—Du moment que. Ex. D'abord que tu seras présent, nous
serons plus à l'aise.
Dague, daye, n. f.
Emporte-pièce, outil dont la tranche forme exactement le
contour de la pièce à découper.
Daguer, dayer, v. a.—Découper avec la dague.
Dagueur, dayeur, n. m.
Ouvrier employé dans les manufactures de chaussures.
D'aguette, loc.
Avec précaution. Ex. Cette femme marche toujours d'aguette,
sans faire de bruit; en réalité elle craint d'éveiller
la curiosité des autres.
Dalle, n. f.
—Evier.
—Chéneau, conduit de bois ou de métal, qui reçoit les
eaux des toits pour les diriger vers le tuyau de descente
(dalleau).
—Conduit alimentaire de la bouche à l'estomac. Ex.
Allons nous rincer la dalle.
Dalleau, dallot, n. m.
—Conduit en fer-blanc, en zinc, en tôle, en bois par où s'écoule
l'eau des toits, et qui lui est arrivée par la dalle.
—Doigt de gant ou linge, qui sert à envelopper un doigt
malade.
—Ivrogne, buveur.
Dalmatique, n. f.
Chemise. Ex. Ce soir, comme il fait chaud, je vais me
mettre au lit en dalmatique.
Damage, n. m.
Dommage. Ex. Beau damage. Nous trouvons damage
dans la chanson de Roland.
Damageable, adj.—Dommageable.
Damas, n. m.
Prunes de Damas, prunes violettes, de grosseur moyenne et
très succulentes, récoltées sur la côte de Beaupré, et sur
l'île d'Orléans.
Dame, n. f.
—Femme. Ex. Votre dame est bien, j'espère.
—Barrage, digue.
—Cage en bois servant de quai. Ex. A la baie Saint-Paul,
il y a, en plein fleuve, une dame de difficile abord.
—Grosse dame, dame riche et de haut ton.
—Dame! interjection.
Damnation!
Juron assez fréquent, prononcé dans un moment de colère ou
de douleur.
Damné, e, adj.
Mauvais. Ex. Voilà une damnée affaire qui me casse les
bras.
* Dampeur, n. m. (Angl.)
Clef de tuyau de poêle, registre de cheminée.
Dandeliner (se), v. pron.—Se dandiner.
* Dandy, dann'dé, (m. a.)—Elégant.
Dangereux, euse, adj.
—Probable. Ex. C'est pas dangereux qu'il fasse mauvais.
—Imprudent, étourdi. Ex. Cet enfant est dangereux, il
faut y faire attention.
Dangéreux, adj.—Dangereux.
Dans, prép.
—Sur. Ex. Grimpe dans l'arbre.
—Par. Ex. Je suis capable de payer cinq chelins dans le
louis.
—A peu près. Ex. C'est un homme dans votre taille, dans
votre âge.
—A. Ex. Aller au marché un panier dans le bras.
Dans (par), loc. prép.
Dans. Ex. Tu passeras par dans le chemin Gomin.
Dans la lune (être), loc.
Etre très distrait. Ex. A quoi pensez-vous donc, êtes-vous
dans la lune?
Dans le criminel, loc.
D'une façon exagérée. Ex. Vendre cher dans le criminel.
Dans le fil, loc.
Avec beaucoup d'habileté. Ex. Cet ouvrage a été fait dans
le fil.
Dans le sac (être),
Régler, terminer. Ex. Notre affaire est dans le sac, tapons-là.
Dans les, loc. prép.
Environ. Ex. Cette maison m'a coûté dans les cinq mille
piastres.
Dans les à peu près, loc. prép.
A peu près. Ex. Il doit avoir quatre-vingts ou dans les à
peu près.
Dans les environs, loc. prép.
A peu près. Ex. Ma maison vaut dans les environs de cinq
mille piastres.
Dans les grands prix, loc. prép.
Autant qu'il y a moyen. Il s'est fait blaguer dans les
grands prix.
Dans le temps de le dire, loc.
En le disant. Ex. J'ai appris ma leçon dans le temps de le
dire.
Dans mon opinion, loc. prép.
D'après moi. Ex. Dans mon opinion, il mouillera avant
que le soleil se couche.
Dans par, loc. prép.
Par. Ex. Si tu veux dire comme moi, nous partagerons
dans par la moitié.
Dans un rien de temps, loc.
En moins de rien. Ex. J'ai fait mon ouvrage dans un rien
de temps.
Danse, n. f.
Soirée où l'on danse. Ex. Vas-tu à la danse, ce soir, chez
Boulé?
Danse câllée, n. f.
Danse pendant laquelle quelqu'un appelle les figures. Ce
quelqu'un est désigné sous le nom de câlleur. (Angl.)
Danse carrée, n. f.—Quadrille, lancier.
Danse ronde, n. f.
Danse en rond, cotillon.
Danse vive, n. f.
Valse, polka. Ex. Les danses vives sont tout simplement
tolérées, elles ne sont pas permises:
Danser, v. n.
—Danser à la corde, sauter en faisant passer sous ses pieds
une corde qu'on tourne.
—Danser plus vite que le violon, aller trop vite en besogne.
D'apparence, loc.
Selon les apparences. Ex. Il fera beau avant le coucher du
soleil, d'apparence.
D'apparence que, loc. adv.—Apparemment.
D'arculons, loc adv.—A reculons.
De raculons, loc. adv.—A reculons.
De reculons, loc. adv.—A reculons.
Darder (se), v. pron.
Se jeter sur. Ex. Il s'est dardé sur Pierre pour le frapper.
Donne l'idée d'un dard lancé avec force et qui pénètre dans
les chairs.
Dardeur, n. m.—Celui qui darde le poisson avec la nigogue.
Dargnier, adj. et n.
—Dernier né. Ex. Le petit dargnier, chez nous, s'appelle
Benjamin.
—Dernier.
—En dargnier, en dernier lieu. Ex. Quand même tu
arriverais en dargnier, ça ne fait rien.
Dargnièrement, adv.
Dernièrement. Ex. J'ai appris cela tout dargnièrement.
* Darner, v. a. (Angl.)
Repriser, raccommoder, ravauder. De l'anglais to darn.
Darnier, adj.—Dernier. Ex. Le darnier de la classe.
Darrière, adv.
Derrière. Ex. Passe par darrière la voiture. Moi, je n'ai
pas de porte de darrière, je dis tout ce que je pense.
Darte, n. f.—Dartre.
Darteux, adj.—Dartreux.
* Dash, dach, n. m., (m. a.)
—Trait, filet (terme d'imprimerie).
—Em dash.—Trait de la largeur d'un m.
Date (en) de, loc.
A la date de. Ex. Je suis à peu près certain que Montréal
a été fondé en date de 1642.
* Date (up-to-), eupe-tou-déte, m. a.
De mode récente, dans les derniers goûts. Ex. Le magasin
Morgan est up-to-date.
D'avance, loc.
—Prompt, expéditif. Ex. J'emploie beaucoup d'ouvriers,
sur le nombre il en est peu qui soient d'avance.
—Hâtif. Ex. J'ai récolté cent minots de patates d'avance.
D'avant, loc.
Auparavant. Ex. Viens me voir à Noël?—Non, j'irai la
semaine d'avant.
D'avant que, loc. adv.—Avant que.
Davantage, adv.
Une plus grande quantité, plus. Ex. As-tu assez de pièces
de dix cents?—Non, j'en voudrais davantage.
* Day-book, dé-bouc, (m. a.)—Brouillard, livre de commerce.
D'ci et là, loc. adv.
D'un côté et de l'autre. Ex. Il va d'ci et là sans trop savoir où.
D'dans, adv. et prép.
—De. Ex. Débarque d'dans la voiture.
—Dans. Ex. Embarque d'dans les chars.
—Dedans. Ex. Je me suis fait fourrer d'dans de la belle
façon.
De, prép.
—A. Ex. Je suis prêt de m'en aller.
—A la place de. Ex. Si j'étais de toi, je m'en irais.
—Un. Ex. Il ne pourra avoir de serviteur comme celui-là.
—Au prix de. Ex. Il est bien différent de ce qu'il était
autrefois.
—Depuis. Ex. Il est malade de la semaine dernière.
—Dans. Ex. Pierre est bien-affligé des yeux.
* Dead lock, dèd, (m. a.)
Arrêt forcé, impasse. Ex. Les affaires vont très mal, nous
sommes en plein dead-lock.
Débâcle, n. f.
Diarrhée considérable après une forte constipation.
Débagagement, n. m.
Déménagement. Ex. Les débagagements à Québec se font
du 1er au 3 mai.
Débagager, v. a.
—Déménager, enlever son bagage pour le transporter ailleurs.
Ex. Charretier, comment me chargez-vous pour
me débagager?
—Déraisonner. Ex. Le vieux commence à débagager.
Cotgrave cite débagager pour serrer, mettre en paquets.
Débagoulard, n. m.—Bavard de bas étage.
Débagouler, v. n.
Bavarder, parler avec passion de choses fastidieuses.
Déballé (nouveau), n. m.
Nouvellement arrivé, comme si l'individu était venu enveloppé
dans une toile d'emballage. Ex. Encore un nouveau
déballé entré au département des terres de la couronne.
Déballer (se), v. pron.—Se décider à agir.
Débaptiser, v. a.
Changer de nom de baptême.
Débarbouiller, v. a.—Battre.
Débarbouiller (se), v. pron.
—Se tirer d'embarras. Ex. Débarbouille-toi comme tu
pourras, moi je m'en lave les mains.
—S'éclaircir. Ex. Le temps se débarbouille vite.
Débarquement, n. m.—Débarcadère.
Débarquer, v. a.
—Descendre d'un lieu élevé. Ex. Débarque de la voiture,
nous sommes trop de monde.
—Oter. Ex. Débarque-le de là, ou je vais le débarquer.
—Descendre en général. Ex. Débarque de sur mes genoux.
—Cesser de s'appuyer. Ex. Débarque de sur moi, tu me
gênes dans mes mouvements.
—Cesser d'occuper une position. Ex. Tu vas débarquer de
ta place, si tu continues à te mal conduire.
Débarras, n. m.
—Clairière. Endroit où l'on relègue tout objet embarrassant.
—Diarrhée.
Débarrasser, v. a.
Abattre des arbres. Ex. Nous allons construire dans cette
partie du bocage, il faudra commencer par débarrasser.
Débârrer, v. a.
Ouvrir une porte, un meuble fermé à clef. Ex. Voici mon
trousseau de clefs, débârre tous les meubles et toutes les
portes qui ont été fermés à clef avant notre départ.
* Debater, débéteur, (m. a.)
Orateur parlementaire, argumentateur.
Débattement, n. m.—Palpitation, battement du cœur.
Débattre (se), v. pron.
Battre. Le cœur me débat comme s'il voulait me sortir du
corps.
Débaucher, v. n.
Lancer, partir. Ex. Une fois débauché, il n'y a plus moyen
de l'arrêter, celui-là.
* Débenture, n. f. (Angl.)
Titre ou obligation émise par un gouvernement, une corporation
municipale.
De besoin, loc.
Besoin. Ex. Voulez-vous acheter des livres?—Merci, j'en
ai pas de besoin.
Débiffer, v. n.
Perdre sa bonne mine, son apparence de santé. Ex. Comme
tu es débiffé ce matin, as-tu couché sur les ravalements?
Débine, n. f.
—Misère, pauvreté, gêne. Ex. La débine me poursuit
depuis quelque temps.
—Binette.
Débiner, v. a.
—Médire, dénigrer. Ex. Qu'as-tu à tant débiner sur le
compte de ton prochain?
—Perdre contenance.
Débiscaillé, adj.
—Bouleversé de figure. D'où viens-tu, comme tu es
débiscaillé, ce matin?
—Brisé, déformé. Ex. Un chapeau débiscaillé.
Débitage, n. m.
—Action de dépecer.
—Action de fendre le bois.
Débiter, v. a.
—Dépecer. Ex. Es-tu bon pour débiter un bœuf?
—Fendre. Ex. Débiter une corde de bois.
Débiteur, adj.—Dépeceur, fendeur de bois.
Débloquer, v. a.
Mettre un convoi de chemin de fer en état de s'avancer,
après avoir enlevé la neige qui l'arrêtait. Ex. Enfin les
chars, retenus à Saint-Charles depuis deux jours par une
tempête de neige, sont débloqués.
Déboire, v. n.—Vomir.
Débord, n. m.—Diarrhée considérable.
Débordage, n. m.—Saillie.
Débordé, e, adj.
Un lit débordé, un lit dont les couvertures sont pendantes.
Débotter (se), v. pron.—Oter ses bottes.
Débouche, n. m.—Débouché.
Débouler, v. n. et a.
—Rouler de haut en bas. Ex. L'enfant vient de débouler
l'escalier, il a dégringolé de tout son long. En France,
ce mot veut dire s'enfuir au plus vite, courir comme une
boule qu'on lance.
—Devenir mère, en parlant de la femme.
Débouliner, v. n.—Dégringoler.
Déboulis, n. m.
—Avalanche de neige, provenant des toits ou des roches,
qui culbutent du sommet ou du flanc d'un cap ou d'une
montagne.
—Eboulis. Ex. Un déboulis de pierres.
—Eboulement, chute de ce qui s'éboule.
Débourgeonner, v. a.
Enlever les bourgeons de l'arbre.
Débourrer, v. a.
—Vider la pipe du tabac qu' elle contient.
—Travailler à former l'intelligence.
Débourrer (se), v. pron.
Croître en intelligence. Ex. Notre petit Jean commence à
se débourrer, la maîtresse d'école est contente de lui.
Débouter, v. a.
Doubler un cap, en terme de marine. (Cl.)
Déboutonner (se), v. pron.
—Faire preuve de générosité dans une circonstance spéciale.
—Dire tout ce qu'on pense. Ex. Si je perds patience, je
finirai un bon jour par me déboutonner.
Débrager (se), v. pron.—S'agiter, se démener.
Débraqueter, v. a.
Enlever les broquettes. Ex. Débraqueter un tapis.
Débrayer, v. n.—Trop parler.
Débrette, n. f.—Gros repas, fête de famille.
Débricoler, v. a.—Enlever la bricole.
Débricoler (se), v. pron.—Oter ses bretelles.
Débringué, e, adj.
Qui a une tournure négligée, nonchalante.
Débris, n. m. pl.
Abatis. Ex. Un débris de veau.
Débriscaillé, adj. part.—Débiscaillé. V. ce mot.
Débrousser, v. a.
Enlever les branchages (brousse) des vigneaux.
Décacher, v. a.—-Enlever les couvertures d'un lit.
Décacher (se), v. pr.—Se désabrier. V. ce mot.
Décaler, v. n.
—Enlever l'écale d'une noix.
—Enlever le brou d'une noix, d'une noisette.
Décalotter, v. a.
Décoiffer, ôter le chapeau, le casque, la casquette.
Décalotter (se), v. pron.—Se décoiffer.
Décampe, n. f.
Allure, dégaîne. Ex. En voici un qui a une curieuse
décampe.
Décaniller, v. n.
Déménager, déguerpir, fuir comme un chien; du latin canis,
chien.
Décanter, v. a.
Changer de position un objet mis sur le cant. V. Cant.
Décapoter, v. a.
—Enlever le capot ou le par-dessus.
—Dépecer la baleine.
Décapoter (se), v. pron.
Oter soi-même son capot. Ex. Décapotez-vous, vous allez
avoir trop chaud.
Décapuchonner, v. a.—Enlever le capuchon.
Décapuchonner (se), v. pron.—Oter son capuchon.
Décarcaner, v. a.—Oter le carcan.
Décarêmer (se), v. pron.
Faire un repas copieux après quelques jours de privations.
Ex. Il y a assez longtemps que nous mangeons de la morue,
décarêmons-nous avec du jambon.
Décarrer, v. a.
Enlever à quelqu'un sa carre. (T. de jeu.)
Déceinturer, v. a.—Oter la ceinture, déceindre.
Déceinturer (se), v. pron.
Oter sa ceinture. Ex. Déceinturez-vous, afin que vous respiriez
plus à l'aise.
De cela (à part), loc adv.
A part cela. Ex. A part de cela, qu'as-tu à me dire?
De ce que, loc.
Comme, à quel point. Ex. Je ne suis pas capable de te dire
de ce que mon père est fâché contre moi.
De delà, loc. adv.
De là. Ex. Ote-toi de delà que je m'y mette?
Décerner, v. a.—Cerner, entourer de toutes parts.
Décesser, v. n.
Cesser. Ex. Il ne décesse pas de m'ennuyer.
Déchafauder, v. a.—Enlever un échafaud.
Déchagriner, v. a.—Consoler.
Déchagriner (se), v. pr.—Se consoler.
Déchaîné, adj. part.
Homme en furie. Ex. Cet homme est un véritable déchaîné,
il est capable de tuer.
De chance que, loc. adv.—Heureusement que.
Déchanger (se), v. pron.—Changer d'habit.
Décharge, n. f.
Ruisseau ou rivière dans laquelle se déversent les eaux d'un
lac, d'un étang. Ex. La Grande Décharge du lac Saint-Jean,
dans la rivière Saguenay.
Déchargeage, n. m.—Déchargement.
* Décharger, v. a.
Congédier, retirer à quelqu'un sa charge. Ex. Je suis obligé
de partir de Québec, mon patron vient de me décharger.
(Angl.)
Décharger (se), v. pron.
Décharger sa bile. Ex. A la prochaine occasion, je me
déchargerai sur lui.
Dèche, n. f.
Gêne, misère. Ex. De ce temps-ci, je suis dans la dèche,
inutile de me parler de souscription.
Déchesser, v. a.—Dessécher.
Décheter, v. a.—Repousser, mépriser.
Décheviller, v. a.—Oter la cheville.
Déchicoter, v. a.—Déchiqueter.
Déchiffrer, v. a. Défricher.
Déchoquer (se), v. pron.
Se défâcher. Ex. Tu te choques, tu n'auras plus qu'à te
déchoquer.
Décimale, n. f.
Volée de coups. Ex. Si tu ne te tiens pas tranquille, je te
donnerai une bonne décimale.
Décirer, v. a.—Enlever la cire des oreilles, des yeux.
Decit et d'là, loc.—Ici et là.
Déclaquer (se), v. pron.
Oter ses claques. Ex. Déclaque-toi, tu as fini tes sorties
pour ce soir.
Déclarer faillite.—Se déclarer en faillite.
Déclaver, v. a.
Enlever l'anneau qui sert à enclaver un animal.
Déclencher, v. a.—Enlever la clenchette d'une porte.
Déclin (en), loc.—A clin. Ex. Lambrisser en déclin.
Décloquer, v. a.—Enlever la cloque, le par-dessus d'hiver.
Décloquer (se), v. pron.—Oter sa cloque.
Décolérer (se), v. pron.—Se défâcher.
Décoller, v. a. et n.
—Congédier. Ex. Allons, fiche-moi la paix, sinon je te
décolle d'ici. Décolle, ou je vais me fâcher?
—Courir à une grande vitesse. Ex. Je viens de rencontrer
un cheval à l'épouvante, je t'assure que ça décollait.
Décollouer, v. a.—Déclouer.
Décompte, n. m.
Revision. Ex. L'élection est finie, les candidats ont presque
le même nombre de votes, il va falloir faire le
décompte.
Décompter, v. a. et n.
—Compter les bulletins de vote après une élection.
—Perdre la raison.
—Condamné à mourir. Ex. Mon frère Thomas est bien
malade, le docteur l'a décompté.
Déconçarter, v. a.—Déconcerter.
De conte, prép.—Contre, à côté de.
Décoppé, adj.—Sans argent, sans la coppe.
Décorder, v. a.—Défaire une corde.
Décorer, v. n.—Enlever les cors au pied.
Décoter, v. a. et n.
—Faire en sorte que celui qui est accoté change de position.
—Changer de position.
Découde, v. a.—Découdre.
Découdre (en), loc.
Grabuge. Ex. Il va en découdre, si je n'arrive pas à mon
but, il y aura du train, du grabuge, on en entendra parler.
Découèffer, v. a.—Décoiffer, enlever son chapeau.
Découleurer, v. a.—Décolorer.
Découper, v. a.
Trancher. Ex. Cette couleur bleuâtre découpe très bien sur
le jaune.
Découserai, fut. de découdre.
Découdrai. Ex. Il en décousera, si je n'arrive pas à temps.
Découvarte, n. f.—Découverte.
Découvert, n. m.
—Abatis d'arbres.
—Chemin tracé à travers la forêt.
Découvrir, v. a.
Découvrir saint Pierre pour couvrir saint Paul, dérober à
l'un pour donner à l'autre.
Décrasser (se), v. pron.
Se mettre au beau, en parlant de la température. Ex. Le
temps commence à se décrasser.
Décravater (se), v. pron.—Oter sa cravate.
Décrocher (se), v. pron.
—Se décrocher la palette de l'estomac, se casser l'appendice
xyphoïde ou la pointe du sternum.
—Avoir l'estomac décroché, avoir contracté une maladie des
voies digestives qui ruine la constitution.
Décrocheter, v. a.—Décrocher.
Décroits, n. m. pl.—Ecroits.
Déculotter, v. a.
—Donner une verte semonce.
—Tromper dans un marché.
—Exposer en public les opinions d'un individu.
Dedans, adv.
—Dans. Ex. Va dedans ma chambre.
—Donner dedans, tromper.
—Etre dedans, se mettre dedans, être en perte. Ex. Il s'est
mis dedans pour une forte somme.
—Se faire fourrer dedans, se faire blaguer.
—Ne pas cracher dedans, ne pas dédaigner le petit verre.
—Mettre les animaux dedans, les envoyer à l'étable.
Dedans (en) de, loc. adv.
En moins de. Ex. Son cheval fait son mille en dedans de
trois minutes.
