Coucher, v. a.
Envoyer coucher, envoyer promener. Ex. Veux-tu aller te
coucher, tu m'ennuies gros.
Coucher (se), v. pron.
Prendre une position favorable au sommeil. Ex. Il y a des
écoliers qui se couchent sur leurs pupîtres, ce sont de beaux
paresseux.
Coucher dehors, loc.
—Se dit des choses inanimées, qu'on a laissées dehors, qu'on
ne met pas à l'abri. Ex. Cette voiture a couché dehors;
je n'ai pas rapporté ma pioche, elle a couché dehors.
—Etre bête à coucher dehors, à l'instar des animaux qui sont
laissés sans abri durant la nuit.
Coucherie, n. f.—Hôtellerie.
Couchettée, n. f.—Couchette remplie d'enfants.
Cou-croche, n. m.
Nom vulgaire donné à certaines courges.
Coude, v. a.—Coudre. Ex. Un dé à coude.
Coude (lever le), loc.—Boire des spiritueux.
Coudon!
Ecoute donc. Ex. Coudon, m'as-tu bien compris?
Coudre, n. m.
—Coudrier.
—Coutre, fer tranchant de la charrue.
Coudre, v. a.—Coudre le bec, réduire au silence.
Coudrette, n. f.—Petit coudrier.
Coudu, part. pass.—Cousu.
Couëffe, n. f.—Coiffe.
Couenne, n. f.
—Gazon. Ex. La terre est prise en couenne.
—Peau. Ex. Un individu qui a la couenne épaisse. Se dit
au figuré.
—Chauffer la couenne à quelqu'un, lui donner une forte
réprimande.
Couanne et couenne se disent en Normandie pour gazon. En
Anjou, une couenne est une fainéante.
Couenner, v. a.
Poser de la couenne, du gazon, sur le sol dénudé.
Couette, n. f.
—Touffe. Ex. Coupez-moi cette couette de cheveux.
—Petite queue.
—Se faire prendre la couette, se faire morigéner.
—Se faire couper la couette, subir un grand affront.
Autrefois l'on portait la couette dans la province de Québec.
Couetter, v. a.
Disposer sous forme de couettes. Ex. Avoir les cheveux
couettés.
Couetteux, adj.
Qui se prend en couettes. Ex. Des cheveux couetteux.
Couillon, n. et adj.
Poltron, lâche. Ex. Tas de couillons que vous êtes!
Couillonnade, n. f.—Lâcheté, traîtrise.
Couillonnage, n. m.—Action de couillonner.
Couillonner, v. a.—Tromper, trahir.
Coulant, adj.
Glissant. Ex. Le trottoir est coulant après cette pluie de
trois jours.
Coulée, n. f.
—Eau ou sève d'érable recueillie en un seul jour par les
fabricants de sucre.
—Ravin.
—Coulée de lessive, l'action de faire la lessive.
Couler, v. n. et a.
—Glisser sur un terrain gras ou humide. Ex. Mon pied
a coulé, j'ai failli tomber.
—Ruiner. Ex. Ce marchand est coulé à tout jamais.
—Insinuer. Ex. Je lui ai coulé ça dans le tuyau de l'oreille.
—Se la couler douce, faire joyeuse vie.
Couler (faire), loc.
Mettre en marche la fabrication du sucre d'érable.
Couleuré, e, adj.
Coloré. Ex. Cet enfant est trop couleuré.
Couleurer, v. a.—Colorer, donner des couleurs.
Couleuve, n. f.—Couleuvre. Ex. Du raisin de couleuve.
Coulombage, n. m.—Colombage.
Coulouer, n. m.—Couloir.
Coup, n. m.
—Verre de liqueurs fortes. Ex. Cet homme ne se fait pas
prier pour prendre un coup.
—Claquer le coup, boire plus souvent qu'à son tour.
—Faire les cent coups, faire tous les mauvais coups possibles.
—Avoir un coup, être légèrement ivre. Ex. Etais-tu ivre
l'autre soir quand je t'ai rencontré? Non, j'avais un coup.
—Avoir pris un coup de trop, avoir trop bu, au point de
s'enivrer.
—Prendre un coup, trop boire. Ex. Vois Chose, il a encore
pris un coup, c'est plus fort que lui.
—De ce coup-là, de ce coup-ci, cette fois. Ex. De ce coup-là,
il va se tuer.