De dedans.—De. Ex. Sors de dedans le salon.
De de.—De. Ex. Je viens d'arriver de de chez lui.
De devant,
—D'avant. Ex. Le dimanche de devant Noël.
—D'auparavant. Ex. Il est mort dans la semaine de
devant.
Dédire (se), v. pron.
—Perdre sa bonne mine. Ex. Cette femme, si élégante
autrefois, s'est beaucoup dédit depuis un an.
—Ne pas arriver dans la mesure que l'on pouvait espérer.
Ex. Les récoltes avaient belle apparence, mais le blé s'est
beaucoup dédit.
De d'là, loc. adv.
—De là. Ex. Ote-toi de d'là.
—De cet endroit. Ex. François dit qu'il est de la paroisse
de Saint-Pierre, toi, es-tu de d'là?
Dédoubler, v. a.
—Doubler. Ex. Dédoubler un cap, un coin de rue.
Dédoubler (se), v. pron.—Redoubler d'efforts.
D'ein.
Dans un. Ex. J'ai fait mon ouvrage d'ein rien de temps.
D'eine.
—D'une. Ex. Nous avons fait dix lieues d'eine seule
bourrée.
—Dans une. Ex. Mets les patates d'eine poche.
Défâcher (se), v. pron.
Se remettre en bonne humeur après s'être fâché.
Défaçonner, v. a.—Faire perdre contenance.
Défaire, v. a.
—Ramener plus ou moins à l'état primitif. Ex. Défaire
du beurre, l'agiter au point de lui donner la consistance
de crème.
Défaire (se), v. pron.
—Oter ses habits extérieurs. Ex. Défaites-vous et venez
prendre le dîner avec moi.
—S'agiter ferme, se donner beaucoup de mal.
Défaisable, adj.
Qui peut se défaire. Ex. Ce nœud-là n'est pas défaisable.
Défaite, n. f.
—Prétexte, excuse. Ex. Ça, c'est encore une défaite de ta
part.
—Echiffes, vieux linge échiffé, cardé et tissé. (B. P. F.)
* Défalcataire, (Angl.)—Concussionnaire.
* Défalcation, (Angl.)—Concussion.
Défaller (se), v. pron.—Se découvrir le cou.
Défarger, v. a.—Désentraver.
Défaut, n. m.—Faute. Ex. Tomber en défaut.
Défaut d'une côte, n. m.
Endroit où le chemin commence à s'élever ou à s'abaisser.
Défendre (se), v. pron.
—Cesser de jouer. Ex. Je ne joue plus, je m'en défends.
—Se défendre de son corps et de son sang, protester fortement
de son innocence.
Défendu, adj.
Impossible. Ex. Je ne puis travailler plus de quatorze heures
par jour, cela m'est défendu. (Par qui? on ne le dit pas.)
Déficile, adj.—Difficile.
Défiger (se), v. pron.
Prendre de l'aplomb, de la vigueur. Ex. Cet enfant commence
à se défiger, sa timidité s'en va peu à peu.
Défint, te, adj.
Défunt. Ex. Mon défint père qui est mort.
Défoncé, adj. part. et n. m.
—N'avoir plus de fonds en banque. Ex. Demande-moi
pas d'argent, je suis défoncé.
—Manger comme un défoncé, manger avec excès.
Défoncer, v. a.
—Enfoncer. Ex. Ne défonce pas la porte avec tes poings.
—Se défoncer. Ex. Les chemins défoncent ce matin.
* Défranchisation, (Angl.)
Condamnation d'un électeur à la perte de ses droits politiques
ou civils.
* Défranchiser, v. a. (Angl.)
Enlever à un électeur ses droits politiques ou civils.
Défrayer (se), v. pron.—Se divertir.
Défricher, v. a.—Déchiffrer.
Défriper, v. a.
Défaire les plis d'un vêtement chiffonné, d'un linge fripé.
Défroque, n. f.
Habits en général. Ex. Ote ta défroque, et entre au salon.
Défroquer (se), v. pron.
—Oter sa froc.
—Se dévêtir. Ex. Défroquez-vous, nous allons nous mettre
à table.
Défunt, défunte, n. m. et f.
Le défunt, la défunte, se disent pour le père ou la mère
défunts. Ex. Ce pauvre défunt, a-t-il souffert avant de
mourir. Ce chapeau-là appartenait à la défunte.
Défuntisé, adj.
—Décédé. Ex. Mon père et ma mère sont défuntisés depuis
longtemps.
—Détruit, disparu à tout jamais. Ex. Tu te souviens de
mon beau chapeau de castor, tu sauras qu'il est défuntisé,
le vent l'a emporté dans le fleuve.
Dégainde, n. f.—Dégaine. Ex. Une belle dégainde.
Dégaine, n. f.
Attitude, façon de se tenir. Ex. Un tel a une drôle de
dégaine.
Dégeancer, v. a.
Détruire, désengeancer. Nous finirons pourtant par nous
dégeancer des mouches.
Dégeler (se), v. pron.
Se dégourdir. Ex. L'enfant commence à se dégeler, il parle,
il s'amuse comme les autres enfants.
Dégendrer, v. a.
Détruire. Ex. Tâche donc de dégendrer les punaises de ma
couchette.
Dégêner, v. a.—Mettre à l'aise.
Dégêner (se), v. pron.
Prendre de l'aplomb, sortir de l'état de gêne. Ex. Dégênez-vous,
Monsieur, faites comme si vous étiez chez vous.
Dégèrer, v. a.
Digérer. Ex. Docteur, je dégère mal.
Déglacer, v. a.—Enlever la glace, la froideur.
Déglacer (se), v. pron.—Se donner de l'aplomb.
Degnier, n. m.
Denier. Ex. Le degnier de Saint-Pierre.
Dégniasier, v. a.
Déniaiser. Ex. D'où viens-tu, tu n'es pas encore dégniaisé?
Dégniaiser (se), v. pron.
Acquérir de l'intelligence en vieillissant.
Dégobillage, n. m.
Verbiage. Ex. As-tu entendu le discours de cet orateur?
Quel dégobillage?
Dégobiller, v. n.
—Parler mal. Ex. C'est un bavard qui ne cesse de dégobiller
sur mon compte.
—Vomir abondamment, rejeter ce que l'on a gobé.
Dégoiser, v. n.—Parler mal avec force et volubilité.
Dégommer, v. a.
—Dessouler.
—Fatiguer, épuiser.
—Travailler à donner à quelqu'un l'expérience qui lui manque
due à son manque d'intelligence. (B. P. F.)
Dégonfler, v. a.
Percer à jour l'orgueil ou la vanité d'un individu.
Dégorger, v. a.
Forcer à payer une forte somme. Ex. Je lui ferai bien dégorger
les cinq mille piastres qu'il me doit.
Dégosiller, v. n.
Etouffer. Vieux mot français qui signifie égorger.
Dégoter, v. a.
—Chasser, perdre sa place. Expression très ancienne, même
en Canada. Elle est française, d'après le Courrier de
Vaugelas. On la trouve dans la correspondance de Voltaire,
dans Littré, mais non pas dans le Dictionnaire de
l'Académie.
—Dégoiser.
Dégouailler, v. n.—Déblatérer.
Dégoubiller, v. n.—Dégobiller.
Dégouquière, n. f.—Gouttière.
Dégourmer (se).—Jeter sa gourme.
Dégoût, n. m.
Avoir le dégoût, se dit d'une femme mariée incapable de
prendre des aliments sans les vomir aussitôt.
Dégoûtation, n. f.—Qui cause du dégoût.
Dégoûté, adj.
Difficile. Ex. J'aime beaucoup les huîtres, les pâtés de
foie gras aux truffes.—Tu n'es pas dégoûté!
Dégouttière, n. f.
Gouttière. Ex. Prends garde aux dégouttières, tu vas abîmer
tes hardes.
Dégrader, v. a. et n.
—Dépasser. Ex. Veux-tu te laisser dégrader? Sinon va
plus vite.
—Etre arrêté sur la route. Ex. Je n'ai pu arriver à l'heure,
j'ai été dégradé par la neige.
—Entraîner par le vent, les courants. (Se dit d'une chaloupe).
Dégrader (se), v. pron.
Tomber par morceaux. Ex. Le mortier se dégrade d'après
la maison.
Dégraisser, v. a.
Voler. Ex. Il s'est fait dégraisser de la belle façon par des
voleurs.
Dégraisser (se), v. pron.
Se mettre au beau. Ex. Le temps se dégraisse.
Dégras, n. m.
—Rebut. Ex. Jette-moi cela au dégras, ça ne vaut plus
rien.
—Déchets.
Dans l'ancien français, dégras signifiait joie, plaisir,
bombance.
Dégreyer, v. a.
—Dégarnir. Ex. Marie, dégreye la table, le dîner est fini.
—Enlever les habits. Ex. Dégreyer les enfants.
Dégreyer (se), v. pron.
—Se dévêtir. Ex. Dégreyez-vous, Monsieur, vous êtes le
bienvenu chez moi.
—Se défaire peu à peu de ses meubles. Ex. Pierre descend
la côte, il se dégreye peu à peu de son ménage.
Dégriller, v. a.—Enlever le hâle sur la peau.
Dégrimoner, v. n.—Médire, déblatérer.
Dégrimoner (se), v. pron.
Se défendre avec vivacité, se débattre vivement.
Dégripper (se), v. pron.
—Guérir de la grippe. Ex. Enfin me voilà dégrippé, après
quinze jours de maladie.
—Se tirer d'affaires.
Dégroûler, v. n.
Dégringoler, descendre rapidement d'un arbre.
Déguarpir, v. a. et n.—Déguerpir.
Dégueuler, v. n.
—Bavarder.
—Vomir à pleine bouche.
Dégueuleur, n. m.—Bavard de bas étage.
Déhaler, v. a.
—Tirer d'embarras. Ex. Déhaler quelqu'un d'une mauvaise
affaire.
—Tirer. Ex. Déhaler une jambe enfoncée dans la neige,
dans la boue.
Déhaler (se), v. pron.
Se tirer d'embarras. Ex. Déhale-toi comme tu pourras.
Déhancher (se), v. pron.
Se donner un tour de reins.
Dehors, adv.
—Marcher dehors, sortir. Ex. Azor, marche dehors.
Déhors, adv.
Dehors. Ex. Toi, sors déhors au plus coupant.
Dehors (en) de, loc. adv.
—Hors de. Ex. Je travaille en dehors des heures de bureau,
afin de réparer le temps perdu.
—En sus de. Ex. Je travaille en dehors de mes heures de
bureau, quoique je n'y sois pas obligé.
—En cachette. Ex. Moi, je ne fais rien en dehors de mon
associé.
Déjà, adv.
D'ailleurs. Ex. Vous n'êtes pas déjà si drôle.
Déjeter, v. a.
Rejeter, mépriser. Ex. Etre déjeté du public.
Déjener, d'jeûner, v. n.—Déjeuner.
Déjeun=ner, v. n.—Déjeuner.
Déjeviller, v. a.—Oter la cheville, décheviller.
Déjointer, v. a.—Déjoindre. Ex. Déjointe tes doigts, ta prière
est finie.
Déjointer (se), v. pron.
Déjoindre, disloquer. Ex. Je me suis déjointé le pouce en
jouant.
Déjouquer, v. a. et n.
Faire sortir du juchoir, déjucher.
Déjuiller, v. a.—Enlever la cheville, décheviller.
Délâbre (en), n. m.—Délabré, en ruine.
Délâcer, v. a.—Délacer.
Délibéré, adj.
—Disposé, décidé à faire une chose.
—Débarrassé, libre de toute occupation. Ex. Quand tu
seras délibéré, tu viendras me voir.
Délibérer, v. a.—Donner la liberté, libérer.
Délibérer (se), v. pron.—Se libérer.
Délicatesses, n. f. pl.
Friandises. Ex. N'abuse pas des délicatesses, tu vas te briser
l'estomac.
Délicat, e, adj.
Difficile à nourrir. Ex. Cette personne est bien délicate, elle
ne mange de rien.
Délicatesse (en), loc.
—Dans une position délicate. Ex. Je suis en délicatesse
avec mon vieil ami.
Délécher (se), v. pron.
Se passer la langue sur les lèvres avec délectation, après
avoir bu une liqueur excellente, ou après avoir mangé un
bon mets.
Délier, v. a.—Délayer. Ex. Délier de la peinture.
Déligner, v. a.
Ligner, désigner par un trait. Ex. Toi, Baptiste, tu vas
déligner la planche, c'est-à-dire marquer par un trait au
crayon la partie qui doit être enlevée par la hache, la scie
ou l'égohine.
* Délivrer, v. a. (Angl.)—Délivrer un discours, prononcer.
* Déloquer, v. a. (Angl).
Desserrer une forme. (Terme d'imprimerie.)
Délurer, v. a.—Déniaiser.
Délurer (se), v. pron.—Prendre de l'aplomb, de l'expérience.
Demage, d'mage, n. m.—Dommage.
Démailler, v. n.
Echapper des mailles d'un filet. Ex. Le poisson démaille
souvent.
Démaller, v. a.
—Ouvrir une malle. Ex. Démaller un sac de poste.
—Assortir les lettres dans un bureau de poste.
Démancher, v. a.
—Luxer, disloquer. Ex. J'ai un bras démanché.
—Dénouer. Ex. Cette corde est difficile à démancher.
Démancher (se), v. pron.
—Se mettre vigoureusement à l'ouvrage. Ex. Pierre s'est
mis à la besogne avec ardeur, évidemment il se démanche.
—S'agaillardir.
—Se dévêtir. Ex. Démanchez-vous au plus vite, nous
allons dîner.
—Se luxer un membre. Ex. Se démancher un bras, une
jambe.
Démanchure, n. f.—Dislocation d'un os.
Demande, n. f.
Faire la grande demande, demander une fille en mariage.
Demande (belle), n. f.
Demande inutile. Ex. C'te belle demande! La belle demande!
Demande (à), loc. adv.
—Au fur et à mesure. Ex. Si tu as besoin d'argent, tu
en auras à demande, tant que tu en voudras, mais demande-le.
—En abondance, au gré de la personne. Ex. Comme tu
n'es pas économe, je t'enverrai de l'argent, mais seulement
à demande.
Demander, v. a.
—Demander des questions, poser. Ex. Ne me demande pas
de questions, je ne te répondrai point.
—Demander après quelqu'un, s'informer de quelqu'un avec
espoir de le rencontrer.
—Faire demander quelqu'un, le faire venir.
—Demander pour une soirée, inviter.
—Demander à ce que, demander que.
Démangeaison, n. f.
Grande envie. Ex. Avoir une grande démangeaison de
parler.
Démanger, v. n.
Avoir une forte envie. Ex. La main me démange, j'ai envie
de te frapper. La langue me démange, j'ai envie de parler.
Démarcher, v. n.
Marcher d'une façon inusitée, comme un enfant qui n'est
pas sûr de ses jambes.
Démârrer, v. a. et n.
—Défaire, détacher. Ex. Démârre mes souliers.
—Partir, s'en aller. Ex. Il ne démârre pas de là.
Démêler, v. a.
—Mélanger en délayant. Ex. Démêler de la fleur avec
de l'eau.
—Mettre les cheveux en ordre au moyen d'un démêloir.
Démêler (se), v. pron.
—Se peigner au moyen d'un démêloir.
—Se tirer d'embarras.
Déméliorer, v. a.—Détériorer.
Démélouer, n. m.—Démêloir.
Démembrer (se), v. pron.
S'agiter les bras d'une manière exagérée durant la marche.
Démenable, adj.
Qui est susceptible d'être guidé. Ex. Cet homme n'est pas
démenable.
Déménager, v. a.
Perdre la raison. Ex. Chez ce vieux-là, c'est la raison qui
déménage.
—Jeter à la porte. Ex. Tu ne paies pas ton loyer, déménage,
et tout de suite.
Démence (en), loc.
En décrépitude, en ruines. Ex. Cette maison est en démence.
Déménuer, v. a. et n.—-Diminuer.
Déménution, n. f.—Diminution.
Demeurance, n. f.—Demeure.
Demeurant (le), n. m.
Le reste, ce qui reste.
Demeure (à), loc.
—Bien fait, solidement. Ex. Cet ouvrage est fait à demeure.
—Tout à fait, absolument. Ex. Pierre est bête à demeure.
Demeure (en), loc.
En position. Ex. Je ne suis pas en demeure de faire cela.
Bossuet a dit: Je n'étais pas en demeure de ce côté-là, pour
en retard.
Demiard, n. m.
Mesure de liquides équivalant à une demi-chopine. En
roman, il y a le mot demion qui y correspond.
Demi=lune, n. f.—Table demi-ronde.
Demi=voix (à), loc.—A mi-voix.
Demoiselle, n. f.
—Libellule.
—Fille. Ex. Comment se porte votre demoiselle?
—Grosse demoiselle, demoiselle du grand monde, de qualité.
—Demoiselle à la mode, même sens.
Démon, n. m.
—Génie. Ex. C'est un bon démon qui m'a soufflé cette
idée.
—Etre en démon, fâché, irrité.
Démonne, n. f.—Femme maligne.
Démontant, adj.
Décourageant. Ex. Il pleut toujours, c'est démontant.
Démonter (se), v. pron.
Se décourager. Ex. Inutile de se démonter pour si peu de
chose.
* Demurrage, (m. a.)
Surestarie. Nombre de jours en plus des estaries donnant
droit à une indemnité pour le fréteur. Estarie est le laps
de temps stipulé pour le déchargement d'un navire de
commerce.
Dénarfer, v. a.
Anglaiser, enlever à un cheval les muscles abaisseurs de la
queue, pour qu'elle se tienne dans une position horizontale.
D'en face, loc.
En face. Ex. Je viens de louer la maison d'en face.
Dénicher, v. a.—Faire sortir du lit.
Dénicheter, v. a.—Dénicher.
Dénicheux, n. et adj.—Dénicheur.
Denner, v. a.
Donner. Ex. Denne-moi donc la main, denne-lui une place
dans ta voiture.
Dénouable, adj.—Qui peut être dénoué.
D'en par, loc. prép.
A partir de. Ex. D'en par ce jour, je cesse de te considérer
comme mon ami.
D'en par ici, loc. adv.
Par ici, ici. Ex. Tournons d'en par ici.
D'en par où, loc. adv.
Où. Ex. D'en par où m'arrêterai-je de marcher?
D'en par là, loc. adv.
Par là, là. Ex. Finissons-en d'en par là.
Dent, n. f.
—Honnête jusque dans les dents, très honnête.
—Avoir la gale aux dents, avoir toujours faim. En France
on dit n'avoir pas la gale aux dents pour signifier la même
chose.
—Avoir une dent contre quelqu'un, avoir de la rancune.
—Montrer les grosses dents, parler sévèrement.
Dent de cheval, n. f.—Grain de maïs durci.
Dent de chien, n. f.
Dent censée devoir pousser chez les enfants qui se refusent
de faire extraire leurs dents. Si une dent tombe d'elle-même,
le premier chien qui passe l'avalera, et alors la
dent perdue sera remplacée par une dent de chien.
Dent de l'œil, n. f.—Œillère.
Denté, e, adj.
Endenté. Ex. Une personne mal dentée, c'est pas beau.
Dentelé, part. pass.
Garni de dents. Ex. En voici un qui est bien dentelé, il a
des dents plein la bouche.
Dentisse, n. m.
Dentiste. Ex. Le docteur Linguet est un bon dentisse, il
vous arrache les dents en criant ciseau.
* Dentisterie, (Angl.)—Art du dentiste.
Dénué, part. pass.
Dépourvu d'esprit. Ex. Jean n'est pas bête, je t'assure
qu'il n'est pas dénué autant qu'on le dit.
Déouacher, v. a.
Débucher, faire sortir l'ours ou le castor de sa tannière.
Dépaler (se), v. pr.
Se mettre à l'œuvre avec beaucoup d'entrain. Ex. Enfin,
il s'est dépalé, il travaille comme un nègre.
Ce mot doit se dire d'un navire entraîné hors de sa route
par les vents ou les courants.
Dépareillé, adj. part.
—Qui n'a pas d'égal. Ex. J'ai un remède dépareillé pour
la migraine.
—Déparié. Ex. Un bas dépareillé.
Déparler, v. n.
—Délirer, dire des choses insensées. Ex. Ce fiévreux
déparle, c'est grave.
—Ecorcher les mots. Ex. Qu'as-tu à déparler?
S'emploie en France pour dire d'un individu qu'il discontinue
de parler.
Département, n. m.
—Comptoir. Ex. Le département des tailleurs.
—Rayon. Ex. Le département des modistes.
Dépasser, v. a.
Désenfiler. Ex. Mon fil est dépassé.
* Dépêche des affaires, n. f.
Expédition. Ex. Nous allons avoir une session pour la
dépêche des affaires. (Angl.)
Dépeindre, v. a.
Peindre, dessiner. Ex. C'est un bon peintre que Charles,
il dépeint les oiseaux à merveille.
Dépeinturer, v. a.—Enlever la peinture.
Dépendeux d'andouilles, n. m.
Homme de très haute taille et dégingandé, niais. Cette locution
vient de ce que, chez les charcutiers, les andouilles
sont ordinairement accrochées assez haut. Commune dans
les environs de Montréal.
* Dépendre sur quelqu'un, loc.
Compter sur. Ex. Puis-je dépendre sur toi pour ce montant-là?
(Angl).
Dépenillé, adj.—Dépenaillé, en loques.
Dépeniller, v. a.—Effilocher, échiffer.
Dépense, n. f.
Consommation. Ex. J'ai fait assez de beurre pour ma
dépense de l'hiver.
Dépense (de), loc.
—Dépensier. Ex. J'ai un garçon de dépense, c'est un
usurier.
—Coûteux. Ex. J'ai une servante de dépense, il y a du gaspille
quelque part.
Dépenser, v. a.
Consommer, en parlant de la nourriture du bétail. Ex.
Les chevaux dépensent beaucoup d'avoine durant l'hiver.
Dépester, v. a.
Débarrasser. Ex. Enfin, nous sommes dépestés des maringouins.
Dépigeonné, v. a.—Délivré d'un prétendu sort.
Depis, d'pis, prép.
Depuis. Ex. Depis quand es-tu marié?
Dépitaillé (se), v. pron.
Se démener, se donner beaucoup de peine.
Dépiter, v. n.
Décider. Ex. Es-tu dépité enfin? la besogne ne manque
pas.
Dépiter (se), v. pron.
Se démener. Ex. Tu as beau te dépiter, tu as tort.
Déplacer (se), v. pron.
Fréquenter des personnes qui tiennent un rang inférieur.
Déplanter, v. a.
—Prendre la place. Ex. Antoine a réussi à me déplanter
là où j'étais si bien installé.
—Tuer. Ex. J'ai tiré cet oiseau à une grande distance, je
l'ai déplanté tout de même.
—Faire tomber, jeter par terre.
Déplet, e, adj.
—Vif, alerte.
—De belle taille.
Dépleumer, v. a.—Déplumer, ôter les plumes.
Déplomber, v. a.
—Faire perdre à une chose son aplomb.
—Déplanter.
—Surplomber.
—Gratter l'intérieur des tripes, pour la confection de la saucisse
ou du boudin (B. P. F.)
Déplomber (se), v. pron.
Se donner la diarrhée. Ex. Si tu manges trop de tire, tu
vas te déplomber.
Dépoitrailler (se), v. pron.
Se découvrir la poitrine, être mal habillé, sans tenue.
Déposer, v. a.
Déposer de l'argent à la caisse, à la banque. Ex. Où déposes-tu?
Je dépose à la Banque Nationale.
Dépôt, n. m.
—Gare, station de chemin de fer. Ex. Y a-t-il bien loin
pour aller au dépôt?
—Endroit, chambre où l'on dépose les objets destinés aux
élèves des couvents. Ex. Va aux Ursulines, tu jetteras
ce paquet au dépôt.
Dépouillant (en), loc.
—En talus. Ex. Un terrain qui va en dépouillant, en pente.
—Obliquement. Ex. Ce chemin va en dépouillant, descend
obliquement.
—Se dit d'une voiture qui glisse sur une pente.
—Se dit de tout objet qui frappe une surface sous un grand
angle d'incidence. (B. P. F.)
Dépouille, n. f.
—Vêtement. Ex. Emporte ta dépouille.
—Rage. Ex. Il fait une vraie dépouille de vent.
Dépourvu, adj. part.
Dépourvu d'esprit. Ex. Cet homme n'est pas très futé, cependant
il n'est pas complètement dépourvu.
Déprendre (se), v. pron.
Se tirer d'affaire. Ex. Déprends-toi comme tu pourras, tu
as des ressources.
De profundi.
De profundis. Ex. Nous allons dire un de profundi pour la
défunte.
Depu, prép.
Depuis. Ex. Depu le temps que je te chante cela, ça ne
sert à rien.
Député, n. m.
—Sous-chef, suppléant.
—Député-ministre, sous-chef de département.
—Député-shérif, shérif suppléant.
—Député-protonotaire, protonotaire suppléant.
—Député-régistrateur, régistrateur suppléant.
* Déqualification, n. (Angl.)
Perte de ses droits politiques.
* Déqualifier, v. a. (Angl.)
Faire perdre à quelqu'un ses droits politiques. Ex. Notre
député vient d'être déqualifié pour sept ans.
De quand, adv.
Quand. Ex. De quand tu seras pour venir, tu m'écriras.
D'équerre, loc.
N'être pas d'équerre, être de mauvaise humeur.
De qui, loc.—Qui. Ex. De qui t'a parlé contre moi?
De quoi, n. m.
—Moyens, ressources. C'est un individu qui a de quoi, on
dit même qu'il est très riche.
—Cause, raison. Ex. Je vous remercie de votre cadeau.—Il
n'y a pas de quoi.
De quoi que.
—Qu'est-ce que? Ex. De quoi qu'il est question?
Dérail, n. m.
Substances grasses qui entourent le péritoine et les viscères
abdominaux. Ex. Quand nous aurons fini d'enlever le
dérail, nous ferons nos cortons.
Dérailement, n. m.—Déraillement.
Dérailer, v. n.
—Dérailler, sortir de la bonne voie. Ex. Les chars sont
dérailés à Saint-Charles.
—Déraisonner. Ex. Ce pauvre enfant est mûr pour l'asile,
il déraile à tous propos.
Dérailler, v. n.
—Enlever le gras du péritoine et des viscères de l'abdomen
du gros bétail.
—Déraisonner, divaguer. Ex. C'est une espèce de fou que
ce garçon-là, il déraille à tout instant.
Déralingué, adj.
En loques, en grand désordre. Ex. D'où viens-tu, petit coureux
de chemins? vois tes habits, ils sont déralingués.
Terme de marine, qui signifie dégarnir de ralingues (une
voile).
Dérangement, n. m.
—Maladie particulière au sexe.
—Dispersion des Acadiens en 1755, l'année du grand dérangement.
Déranger (se), v. pron.
—S'enivrer. Ex. Tu bois trop, mon cher, tu es presque
constamment dérangé.
—Interrompre son travail. Ex. Ne vous dérangez pas, continuez
votre ouvrage.
Déraper, v. a. et n.
—Se sauver à la hâte. Ex. Je réussirai bien à le faire
déraper de là.
—Arracher, détacher l'ancre du fond, afin de permettre au
navire de marcher.
Déraquer, v. a.—Sortir de l'ornière. (B. P. F.)
Dérélingué, e, adj.—V. Déralingué.
Dérêner, v. a.
Lâcher les rênes. Ex. Dérêne ton cheval, si tu veux qu'il
reste tranquille.
Dergnier, adj.—Dernier.
Dérhumer (se), v. n.—Se désenrhumer.
De rien, loc.
Cela ne compte pas. Ex. Je te remercie de ton obligeance.—De
rien.
Dernier des derniers (le), n. m.
Homme de la pire espèce. Ex. C'est un homme vil, voleur,
menteur, ivrogne, enfin c'est le dernier des derniers.
Dérocher, v. a.
Enlever les pierres, les roches dans un champ.
Dérougir, v. n.
—Ne pas cesser de boire des liqueurs enivrantes.
—Etre toujours en colère.
Dérouiller (se), v. pron.
—Enlever du gosier les glaires qui le gênent.
—Reprendre l'ouvrage avec plus d'habileté ou d'adresse.
Dérouter, v. n.
—Faire perdre l'habitude. Ex. Ça me déroute de changer
mes heures de travail.
Dérouter (se), v. pron.
Se déshabituer. Ex. A force de faire de la paresse, tu finiras
par te dérouter complètement de l'ouvrage.
* Derrick, (m. a.)
—Grue, mât de charge.
—Martinet.
Derrière, n. m., prép. et adv.
—Le derrière de l'église, le bas de l'église.
—Se lever le derrière le premier, se lever de mauvaise humeur.
Des, art.
De. Ex. Ce sont là des braves gens.
Dés, art.—Des. Ex. Dés hommes, dés enfants.
Désabrier, v. a.—Oter les couvertures, découvrir.
Désabrier (se), v. pron.—Oter ses propres couvertures.
Désacclimater (se), v. pron.
—Se déshabituer à vivre dans un lieu où l'on se croyait acclimaté.
Les Français qui viennent s'établir au Canada
s'acclimatent très aisément, mais après douze ou quinze
ans, ils paraissent se désacclimater.
Désaccrocher, v. a.
Décrocher. Mot cité par Cotgrave.
Désagraffer, v. a.—Dégrafer.
Désagréiable, adj.—Désagréable.
Désagriabe, adj.—Désagréable.
Désairer, adj.
Qui se perd à travers les pièces d'une maison dont on ignore
les êtres. (B. P. F.)
Désamain, adj.—De difficile accès.
Désamain (à), loc. adv.
Qui n'est pas à portée de la main. Ex. Rapproche cette
petite table près de mon pupitre; comme elle est maintenant,
elle est trop à désamain.
Désamancher, v. a.—Démancher. V. ce mot.
Désamancher (se), v. pron.—Se tirer d'embarras.
Désâmer, v. a.
—Faire mourrir.
—Exténué, à bout de forces.
—Détruire, mettre en pièces. Ex. Désâmer un jouet.
(B. P. F.)
Désancanter, v. a.
Relever quelqu'un d'une position oblique.
Désanmârer, v. a.—Démarrer.
De sans, loc.
Locution pour marquer l'oubli ou le manque d'une chose sur
laquelle on a droit de compter. Ex. Je lui avais recommandé
de m'apporter une boîte de marchandises de la ville,
et il est revenu de sans.
Expression usitée en Normandie et citée par Moisy.
Désapareillé, adj. part.
—Déparié. Ex. Mes bas sont tous désapareillés.
—Qui n'a pas son égal. Ex. J'ai à mon service un serviteur
désapareillé.
Désarber, v. a.—Redresser (une faux) (B. P. F.)
Désargenté, adj. p.—Etre à court d'argent.
Désarranger, v. a.—Déranger, changer de place.
Désarter, v. n.
—Défricher, abattre le bois dans les forêts.
—Déserter. Ex. Un écolier qui désarte du collège.
Désattacher, v. a.—Détacher.
Désatteler, v. a. et n.
—Dételer.
—Cesser tout travail (figur.)
Désavenant, adj.—Pas agréable, pas avenant.
Désavisser, v. a.—Dévisser.
Descendable, adj.
Qui peut être descendu. Ex. Cette valise est trop pesante,
elle n'est pas descendable dans un escalier.
Descendre, v. a.
Aller en aval du fleuve Saint-Laurent. Ex. Descendre de
Québec à Cacouna, de Cacouna à Matane.
Désembourber, v. a.
Tirer d'un tas de neige le cheval embourbé.
Désembourbé (se), v. pron.
Se tirer d'un embarras causé par un amoncellement de neige.
Désemmancher, v. a.—Enlever la manche d'un habit.
Désemmancher (se), v. pron.
Enlever ses habits extérieurs.
Désempailler, v. a.—Dépailler, dégarnir de sa paille.
Désempaqueter, v. a.—Dépaqueter.
Désempester, v. a.
Enlever les mauvaises odeurs. Ex. Désempester une chambre
de malade.
Désempêtrer, v. a.—Dépêtrer, délivrer.
Désempigeonner, v. a.—Enlever un sort.
Désempiler, v. a.—Enlever les pièces de bois mises en pile.
Désencadrer, v. a.—Enlever le cadre d'un tableau.
Désencaisser, v. a.—Décaisser, tirer d'une caisse.
Désencanter, v. a.—Décanter. V. ce mot.
Désencapoter, v. a.—Oter son capot.
Désencapoter (se), v. a.—Se débarrasser de son capot.
Désencarcaner, v. a.—Oter le carcan.
Désencercler, v. a.—Décercler, ôter les cercles.
Désenclaquer (se), v. pron.—Oter ses claques.
Désencorner, v. a.—Décorner.
Désencrasser, v. a.—Décrasser. V. ce mot.
Désendetter (se), v. pron.
S'acquitter de ses dettes. Ex. Je me désendette un peu tous
les ans.
Désendiabler, v. a.—Défâcher.
Désenfarger, v. a.
Désentraver, ôter les enfarges à un animal.
Désenfarger (se), v. pron.
Se débarrasser d'un embarras physique.
Désenfourner, v. a.
Défourner, tirer du four. Ex. Désenfourner une cuite de
pain.
Désengager, v. a.—Dégager.
Désenganter, v. a.—Oter les gants.
Désenganter (se), v. pron.—Oter ses gants.
Désengendrer, v. a.—Détruire. V. Dégendrer.
Désengerber, v. a.—Défaire une gerbe.
Désengraisser, v. n.—Perdre sa graisse, maigrir.
Désengrener (se), v. pron.
Se débarrasser. Ex. Il se désengrène de ses mauvaises
habitudes.
Désenlaidir (se), v. pron.—Devenir moins laid.
Désenneiger, v. a.—Enlever la neige.
Désenrager, v. a.
Remettre quelqu'un en son humeur naturelle.
Désenrouler, v. a.—Dérouler.
Désentasser, v. a.—Détasser.
Désenterrer, v. a.—Déterrer, exhumer.
Désentortiller, v. a.—Détortiller.
Désentourer, v. a.—Changer de milieu.
Désentourer (se), v. pr.
Faire le vide autour de soi.
Désenvelopper, v. a.—Développer.
Désergoter, v. a.—Enlever les ongles d'un porc.
Déserrer, v. a.—Déserter.
Désert, n. m.
—Essarts, lieux défrichés.
—Vide. Ex. Faire le désert autour de soi.
Déserter, v. a.—Essarter, défricher.
Déserteux, adj.—Déserteur.
Déshabiller, v. a.
Dire à quelqu'un toutes ses vérités. Ex. Il s'est fait déshabiller,
c'est-à-dire qu'il s'est fait dire ses vérités sans en
oublier aucune, afin de mettre à nu tous les mauvais côtés
de l'individu.
Déshabiller (se), v. pron.
Oter son paletot, son par-dessus, son chapeau. Ex. Déshabillez-vous,
Monsieur, nous allons faire la partie de cartes.
Désigner, v. a.—Dessiner.
Désoblier, v. a.—Oublier.
Désolé au, loc.
Désolé. Ex. Je suis au désolé de cette affaire épineuse, qui
m'arrive comme un coup de tonnerre.
Désorceler, v. a.—Désensorceler.
Désordre, adj.—Sans ordre. Ex. Cette personne est désordre.
Désosser (se), v. pron.
Ouvrir une articulation. Ex. Se désosser le bras, la jambe.
Désoublier, v. a.—Oublier.
Désouler, v. a.—Tirer quelqu'un de l'état d'ivresse.
Désouler (se), v. pron.
Revenir à son état normal après l'ivresse.
* Despatcheur, n. m. (Angl.)
Expéditeur de train, sur les chemins de fer.
* De spère, loc. (Angl.)
Chose dont on peut disposer. Ex. As-tu quelques piastres
de spère?
Dessarte, n. f.—Desserte.
Dessein (sans), loc. adv.
Sans plan arrêté. Le Dr J.-C. Taché a écrit dans sa Légende
de Cadieux: «Sans dessein est la traduction d'une expression
sauvage qui veut dire sans plan arrêté, sans souci,
sans soin, sans but particulier, sans signification.» L'expression
paraît assez dans le génie de la langue et dans le
caractère du langage canadien, pour qu'elle s'explique sans
recourir à une traduction du sauvage.
Dessoler, v. a.—Enlever les fondations d'une maison.
Dessour, prép.
Par-dessous. Ex. L'enfant est caché dessour le lit.
Dessous, n. et prép.
—Dessous de plat, garde-nappe.
—Dessous la table, sous la table.
—Prendre quelqu'un par-dessous le bras, marcher bras dessus
bras dessous.
Dessous (en), loc. adv.
—En aval. Ex. Rimouski est en-dessous de Québec.
—Hypocrite, sournois. Ex. Cette personne me fait l'effet
d'être en dessous.
—Etre en dessous dans une affaire, y perdre de l'argent.
—Etre en dessous dans ses affaires, marcher vers la ruine
complète.
—Aller en dessous, marcher vers la ruine.
Dessur, adv.
—Dessus. Ex. Ote-toi dessur moi.
—Sur. Ex. Grimpe dessur le cheval.
Dessus, n. m. et adv.
—Sur. Ex. Monte dessus la chaise.
—Prendre le dessus, améliorer son sort matériellement et
moralement.
—Dessus de fauteuil, voile de fauteuil.
—Dessus de plat, couvre-plat.
—Dessus d'oreiller, taie d'oreiller.
Dessus (en), loc. adv.
—En amont. Ex. Montréal est en dessus de Québec.
—En voie de prospérité, au-dessus de ses affaires. Ex. Ce
marchand est en dessus dans ses affaires.
—Avoir l'avantage. Ex. J'ai changé mon cheval, j'ai en
outre donné cinquante piastres de retour, tout de même
je suis en dessus.
* Destitution, n. f. (Angl.)—Misère, dénuement, privation.
Détail (au), loc
En détail. Ex. C'est un marchand qui vend au détail.
Détailleur, n. et adj.
Détaillant. Ex. Un marchand détailleur, qui vend en détail.
Détamer, v. a.
Perdre son étamine par un long usage. Ex. Nos casseroles
sont toutes détamées.
Détarauder, v. a.—Enlever le taraud.
Détarder, v. n.—Retarder.
Détargetter, v. a.—Soulever la targette.
Détasser, v. a.
Mettre plus d'espace. Ex. Détasser le foin, les gerbes.
Détasser (se), v. pr.
Faire de l'espace. Ex. Détassons-nous, si nous voulons
être plus à l'aise dans nos mouvements.
* Détectif, n. m. (Angl.)
Agent de police secrète habillé en civil. En anglais, detective.
Dételer, v. a.
—Abandonner son ouvrage. Ex. Dételons, il commence à
faire noir.
—S'enfuir, décamper.
—Mourir. Ex. Ce pauvre malade a enfin fini par dételer.
—Faire banqueroute. Ex. Si les affaires continuent à mal
aller, je détellerai.
Dételer (se), v. pron.
—Se dévêtir, se dégarnir d'habits.
—Se mettre à l'ouvrage résolument et travailler ferme.
Détendre, v. a.
—Enlever du linge tendu à une corde. Ex. Détendre des
serviettes, des chemises.
—Défaire une pêche à anguilles, à poisson en général.
Déterrer, v. a.
Tirer de la neige. Ex. Déterre la pelle qui est quelque part
dans le banc de neige.
Déteurdre, v. a.—Détordre. Ex. Déteurdre une corde.
Déteurdre (se), v. pron.
Se tordre. Ex. Il s'est déteurd les reins, le corps.
Déteurse, n. f.—Entorse.
Détiédir, v. n.—Refroidir, rendre tiède.
Détieindre, v. a.—Détenir.
Détorse, n. f.
Entorse. Ex. Je me suis donné une détorse en débarquant
de voiture.
Détour, n. m.
Tour, moment. Ex. A quelque bon détour, j'irai vous faire
une visite.
Détraqué, n. et adj.
Fou, névrosé. Ex. C'est un détraqué de la pire espèce.
Détraquer, v. n.
Avoir l'esprit dérangé. Ex. Il est de plus en plus évident
que ce vieux-là détraque.
Détraquer (se), v. pron.
Se démantibuler. Ex. Mes meubles vieillissent, plusieurs
se détraquent.
Détremper, v. a.
Délayer. Ex. Allons, Justine, détrempe de la farine pour
nous faire des crêpes.
Détruiment, n. m.—Détriment.
Détruire (se), v. pr.—Se suicider, s'ôter la vie.
Dette, n. f.
Créance. Ex. Une dette privilégiée.
Deuce, adj.
Deux. Ex. Comptons nos piastres ensemble: une, deuce,
troisse.
Deuel, n. m.—Duel.
Deuil (en), loc.
—Avoir les ongles en deuil, non écurés.
Deux, adj.
—Se fendre, se mettre en deux, faire un grand effort, probablement
moindre que lorsque l'on se fend en quatre.
—Marcher en deux, marcher en prenant une position très
courbée.
Dévaler, v. n.—Descendre. Expression acadienne.
Dévaliser, v. a.
Enlever le contenu. Ex. Des voleurs ont, la nuit dernière,
dévalisé les troncs de l'église de Limoilou.
Devant, n. adv. et prép.
—Auparavant.
—Avant. Ex. Devant mon mariage. Devant de consentir
à cet arrangement.
—Vent devant, vent contraire.
—J'ai un peu d'argent devant moi, en ma possession.
—S'en aller les pieds devant, mourir.
—Prendre le devant, prendre les devants.
Devant de chemise, n. m.—Plastron.
Devant que de, loc.
Avant de. Ex. Devant que de venir, tu m'avertiras.
Devantière, n. f.
—Tablier de femme.
—Devant d'un édifice.
Devanture, n. f.
—Devant, partie antérieure d'une personne ou d'une chose.
Ex. Mon enfant, tu as sali ta devanture. La devanture
d'une maison.
—Propriété de grève qui confine à la terre d'un cultivateur.
Ex. Veux-tu me louer ta devanture, pour y tendre une
pêche?
Dévargondé, adj. part.—Dévergondé.
Dévelouteré, adj. part.
Ex. Avoir les boyaux dévelouterés, avoir la muqueuse intestinale
enflammée, rugueuse.
D'venir, v. n.
—Venir. Ex. D'où ce que tu d'viens, petit coureux de
chemins?
—Arriver justement. Ex. As-tu été faire ma commission?—Oui,
j'en d'viens.
Devers, prép.
Vers. Ex. J'irai vous voir devers la Toussaint.
Déviander, v. a.—Enlever la viande d'un os.
Dévider, v. a.
—Dévider son peloton, son chapelet, dévider toute la série des
choses qu'on a à dire.
Dévidoir, n. m.
Homme loquace, qui parle avec une grande volubilité. Ex.
Cet orateur parle comme une machine, c'est un véritable
dévidoir.
Dévidois, n. m.—Dévidoir.
Dévidoué, n. m.—Dévidoir.
Devinade, n. f.—Devise, énigme, charade.
Devinaille, n. f.—Devise.
Devine, n. f.—Devise.
Devinette, n. f.—Enigme.
Dévirage, n. m.
—Détour d'un chemin.
—Action d'aller et revenir dans une direction opposée.
Dévirer, v. a.
—Détourner. Ex. Il ne dévire pas les yeux de dessus son
livre de messe.
—Changer de direction. Ex. Nous dévirerons au coin de
la rue du Trésor.