Coup (du), loc.
A l'instant même. Ex. Du coup, te voilà pincé.
Coup (un), n. m.
Une fois. Ex. Un coup Noël arrivée, nous partirons.
Coup que (un), loc. conj.
Dès que. Ex. Un coup que tu auras fini tes histoires, tu
auras la bonté de m'écouter.
Coup d'eau, n. m.
—Maladie survenant après avoir bu trop d'eau. Ex. Un
cheval malade d'un coup d'eau.
—Masse d'eau arrivant à la fois à la suite de grandes pluies.
Coup de chance, loc. adv.
Heureusement. Ex. Coup de chance que tu sois venu me
tirer de l'eau, car j'allais me noyer.
Coup de cochon, n. m.—Action lâche et déloyale.
Coup de fion, n. m.
Dernière main donnée à la toilette.
Coup de main, n. m.—Aide passagère.
Coup de marteau, n. m.—Grain de folie.
Coup de patte, n. m.
Critique acerbe. Ex. C'est un homme charitable, mais il
n' oublie pas son petit coup de patte de temps en temps.
Coup de poche, n. m.—Action vile.
Coup de torchon, n. m.—Bataille, rixe.
Coup d'or, n. m.—Excellente affaire.
Coup du midi, n. m.
Heure du midi. Ex. Tu viendras me prendre sur le coup
du midi.
Coupable, adj.
Qui peut être coupé. Ex. Cette viande-là n'est pas coupable,
elle est dure comme du cheval, ce doit être de la vache
enragée.
* Coupable (plaider). (Angl.)
Avouer sa culpabilité. Ex. Des quatre criminels qui ont
comparu à la cour du banc du roi, deux ont plaidé coupable.
Coupâillage, n. m.
Découpage de linge, de papier. Ex. Veux-tu cesser tes
coupâillages, vilain garnement.
Coupâiller, v. a.
—Couper en menus morceaux.
—Couper maladroitement et sans ordre.
Coupant, adj.
—Mordant.
—Habile en affaires.
Coupant (au plus), loc. adv.
Au plus tôt. Ex. Va me chercher ma canne au plus coupant,
file au plus coupant.
Coupâsser, v. a.
Faire des petits ouvrages en coupant sans trop de soin.
Coupe, n. f.
—Entaille faite au pied d'un arbre par le bûcheron.
—Tranchée de chemin de fer.
—Couple. Ex. Une coupe de jours.
—Etendue de bois coupé.
Coupe-feu, n. m.
Porte de fer qui enlève toute communication entre deux
pièces.
Couper, v. a.
—Découper. Ex. Couper la viande.
—Rogner. Ex. Couper les gages d'un serviteur.
—Affranchir, hongrer.
—Clore. Ex. Il s'est fait couper le sifflet.
—Couper son eau, boire à petites gorgées.
—Couper la figure, se dit d'un vent très froid qui frappe la
figure avec violence.
—Couper par, prendre un raccourci. Ex. Tu couperas par
là, si tu veux arriver plus vite.
Couper (se), v. pron.
—Se contredire dans ses propres paroles. Ex. Vous venez
de vous couper, mon ami, surveillez vos paroles.
—Crotter ses chaussures en marchant dans des immondices.
Ex. Regarde à tes pieds, si tu ne veux pas te couper.
Couple de jours, n. f.
Deux jours. Ex. Je vous reverrai dans une couple de jours.
Coupler, v. a.—Accoupler. Ex. Coupler des bas.
Couplet, n. m.
Partie du collier qui fixe le timon au harnais. Ex. Des
cordes de couplets.
* Couque, n. m. (Angl.)—Cuisinier. De l'anglais cook.
* Couquerie, n. f.
Cuisine. Ex. Faire la couquerie. De l'anglais cookery.
Cour (homme de), n. m.—Qui a la surveillance des cours.
Courâillage, n. m.—-Action de courâiller.
Courâiller, v. n.
—Courir de tous côtés.
—Mener une mauvaise vie.
Courâilleur, n. m.—Débauché.
Courâilleux, n. m.
—Mendiant de mauvaise mine.
—Homme débauché.
Courant, n. m.
—Coulant, tige frêle qui s'allonge en coulant sur le sol.—(Dict.
Littré.)
—Plante grimpante en général.
Courante, n. f.—Diarrhée, cours de ventre.