—Mettre sens dessus dessous. Ex. Dévirer une pierre, une
pièce de bois.
—Revenir sur ses pas. Quand tu seras rendu au parlement,
tu dévireras, et tu me rencontreras ici même.
—Retourner. Ex. Dévire tes poches à l'envers.
—Renverser. Ex. Nous nous sommes pris à brasse-corps,
et je l'ai déviré en deux temps et trois mouvements.
Dévirer (se), v. pron.
—Se retourner. Ex. Dévire-toi d'abord, pour voir si ton
habit te fait bien.
—Se renverser en luttant.
Déviron, n. m.—Détour.
Dévisager, v. a.
—Envisager. Ex. Qu'as-tu à me dévisager de pareille
façon?
—Répugner. Ex. Cet individu me dévisage, j'en ai peur.
Dévisager (se), v. pron.—Se battre.
Devoir (en), loc.
—De service. Ex. Je suis en devoir ce matin, je ne pourrai
pas m'absenter.
—En faction. Ex. Je suis en devoir comme sentinelle à la
porte Saint-Louis.
—En train de. Ex. Je suis en devoir de travailler à mon
dictionnaire.
Dévoration, n. f.
—Désir. Ex. Quelle est tout d'un coup cette dévoration
d'aller te promener?
—Démangeaison. Ex. Qu'est-ce que j'ai sur la tête depuis
deux jours? c'est une vraie dévoration.
Dévorer, v. a.
Dire des paroles dures. Ex. Prends garde de me dévorer,
avec ta manière de dire les choses.
—Démanger. Ex. J'ai une puce qui me dévore le dos.
Dévorer (se), v. pron.
Se briser l'épiderme avec les ongles. Ex. J'ai une puce
entre les deux épaules, je me dévore à force de me gratter.
Dévôtieux, adj.
Qui inspire la dévotion. Ex. Crois-tu que la chapelle du
Sacré-Cœur est dévôtieuse!
De vrai, loc. adv.
Tout de bon. Ex. Dis-tu ça pour de vrai?
* Déwasher. (Angl.)—Enlever les rondelles (washer).
D'heure (être), loc.
Le temps est arrivé.
Dia, int.
Cri pour faire aller les chevaux à gauche. En Bretagne,
c'est pour les faire aller à droite. Dia, mot grec, signifie
à travers, de côté. Nous prononçons guia.
Diablant, adj.
Contrariant, embêtant. Ex. C'est bien diablant, il faut que
je paie les dettes de mon frère.
Diable, n. m.
—Petit véhicule basculant sur deux roues, qui sert à charger
et décharger des bagages, des marchandises. Ceux
qui le traînent, tirent évidemment le diable par la queue,
et comme ce métier n'a jamais dû être bien lucratif, peut-être
est-ce lui qui a donné lieu à la locution tirer le diable
par la queue, c'est-à-dire être dans un état voisin de la
misère.
—Etre en diable, être furieux.
—Parler au diable, être dangereux.
—Se vendre au diable, se tirer aux cheveux.
—Aller au diable au vert, s'en aller très loin. En France,
on dit aller au diable Vauvert.
—Avoir le diable au corps, être malin, rusé.
—C'est le diable à faire, c'est une chose bien difficile à faire.
—Que le diable t'emporte, va-t-en.
—Le diable s'en mêle, tout conspire contre mon affaire.
—Il y a du diable là-dedans, il y a du mystérieux et du
mauvais.
—Le diable et ses morts. Ex. Il n'y avait pas de monde le
diable et ses morts, c'est-à-dire pas beaucoup de personnes.
—Faire le diable à quatre, faire beaucoup de bruit.
—Envoyer au diable, à tous les diables, congédier vivement.
—Le diable bat sa femme, il pleut et il fait soleil en même
temps.
—Le diable est aux vaches, il y a du malheur ou du dommage,
l'affaire ne va pas bien.
—Le diable n'est pas pire, le diable n'agit pas autrement.
—Méchant comme sept fois le diable, impossible d'être plus
méchant.
—Loger le diable dans sa bourse, être dans la misère.
—Que le diable m'ampue (m'ampute), que le diable m'emporte.
—Pas diable, pas extraordinaire. Ex. Du vin qui n'est pas
diable.
Diable (bon), n. m.
Une assez bonne personne. Ex. C'est un bon diable, ne lui
faisons pas de mal.
Diable d'homme, n. m.—Homme rusé, subtil.
Diable incarné, n. m.
Méchant. Ex. C'est le diable incarné que cet animal-là.
Diable (mauvais),—Très méchant homme.
Diable (pauvre), n. m.
Misérable. Ex. Lâche-le, ce pauvre diable.
Diable (petit), n. m.—Enfant espiègle.
Diable (un), loc adv.
En quantité. Ex. Il y a, cette année, des pommes un diable.
Diable (que le), loc.
Beaucoup. Ex. Ce monsieur mange que le diable.
Diablement, adv.
Beaucoup. Ex. Louis est diablement embêté.
Diâbler, v. a.
Endiabler. Ex. Ne me fais pas diâbler de la sorte.
* Diamond, daïa-meunde, (m. a.)
Diamant, 3 points. (T. d'imp.)
* Dickey, di-ké, (m. a.)—Chemisette, plastron.
Dicter, v. a.
Rédiger. Ex. Moi je ne suis pas capable de dicter une lettre
comme il faut.
Différence, n. f.
Différend. Ex. Si tu veux, nous allons partager la différence
d'en par la moitié.
Différencer, v. a.—Différencier.
* Difficultés (en), loc.
Dans une grande gêne. Ex. Notre fournisseur est en difficultés
depuis ce matin. De l'anglais to be in difficulties,
être gêné en affaires.
Difformer, v. a.
Déformer. Ex. Tu as difformé ton chapeau.
Digérable, adj.—Facile à digérer.
Digession, n. f.—Digestion.
Dimanche, n. m.
Faire ses beaux dimanches de quelque chose, c'est-à-dire conserver
soigneusement quelque chose pour s'en servir dans
les circonstances solennelles.
Diminuer, v. n.
S'en aller vers la tombe. Ex. Notre malade diminue vite.
Dinde, n. m.
—Personne peu intelligente. Ex. Les dindes de la Malbaie.
Sobriquet qui n'a plus sa raison d'être.
—Dinde, n. f. Ex. A Noël, nous mangerons un beau gros
dinde. Le mot dinde, pris au masculin, semble vouloir
s'imposer aujourd'hui. L'Académie réglera le litige.
Dindon, n. m.
Homme borné. Ex. C'est un gros dindon.
Dindonne, n. f.
Femme d'une intelligence bien médiocre. Ex. C'est une
grosse dindonne.
Dîner avec, loc.
Manger. Ex. J'ai dîné avec un homard, aujourd'hui vendredi.
Dîner par cœur.—Se passer de dîner.
Dint, n. f.—Dent.
Dire, v. a.
—Plaire. Ex. J'ai voulu envoyer Pierre aux Pageants,
mais ça ne le lui disait pas.
—Ecouter. Ex. Dis donc, qu'est-ce que tu me veux?
—Cela ne me dit rien, cela ne me tente pas.
—Si le cœur vous en dit, si cela vous plaît.
—Je ne te dis que cela, le reste serait superflu.
—Dire du contraire, contredire.
—Il n'y a pas à dire, malgré tout.
Dire (pour), loc.
—Pour ainsi dire. Ex. As-tu pris de l'argent dans mon
porte-monnaie?—Presque pas, pour dire.
—Pour parler. Ex. Ce que je te dis, c'est rien que pour dire.
* Directoire, (Angl.)—Almanach des adresses.
* Directory, teuré, (m. a.)—Almanach des adresses.
Disable, adj.
Qui peut être dit sans blesser la morale. Ex. Il m'a raconté
des choses qui ne sont pas disables.
* Discarter, v. n. (Angl.)—Ecarter. De l'anglais to discard.
Discompte, n. m.
Escompte. Le mot discompte est français, mais vieilli.
Discompter, v. a.—Escompter.
Disconnecter, v. a.—Enlever la connection.
Discrétionnaire, adj.
Loisible. Ex. Il sera discrétionnaire au directeur de faire
comme il l'entendra.
* Discrimination (sans), loc. (Angl.)
A la légère. Ex. C'est agir sans discrimination que de
jouer à la Bourse avec l'argent de ses clients.
Dis donc!
Interpellation pour attirer l'attention. Ex. Dis donc, qu'est-ce
que tu me chantes-là?
Diseur, n. et adj.
Raconteur. Ex. C'est un beau diseur que ce Français qui
a donné une lecture à l'Institut-Canadien.
Disez, 2e pers. pl. indic. prés. de dire.
Dites. Ex. Qu'est-ce que vous disez-là?
* Disgrâce, n. f.
Honte. Ex. C'est une véritable disgrâce que la conduite
de ce garçon. (Angl.)
* Disgracieux, adj.—Honteux. (Angl.)
Disputer, v. n.
Gronder, réprimander. Ex. Ce vieux passe tout son temps
à disputer, il gronde toute la journée belle et longue.
Disputer (se), v. pron.
Se quereller, se chicaner. Ex. Crois-tu en bonne vérité
que je vas me disputer avec toi pour une blague comme
celle-là?
Même chose, le ditto des Anglais. Il paraît assez probable
que ce mot dittel, dans le langage acadien, est le mot ditto
transformé par les Acadiens dans leurs différentes migrations.
Divorce, n. m.
—Chicane. Ex. As-tu entendu les chiens hier au soir?
c'était un divorce en règle.
—En colère. Ex. Je suis en divorce ce matin, j'ai passé
une triste nuit.
Dix, n. m.
Jeu. Variété de whist, où il importe surtout de sauver le
dix d'atout, lequel compte dix points. La partie est de 21 points.
* D'jammer, v. a. (Angl.)
Arrêter par suite de resserrement ou de pression. Ex. Les
billots sont d'jammés, la roue de cette voiture est d'jammée.
De l'anglais to jam.
D'jaque, n. m. et adj.
Individu à taille élancée. Ex. Voici un grand d'jaque. Vient
tout probablement du mot Jack; peut-être aussi de jaque,
juste-au-corps autrefois très porté.
D'mi=carême, n. f.
Mi-carême. Ex. Dans quinze jours, ce sera la d'mi-carême.
Document, n. m.
Personne qui fait montre de connaissances inattendues et
même étonnantes pour son âge et sa position. Ex. Sais-tu
que ce gas-là, c'est un document?
Dodicher, v. a.
—Bercer un enfant dans ses bras.
—Flatter. Ex. Je n'ai pas besoin d'être dodiché pour faire
ce que je dois faire, je suis trop vieux maintenant.
Dodiner (se), v. pron.—Se dandiner, se balancer.
Doigt, n. m.
—Ne pas faire œuvre de ses dix doigts, ne pas travailler du
tout.
—Se faire cogner sur les doigts, réprimander.
—Mettre le doigt dessus, faire connaître clairement.
—Montrer du doigt, marque d'infamie.
—Etre unis comme les doigts de la main, grands amis.
—Ne pas mettre son doigt au feu, avancer une chose.
—Se mordre les doigts, regretter une action.
—Se mordre les quatre doigts et le pouce, être très en colère.
Doigte, n. m.—Doigt. Ex. J'ai mal au petit doigte.
Doler, v. a.
Dégrossir un morceau de bois avec une hache ou un couteau.
Doleur, n. m.
Celui qui dégrossit les troncs d'arbres avec une hache.
Dolures, n. f. pl.
Tout ce qui est enlevé par un instrument tranchant en dolant
du bois, menus copeaux.
* Dollar, (m. a.)—Piastre.
Dommage (beau), loc.
Certainement, sans aucun doute, pourquoi pas? Ex. Penses-tu
que les fêtes du tricentenaire produiront un bon effet à
l'étranger?—Beau dommage!
* Dompleines, n. f. pl. (Angl.)
Pâtisserie faite de pommes entourées de pâte et cuite au
bain-marie.
Don, adv.
Donc. Ex. Donne-lui don une claque pour moi, je te la
rendrai.
Donaison, n. f.
Donation. Ex. Va chercher le notaire Chambalon, je veux
faire une donaison.
Dondaine, n. f. Grosse fille ou femme.
Dondine, n. f.
Femme ou fille qui a de l'embonpoint. Ex. Une grosse
dondine.
Donner, v. a.
—Prendre. Ex. Il est temps que j'aille donner ma leçon
de musique.
—Faire. Ex. C'est un pauvre diable, donne-lui la charité.
—Abonder. Ex. Le poisson donne beaucoup cette année.
Donner (se), v. pron.
—Faire la donation de ses biens. Ex. Je commence à être
vieux, je vais me donner à l'aîné de mes garçons.
—Se vendre à très bas prix. Ex. Les fraises se donnent, au
marché.
—Etre contagieux. Ex. Prends garde d'attraper la picote,
car ça se donne.
—Se procurer. Ex. C'est un mesquin, il n'est seulement
pas capable de se donner un chapeau qui a du bon sens.
Doré, n. m.
Poisson très recherché pour la délicatesse de sa chair. Dans
le monde des savants, on l'appelle sauger. Doré est féminin.
Dor et en avant, adv.—Dorénavant.
Dormants, n. m. pl.
Pièces de bois qui servent d'appui et auxquelles sont fixés
les rails des chemins de fer, les traverses.
Dormette, n. f.
Somme. Ex. Fais une petite dormette, mon enfant.
Dormeux, euse, adj.
Dormeur. Ex. Moi, je ne suis pas un gros dormeux.
Dormeux (faire le).—Faire semblant de dormir.
Dormir, v. n.—Dormir un somme, faire un somme.
Dos, n. m.
—Epine dorsale du dos, épine dorsale.
—Etre renvoyé dos à dos, comme on était auparavant.
—Dans le dos! Non, ce n'est pas cela.
* Dotche, n. f. (Angl.)
—Ecart. Ex. Une pelote (balle) qui fait une dotche.
—Fugue contraire à la règle. Ex. Un écolier qui fait une
spécialité de la dotche.
* Dotcher, v. n. (Angl.)
—Rebondir de travers. Ex. Cette pelote dotche trop, prenons-en
une autre.
—Prendre des libertés avec le règlement. Ex. Il y a parmi
les élèves un certain nombre qui aiment à dotcher, c'est
mal.
—User de ruses pour s'échapper.
* Dotcheur, n. m. et adj. (Angl.)—Elève qui dotche.
Douaine, n. f.—Douane.
Double, n. m.
—Autant. Ex. Je vais te prêter cent piastres, tu m'en
remettras deux fois le double dans deux ans, c'est-à-dire
deux cents piastres et non quatre cents, comme le mot
double semble l'indiquer.
—Epaisseur. Ex. Le docteur a recommandé de mettre
sur sa blessure une serviette pliée en quatre doubles.
Double (en), loc.
Courbé en deux. Ex. Marcher en double, quand on a la
colique.
Double=châssis, n. m.
Châssis extérieur pour la saison d'hiver seulement.
Double (lit), n. m.—Grand lit large.
* Double sole, sôle, (m. a.)
Double semelle. Ex. Porter des bottes à double sole.
Douce, adj. f.
Se la couler douce, vivre sans travailler.
Douceur (en), loc. adv.
Lentement et avec précaution. Ex. Vas-y en douceur avec
cet homme-là.
Douceurs, n. f. pl.
Mets très délicats. Ex. Ce malade ne peut se nourrir que
de douceurs.
Doucine, n. f.
Cuir à rasoir. Ex. Prête-moi ta doucine, que je repasse mon
rasoir. En bon français, la doucine est un rabot de menuisier
servant à faire des moulures concaves par le haut et
convexes par le bas.
Douille, n. f.
Sorte de chandeliers accrochés au mur.
Douleureux, adj.—Douloureux.
Doutable, adj.—Douteux.
Doutance, n. f.
Doute, soupçon. Ex. J'ai une forte doutance de cette affaire-là.
Doute, n. f. s.
Doute, m. s. Ex. Je n'ai pas la moindre doute.
Doute (en), loc.
Demi intention. Ex. Je suis en doute si je ferai vendre ma
maison.
Doux, adj.
Vendre dans les prix doux, vendre à bon marché.
Douzaine, adj.—La douzaine du boulanger, treize pains.
Doyon, n. m.—Doigt de gant. V. Catiche, catin.
D'partir, v. n.
Venir de partir. Ex. As-tu été à ton bureau ce matin?—Mais
oui, j'en d'pars.
* Drab, (m. a.)—Gris brun. Ex. Une robe drab.
* Draft, drafte, (m. a.)—Traite, devis, dessin.
Drague, n. f.
Mélange de déchets de cuisine, de lait et d'eau, donné comme
mangeaille aux porcs.
Draguer, v. a.—Donner de la drague.
Dragueur, n. m.—Celui qui drague.
Drame, n. m.
Cage de bois préparé pour la descente des rivières.
Drap de pilote, n. m.
Gros drap épais dont on confectionne les paletots d'hiver.
Drave, n. f.
Dérive. Descente d'un train ou cage de bois dans nos rivières,
lorsque les eaux sont grosses.
Draver, v. n.—Faire la drave.
Draveur, n. m.—Celui qui fait la drave.
Drawback, (m. a.)
Mécompte, inconvénient, désavantage. Ex. Dans toutes
ces choses-là, il y a toujours un drawback.
* Dredge, (m. a.)—Dragueur.
Drégaille, n. m.
Butin, effets. Ex. Cette famille est partie avec tout son drégaille.
En Anjou, on dit drigal pour saint frusquin.
Drégaye, n. m.—V. Drégaille.
Drès, prép.—Dès. Ex. Je partirai drès demain.
Dressir, v. a.—Dresser.
Drette, adj.
Droit. Ex. Il est là planté drette comme un as de pique.
Drette (à), loc. adv.
A droit. Ex. Passe à drette.
Drette (tout), loc.
Tout droit. Ex. Le train est passé tout drette sans s'arrêter.
Drettier, ère, adj.
Droitier, opposé à gaucher. Ex. Une personne drettière.
Drigail, n. m.—V. Drégaille.
* Drill, n. m. et f., (m. a.)
—Coutil. Ex. Achète deux verges de drill pour doubler
les manches de ton habit.
—Foret, mèche.
—Exercice militaire. Ex. Mon garçon est parti pour la
drill.
Drille, n. m.—Bon compagnon.
* Driller, v. a. et n. (Angl.)
—Faire l'exercice militaire. Ex. Nous allons driller, ce
soir, au manège.
—Commander sévèrement. Ex. Je me suis fait driller par
mon père.
—Forer, percer la pierre.
—Dresser, former. Ex. Nous avons un maître qui sait
driller ses élèves.
* Drill shed, (m. a.)
Manège. Ex. Il y aura, ce soir, une grande soirée musicale
au drill shed.
Drink, n. m., (m. a.)
Boisson. Vient du vieux mot français drinc.
Driver, v. n.
Aller en tous sens sur un chemin glacé. Ex. Prenons garde
de verser, la voiture drive terriblement.
Drogue, n. f.
Substances diverses employées par les chasseurs pour attirer
les animaux des bois.
Droguer, v. a.
—Donner de la drogue aux bêtes des forêts.
—Faire prendre un remède.
Droguet, n. m.
Etoffe fabriquée à la campagne. Adrien Chabot écrivait, en
1886, dans la Revue des Deux-Mondes: «Droguet, sorte de
tissu fabriqué par les tisserands des campagnes, avec la
laine des bergers et le chanvre des jardins.» Exactement
comme ici, mais en substituant la laine des moutons à la
laine des bergers.
Drôle, adj.
—Intéressant. Ex. Cet homme n'est pas drôle.
—C'est un rien de drôle, sa conduite est blâmable.
—C'est pas drôle, la situation est bien triste.
—Un drôle de pistolet, un homme singulier.
Drôle, drôlesse, n.
—Expressions employées par les Acadiens pour désigner le
cavalier et sa blonde.
—Petit garçon. Ex. As-tu vu passer mon petit drôle?
Drôle (faire), loc.
Eprouver une sensation curieuse et inaccoutumée. Ex. Depuis
que j'ai pris ce remède, ça me fait drôle dans le corps.
Drôleté, n. f.—Drôlerie.
* Dross, n. f., (m. a.)—Ecume qui se forme à la surface d'un
métal fondu.
Drosser, v. a.—Donner une dégelée, rosser.
Dru, adv.
Rapidement, avec vitesse.—Ex. Votre cheval file dru, cocher.
D'sour, prép.—Dessous.
D'sur, prép.—Dessus.
Dû, part, passé de devoir.
Devoir arriver. Ex. Le train est dû à dix heures.
* Dude, doude, (m. a.)
Homme élégant, fashionable, synonyme de petit crevé, en
France.
* Dull, dol, (m. a.)
—Sombre. Ex. Le temps est dull.
—Calme. Ex. Le commerce est dull.
* Dumb-bell, domm-bel, (m. a.)—Haltère.
* Dumpling, deum-pling, (m. a.)—Chausson, pâtisserie.
V. Dompleines.
D'un sens, loc.
Sous certains rapports. Ex. J'ai manqué mon voyage
d'Europe, d'un sens je n'en suis pas trop fâché.
Dur, n. et adj.
—Foie d'un animal. Ex. Nous allons manger du dur de
forçure.
—Difficile. Ex. Les temps sont durs.
—Etre dur à son corps, ne pas regarder à ses peines.
—Un dur à cuire, énergique.
—Dur à la détente, parcimonieux.
—Dur de gueule, cheval difficile à contrôler par les rênes.
—Entendre dur, être presque sourd.
—Dormir dur, profondément.
—Coucher sur le dur, sur la dure.
—Taper dur, taper fort.
—Manger dur, manger beaucoup.
—Le vent souffle dur, violemment.
—Etre dur à son mal, être peu sensible à la douleur.
Durante, prép.—Durant. Ex. Sa vie durante.