Coureur, n. m.
Espèce d'esturgeon à nez très aplati.
Coureur des bois, n. m.—Chasseur, trappeur.
Coureux, adj.
—Personne aux mœurs dissolues.
—Agile, qui peut courir vite.
Coureux de chemin, n. m.
—Chemineau.
—Individu qui vagabonde à droite et à gauche.
Couriace, adj.—Coriace.
Courir, v. a. et n.
—Pousser. Ex. Pourquoi cours-tu ton cheval à pleine
vitesse?
—Faire la tournée. Ex. Nous allons courir les érables, cet
après-midi.
—Courir à travers. Ex. C'est un garçon qui n'est bon
qu'à courir les champs.
—Prendre part à un concours hippique. Ex. Vas-tu courir
ton trotteur aux prochaines courses.
—Courir sur, s'avancer vers.
—Courir après ses cinquante ans, arriver à cet âge.
Courpion, n. m.
Croupion. Ex. J'ai mal au courpion.
Courriette, n. f.
Petit morceau en forme de lanière. Ex. Se faire enlever
une courriette de peau par un clou.
Cours de banc.—Cours d'études suivi sans succès.
Course, n. f.
—Tirer une course, courir, lutter de vitesse.
—Faire une course sur une banque, demander un remboursement
de ses fonds.
Courson, n. m.—Cresson.
Court, adj.
Le court et le long, tous les détails. Ex. Je te raconterai le
court et le long de cette affaire, par temps perdu.
Court (être de), loc.
Etre à court d'argent. Ex. Prête-moi donc cinq piastres.
—Impossible, je suis trop de court.
* Court plaster, n. m. plasteur, (m. a.)—Taffetas gommé.
Courtes=pattes, n. m. pl.
Individu à jambes courtes. Ex. Voici un courtes-pattes qui
s'en vient.
Courtin, n. m.—Veste à manches.
Courvalline, n. f.
Dépuratif composé de racines de patience, de salsepareille,
de chiendent et de dent-de-lion, additionnées de sulfate
de magnésie.
Courvée, n. f.
—Corvée, tâche pénible.
—Corvée, travail collectif.
Cousable, adj.—Qui peut être cousu.
Couserai (je), futur du verbe coudre.—Je coudrai.
Cousin, n. m.
Gâteau à forme particulière qui fait partie des pains bénits.
Coûtage, n. m.—Coût, frais.
Coûtageux, adj.
—Coûteux.
—Gênant.
Coûtance, n. f.
Gêne. Ex. Ce n'est pas la coûtance qui me fait agir ainsi.
Coûtant, adj.—Qui coûte à faire.
Coutchou, n. m.—Caoutchouc.
Coutchouc, n. m.—Caoutchouc.
Coûte qui coûte, loc.—Coûte que coûte.
Couteau, n. m.
—Boisson alcoolique mise dans un verre d'eau gazeuse ou
d'eau. Ex. Coupe ton eau avec un petit couteau.
—Homme retors.
—C'est un petit couteau, c'est un homme de peu de valeur.
—Etre à couteaux tirés, être ennemi.
Couteau à poisson, n. m.—Truelle.
Coûtément, n. m.
Prix d'une chose, dépense à faire. Ex. Tout cela, ce sont
des coûtéments pour rien.
Coûter, v. n.
—Coûter les yeux de la tête, coûter très cher.
—Coûter chaud, même sens. Ex. Tu veux acheter du
stock de la Caisse d'Economie, je t'avertis que ça va te
coûter chaud.
Coute=pied, n. m.
Coup-de-pied. Ex. Si tu me donnes un coute-pied, je te le
rendrai.
Couture, n. f.
—Tout ce qu'il faut pour coudre. Ex. Emporte ta couture
avec toi.
—Rabattre les coutures, plaisanterie qui consiste à presser sur
les coutures d'un habit neuf, pour en marquer l'étrenne.
Amusement de collégiens.
Couvarcle, n. m.—Couvercle.
Couvarte, n. f.
Couverte. Ex. Une couvarte de laine, une couvarte à cheval.
Couvarture, n. f.—Couverture.
Couvé, e, adj.—Couvi. Ex. Un œuf couvé.
Couvert, n. m.
—Couvercle. Ex. Un couvert de plat, de chaudron.
—Couverture. Ex. Un couvert de livre, de boîte, de maison.
—Boîtier. Ex. Le couvert d'une montre. Ex. J'ai acheté
une montre couverte, c'est-à-dire à double boîtier.
—Donner à couvert, loger.
Couverte, n. f.—Couverture. Ex. Une couverte de lit.
Couvre=pieds, n. m.—Courte-pointe, couverture de lit piquée.
Couyau, n. m.
Coyau, pièce de bois qui porte sur l'extrémité inférieure des
chevrons, de manière à dépasser la saillie de l'entablement
pour former l'avance de l'égout du toit.
Couyon, n. m.—V. Couillon.
Couyonnade, n. f.—V. Couillonnade.
Couyonner, v. a.—V. Couillonner.
Crabe, int.—Crabe de chien! Crabe de diable! Crabe!
Crac, n. m.
—Faire un crac, embrasser une personne en lui entourant
le cou de ses bras. Expression qui s'applique plutôt aux
jeunes enfants. Ex. Crac, minouche.
—Un instant. Ex. J'ai fait cela dans un crac.
Cracher, v. n.
—Payer bon gré mal gré. Ex. Je finirai par le faire cracher.
—C'est son père tout craché, c'est son portrait ressemblant.
—Ne pas cracher dedans, ne pas dédaigner les liqueurs
fortes.
—Cracher des trente sous, cracher un rhume.
—Cracher blanc, avoir soif.
—Cracher sur son prochain, le mépriser.
—Cracher la vérité, avouer, rendre le secret.
—Ne pas cracher sur, ne pas dédaigner. Ex. Je ne crache
pas sur les petits profits que j'ai faits à la bourse.
Crachoué, n. m.—Crachoir.
Crachouè, n. m.—Crachoir.
* Cracknel, (m. a.)
Craquelin, biscuit au maïs, à bords dentelés et recourbés.
* Crakers, n. m. pl., (m. a.)
—Biscuit.
—Craquelin.
Crâde, n. f. (Angl.)
Multitude de personnes. De l'anglais crowd.
Crainte, n. f.
—Crainte de, crainte que, de crainte que. Ex. Dans son
testament, il a tout donné à sa femme, crainte que ses enfants
se chicanent.
—En crainte, craintivement. Ex. Il fait tout en crainte.
Craion, n. m.—Crayon.
Craire, v. a.
Croire. Ex. Jamais je vous crairai. V. Creire.
Crâlée, n. f.—Foule.
Cramaillère, n. f.—Crémaillère.
Crampe, n. m.—Crampon.
Cramper, v. a.
—Cramponner. Ex. Notre poêle est cassé, il faudra le
faire cramper.
—Se faire cramper, tromper.
—Cramper des pantalons, leur donner le pli avec un fer à
repasser.
Cramper (se), v. pron.
—Se cramponner, s'accrocher à quelqu'un.
Crampon, n. m.—Grappin.
Cramponner (se), v. pron.
—Se dit d'un cheval qui se blesse avec les crampons de
ses fers.
—Se donner une entorse.
—Se rétrécir, se contracter, se plisser. Ex. Une étoffe
qui se cramponne.
Cran, n. m.
—Rocher stratifié ou à fleur de terre qui borde le rivage du
fleuve Saint-Laurent. Ex. Courir d'un cran à l'autre, au
risque de se casser le cou.
—Côté. Ex. Mettre son chapeau sur le cran de la tête.
* Crank, (crangke) m. a.
Vif, gaillard, volage.
Cranque, n. f.
Crampe. Ex. J'ai des cranques dans le mollet.
Crapaud, n. m.
Avoir les mains comme des crapauds, avoir les mains enflées
par le froid.
Crape, interj.
Juron. Ex. Crape de chien! Crape chien!
Crapet, n. m.
—Enfant malin qu'on ne peut prendre plutôt par un bout
que par l'autre.
—Crapet jaune, poisson moins répandu dans la Province de
Québec que le crapet vert. Dans la région de Montréal
on l'appelle crapet noir.
Crapin, n. m.—Crapaud, gamin.
Crapotte, n. m.
Crapaud. Ex. Faire un saut de crapotte.
Crapouille, n. f.—Crapule.
Crapoussin, n. m.—Homme de très petite taille, mal tourné.
Craquant, n. m.—V. Croquant.
Craque, n. m.