Durceur, n. f.—Dureté.
Durcir, v. n.
Devenir sourd. Ex. Les oreilles lui durcissent, il devient
sourd.
Durçon, n. m.—Homme sévère, qui tape fort.
* Duster, dosseteur, (m. a.)—Cache-poussière.
Eau, n. f.
—Faire l'eau, faire eau. Ex. Notre chaloupe fait l'eau,
vite gagnons terre.
—Faire de l'eau, faire eau. Ex. Le toit de ma maison fait
de l'eau.
—Aller faire de l'eau, aller puiser de l'eau dans un tonneau,
une barrique, pour abreuver le bétail.
—Etre tout en eau, avoir très chaud.
—S'en aller à l'eau, courir à la ruine.
—Tomber de l'eau, uriner.
Eau d'endormitoire, n. f.
Opium, ou tout médicament qui a l'effet de produire le sommeil.
Eau de piaume, n. f.—Opium.
Eau d'érable, n. f.
Sève de l'érable recueillie au printemps, que l'on fait bouillir
pour fabriquer le sucre du pays ou d'érable.
Eau de vaisselle, n. f.
Tourner en eau de vaisselle, tourner à rien.
Eau salée, n. f.
Campagnes le long du fleuve Saint-Laurent où l'eau est
salée. Ex. Nous irons passer l'été à l'eau salée.
Eau (place d'), n. f.
Station balnéaire. Ex. Cacouna et Malbaie sont deux places
d'eau toujours populaires.
Eaux, n. m. pl.
Urines. Ex. Etre gêné de ses eaux.
Ebaroui, e, adj.
—Cuve, tonneau, tinette dont les douves, contractées par la
chaleur, laissent filtrer les liquides. Ex. La tinette au
beurre est ébarouie.
—Courbaturé par un coup ou une chute.
Ebasourdir, v. a.
—Abasourdir, étourdir par le bruit. Ex. Ebasourdi par
un fort coup de canon.
—Consterné. Ex. La nouvelle de cette mort m'a ébasourdi.
Ebergiver, v. a. (Cl).—Héberger.
Ebouillanter, v. a.
—Infuser, échauder. Ex. Marie, ébouillante le thé.
—Arroser par une évacuation d'urine. Ex. Ce bougre
d'enfant m'a encore ébouillantée.
—Nettoyer un baril avec de l'eau bouillante.
—Brûler avec un liquide bouillant.
Eboulis, n. m.
Eboulement. Ex. Il y a eu, cette nuit, un éboulis d'une
partie du cap Diamant.
Ebourifflant, e, adj.
Ebouriffant, extraordinaire, incroyable. Ex. Une nouvelle
ébourifflante.
Ebouriffler, v. a.
Ebouriffer. Ex. Tu as les cheveux ébourifflés, tu as l'air
d'un sarpida.
Ebraillé, e, adj.—Déboutonné. Ex. Avoir la gorge ébraillée.
Ebrassement, n. m. (Cl.)—Embrassement.
Ebrèché, adj.
Brèche dans un râtelier. Ex. Cet enfant a la bouche ébrèchée.
Ebrècher (s'), v. pron.
Se faire rouler. Ex. Cette affaire est trop difficile à régler
pour lui, il va certainement s'ébrècher.
Ebriter, v. a.—Ebruiter.
Ebruter, v. a.—Ebruiter.
Ecale, n f.
—Coquille. Ex. Cet œuf a l'écale bien tendre, il doit être
frais pondu.
—Ecaille. Ex. Va jeter les écales d'huîtres dans la cour.
Ecaler, v. a.—Ecosser. Ex. Ecaler des pois, des fêves.
Ecarde, n. f.—Carde, brosse garnie de pointes métalliques.
Ecardée, n. f.
Cardée, quantité de textile qu'on prend à la fois entre deux
cardes.
Ecarder, v. a.
—Carder, peigner, démêler la laine avec des cardes.
—Battre, frapper à la tête, au sens figuré.
De Gaspé a écrit écardit pour écarda.
Ecardeur, euse, n. m. et f.
Cardeur, une personne qui carde. Ex. Une écardeuse de
matelas.
Ecartade, n. f.—Incartade, folie, extravagance.
Ecartant, e, adj.
Endroit où l'on s'écarte facilement. Ex. Montréal n'est
pas une ville aussi écartante que Québec.
Ecarter, v. a.
Egarer, perdre. Ex. J'ai écarté mon parapluie.
Ecarter (s'), v. pron.
—S'égarer, se perdre dans une forêt, dans une ville.
—Se fourvoyer. Ex. Pierre vieillit, il lui arrive parfois de
s'écarter.
Ecartiller, v. a.
—Ecarquiller, écarter. Ex. Cesse donc d'écartiller les
jambes.
—Ouvrir grand. Ex. Ecartille donc les yeux, si tu veux
bien voir.
Ecartillement et écartiller étaient autrefois en usage, en
France.
Ecartiller (s'), v. pron.
S'ouvrir, s'écarter. Ex. S'écartiller les yeux, les jambes,
les bras.
Echaffourée, n. f.
Echauffourée, esclandre. Le véritable sens du mot est une
réunion où l'on se dispute beaucoup, sans grands résultats.
Echalote, n. f.
—Partir en bale d'échalote, partir à la course.
—Passer en bale d'échalote, passer rapidement.
Echange, n. f.
Echange, n. m. Ex. J'ai fait là une bonne échange.
Echangeage, n. m.—Essangeage, action d'essanger.
Echanger, v. a.
Essanger, passer à l'eau du linge sale avant de le mettre à
la lessive.
Echantillion, n. m.—Echantillon.
Echantion, n. m.—Echantillon.
Echappe, n. f.
—Echarde, petit fragment d'un corps quelconque qui est
entré dans la chair.
—Déversoir, endroit par où s'épanche l'excédent de l'eau
d'un marais, d'un étang.
Echappée, n. f.
Moment d'abandon. Ex. Cet écolier a fait un mauvais
coup, mais ce n'est qu'une échappée.
Echapper, v. a.
—Laisser échapper. Ex. Il a échappé le cheval en le menant
à l'écurie.
—Laisser tomber. Ex. J'ai échappé mon chapeau au vent.
Echardronner, v. a.
Echardonner, arracher les chardons d'un jardin, d'un champ.
Echarogner, v. a.
—Briser à la surface. Ex. Le pain est tout écharogné.
—Couper mal. Ex. Echarogner un rosbif, la barbe, les
cheveux.
Echarognure, n. f.—Déchirure, écorchure.
Echarpe, n. f.—Echarde. V. Echappe.
Echarpe (en), loc. adv.
—Qui dépérit. Ex. Cet enfant est en écharpe.
—En pièces, en loques. Ex. J'ai mis mon habit en écharpe.
Echarpiller, v. a.
—Echarper, mettre en charpie. Ex. Echarpiller de la laine.
—Maltraiter.
Echarpir, v. a.
—Echarper. Ex. Aujourd'hui, nous allons écharpir ce qui
nous reste de laine.
—Battre. Ex. Cet enfant est si incommode, que j'ai envie
de l'écharpir.
Echauder, v. a. et n.
—Attraper. Ex. Je me suis fait échauder de la belle façon.
—Infuser. Ex. Marie, tu échauderas du thé pour le souper.
—Brûler au soleil. Ex. Le blé a échaudé depuis la dernière
pluie.
Echauffaison, n. f.
Pleurésie grave provenant d'un refroidissement, du chaud et
du frette; le chaud-refroidi dans le langage berrichon et
angevin.
Echauffé, e, adj.
Avoir la peau irritée par une légère inflammation, dans les
aisselles, dans les plis du cou. Ex. Un enfant échauffé
au cou, dans l'aîne.
Echelle, n. f.
Echelette. Ex. Nous allons commencer nos foins, prépare
la charrette et n'oublie pas les échelles.
Echeniller, v. a.
Critiquer à outrance un ouvrage, un livre.
Echerpiller, v. a.
Echarpiller, écharper, mettre en charpie. D'après Borel, ce
mot aurait signifié voler sur le grand chemin.
Echevinat, n. m.—Echevinage, fonction d'échevin.
Echiffe, n. f.
—Chiffe, mauvaise étoffe que l'on met au rebut, bouts de
laine hors d'usage.
—Chiffons, en général, vieux morceaux de toile et de coton
qui entrent dans la fabrication du papier de luxe.
Echiffer, v. a.
—Effiler, défaire un tissu fil à fil. Ex. Echiffer une étoffe.
—Echarper. Ex. Echiffer de la laine, du crin.
Echiffoir, n. m.
Peigne dont se servent les cardeurs pour échiffer.
Echigné, e, n. et adj.
Personne malingre, souffreteuse. Ex. Ho! la grande échignée,
là-bas, tu te meurs!
Echigner (s'), v. pron.
Travailler au delà de ses forces. Ex. Il faut s'échigner pour
faire certains ouvrages.
Echiquette (à l'), loc.
Mesquinement. Ex. Payer ses comptes à l'échiquette.
Echiquette (en), loc.
En échiquier. Ex. Corder le bois en échiquette, faire un
plancher en échiquette. V. Achiquette.
Echo, adj.—Sonore. Ex. Le temps est écho aujourd'hui.
Echouer (s'), v. pron.
—Atterrir, en parlant des loups-marins qui viennent au
rivage.
—Prendre pied. Ex. Comment se fait-il que tu es venu
t'échouer chez nous?
Echoueries, n. f.
Roches que la mer ne recouvre pas, et où les loups-marins
viennent se reposer.
Echousser, v. a.
Enlever les souches qui sont restées dans un terrain après
qu'on a abattu les arbres.
Eci, écitte, adv.
Ici. Ex. Passe par écitte.—Par écitte nous sommes tous
rouges.
Eclater, v. n.
Fondre en larmes. Ex. Quand il apprit la mort de sa mère,
il éclata. Eclater, pris absolument, veut dire éclater de rire.
Eclater (s'), v. pron.—Eclater. Ex. Il s'est éclaté de rire.
Eclipe, n. f.—Eclipse.
Eclôre, v. n. et a.—Eclore.
Ecluse, n. f.
Lâcher l'écluse, ne vouloir plus se taire.
Ecocher, v. a.
Détacher les débris de la partie ligneuse du chanvre ou du
lin.
Le vieux mot écocher signifiait écraser.
Ecochoir, n. m.
Instrument dont on se sert pour broyer le lin, le chanvre.
Ecochoué, n. m.—Instrument qui sert à écocher.
Ecœuranterie, n. f.
Ecœurement. Ex. Quelle écœuranterie que ce cirque?
Ecole (montrer, faire l'), loc.
—Enseigner. Ex. Nous avons une bonne maîtresse, elle
montre bien l'école.
—Mettre un enfant aux écoles, l'envoyer à l'école primaire,
aux petites écoles.
Ecolleter, v. a.—Décolleter. Ex. Une robe écolletée.
Ecolleter (s'), v. pron.—Se décolleter.
Econôme, n. et adj.
—Econome. Ex. L'éconôme du séminaire.
—Ménager. Un homme éconôme.
Ecopeau, n. m.
Copeau. Ex. Ramasser des écopeaux pour allumer le poêle.
Ecore, n. f. et adj.
—Accore, berge. Ex. Nous pêcherons à la rivière en nous
tenant sur l'écore. Monet cite le mot escore pour signifier
une côte à pic, taillée à plomb.
—Incliné. Ex. Les bords de cette rivière sont écores.
Ecorner, v. a.
—Blesser. Ex. En voilà toujours bien un d'écorné.
—Donner des coups en général.
Ecornifler, v. a.
Espionner. Ex. Qu'est-ce que tu viens écornifler ici? Il
n'y a rien pour toi. En France se dit pour voler, râfler à
droite et à gauche.
Ecornifleux, se, adj.
—Ecornifleur, qui fait métier d'espion.
—Fureteur.
Ecôsse, n. f.—Cosse.
Ecôsser, v. a.—Ecosser.
Ecossois, n. et adj.—Ecossais.
Ecot, n. m.—Parti. Ex. Un écot de tire.
Ecourté, e, adj.
—Trop court. Ex. Une robe écourtée.
—Etre affublé d'un habit trop court. Ex. Une personne
écourtée.
Ecourtiché, e, adj.
Porter un habit trop court. Ex. Une petite fille écourtichée.
Ecourtiller, v. a.—Ecourter. Ex. Avoir une mine écourtillée.
Ecoute, n. f.
Filer grande écoute, aller un train d'enfer.
Ecouter dire, loc.
—Ecouter patiemment. Ex. Il m'a parlé pendant une
grosse heure, et je l'ai écouté dire tout le temps sans dire
un mot.
—Entendre dire. Ex. Je l'ai écouté dire des choses insensées.
Ecouter (s'), v. Pron.
Soigner sa santé, en se croyant plus malade qu'on ne l'est.
Ex. Tu t'écoutes trop, tu n'est pas aussi malade que tu
penses.
Ecquêt, n. m.
Acquêt. Ex. Tu as plus d'ecquêt d'aller te coucher, il est
tard.
Ecrabouiller, v. a.
Ecraser, mettre en bouillie. Forme du vieux français escrabouiller,
acrabiller.
Ecrapoutir, v. a.
—Faire succomber dans la lutte. Ex. S'est-il fait écrapoutir,
ce vilain menteur? Il a enfin trouvé son maître.
—Aplatir et déformer un corps par un choc violent ou une
pression. Ex. J'ai reçu un coup de poing qui m'a écrapouti
le nez.
En Anjou, écrapoutir comporte la même signification.
Ecrapoutir (s'), v. pron.
—S'écraser par terre en prenant le moins d'espace possible.
—S'effacer devant quelqu'un au point de faire disparaître
sa personnalité.
—Se déformer.
Ecriancher (s'), v. pron.—V. Egriancher.
Ecrire, v. a.
Ecrire une bonne main, avoir une belle écriture.
Ecrit, n. m.
Un papier, un assignation comme témoin, comme juré.
Ecrit (mot d'), n. m.
Courte lettre. Ex. Je vous adresse un petit mot d'écrit pour
vous faire assavoir de mes nouvelles, qui sont bonnes, Dieu
marci.
Ecrivain, n. m.—Copiste.
Ecrivisse, n. f.—Ecrevisse.
Ecro, n. m.
Ecrou de vis. Autrefois écro se disait.
Ecroît, n. m.
Croît, augmentation d'un troupeau par la naissance de
petits.
Ecruelles, n. f. pl.—Ecrouelles, scrofules.
Ecu, n. m.
—Tu as perdu ton écu, cours après ta piastre, tu as manqué
ton coup, eh bien! reprends-toi et fais mieux.
—Voilà bien le restant des écus, il ne manquait plus que cela.
Furetière, Scarron et Molière ont employé cette expression.
Ecuelles, n. f.—Ecrouelles.
Ecui, n. m.—Etui.
Ecuisser, v. a.
Enlever les cuisses d'un animal.
Ecuisser est français, et signifie faire éclater le tronc d'un
arbre en l'abattant.
Ecuisser (s'), v. pron.
Se briser les cuisses en tombant. Ex. J'ai rasé m'écuisser
en tombant.
Ecume, n. f.
Blanc d'écume, couvert d'écume. Ex. Un cheval blanc
d'écume.
Ecumer, v. n.
Se fâcher noir. Ex. J'écume rien qu'à penser à cette sale
affaire.
Ecumoire, n. f.
Avoir la figure comme une écumoire, avoir la figure marquée
par des pustules varioliques.
Ecurer (s'), v. pron.
S'éclaircir. Ex. Le temps commence à s'écurer.
Ecureu, n. m.
Ecureuil. Ex. Ma foi d'écureu!
Ecureuil volant, n. m.—Polatouche du Canada.
Ecuyer, n. m.
Ce mot était usité dans le pays avant que nous l'eussions
traduit de l'anglais. Cugnet et Berthelot, avocats, portaient
le titre d'écuyer avant la cession du Canada à l'Angleterre
par la France. Cugnet le prend dans son livre, un
des premiers imprimés à Québec. Il est vrai que c'était
sous le régime anglais. Nous lisons sur le Traité des Hypothèques
de Basnage «Henry Basnage, Ecuyer, Avocat
au Parlement de Normandie». Les raisons que l'on donne
pour abandonner ce titre, n'ont rien à faire avec la grammaire
et l'étymologie. Elles s'adressent au bon goût
seulement; du reste, comme pour le mot Orateur. La
question se trouve réglée par la dernière édition du Dictionnaire
de l'Académie. Dans les Registres du Conseil
Souverain, plusieurs de ses membres et des parties qui
comparaissaient devant lui, sont qualifiés d'écuyers. Le
titre n'est donc pas de provenance anglaise. Au contraire,
il est très probable que ce sont les Anglais qui l'ont emprunté
aux Normands.
Eduquer, v. a.
Instruire. Ex. Mon enfant est bien éduqué.
Efface, n. f.
Gomme élastique qui sert à enlever les marques du crayon
ou de l'encre.
Effaçoir, n. m.—Gomme élastique.
Effalé, e, adj.—Qui a la gorge découverte, la falle à l'air.
Effardocher, v. a.
Enlever les fardoches, les broussailles, les jeunes pousses des
arbres vivants ou morts, essarter.
Effet, n. m.
—Faire effet, produire de l'effet. Ex. Tu me diras si
remèdes ont fait effet.
—Faire de l'effet, produire de l'impression.
—En effet de, en fait de. Ex. Ce que je préfère en effet de
sucreries, c'est le chocolat.
—Si c'est un effet de votre bonté, si vous avez la bonté.
Effet que (à l'), loc. prép.
—Clause statuant telle ou telle chose.
—A savoir, c'est-à-dire.
Effette (en), loc. adv.—En effet.
Effeuiller, v. a.
Feuilleter, tourner les feuillets.
Effieller (s'), v. pron.
Se rendre malade. Ex. Cet enfant s'est effielé en jouant,
(comme si le fiel était en cause).
Effilandre, n. f.
Filandre, fibrille qui se rencontre dans une viande coriace.
Effilandrer, v. a.
Enlever les filandres.
Effleurer, v. a.
Affleurer. Ex. Vois là-bas cette roche qui effleure l'eau.
Effrayable, adj.
Effroyable. Ex. Il fait une tempête effrayable.
Effrayamment, adv.—Effroyablement.
Effrayant, adj. part.
C'est beau, effrayant, c'est extraordinairement beau, tellement
beau que je suis stupéfié.
Effuser, v. a.
Infuser. Ex. Effusez le thé, Marie, et assurez-vous que
l'eau bouille à gros bouillons.
Egail, n. m.
Rosée. Mot employé par les Acadiens pour désigner la rosée
du matin qui se dépose en gouttelettes sur les feuilles.
Egail est cité par Monet dans le même sens.
Egaler, v. a.
Enlever les gales qui se forment sur une plaie, un ulcère.
Egard de (en), loc. adv.
Par rapport à. Ex. En égard de ce que vous m'avez dit, j'y
repenserai.
Egarouiller, v. a.
Egaré, troublé. Ex. Il a les yeux égarouillés, comme s'il
devenait fou.
Egermer, v. a.
Enlever le germe des pommes de terre.
Egoïsse, adj.
Egoïste. Ex. M'en parle pas, c'est un êgoïsse.
Egousiller (s'), v. pron.
S'égosiller. Ex. Voilà un quart d'heure que je m'égousille
à t'appeler.
Egousser, v. a.—Ecosser. Ex. Egousser des pois, des fèves.
Egoutté, e, adj.
Lait égoutté, fromage égoutté, lait caillé dont on laisse égoutter
le petit lait.
Egraffigner, v. a.
Egratigner. Ex. Il a le visage tout égraffigné, couvert de
blessures occasionnées par des égratignures. Dans l'ancien
français, ce mot signifiait écrire mal.
Egraffignure, n. f.—Egratignure.
Egrandir, v. n.—Agrandir.
Egrandissement, n. m.—Agrandissement.
Egrémiller, v. a.
—Egrener. Ex. Egrémiller des épis.
—Emietter. Ex. Egrémiller du pain.
Egrener (s'), v. pron.
Se disperser, s'en aller les uns après les autres.
Egriancher (s'), v. pron.
Faire un grand effort, se briser le corps en lui donnant des
positions forcées. Ex. Si tu continues à forcer comme cela,
tu vas t'égriancher.
Eguenillé, e, adj.—Déguenillé.
Ehancher, v. a.—Déhancher, déséquilibrer les hanches.
Ehancher (s'), v. pr.
Se déhancher, se luxer l'articulation de la cuisse.
Eil, n. m.—Œil. Ex. J'ai manqué me crever un eil.
Ein, eine, art. et. adj. num.
Un, une. Ex. Ein bon homme, eine bonne personne, il y
en avait rien qu'eine de morte.
Eïou, adv.—Veux-tu nie dire eïou ce que tu vas?
Ejambée, n. f.—Enjambée.
Ejamber, v. a.—Enjamber.
Ejârer (s'), v. pron.
S'écarter les jambes violemment, de façon à tomber par terre.
Ex. Il s'est éjâré en patinant.
Ejeveau, n. m.—Echeveau. Ex. Un éjeveau de laine, de soie.
Elagne, n. m.
Instant. Ex. Attends-moi un élagne. Expression acadienne.
Elaise, n. f.—Planche ajustée à une autre pour l'élargir.
Elaite, n. f.—Laite de poisson.
Elaiter, v. a.
Débarrasser le beurre du petit lait. Ex. Marie, cours élaiter
le beurre, il nous en faut pour déjeuner.
Elan, n. m.
Moment, instant. Ex. Attends-moi un petit élan. Cette
expression cadre bien avec l'élagne des Acadiens.
Electrique, n. m.
Tramway mû par l'électricité. Ex. Nous prendrons l'électrique
au bas de la côte du Palais.
Elément, n. m.
Manière. Ex. C'est son élément de parler mal du prochain.
Français, mais familier.
Eléphant, n. m. et f.—Personne très grosse et très lourde.
Elévateur, n. m.
Ascenseur. Ex. Prenons l'élévateur pour nous rendre à la
haute-ville.
Elévateur n'est pas un anglicisme; se dit d'un appareil pour
soulever les poids, les denrées, les navires.
Elèves, n. m. pl.
Veaux, gorets, poulets, canards. Ex. Il faut que j'aille
donner de la nourriture à mes élèves.
Eléxir, n. m.—Elixir.
Elingué, e, n. m. et f.
Personne grande et fluette. Ex. C'est un grand élingué.
Une élingue est une corde pour soulever les fardeaux.
Elisable, adj.—Qui peut être élu.
Eloëze, n. m.
Eclair. Expression acadienne. Borel cite le mot éloëse pour
éclair. Vient du latin elucere, éclairer.
Elondation, n. f.—Inondation.
Elonder, v. a.—Inonder. Ex. Le ruisseau est élondé.
Elonger. v. a.—Porter. Ex. Elonger un coup de pied.
Elonger (s'), v. pron.
—S'étendre de tout son long. Ex. Il s'est élongê sur la
glace en patinant.
—S'étirer, s'allonger en étendant ses membres. Ex. S'élonger
dans son lit.
Elure, v. a.—Elire.
Emagination, n. f.—Imagination.
Emaginer, v. a.—Imaginer.
Emanation, n. f.
Emission. Ex. L'émanation d'un bref.
Emaner, v. a.
Lancer, émettre. Ex. Emaner un bref, un mandat.
Embabouiner (s'), v. pron.
S'envelopper la figure avec soin, de manière à ne laisser voir
que le bout du nez.
Embâclage, n. m.
Embarras, obstacle. D'après Oudin, embâcle se disait jadis.
Embâclage se dit encore d'un accoutrement singulier.
Embâcler, v. a.
Se faire prendre dans une mauvaise affaire. Ex. Nous
voilà bien embâcles, avec cette affaire sur les bras.
Embâcler (s'), v. pron.
S'embarrasser. Ex. Je me suis embâclé dans une affaire qui
menace de me ruiner.
Embarcation, n. f.
Affaire. Ex. J'ai acheté des actions de la Compagnie
minière de la Baie de Chaleur, c'est une bien triste embarcation
que j'ai faite.
Embardée, n. f.
—Emballement. Ex. En voilà un qui n'est bon qu'à
prendre des embardées.
—Ecart brusque. Ex. Notre carriole prend des embardées,
pourvu que nous ne versions pas.
Embarder, v. a.—Faire des écarts brusques.
Embarder (s'), v. pron.
—Se laisser emporter trop loin dans une affaire.
—Se mettre de travers, en parlant d'un canot.
Embardeux, se, adj.—Qui s'emballe facilement.
Embargo, n. m.
Embarras. Ex. S'il continue à mal se conduire, je lui
créerai des embargo de façon à ce qu'il se corrige.
Embarlificoter, v. a.—V. Emberlificoter.
Embarlificoter (s'), v. pron—-V. Emberlificoter (s').
Embarquement, n. m.—Embarcadère.
Embarquer, v. a. et n.
—Mettre, déposer. Ex. Embarque-moi ces deux piastres
dans ton porte-monnaie.
—Entrer, faire entrer. Ex. Embarque dans mes bras, dans
le tramway.
—Sauter. Ex. Embarque sur le dos du cheval.
—Embarquer sur le dos de quelqu'un, l'ennuyer par des discours,
des plaintes, des doléances interminables. Ex.
Quand celui-là m'embarque sur le dos, il ne débarque plus.
Embarras (clôture d'), n. f.
Clôture grossière faite avec des branchages et du bois de
rebut.
Embârrer, v. a.
Mettre sous clef ou sous verrou. Ex. Embârre pas la porte
sur moi.
Embârrer (s'), v. pron.
Fermer la porte sur soi avec une clef, un verrou, une barre.
Embas (en),
En bas. Ex. Le thermomètre marque six en embas de zéro.
Emberlicoter (s'), v. pron.
S'embarrasser. V. le mot suivant.
Emberlificoter, v. a.
—Embarrasser, empêtrer. Ex. Je l'emberlificoterai au premier
jour, s'il cherche encore à me blaguer.
—Enjôler. Ex. Il m'a conté un tas d'histoires, tellement
qu'il a fini par m'emberlificoter, et je lui ai prêté cinq piastres.
Le vieux français disait emburelicoquer. La langue
a conservé le mot emberlificoter dans le style familier,
et l'on trouve en patois emberlander, emberliner et emberlofer,
toujours pour exprimer la même idée.
Emberlificoter (s'), v. pron.
S'empêtrer. Ex. S'emberlificoter les jambes dans les branches.
S'emberlificoter dans son discours.
Emberné, adj.—Dans l'embarras de mauvaises affaires.
Embêter, v. a.
Aveugler quelqu'un en affaires. Ex. Il l'a embêté proprement.
Embiber, v. a.—Imbiber.
Embich'ter, v. a.
—Avaler vite. Ex. J'ai embich'té ce verre de vin avec un
grand plaisir.
—Mettre, déposer. Ex. Embich'te-moi ce cinq piastres dans
ton porte-monnaie.
Embobiner, v. a.
Vêtir chaudement. Ex. Cette femme est bien embobinée.
Embobiner (s'), v. pron.
S'envelopper avec soin pour se garantir du froid.
Emboîter, v. a.—Mettre en boîte.
Embotter (s'), v. pron.—Mettre ses bottes.
Embouchage, n. f.
Embouchure. Ex. Le jeune Dumais joue bien de la flûte,
il a une belle embouchage.
Embouffetage, n. m.—Action d'embouffeter.
Embouffeter, v. a.
Travailler les planches de manière à ce qu'elles puissent
être assemblées au moyen de rainures et de languettes.
Embouffeteur, n. m.—Qui embouffette.
Embourber, v. a.
—Engager dans la neige. Ex. Mon cheval est embourbé,
detelons-le.
—Engager dans un travail de longue haleine et rempli de
difficultés.
Embourber (s'), v. pron.
—S'engager dans un banc de neige.
—Se livrer à des travaux multiples dont on ne peut prévoir
l'issue.
Embourrer, v. a.
Envelopper. Ex. Embourre-moi ce paquet de linge?
Embouveter, v. a.—V. Embouffeter.
Embrassement, n. m.
Embrasement, action d'élargir de dehors en dedans la baie
d'une porte pour donner du jeu aux battants.
Embrelicotage, n. m.—Confusion, brouillamini.
Embrelicoter, v. a.—Embrouiller.
Embreunir, v. pron.
S'embrunir, se couvrir. Ex. Le temps s'embreunit.
Embrocher, v. a.
Mettre du poisson en broche, pour former une brochetée.
V. Broche et Brochetée.
Embrouille, n. f.
Embarras, confusion. Imbroglio des Italiens.
Eméché, adj.
Pris de vin. Ex. Mon garçon, tu commences à être pas mal
éméché.
Emécher, v. a.—Moucher. Ex. Emécher la chandelle.
Emérillon, n. m.—Epervier brun, ou faucon des marais.
Emiocher, v. a.—Emietter.
Emitation, n. f.
Imitation. Ex. Ces meubles ne sont pas en chêne solide,
mais en émitation.
Emite, n. f.
Limite. Ex. Il y a des émites à tout. Il fait beau sans
émites.
Emiter, v. a.—Imiter.
Emmaigrir, v. a. et n.—Amaigrir.
Emmalicer, v. a.—Rendre malin.
Emmaler, v. a.—Mettre dans une malle.
Emmancher, v. a.
—Etre pris dans une mauvaise affaire. Ex. S'est-il fait
emmancher un peu?
—Habiller, vêtir. Ex. Ne va pas sortir emmanché comme
cela.
Emmanchure, n. f.
—Affaire mal conduite. Ex. Je suis pris dans une triste
emmanchure.
—Manière dont un outil est emmanché.
—Habit mal fait. Ex. Quelle emmanchure as-tu sur le dos?
Emméliorer, v. a.—Améliorer.
Emmenable, adj.
Qui peut être emmené. Ex. Habillé comme tu es, mon
petit, tu n'es pas emmenable.
Emménager, v. a.
Mettre aux bons endroits les collets, les trappes destinées à
prendre les animaux à fourrures. (Terme de vénerie.)
Emmener, v. a.
Amener. Ex. Cet hiver, il neige tous les jours que le Bon
Dieu emmène.
Emmerdement, n. m.—Ennui profond.
Emmerder, v. a.—Tromper grossièrement.
Emmerder (s'), v. pron.—S'ennuyer beaucoup.
Emmiâler, v. a.
Tromper comme un chat, chercher â séduire par des avis
doucereux, leurrer.
Emmitainer, v. a.—Mettre des mitaines.
Emmitainer (s'), v. pron.—Se mettre des mitaines.
Emmitoner (s'), v. pron.—Mettre ses mitons. V. Miton.
Emmouracher (s'), v. pron.—S'amouracher.
Emmurailler, v. a.
Emmurer, enfermer entre des murailles.
Emouchettes, n. f. pl.—Mouchettes.
Emoustillé, ée, adj. part.
Agité, remuant. Ex. Cet enfant est passablement émoustillé,
il faudra le calmer.
Emouver, v. a.—Emouvoir.
Emouver (s'), v. pron.—S'émouvoir.
Emoyer (s'), v. pron.
S'enquérir, s'informer. Expression acadienne.
Empaffé, e, adj.—Enivré.
Empaffer (s'), v. pron.
Se bourrer de nourriture ou se gorger de vin.
Empaillure, n. m.
Empaillage, action d'empailler. Ex. L'empaillure d'une
chaise.
Empanner (s'), v. pron.—S'en faire accroire.
Emparer (s'), v. pron.
S'empresser. Ex. Je me suis emparé de lui faire savoir ma
façon de penser. (Cl.)
Empas, n. m. pl.
Gonflement inflammatoire du palais des chevaux.
Empâter, v. a.—V. Ampâter.
* Emphase, n. f.
Conviction, énergie. Ex. Parle-t-il avec emphase cet orateur
là? (Angl.)
* Emphatiquement, adv.
Catégoriquement. Ex. Je nie cela emphatiquement. (Angl.)
Empiétation, n. f.—Empiètement.
Empiffer, v. a.—Empiffrer. V. Empaffer.
Empigeonner, v. a.
Etre sous l'influence d'un être supérieur. Ex. Je ne sais
ce qui se passe, mais depuis quelque temps je ne puis rien
faire de bien, mes animaux meurent les uns après les
autres, je crois vraiment que je suis empigeonné.
Empilage, n. m.—Empilement, action de mettre en pile.
Empille, n. f.
Empile, ligne, fil qui s'ajoute au bout des ligues latérales.
(Terme de pêcheur.)
Emplâte, n. f.—Emplâtre.
Emplâtre, n. m. et f.
—Personne gauche et un peu niaise. Ex. Quel emplâtre
que j'ai là à mon service.
—Emplâtre, n. f. Ex. Une bonne emplâtre de moutarde.
Emplayer, v. a.
Employer. Ex. Moi j'emplaye cinquante mains.
Emplette (faire), loc.
Devenir père d'un nouvel enfant. Ex. Me dirais-tu qui ce
qui vient de faire emplette? Entends-tu les cloches qui
sonnent le baptême?
Empleyer, v. a.—Employer.
Emplir, v. a.
—Ne pas tarir en racontars. Ex. Ne viens pas m'emplir
comme tu as déjà fait.
Emplois, n. m.—Empois.
Empocher, v. a.
—Blouser. (Terme de billard).
—Mettre en poche, en sac. Ex. Empocher des patates,
des carottes, des navets.
Empocheter, v. a.
Empocher, mettre dans sa poche. Ex. Empocheter des marbres.
Empoélure, n. f.
Substance charbonneuse qui se dépose à la surface extérieure
des chaudrons exposés au feu.
Empoisonner, v. a.
Sentir mauvais. Ex. Sauve-toi, mon petit salaud, tu empoisonnes
tout le monde.
* Emporter, v. a.
—Adopter. Ex. Cette motion sera-t-elle adoptée? Emportée,
carried. (Angl.)
—Enflammer. Ex. Cet enfant a toute une joue emportée.
—Emporter le morceau, réussir d'emblée.
Emprêter, v. a.
Emprunter.
Empunaisé, e, adj. part.
Infesté de punaises.
En, adv.
—Passer en belette, filer dru.
—Marcher en bedeau, marcher avec ordre.
—Passer en souris, fuir honteux.
—Voir tout en soleil, avoir des éblouissements.
En aiguillettes.—V. Aiguillettes.
En approbation.—V. Approbation.
En arracher.—V. Arracher.
Enarvement, n. m.—Enervement.
Enarver, v. a.—Enerver.
En bas de, loc. adv.
Au-dessous. Ex. Le thermomètre marque 5° en bas de zéro.
Emu, e, adj. part.
Sous l'effet des spiritueux. Ex. Je commence à être légèrement
ému, je m'en aperçois.
Encabaner (s'), v. pron.
—Se réfugier dans sa cabane, dans sa maison, pour y
séjourner.
—Se couvrir la figure d'une manière presque complète.
Encache, n. f.—Enveloppe de lettres.
Encadrage, n. m.—Encadrement.
Encager, v. a.—Mettre en prison.
Encalifourchonner, v. a.—Mettre à califourchon.
Encalifourchonner (s'), v. pron.
Se mettre à califourchon.
Encalmé, e, adj.—Vaisseau pris dans une accalmie.
Encan, n. m.
—Par encan, à l'encan. Ex. Fais-tu vendre ton ménage
par encan? Oui, par encan.
—Faire encan, vendre à l'encan.
Encanter, v. a.—Vendre à l'encan. V. Ancanter.
Encanteur, n. m.
Commissaire-priseur. Ex. Le meilleur encanteur de Québec,
c'est M. Maxime.
Encapoter, v. a.
Mettre un capot sur le dos d'un autre. Ex. Je vais t'encapoter,
afin de ménager ton rhumatisme.
Encapoter (s'), v. pron.
S'habiller soi-même pour sortir. Ex. Encapote-toi comme
il faut, car il fait une tempête.
Encarcaner, v. a.
—Mettre un animal au carcan.
—Réduire une personne à l'impuissance. Ex. Si tu ne te
retires tout de suite, je vais t'encarcaner.
Encaver, v. a.
—Faire une entaille dans le bois.
—Enfoncer un objet dans un autre ou dans le sol.
Encenser, v. a.
Remuer la tête de haut en bas. Se dit du cheval.
Enchâsser, v. a.—Encenser.
Enchensoir, n. m.—Encensoir.
Enchiforné, adj.—Enchifrené.
En ci, loc.
D'ici à. Ex. Nous avons le temps de nous voir en ci et le
jour de l'An.
Enclaquer (s'), v. pron.—Mettre ses claques.
Enclaver, v. a.—Anneler.
Enclope, n. f.
Abot, entrave au pied d'un cheval.
Enclos, n. m.
Fourrière. Ex. Mettre un cheval à l'enclos.
Encombrance, n. f.—Encombrement, embarras.
Encombrer, v. a.
Mettre plus que la mesure. Ex. Tu vas me donner un
minot d'avoine, mais tu mettras la mesure encombrée, et je
te paierai en équipollent.
Encontre (à l'),—Aller à l'encontre, aller au contraire.
Encornailler (s'), v. pron.
Encorner. Ex. La noire et la grise passent leur temps à
s'encornailler.
Encorner, v. a.
Frapper avec les cornes, sans blesser. Ex. Je me suis fait
encorner par une vache, elle ne m'a pas fait mal.
Encre de perle, n. f.—Nacre de perle. V. Ancre.
Encrotté, e, adj.
Rempli de crottes. Ex. Avoir le nez encrotté.
Encrucher, v. a.—Mettre en cruche.
En deci, loc. adv.
D'ici à. Ex. Je te paierai en deci Noël.
Endécis, adj.—Indécis.
En dedans de, loc. adv.
En moins de. Ex. Mon cheval fait son mille en dedans de
trois minutes.
Endéhorer, v. a.
Sortir. Ex. Endéhore-moi la porte au plus vite, ou je vais
me fâcher.
Endémené, ée, adj.
Espiègle, turbulent, évaporé. Ex. Cet enfant est endémené.
Expression très en vogue autrefois en France.
(Lac. de S. P.)
En démon, loc.—Furieux.
En dessous, loc. adv.
Hypocrite, sournois. Ex. Cette fille me paraît en dessous.
Endêver, v. a.
Impatienter. Ex. Je l'ai fait endêver de mon mieux. Du
français diable, de l'italien diavolo, de l'anglais devil.
En devoir, loc.—V. Devoir.
En diable, loc.—En furie.
Endormable, adj.
Qui peut être endormi. Ex. Des enfants qui ne sont pas
endormables.
Endormir (s'), v. pron.
—Se rebuter, se lasser. Ex. C'est un paresseux, il s'endort
sur son ouvrage.
Endormitoire, n. f.
Sommeil. Ex. Tu ne dors pas, prends de l'eau d'endormitoire.
Vers dix heures, l'endormitoire me prend, et je me
flanque au lit.
Endos, n. m.
Endosse, trouble, peine, ennui. Ex. C'est toujours le pauvre
qui a l'endos.
Endreit, n. m.
—Endroit.
—Pays natal. Ex. Nous sommes tous les deux du même
endreit.
Endreitte (à l'), loc.
Côté par lequel une chose doit être regardée. Ex. Regarde
à l'endrette plutôt qu'à l'envers. En France on dit à
l'endrette pour envers, vis-à-vis.
Endurer, v. a.
—Tolérer. Ex. Je l'endure, celui-là, mais ça force.
—Avoir besoin. Ex. Il fait froid, j'endurerais bien un
manteau pesant.
Endurer (s'), v. pron.
Supporter la douleur. Ex. J'ai un si gros mal de tête, que
je ne suis plus capable de m'endurer.
En échiquette.—V. Echiquette.
Enfaîter, v. a.
Emplir jusqu'au faîte. Ex. Nos foins sont terminés, la
grange est enfaîtée.
Enfaller, v. a.
Se dit des volailles qui n'ont pas pu digérer les aliments
contenus dans leur falle (jabot).
Enfaller (s'), v. pron.—S'engouer.
Enfance, n. f.
Sénilité. Ex. Ce vieillard est en enfance, c'est certain, il a
des paroles écartées.
Enfant de chienne, n. m.
Expression grossière à l'adresse d'une personne tarée.
Enfant du diable, n. m.—Bête puante, putois.
Enfarges, n. f. pl.
Entraves mises aux chevaux ou aux bœufs pour les empêcher
de sauter les clôtures.
Enfarger, v. a.
—Mettre les enfarges à un cheval.
—Réduire quelqu'un à l'impuissance.
Enfarger (s'), v. pron.
—Se fourrer dedans.
—S'empêtrer. Ex. Ce charretier s'est enfargé les jambes
dans ses cordeaux.
En fête, loc.—Sous l'influence des liqueurs fortes.
En fifre, loc.—De très mauvaise humeur.
Enfifreouâper, v. a.
Berner outre mesure. Ex. Je l'ai enfifreouâpé de la belle
façon, il ne s'est aperçu de rien.
Enfifreouâpeur, n. m.—Qui fait l'action de tromper.
Enfilée, n. f.—Enfilade.
Enfiler, v. a.
—Accompagner.
—Enfiler des perles, flaner, s'amuser. D'après Oudin, enfiler
des perles se disait autrefois pour être un grand discoureur.
Enfiler (s'), v. pron.
Manger. Ex. Je me suis enfilé une tranche de rosbif saignant.
Enfioler, v. a.—Avaler avec rapidité.
Enflammable, adj.—Inflammable.
Enflammation, n. f.—Inflammation.
Enflammatoire, adj.
Inflammatoire. Ex. Je souffre d'un rhumatisme enflammatoire.
Enfle, n. f.—Enflure. Ex. Ce garçon a une enfle au visage.
Enflé, e, n. m. et f.
Enflé, adj. Individu bouffi d'orgueil. Ex. Un grot enflé.
Enfoncer, v. a.
—Réfuter, réduire à quia. Ex. Monsieur Ladue a enfoncé
son adversaire sur tous les hustings.
—Perdre son argent. Ex. Il s'est fait enfoncer dans sa
récente spéculation à la Bourse.
Enfouir (s'), v. pron.—S'enfuir.
Enfourner, v. a.
Avaler. Ex. Enfourne-moi ça dans ton gosier.
Enfrédir, v. n.—Refroidir.
Enfrédir (s'), v. pron.—Se refroidir. Ex. Le temps s'enfrédit.
Enfroidir, v. n.—Refroidir.
Enfroidir (s'), v. pron.—Se refroidir.
En fusil, loc.—D'une humeur massacrante.
Engagé, e, adj.
Serviteur, domestique. Ex. J'ai deux filles engagées à mon
service.
—Rendez-vous. Ex. J'ai un engagement avec le rédacteur
de l'Action Sociale pour dix heures.
* Engager, v. a.
—Se fiancer. Ex. Pierre et Lucette se marieront aux jours
gras, voilà déjà plus d'un an qu'ils sont engagés. (Angl.)
—Occupé. Ex. Hello! voulez-vous me mettre en communication
avec le numéro 1828?—La ligne est engagée.
(Angl.)
Engager, ère, adj.
Domestique. Ex. J'ai une bonne fille engagère que je paie
dix piastres par mois.
Enganter, v. a.—Mettre des gants.
Enganter (s'), v. pron.
Mettre soi-même ses gants.
Engearber, v. a.—Engerber.
Engencement, n. m.—Agencement.
Engenouiller (s'), v. pron.—S'agenouiller.
Engin, n. m.—Locomotive.
* English, Inn-glishe, (m. a.)