—Instrument dont se servent les blanchisseuses pour gaufrer
la toile ou la dentelle.
—Bruit produit par des bottes en marchant. Ex. M. notre
professeur a du craque dans ses bottes!—Oui, mon enfant,
mais j'aime mieux avoir du craque dans mes bottes que
dans ma tête.
Craque, n. f.
—Crevasse. Ex. Une craque dans un mur.
—Fente. Ex. Cette planche a une craque.
—Dérangement du cerveau. Ex. Cet homme a une craque
à la tête.
Craquer, v. a. et n.
—Crevasser. Ex. Les murs de la ville sont craqués partout.
—Fendre. Ex. Sur cent planches, il y en a au moins vingt
qui sont craquées.
—Fendiller. Ex. Après cette grande sécheresse, la terre est
toute craquée.
— Craqueler. Ex. Il fait tellement chaud dans le salon,
que nos peintures ont fini par craquer.
—Tuyauter. Ex. Il faudra que ces dentelles soient craquées.
—Etre craqué après quelqu'un, avoir une amitié particulière
pour lui.
Craquignole, n. m.—V. Croquecignole.
Crasse, n. f.
Homme malhonnête. Ex. C'est une maudite crasse. Il
m'a joué un tour de crasse.
Crasser, v. n.—Etre malhonnête en affaires.
Crasser (se), v. pron.
S'assombrir. Ex. Le temps se crasse.
Crasserie, n. f.—Canaillerie, coquinerie.
Crasseux, n. et adj.—Malhonnête en affaires.
Crassin, n. m.—Crasse durcie.
Crassiner, v. n.—Bruiner.
Cravasse, n. f—Crevasse.
Cravasser, v. n.—Crevasser.
Cravasson, n. m.—V. Crevasson.
Crayon de mine.
Crayon de mine de plomb ou plombagine.
Crayon de plomb, n. m.
Crayon de plombagine ou de graphite.
Crayonner, v. a.
Ecrire en tous sens avec un crayon. Ex. Mon petit frère a
crayonné mon devoir.
* Crazy work, crézé weurke, (m. a.)
Ouvrage fait avec des retailles de drap, de soie.
Cré, adj.
Abréviation de sacré. Ex. Cré nom d'un chien! cré mille
noms! Cré mille bombes! Cré mâtin!
Créature, n. f.
Femme. Ex. Je vais me promener aux Etats, j'amène ma
créature avec moi. Je me suis souvent demandé, disait M.
Chauveau, si les sermons sur les dangers de s'attacher
trop fortement aux créatures ne formaient pas l'origine de
cette expression bien canadienne. M. Chauveau se trompait,
car le mot créature pour femme se dit en Normandie.
Créchard, n. m.
Qui vit aux dépens du gouvernement; celui-ci est la crèche.
Crèche, n. f.
Service civil en général. Tout fonctionnaire est censé manger
à la crèche gouvernementale. Ex. Vivre à la crèche,
manger à la crèche.
Crédit, n. m.
—Un bon crédit, un homme qui paie bien.
—Un mauvais crédit, celui qui paie mal. Ex. Ne lui avance
rien, c'est un mauvais crédit.
Créiature, n. f.
Créature, femme en général. Ne se prend jamais en mauvaise
part. Ex. C'est ma créiature, c'est-à-dire ma femme
légitime.
Créié, interj.—Juron très populaire.
Creire, v. a.
Croire. Ex. C'est à creire que je vais consentir à te donner
mon argent. J'te cré! Cré-moé ou cré-moé pas, je te dis
qu'il y a un revenant qui apparaît toutes les nuits au
cimitière.
Crémage, n. m.—Action de crémer.
Cré mâtin, interj.
Bégaiement pour sacré!
Crémer, v. a.
Couvrir un gâteau de sucre.
Crèmerie, n. f.
Etablissement où l'on fabrique le beurre. Ex. Avez-vous
du beurre de crèmerie à me vendre.
En France, la crèmerie est l'endroit où l'on vend le beurre.
* Crémeur, n. m., (Angl).
Mouton de Perse. Ex. Un capot en crémeur.
Crémeuse, n. f.
Ecrémeuse. Ex. Du beurre de crémeuse.
Crémone, n. f.
Cravate de laine tricotée pour mettre autour du cou, en hiver.
En France, la crémone est une espagnolete pour fermer les
croisées.
Créon, n. m.
Crayon. Lacombe donne créon pour crayon.
Crêpe, n. f.
—Virer une crêpe, au jeu de brisque celui qui gagne cinq
brisques s'empare du talon et le tourne à l'envers; alors
il a gagné la partie. Se dit encore de celui qui glisse et
tombe de tout son long.
—Jouer à la crêpe, jouer à la brisque.
Crétique, n. f.—Critique.
Crétiquer, v. a.—Critiquer.
Créton, n. m.
Creton, rillon, peau croustillante qui reste dans la graisse
quand on la fait fondre.
Creume, n. f.—Crème.
Creumer, v. n.—Crémer.
Creuve=faim, n. m.—Mendiant.
Creux, n. m. et adj.
—Sourd. Ex. Une voix creuse.
—Faire son creux, son trou.
—N'être pas dans le plus creux, n'être pas au bout de ses
peines.
—Sonner le creux, sonner creux.
—Tousser creux, avoir une toux profonde.
Creuyabe, adj.—Croyable.
Crevasson, n. m.—Homme de peu de valeur.
Crève=faim, n. m.—Pauvre, mendiant.
Crevé, adj.
—Hernié.
—Fat. Ex. Un petit crevé.
Crever, v. a.
—Crever la faim, mourir de faim.
—Crever la soif, mourir de soif.
Crever (se), v. pron.
Contracter une hernie.
Crever (se faire). Se faire mourir. Ex. Il se fait crever à force
de travailler.
Crevure, n. f.—Hernie.
Crève=z=yeux, n. m.
—Asperge.
—Coléoptère.
Créyable, adj.—Croyable.
Créyance, n. f.—Croyance.
Créyant, adj.—Croyant.
Cri, n. m.
—Personne irascible. Ex. Cet enfant est méchant comme
un cri.
—Criée. Ex. Tu feras le cri à la porte de l'église que j'ai
perdu ma vache.
Cri (aller).—Aller quérir. Ex. Va cri mon chapeau.
Criage, n. m.—Criaillerie.
Criâillage, n. m.—Criaillerie.
Criâilleux, n. et adj.—Criailleur.
Cribe, n. m.—Crible.
Crible, n. m.
—Tarare, instrument qui sert à vanner le blé et à nettoyer
le grain.
—Brette, petit train de bois flotté.
Cric, n. m.
Enfant maussade. Ex. Etre méchant comme un cric.
Cric=crac, n. m.—Crécelle.
* Cricket, crikète, (m. a.)—Jeu de balle à la crosse.
Crier, v. n.
—Gronder, gourmander.
—Annoncer à la criée.
—Faire une chose en criant Jack ou en criant ciseau, c'est-à-dire
faire très vite.
—Crier comme un aveugle qui a perdu son bâton, crier à
pleins poumons.
Crieur, n. m.—Audiencier.
Crieux, adj.—Criard.
Crignasse, n. f.—Chevelure épaisse et en désordre.
Crigne, n. f.
—Crinière. Ex. Tu prendras le cheval par la crigne et tu
me l'amèneras.
—Chevelure. Ex. Je l'ai pris par la crigne et je l'ai couché
par terre.
Crignière, n. f.—Crinière.
Crin, n. m.
Avoir les oreilles dans le crin, être sur ses gardes.
Crincrin, n. m.—Violon.
Crion, n. m.—Crayon.
Crique, n. f.
—Dent d'enfant. Ex. Montre tes petites criques à maman.
—Petite rivière.
—Fissure dans un rocher.
Criquet, n. m.
—Enfant agité.
—Grillon domestique.
Crir, v. a.—Chercher, quérir.
Cristi, Juron.
Critiqueux, n. et adj.—Critiqueur.
Criyon, n. m.—Crayon.
Cro, cros, n. m.
—Vieille dent ébréchée.
—Barbe. Ex. Je me laisse pousser les cros. En Normandie
on se sert du mot barbacro pour désigner de grandes
moustaches, barbe en forme de crochet.
Croche, adj.
—Faux. Ex. Cet homme a des idées croches.
—De travers. Ex. Il a l'esprit croche.
—Avec certitude. Ex. Je te l'ai fourré dedans un peu
croche.
Crochet, n. m.
—Tire-bouton, crochet qui sert à boutonner des souliers,
des gants.