—Saint-Augustin, 14 points. (T. d'impr.)
—Double english, palestine, 28 points.
Engouer (s'), v. pron.
S'étouffer en mangeant. Borel écrit: Engouer, se suffoquer
en mangeant.
En grand.
—Servir la messe en grand, remplir les fonctions de thuriféraire
ou de cérémoniaire.
—D'une façon extraordinaire. Ex. En voilà un qui s'est
fait blaguer en grand.
Engrandir, v. a.—Agrandir.
Engrener, v. a.
S'enraciner. Ex. Il ne faut pas laisser engrener le mal
avant qu'il soit trop tard.
Engrener (s'), v. pron.
—Accoutumer. Ex. Je suis tellement engrené dans cette
affaire, que je me crois indispensable à ceux qui l'ont
entreprise.
—Persister. Ex. Pourquoi s'engrener dans cette mauvaise
habitude de trop boire de vin?
En gribouille.—Eu difficulté, en chicane.
Enguenillé, e, adj—Déguenillé.
Engueulade, n. f.—Action d'engueuler.
Engueulement, n. m.—Action d'engueuler.
Engueuleur, n. m.
Celui qui engueule, qui dit de grossières injures aux autres.
Engueuler, v. a.—Dire de grosses injures.
Enguiabler, v. a.—Endiabler.
Enhuiler, v. a.—Oindre d'huile.
En j'haut, prép.—En haut.
Enjôleux, euse, n. et adj.—Enjôleur.
En l'air, loc.
—Evaporé. Ex. Une jeune fille en l'air.
—Dans un endroit élevé. Ex. Monter en l'air, sauter en
l'air, grimper en l'air.
—Gai, joyeux. Ex. Comme tu es en l'air aujourd'hui, sur
quelle herbe as-tu pilé?
Enlargir, v. a.—Elargir.
Enlever (s'), v. pron.—S'en aller.
Enlourdir, v. n.—Alourdir.
En mains, loc.—En caisse.
Enmialer, v. a.—V. Amiauler.
Enmoyenné, e, adj.
En moyen. Ex. Quand je serai plus enmoyenné, je te paierai.
Enneiger, v. a.
Couvrir de neige. Ex. Si tu veux conserver tes viandes
durant l'hiver, mets-les dans un baril et enneige-les.
Enneiger (s'), v. pron.
Etre couvert de neige. Ex. Il fait une tempête épouvantable,
me voilà tout enneigé.
Ennicher, v. a.—Mettre dans une niche.
En nuit.—Durant la nuit.
Ennuyant, adj.
Ennuyeux. Ex. Dieu, que c'est ennuyant!
Ennuyer (s') de quelqu'un.
Eprouver de l'ennui de son absence.
Ennuyeux (être), loc.
S'ennuyer d'habitude. Ex. Je suis incapable de m'absenter
de chez moi pour plus d'une semaine, je suis trop ennuyeux.
Enondation, n. f.—Inondation.
Enonder, v. a.—Inonder.
* En opération, loc.
En vigueur. Ex. Cette loi sera mise en opération, aussitôt
qu'elle aura été sanctionnée par le lieutenant-gouverneur.
(Angl.)
En outre, loc. adv.
Outre. Ex. Qu'est-ce que tu veux en outre de ce que je
t'ai déjà donné?
En par (d'), loc. adv.
—Dès le moment même. Ex. C'est fini d'en par là.
—A partir de. Ex. D'en par aujourd'hui, je ne reconnaîtrai
plus tes dettes.
En petit, loc.
Servir la messe en petit, remplir les fonction d'acolythe.
En plein.—Beaucoup.
Enque, n. f.—Encre.
En quelque part, loc. adv.
Quelque part. Ex. Il est allé en quelque part.
Enrager, v. n.
Etre tourmenté d'un désir violent. Ex. J'enrage d'aller
me promener aux Etats.
En rapport avec, loc.
Au sujet de. Ex. M. l'avocat est venu à Québec, en rapport
avec l'affaire de la banque de St-Pierre.
Enrefreidir (s'), v. pron.
Se refroidir. Ex. Le temps s'est enrefreidi depuis le matin.
Enrefroidir (s'), v. pron.—Se refroidir.
Enrégistrer, v. a.
—Recommander. Ex. Je viens de recevoir une lettre
pleine d'argent, heureusement qu'elle était enregistrée.
(Angl.)
—Enregistrer, porter sur un registre.
Enrelaidir (s'), v. p.
S'enlaidir. Ex. Mademoiselle Larivière s'enlaidit tous les
jours.
En relation avec, loc.—En rapport avec.
Enretourner (s'), v. pron.
Retourner. Ex. Nous nous enretournerons chez nous demain
matin.
Enrevenir (s'), v. pron.
Revenir. Ex. Je suis enrevenu avec mon petit bonheur.
Enrhumé, e, adj.—Enroué. Ex. Il a le parlé enrhumé.
Enroser, v. a.—Arroser. Oudin et Cotgrave citent enroser.
Enrouillé, e, adj.—Enrhumé.
Enroutiner, v. a.—V. Aroutiner.
Enroutiner (s'), v. pron.—V. S'aroutiner.
Enseigner, v. a.
Donner une prescription. Ex. Le docteur m'a enseigné un
bon remède pour le rhumatisme.
Ensemble (se mettre), loc.
Se dit d'un homme et d'une femme qui se marient.
Breton et sa femme se sont mariés,
Se sont mis ensemble, c'est pour faire des paniers.
Ensembler, v. a.—Assembler.
En snette, loc.—En boisson depuis plusieurs jours.
En sorcier, loc.—En furie.
* En style, staïle (Angl.)
—Bien habillé, bien mis.
—Bien disposé, en joie.
Ensumencer, v. a.—Ensemencer.
Entaille, n. f.
Incision faite à l'érable pour permettre à la sève de s'écouler.
Entailler, v. a.
—Faire une incision à l'écorce de l'érable pour permettre à
la sève de s'écouler.
—Fabriquer du sucre d'érable. Ex. Entaillez-vous, ce
printemps?—Sans doute, je vais commencer demain.
Entarder (s'), v. pron.—S'attarder.
En temps, loc.
—A l'heure fixée d'avance. Ex. Le train est-il en temps?
—A temps. Ex. Tu tâcheras d'arriver en temps.
Entendement, n. m.
—Ouïe. Ex. Il est un peu dur d'entendement.
—Entente. Ex. Il n'y a pas d'entendement possible avec
un être comme ça.
Entendre, v. a.
—Entendre dur, avoir l'oreille dure.
—Etre sourd d'une oreille et ne pas entendre de l'autre, être
complètement sourd.
—Ne pas entendre de cette oreille-là, ne pas l'entendre de
cette façon.
Enterfaite, n. f.—Entrefaite.
Enterprenant, adj.—Entreprenant.
Enterprendre, v. a.—Entreprendre.
Enterprise, n. f.—Entreprise.
Enterrable, adj.—Qui peut être enterré.
Enterrement, n. m.
Ereintement. Ex. Ce beau parleur n'a pas été heureux;
son adversaire lui a servi un enterrement de première
classe, tout en le couvrant de fleurs.
Enterrer, v. a.
Couvrir. Ex. Va voir dans la cour si ton traîneau n'est pas
enterré dans la neige.
—Fêter. Ex. Nous allons, ce soir, enterrer le mardi gras.
Enterrer (s'), v. pron.
Etre surchargé. Ex. Je suis enterré dans l'ouvrage depuis
un mois.
Entertainement, (m. a.)—Divertissement.
Entertiendre, v. a.—Entretenir.
Entêter, v. a.
Causer des maux de tête. Ex. Ce parfum-là entête.
Enteur, prép.
Entre. Ex. Tu passeras enteur deux.
Enteurse, n. f.
Entorse. Ex. Je me suis fait une enteurse à la jambe.
Entièrément, adv.—Entièrement.
Entôlage, n. m.—Action d'entôler.
Entôler, v. a.
Poser de la tôle. Ex. Entôler un poêle.
Entome, n. f.
Entame. Ex. L'entome d'un pain. Rabelais a écrit entomme.
Entomer, v. a.—Entamer.
Entonne, n. f—-Entonnoir.
Entonnoir, n. m.
Buveur. Ex. Quel entonnoir que cet ivrogne!
Entonnoué, n. m.—Entonnoir.
Entortiller, v. a.—Circonvenir, tromper.
Entortiller (s'), v. pron.
Se vêtir chaudement.
Entour, adv.
Autour. Ex. Je l'ai toujours entour de moi.
En tous les jours, loc.
En habit de semaine. Ex. Je suis dans mon en tous les
jours, je n'irai pas à l'église comme cela.
Entrage, n. f.
Ouverture donnée à un hameçon pour former la courbe
voulue.
En train (se mettre), loc.—S'enivrer.
Entre ci, adv.
D'ici à. Ex. Entre ci Pâques, il y a quarante jours.
Entre-cloison, n. f.
Cloison en bois lattée, et préparée pour recevoir le crépi.
Entre-deux, n. m.
Séparation entre deux stalles (barrures) d'écurie.
Entregarder (s'), v. pron.
Se regarder réciproquement. Ex. Ils s'entregardent comme
deux chiens de faïence.
Entregeler, v. a.
A moitié gelé. Ex. De la viande entregelée.
Entre-manger (s'), v. pron.
Se dire des injures mutuellement. Ex. A quoi bon vous
entremanger tous deux? accordez-vous.
Entrée, n. f.
—Vestibule. Ex. Essuyez vos pieds dans l'entrée.
—Inscription. Ex. Tu auras la précaution de faire cette
entrée dans le journal.
Entremi, adv.
A travers. Ex. Le pommes ne sont pas bien grosses, cette
année, mais il y en a de fameuses entremi.
Entremordre (s'), v. pron.
Médire l'un de l'autre. Ex. S'entremordre entre voisins,
ce n'est pas édifiant.
Entre=plancher, n. m.
Entrevous, intervalle entre deux solives dans un plancher.
Ex. Vous mettrez du mortier dans l'entre-plancher.
Entreprendre, v. a.
—User jusqu'à la corde. Ex. Mon propriétaire ne fait
pas de trop bonnes affaires, je crois qu'il en a grand d'entrepris.
—Réduire, mettre à la raison. Ex. Si tu veux dire comme
moi, nous allons l'entreprendre, celui-là.
Entrequien, n. m.
Entretien. Ex. Une maison d'entrequien.
Entrequien (dur d'), loc.
Difficile à soigner. Ex. Mon cheval est dur d'entrequien.
Entrer, v. n.
—Enregistrer, inscrire. Ex. Veuille donc entrer ce compte
au grand-livre.
—Faire entrer. Ex. Entre le cheval dans l'écurie.
Entrer-sortir, v. n.
Entrer et sortir. Ex. Il n'a fait qu'entrer-sortir.
Entresembler (s'), v, pron.
Se ressembler. Ex. Ils s'entresemblent comme deux gouttes
d'eau.
* Entretenir, v. a.
—Recevoir. Ex. Nous avons passé deux jours chez lui,
il nous a entretenus princièrement. (Angl.)
—Concevoir. Ex. J'entretiens des doutes sur son compte.
(Angl.)
Entretint, part. passé.
Entretenu. Ex. J'ai entretint mon homme pendant une
grosse heure.
Entreverdir, v. n.
Commencer à verdoyer. Ex. Les arbres entreverdissent à
vue d'œil.
Envaler, v. a.
Avaler. Ex. Envale-moi ça, mon vieux, ça va te guérir.
Enutile, adj.—Inutile.
Envaliser, v. a.—Emballer, empaqueter.
Envarié, e, adj.—Avarié.
Envelime, adj.
En furie. Ex. Ne me parle pas ce matin, je suis envelime.
Envelimer, v. a.
Envenimer. Vieux français. Un ancien proverbe disait:
Paroles rapportées
Sont envelimées.
Envelimure, n. f.
Plaie ou coupure infectée par le contact d'un insecte venimeux.
Envers (à l'), loc. adv.
—Bouleversé. Ex. Qu'as-tu? tu me parais tout à l'envers.
—Tourner son capot à l'envers, changer de parti politique.
En veux-tu en v'là, loc.
En grande abondance. Ex. Des noisettes, cette année, il
y en a en veux-tu en v'là.
Envieux, n. m.
Envie, petite pellicule qui se détache de la peau autour des
ongles. Ex. J'ai un envieux au pouce. Envieux se dit
en France, mais au féminin: une envieux.
En v'lime, loc.—V. Envelime.
Environs (aux), loc.
Environ. Ex. J'ai aux environs de quinze piastres dans ma
poche.
Environs (dans les), loc.
A peu près, environ. Ex. Il y a bien dans les environs de
deux lieues pour aller au saut Montmorency.
Envoi, n. m.
—Facture. (Angl.)
—Note.
Envoirai (j'), futur du verbe envoyer.
J'enverrai. Ancienne forme française. Nous disons aussi
j'envoirais au conditionnel.
Envolée, n. f.
Elan. Ex. J'ai pris mon envolée et j'ai sauté par-dessus la
clôture.
Envoyable, adj.
Qui est à envoyer. Ex. Ce paquet n'est pas envoyable, arrangé
comme il est là.
Envoyer, v. a.
—Il s'est fait envoyer cela, compter avec des expressions
dures.
—Ça, c'est envoyé, c'est bien dit.
—Envoyer faire foute, chasser.
—Envoyer sous le four, chasser.
—Envoyer à la gomme, chasser.
—Envoyer le torchon, dire des mots durs.
—Envoyer au diable, envoyer au sucre, envoyer au sacre,
envoyer paître, toutes expressions qui signifient à peu
près la même idée: celle de chasser quelqu'un de sa présence.
Envoyer (s'), v. pron.
Se mettre à l'œuvre avec une grande vigueur.
Envrâler, v. a.
Aller de droite et de gauche dans le but de voir ou de faire
des recherches. Ex. Qu'as-tu à vouloir ainsi envrâler
tout le quartier.
—Faire table rase, s'emparer de tout ce qui se présente.
Envrâleux, se, n. et adj.
—Qui rôde ci et là avec ou sans but particulier.
—Qui s'empare de tout ce qui lui tombe sous la main.
Envriller, v. a.—Vriller.
Epailler, v. a.—Disperser.
Epailler (s'), v. pron.—Se disperser.
Epais, se, adj.
—En quantité. Ex. A force de dépenser son argent, à la
fin il ne lui en restera pas épais.
—Chargée, en parlant de la langue. Ex. Avoir la langue
épaisse.
—Saint-Epais, individu lourd, grossier.
—Ne pas en avoir épais sur le brochet, être très maigre.
—Etre épais dans le plus mince, être très lourd d'esprit.
Epanouir (s'), v. pron.
Fromage qui prend la consistance de la crème. Ex. Un
fromage raffiné qui s'épanouit.
Epargne, n. f.—Surtout de table.
Eparpailler, v. a.
Eparpiller, répandre sans ordre. Ex. Le foin est éparpaillé
dans la grange.
Eparpillage, n. m.
Eparpillement, action d'éparpiller.
Epatant, adj.—Etonnant. Ex. Ce gas-là est épatant.
Epaté, e, adj.
Abasourdi, dans un grand étonnement. Ex. Je suis allé
voir les pageants, et j'ai été épaté.
Epatement, n. m.—Action d'épater.
Epater, v. a.—Etonner.
Epater (s'), v. pron.——S'étonner.
Epatrouillant, adj.—Epatant, étonnant.
Epatrouiller, v. a.—Etonner outre mesure.
Epaule, n. f.
—Avoir les épaules larges, pouvoir endurer beaucoup.
—En avoir par-dessus les épaules, ne pouvoir endurer davantage.
Epée, n. f.—Brave comme l'épée du roi, très brave.
Epées, n. f. pl.
Ridelles placées en avant et à l'arrière d'une charrette pour
permettre une plus grosse charge de foin ou de gerbes.
Epelan, n. m.—Eperlan.
Epergne, n. f.—Surtout.
Epervier des pigeons, n. m.—Faucon des pigeons.
Epeurer, v. a.
Effrayer. Ex. Epeure-moi point, je suis trop nerveux. «On
peut être épeuré sans être effrayé».—(Jaubert.)
Epiceries, n. f. pl.
Epicerie. Ex. Où achètes-tu tes épiceries?—Chez l'épicier
du coin.
Epine, n. f.—Aubépine. Ex. Une haie d'épines.
Epine du dos, n. f.—Epine dorsale.
Epine dorsale du dos.—Epine dorsale.
Epinette (petite), n. f.—Epinette blanche.
Epinette rouge, n. f.—Mélèse d'Amérique.
Epingle de bois, n. f.
Petit instrument en bois, avec ouverture dans le sens de la
longueur, qui sert à tenir en place le linge suspendu sur
une corde pour le faire sécher.
Epinglette, n. f.—Broche, épingle.
Epingue, n. f.
—Epingle.
—Jouer aux épingues, jouer à la poussette.
Epître, n. f.
Chanter une épître, faire des remontrances.
Eplucher, v. a.
Peler. Ex. Marie, épluche les patates pour le dîner, tu éplucheras
aussi un peu de blé d'Inde et des pommes.
Epluchette, n. f.
Réunion de parents et d'amis où on enlève au blé d'Inde
en épi ses feuilles.
Eplucheux, euse, n. m. et f.—Eplucheur.
Eplure, n. f.
Pelure. Ex. Des éplures de patates, d'oignons.
Epoiler, v. a.
—Enlever le poil.
—Battre, rosser.
Epoitrailler (s'), v. pron.
Laisser sa poitrine découverte.
Epoitriner (s'), v. pron.
—Se forcer les poumons à crier. Ex. Je me suis époitriné
à force de crier après lui.
—Menacé de phtisie.
Epaumoner (s'), v. pron.
S'époumoner, crier à pleins poumons.
Eponge, n. f.
Buveur invétéré. Ex. C'est une vraie éponge, il boit depuis
des années et ne dérougit point.
Epongeage, n. f.—Action d'éponger.
Eponger, v. a.
Enlever avec un linge humide le lustre des draps, afin d'éviter
les taches que la pluie y ferait sans cette précaution.
Epouffer (s'), v. pron.
Pouffer. Ex. En entendant cette drôle d'histoire, il s'est
épouffé de rire.
Epoussetoir, n. m.—Epoussette.
Epoussettouer, n. m.—Epoussette.
Epoussièrer, v. a.—Epousseter.
Epouvante, n. f.
—Grande hâte. Ex. Il fait tout à l'épouvante, ça devient
fatigant.
—Allure vertigineuse. Ex. Mon cheval a pris l'épouvante,
nous avons manqué nous tuer.
Equarri, e, adj.
Bien planté. Ex. Voici un gas qui est bien équarri.
Equarriture, n. f.
Stature, carrure. Ex. Le garçon de mon frère a une belle
équarriture.
Equerre, n. f.—Tiré à l'équerre, bien tiré.
Equeuter, v. a.
Enlever la queue. Ex. Equeuter des pommes, des cerises.
Equilatéral, adj.
Indifférent. Ex. Cela m'est pas mal équilatéral.
Equilibre (sur l'), loc.
Indécis. Ex. Je suis sur l'équilibre pour pouvoir dire si je
partirai.
Equiôlé, e, adj.—Etiolé.
Equipage, n. f.
Dégât. Ex. Les enfants ont étendu toutes leurs bébelles au
beau milieu de la place, c'est pas qu'une petite équipage.
Molière a employé ce mot pour désigner costume, et La
Fontaine pour meubles.
Equiper, v. a.
—Salir. Ex. Comme je passais au coin, je me suis étendu
tout de mon long, et j'ai équipé mes pantalons.
—Dans une situation pénible. Ex. En voilà un qui en a
grand d'équipé.
—Malade, blessé. Ex. Je me suis fait mal à la main en
tombant, regarde comme j'ai le pouce équipé.
Equiper (s'), v. pron.
—Se salir. Ex. S'équiper les pieds en marchant dans la
boue.
—Se blesser. Ex. Je me suis équipé la jambe sur une
pierre.
Equipet, n. f.
Petit compartiment dans un grand coffre, où l'on dépose les
menus objets. Probablement du mot éclipèque, qui, en
France, veut aussi dire tiroir latéral d'un coffre.
Equipollent (en), loc. adv.
A l'equipollent, équivalant. Ex. Tu me donneras ce que
tu voudras, mais en équipollent de ce que je t'ai donné.
Erable bâtarde, n. f.—Erable à épis.
Erable sirop (d'), n. m.
Sirop fabriqué avec l'eau ou la sève extraite de l'érable.
Erablière, n. f.—Forêt d'érables.
Erailler, v. a.—Ecorcher légèrement, effleurer la peau.
Erailler (s'), v. pron.—S'érafler.
Erbière, n. f.
Estomac des ruminants. Ex. Je lui arraché l'erbière. Lacurne
de Sainte-Pallaye cite ce mot.
Ereinte (à toute), loc.
De toutes ses forces. Ex. Je l'ai poursuivi à toute éreinte,
et je n'ai pu l'attraper.
Èrer, v. n.
Errer. Ex. Si tu laisses èrer tes animaux, tu seras poursuivi
par la municipalité.
Erésipèle, n. m.—Erysipèle.
Eridelle, n. f.
Ridelle. Ex. Mets les éridelles à la charrette à foin.
Erien, adv.—Rien. Ex. Je travaille presque pour erien.
Erifler, v. a.—Effleurer la peau.
Eriflure, n. f.—Eraflure, légère écorchure.
Eripiaux, n. m. pl.—Oreillons.
Erlevée, n. f.—Relevée, l'après-midi.
Erocher, v. a.
Enlever les roches, les pierres d'un champ.
Eronce, n. f.—Ronce.
Eronde, n. f.
Aronde. Ex. Ma maison de campagne est bâtie à queue
d'éronde.
Erre, n. f.—Arrhe. Ex. Donner une piastre d'erre. V. Air.