—Tirer au crochet, se prendre d'un doigt, généralement le
médium, avec le doigt d'un autre pour lutter de force.
Crochir, v. a.—Courber, rendre croche.
Crochu, adj.
Bancroche. Ex. C'est un garçon bien mal planté, il est
tout crochu.
Crocket, n. m. (Angl.)
Mail; jeu qui consiste à pousser une boule avec le mail, ou
petit maillet en bois, de forme cylindrique.
Croire (se) quelqu'un, loc.
Avoir confiance en soi.
Croisaillâge, n. m.—Croisement en tous sens.
Croisâiller, v. a.—Disposer en croix nombreuses.
Croisâiller (se), v. pr.—Se rencontrer de près sur la route.
Croisée, n. f.
Bois disposé en croix aux deux extrémités d'une cordée
pour l'empêcher de débouler.
Croiser, v. n.
Etre assez bien pourvu de provisions, de blé, d'avoine, etc.,
pour pouvoir attendre jusqu'après la nouvelle récolte.
Ex. J'ai encore beaucoup de blé, j'espère que je vais
croiser facilement.
Croiser (se), v. pron.
Faire le signe de la croix. Se disait à Québec au commencement
du dix-neuvième siècle.
Croison, n. m.—Cloison.
Croisonner, v. a.—Cloisonner.
Croix, n. f.
Personne assommante, pas endurable. Ex. Encore ma
croix qui arrive.
Croix de Saint=Louis,
—Plante qui croît à travers les blés.
—Ce n'est pas de la croix de Saint-Louis, cet homme ne
vaut pas grand'chose, il ne ressemble aucunement aux
chevaliers porteurs de cette croix. Sous le régime français,
ce genre de décoration était très en vogue, même
parmi les Canadiens.
Croquant, n. m.
Cartilage ou autres parties d'un animal qui résiste à la dent.
Croquecignole, n. m.
Croquignole, sorte de pâtisserie, ainsi nommée parce qu'elle
imite assez la forme que prennent les doigts lorsqu'on
veut donner une croquignole ou chiquenaude sur le nez.
Dans la région de Montréal, on dit beigne pour croquignole.
Beigne est une corruption de beignet, qui est une
tout autre espèce de pâtisserie. En France, la pâtisserie
qui se rapproche le plus du croquignole, s'appelle casse-museau.
Croquée, n. f.
Dentée. Ex. Prendre une croquée amont un morceau de
sucre.
Croquette, n. f—-Variété d'airelle (bluet).
* Croqueurse, n. m. pl., (Angl.)—Crackers.
Croquignole, n. m.—V. Croquecignole.
* Crossing, n. f., (m. a.)
Croisière. Ex. Prends garde à ton cheval quand on arrivera
à la crossing, parce qu'il peut passer un train.
Crotte, n. f.
—Faire petite crotte, vivre péniblement.
—Avoir la crotte au nez, avoir des sécrétions nasales durcies.
Crotteux, adj.
Plein de crottes. Ex. Cet enfant a le nez crotteux.
Crotton, n. m.
Petit enfant chéri. Ex. Viens m'embrasser, mon cher
crotton.
Croupion (à), loc. adv.
A croupetons, position d'une personne accroupie. Ex. Etre
à croupion sur une chaise.
Croupis, v. n.
Demeurer longtemps dans un même endroit. Ex. Ne me
laisse pas croupir là.
Crouston, n. m.
Croûton, l'extrémité du pain où il y a le plus de croûte.
Croûte, n. f.
—Neige durcie à la surface. Ex. Marcher sur la croûte.
—Ecorce des arbres. Ex. Se chauffer avec des croûtes.
—Casser une croûte, manger, faire un repas.
—Avoir bien des croûtes à manger avant d'arriver au succès,
n'être pas près d'arriver.
Croûtes, v. n.—Durcir. Ex. Un sol qui croûte.
Crow-bar, bâr, (m. a.)—Pince, levier.
* Crowd, craude, (m. a.)—Foule, rassemblement. V. Crâde.
Cru, adj.
Humide Ex. Le temps est cru, nous allons avoir de la pluie.
Cruchetée, n. f.—Cruchée. Ex. Une cruchetée de lait.
Cruchon, n. m.—Imbécile.
Cruel, adj.
Enfant difficile à élever parce qu'il pleure, et ne dort pas.
Ex. Une mère de famille qui n'a que des enfants cruels.