Erusser, v. a.
—Détacher les feuilles d'une plante en faisant glisser dans
la main, de bas en haut, la tige qui les porte. L'origine
de ce mot vient du fait qu'on cueillait les feuilles du lierre
(éru) au moyen de ce procédé.
—User. Ex. Tu as érussé tes culottes au genoux.
Erysipère, n. m.—Erysipèle.
Escabeau, n. m.
—Tabouret, petit meuble qu'on met sous ses pieds.
—Echelle double, échelle de peintre, de tapissier, de libraire.
Escafignon, n. m.
Cafignon, chausson. Ex. Quelle odeur abominable! ça sent
l'escafignon. Rabelais s'est servi de la même expression
pour dire la même chose.
Escalier, n. f.
Escalier, n. m. Ex. Crois-tu, quelle belle escalier.
Escandale, n. m.—Scandale.
Escandaleux, se, adj.—Scandaleux.
Escapulaire, n. m.—Scapulaire.
Escârres, n. m. pl.
Etalage. Ex. Madame fait ses escârres.
Escarrer (s'), v. pron.
Affecter de grands airs. Ex. Madame Pepin ne s'escarre
pas qu'un peu, elle fait sa grande dame.
Escarreux, se, adj.
Personne affectée, vaniteuse.
Esclande, n. f.—Esclandre.
Esclipe, n. f.—Eclipse.
Esclopé, e, adj.
Eclopé. Ex. Ils se sont battus et vergés à coups de poing,
et ils sont revenus pas mal esclopés.
Escogriffe, n. m.
Homme mal bâti et de haute taille. Vient d'escroc et de
gripon. (Oudin et Cotg.)
Escouer, v. a.
—Secouer. Ex. Escoue mon par-dessus, il est couvert de
neige.
—Corriger, battre.
Escouer (s'), v. pron.
—Se donner du mal. Ex. Ce garçon arrivera, il s'escoue
gros.
—S'agiter brusquement pour se débarrasser d'une chose.
Ex. Va t'escouer, ton habit est plein de poussière.
—Sortir, s'en aller au grand air. Ex. Cours t'escouer, tu
sens mauvais.
Escousse, n. f.
Espace de temps. Ex. Je t'ai attendu une bonne escousse.
Se disait autrefois pour mouvement, action, course qui sert
à mieux sauter. (Mad. de Sévigné.)
Escousses (par), loc. adv.
Par intervalles, à diverses reprises. Ex. Docteur, j'ai des
douleurs à l'estomac, mais seulement par escousses.
Escrofuleux, se, adj.—Scrofuleux.
Escrupuleux, se, adj.—Scrupuleux, se.
Escuse, n. f.
Excuse. Ex. Je vous demande escuse.
Escuser, v. a.
Excuser. Ex. Escusez, Monsieur, si je vous coupe la parole.
Espâce, n. f.
—Espace, n. m.
—Intervalle.
Espèce de...
Locution pour exprimer toute espèce d'injures. Ex. Espèce
d'imbécile! Espèce de bon à rien! Espèce de traîneux!
Tout simplement Espèce.
Espérer, v. a. et n.
—Attendre. Ex. Espérez-moi, je serai à vous dans cinq
minutes.
—Aimer à croire. Ex. J'espère bien que vous ne me tromperez
point.
* Espérette, n. f.
Spiritueux. Ex. Allons prendre un verre d'espérette. (Angl)
spirit.
Espication, n. f.—Explication.
Espiègue, n. m. et f.—Espiègle.
Espionneux, se, adj.—Espion.
Esplicable, adj.
Explicable. Ex. Une pareille conduite n'est pas esplicable.
Esplication, n. f.—Explication.
Espliquer, v. a.—Expliquer.
Esprès, adv.—Exprès.
Espress, n. m.—Express.
Esprit d'épinette.
Finesse risquée. Ex. Cet homme, qui en a pourtant pas
trop à vendre, se mêle de vouloir faire de l'esprit, mais
c'est de l'esprit d'épinette.
Esquelette, n. m.
Squelette. Ex. Etre maigre comme un esquelette.
Esquis, e, adj.—Exquis, se.
Essaye, n. m.
Essai. Ex. J'ai pris cet homme-là à l'essaye.
Esseau, n. m.
Ouverture ménagée dans une digue, pour laisser couler
l'excès de l'eau.
Esseil, n. m.—V. Essaye.
Esseu, n. m.—Essieu.
Essiver, v. a.—Lessiver.
Essue=mains, n. m.—Essuie-mains.
Essuer, v. a.
Essuyer. Ex. Essue la table avant de mettre la nappe.
Essuifer, v. a.—Enlever le suif.
Estampille, n. f.
Timbre-poste. L'estampille est un timbre employé pour attester
l'authenticité, la provenance ou la propriété d'un
livre, d'un brevet.
Estampiller, v. a.
Poser un timbre-poste sur une enveloppe de lettre.
Estampine, n. f.—Estampille.
Estâtue, n. f.
Statue. Ex. Pourquoi restes-tu là planté comme une estâtue?
Est-ce pas?—N'est-ce pas?
Estèque, n. m.
—Fin. Ex. Nous avons fini de construire cette maison,
mettons-y le bouquet, ce sera l'estèque.
—Dernière levée, au jeu de cartes. Ex. J'ai fait l'estèque.
—Plan, action. Ex. Ne fais pas d'esteques pour te casser
le cou.
Estèqueux, euse, adj.—Personne ingénieuse.
Estime, n. f.
Estimation. Ex. Dans mon estime, je crois qu'il va mourir
aujourd'hui.
* Estimebotte, n. m. (Angl.)—Steam-boat.
Estimer, v. a.
Croire, juger. Ex. J'estime que cela peut bien valoir une
piastre.
* Estimés, n. m. pl.
Etat estimatif des dépenses. Ex. Les estimés seront soumis
à la Chambre, demain. (Angl.)
Estomac, n. m.
—Poitrine. Ex. Etre pris de l'estomac; cacher quelque
chose dans son estomac.
—Avoir l'estomac ouvert, avoir une mauvaise digestion.
—Avoir l'estomac dans les talons, avoir une grande faim.
Estra, n. m.—Extra. Ex. Je paierai tous les estras.
Estradinaire, adj.—Extraordinaire.
Estravagance, n. f.—Extravagance.
Estravagant, e, adj.—Extravagant, e.
Estravaguer, v. n.—Extravaguer.
Estrémité, n. f.
Extrémité. Ex. Notre malade est à l'estrémité.
Estremeonction, n. f.—Extrême onction.
Estropié, adj.
Hernié. Ex. Je me suis estropié en voulant lever le poids
d'un quintal.
Estropier (s'), v. pron.
Se blesser. Ex. Je me suis estropié au doigt.
Estropique, adj. et n.—Hydropique.
Etabli, n. f.—Etabli, n. m.
Etage, n. m.
—Phase. Ex. Nous ne sommes encore qu'au premier étage
de la procédure. (Angl.)
—Etage, n. f. Ex. Monte à la seconde étage.
Etain, n. f.—Etain, n. m. Ex. Une cuiller d'étain fine.
Etaler, v. a.
Laisser porter. Ex. Nous ne sommes pas beaucoup habillés
contre le froid, n'importe, étalons.
Etamper, v. a.
—Dire à quelqu'un son fait. Ex. Je l'ai étampé de la belle
façon.
—Frapper, battre.
Etamper (s'), v. pron.
S'étendre de tout son long. Ex. Il est tombé dans une
mare de boue, il s'est étampé comme il faut.
Etamperche, n. f.—V. Etemperche.
Etancher, v. a.
Sécher. Ex. Etanche ton papier avec du papier buvard.
Etang, n. m.
Pièce d'eau artificielle. Ex. Nous avons jeté des poissons
vivants dans notre étang.
Etanies, n. f. pl.
Litanies. Ex. Maintenant, mes enfants, nous allons dire
les étanies, c'est-à-dire les litanies de la sainte Vierge.
Etarnité, n. f.—Eternité.
Etarnuer, v. n.—Eternuer.
Etats, n. m. pl.
Etats-Unis. Ex. Je pars pour les Etats, je m'en vas travailler
dans les facteries.
Etau, n. m.—Etal.
Etaye, n. m.—Etai, appui, support.
Eté des sauvages.
Intervalle de doux temps vers la fin de l'automne, qui laisse
croire que l'été va renaître. Nos sauvages profitent de ce
temps pour faire leurs chasses et leurs pêches en vue de
l'hiver qui va s'ouvrir.
Eteil, n. m.—V. Etaye.
Eteindu, e, adj. part.
Eteint. Ex. As-tu éteindu la chandelle?
Etemperche, n. f.—Tendoir, écoperche.
Etenderie, n. f.
—Etendage, assemblage de cordes tendues sur lesquelles on
étend des choses qu'on veut faire sécher.
—Assemblage de choses étendues sur les meubles ou sur le
plancher.
Etendre, v. a.
Etendre le linge. Ex. Aujourd'hui, il fait beau, nous allons
étendre.
Eternité de temps, n. f.
Long intervalle. Ex. Crois-tu que je vais t'attendre une
éternité de temps?
Etiré, e, adj. part.
—Abattu, fatigué. Ex. Qu'as-tu donc, ce matin, tu es
tout étiré?
—Tiré, allongé. Ex. Avoir la figure étirée.
Etoc, n. m.—Etau.
Etoffe du pays, n. f.
—Etoffe fabriquée chez les cultivateurs avec la laine de
leurs moutons.
—Whiskey blanc. Ex. Entrons prendre un coup d'étoffe
du pays.
Etoile à grand' queue, n. f.—Comète.
Etou, adv.—Aussi. Ex. Moé étou, toé étou.
Etouffer, v. a.—La dévotion l'étouffe pas, il n'est pas dévôt.
Etoupe de France, n. f.
Etoupe très soyeuse employée par les rebouteurs dans les
cas de fracture.
Et pis, loc.
Et puis. Ex. Tu iras au bureau de poste, et pis à l'église.
Etrange, adj.
Etranger. Ex. Quel est celui-là qui passe?—C'est un
étrange, ben sûr.
Etranger, v. a.—Etrangler, vendre cher.
Etre bien, loc.—V. Bien.
Etre bon, loc.
Bien disposé. Ex. Peux-tu m'aider à scier une corde de
bois?—Je suis bon.
Etre bon pour, loc.—V. Bon pour.
Etre en cherche, loc.
Etre à la recherche. Ex. Je suis en cherche d'un bon domestique.
Etre pour, loc.
Etre sur le point de. Ex. Je suis pour me marier la semaine
prochaine.
Etreit, e, adj.—Etroit, étroite.
Etreitement, adv.—Etroitement.
Etriper, v. a.
Tuer de coups. Ex. J'ai manqué me faire étriper.
Etriqué, e, adj.
Vêtu. Ex. Cet homme est bien mal étriqué.
On peut dire étriquer un habit, étriquer un discours.
Etrivant, e, adj. part.
Contrariant. Ex. Que c'est étrivant de se voir condamné
à entendre de pareils discours!
Etrivard, n. et adj.—Qui aime à étriver.
Etrivation, n. f.—Action d'étriver.
Etriver, v. a.
Gouailler, taquiner. Ce mot semble venir de l'islandais
strid, qui signifie guerre, attaque, ou mieux de l'anglais
to strive, disputer, gourmander.
Etriver (s'), v. pron.—Se plaisanter mutuellement.
Etriveux, se, n. et adj.
Qui est dans l'habitude d'étriver.
E cetera, loc.
Et cetera. Jeu de mots très involontaire chez celui qui le
commet.
Eturgeon, n. m.—Esturgeon.
Eu,
U. Se prononce le plus souvent u. Tradition du vieux
français. On dit bien: j'eus, tu eus, il eut, gageure, avec
la son u. Tout ce qui parle bien en France, écrivait
Théodore de Bèze, au XVIe siècle, prononce hureux.
* Euchre, you-keur, (m. a.)
Jeu de cartes où le valet d'atout joue un grand rôle.
Eune, adj. f.—Une. Ex. Je vous souhaite eune bonne année.
* Evaluateur, n. m.—Estimateur. (Angl.)
Evangile, n. f.
Evangile, n. m. Ex. Partir de l'église avant la dernière
évangile.
Eveiller, n. m.
Réveiller. Ex. Demain, tu m'éveilleras à six heures.
Eventaire, n. m.—Inventaire.
Eventé, e, adj.
—Evaporé, léger. Ex. Une personne éventée.
—Goût particulier que prend le lard avancé. Ex. Du porc
frais qui a pris le goût d'éventé.
Eventer, v. a.—Pousser. Ex. Eventer les cris.
Eventilateur, n. m.—Ventilateur.
Eventiler, v. a.—Ventiler, renouveler l'air dans un lieu clos.
Eventouffle, n. f.—Ventouse.
Eventouse, n. f.—Ventouse.
Eviander, v. a.—Enlever la viande sur un os.
Exactitude, n. f.
Ce mot n'est pas encore reconnu par l'Académie. On l'a
vu naître avec peine, et se conserver malgré tous les efforts
contraires des puristes. Au XVIIIe siècle, on a mis en
circulation, pour en finir, les mots exacteté et exactesse. Ils
ont tous deux disparu. Exactitude est resté, et restera,
parce que la langue en a besoin et ne peut le remplacer.
Exarcer, v. a.—Exercer.
Excès (d'), adv.
A l'excès. Ex. Y avait-il bien du monde à l'assemblée
d'hier soir?—Non, il n'y en avait pas d'excès.
Excitement, n. m.—Excitation.
Exciter (s'), v. pron.
Perdre son sang-froid. Ex. Ne vous excitez pas, l'ami,
prenez vos sens.
Excrimer (s'), v. pron.
S'escrimer, se remuer en tous sens.
Excuse, n. f.
—Demander excuse, demander pardon.
—Faire excuse, s'excuser. Ex. Faites excuse, monsieur,
ce n'est pas cela que j'ai voulu dire.
Excusez! v. a.
Pris à l'impératif et sans régime, par voie d'exclamation
ironique. Ex. Quelle belle toilette, excusez! excusez du
peu!
Exemple, n. f.
Exemple, n. m. Ex. Une belle exemple à suivre.
Exemple (par)! loc.
—Exclamation pour exprimer l'étonnement, comme si on
disait: je vous en prie, vous m'étonnez. Ex. Qu'est-ce
que tu me racontes là, par exemple!
—En retour. Ex. Je vais te donner cent piastres pour le
loyer de ta maison, mais par exemple, tu en feras réparer
tout l'intérieur.
Exercer, v. a.
—Répéter. Ex. Exercer un drame.
—Entraîner. Ex. Exercer un cheval.
Exhibit, n. m.—Document.
Exhibition, n. f.
Exposition. Ex. Vas-tu à l'exhibition du comté de Québec?
Exil, n. m.—Pénitencier. Ex. Partir pour l'exil.
Exiler, v. a.
Condamner au pénitencier. Ex. Un tel va être exilé pour
sa vie.
Existence (en), loc.
Qui existe. Ex. C'est le meilleur remède en existence.
* Exposé financier.—Etat budgétaire. (Angl.)
Exprès, adv.
C'est fait exprès, c'est comme un fait exprès, c'est une action
accomplie expressément dans un but particulier.
Exprès (faire un).
Aller expressément. Ex. J'ai dû faire un exprès pour faire
votre commission.
Exprès (par), loc.
Avec intention. Ex. Monsieur, je ne l'ai pas fait par exprès.
* Express, n. f., (m. a.)
—Petite voiture à l'usage des enfants, pour simuler les
grosses voitures dont se servent les épiciers, les bouchers
pour distribuer leurs provisions aux chalands.
—Voiture de déménagement, voiture de factage, camion.
Extra, n. m.
—Supplément. Ex. Extra de journal.
—Excellent. Ex. Ce vin est extra.
—Compte additionnel. Ex. Ce qui me coûte le plus cher
dans cette maison que je viens de faire construire, ce sont
les extras.
Extradinaire, adj.—Extraordinaire.
Extrait d'âge, n. m.—Acte de naissance, baptistaire.
Extra superfin.
Supérieur. Ex. Nous vendons de la fleur extra superfine
pour faire de bons gâteaux.
Face, n. f.
—Fendre la face à quelqu'un, lui déplaire beaucoup.
—Face de peau de nanne, figure désagréable.
—Face de carême, figure blême et maladive.
—Se marier en face de cheval, contracter un mariage en dehors
de toutes lois civiles et religieuses.
—Se marier en face de l'Eglise, contracter un mariage suivant
les règles de l'Eglise.
Fâche, n. f.
Fâcherie, brouille. Ex. Allons, les enfants, pas de fâche
entre vous.
Fâchette, n. f.
Fâcherie. Ex. Fais donc une petite fâchette, ma chère.
Façon, n. f.
—Politesse, usage du monde. Ex. Cet homme a une
grande façon, il a de la façon comme pas un.
—Cérémonie. Ex. Ne faites pas de façon, acceptez sans
cérémonie, c'est de grand cœur.
—Chaudronnée. Ex. Une façon de savon, une façon de
sucre.
Façonneux, euse, adj.—Cérémonieux.
* Facterie, n. f. (Angl.)
—Manufacture, fabrique. Ex. Travailler dans une facterie
d'allumettes.
—Usine.
—Ateliers en général.
Fadir, v. n.
Affadir, rendre défaillant. Ex. Le cœur me fadit, rien qu'à
l'idée de prendre de l'huile de castor.
Faffigner, v. n.—V. Faffiner.
Faffiner, v. n.
Hésiter, tergiverser. Ex. Fais ce que je te dis, ne faffine
pas.
Faffinerie, n. f.—Hésitation, tergiversation.
Faffineux, euse, adj.—Qui faffine.
Fagot, n. m.
Carte qui ne compte pas pour faire un point, parce qu'elle
se trouve seule au lieu d'être accouplée à deux autres
similaires, au jeu dit du quatre-sept. Ex. Nous avons six
points et deux fagots.
Fagulté, n. f.
Faculté. Ex. La fagulté de droit, de médecine, des arts.
Faible, adj.—En faiblesse. Ex. Tomber faible.
Faignander, v. n.—Fainéanter.
Faigniant, e, adj.—-Fainéant, paresseux.
Faignantise, n. f.—Fainéantise, paresse.
Faillance, n. f.
Défaillance. Ex. Il est tombé en faillance. Ce mot se
disait jadis.
Faillette, n. f.
—Faiblesse, moment de découragement. Ex. Avoir une
petite faillette.
—Intervalle de relâche, de répit. Ex. Le capelan remonte
le fleuve, la morue va cesser de mordre, alors nous aurons
une faillette.
Faillir, v. n.
Manquer, rater. Ex. Cette affaire est faillie. Expression
acadienne.
Faillot, fayot, n. m.
Haricot, fève. Mot français, employé surtout par les Acadiens.
Faim, n. m.
—Avoir une faim de loup, de chien, une vieille faim, une
faim d'enragé, avoir beaucoup faim.
—Avoir faim dans le ventre, même sens.
Fainéander, v. n.—Ne rien faire.
Faintise, n. f.—Fainéantise.
* Fair, (m. a.)
—Correct. Ex. C'est pas fair ce que tu dis là.
—Raisonnable. Ex. Pourquoi m'injurier sans raison? c'est
pas fair.
* Fair play, fér plé, n. m., (m. a.)
Franc jeu. Ex. Je lui ai donné fair play.
Faire, v. a.
—Proposer un prix dans une vente. Ex. Sais-tu qu'il m'a
fait sa maison, six mille piastres.
—Suffire. Ex. Je te donnerai deux piastres, ça va-t-y
faire?
—Cultiver. Ex. J'ai un jardin qui est long à faire.
—Donner les cartes. Ex. A qui à faire?
—Habiller. Ex. Je t'assure que cet habit te fait bien.
—Simuler. Ex. Ne fais donc pas l'innocent, la bête.
—Embrasser une carrière. Ex. Faire un médecin, faire
un avocat, faire un prêtre. Ex. Mon garçon est décidé à
faire un prêtre.
—Faire soleil, faire du soleil.
—Faire son homme, faire l'important.
—Faire une fin, se marier.
—Faire le gros dos, faire l'homme important.
—Faire de la terre, défricher.
—Faire son pouvoir, faire son possible.
—Faire de la toile, tomber en syncope.
—Faire ni une ni deux, aller vite en besogne.
—Faire ses choux gras, se plaire.
—Faire la pluie et le beau temps, tout régler.
—Ne pas faire un pli, ne pas soulever d'obstacles.
—Faire des choux et des raves, disposer d'une chose comme
bon nous semble.
—Faire du sang de punaise, faire du mauvais sang.
—Faire danser l'anse du panier, faire des profits illicites.
—Envoyer faire foute, envoyer au large.
—Cela ne fera pas, cela n'est pas acceptable.
—Faire les demandes et les réponses, s'emparer de la conversation,
et ne rien omettre de ce que l'on sait.
—Faire la grande demande, demander une jeune fille en
mariage.
—Faire laid, avoir mauvaise mine.
—Faire du fla-fla, parler d'une manière prétentieuse, arrogante.
—Faire «Au nom du Père», se signer.
—Faire les cent coups, mener mauvaise vie.
—Faire la vie, mener joyeuse vie.
—Se faire vieux, paraître vieux.
—Faire sa religion, pratiquer sa religion.
—Faire la neuvaine, suivre les exercices de la neuvaine.
—Une chose ni faite ni à faire, une chose très mal faite, qui
n'a ni rime, ni sens.
* Faiseur, n. m.
Prometteur. Ex. Nous avons ensemble un billet promissoire,
tu n'oublieras pas que c'est toi qui en es le faiseur.
(Angl.)
Faiseux, n. m.—Faiseur. Ex. Un faiseux d'embarras.
Fait, n. m.
—Vérités. Ex. Dire à quelqu'un son fait.
—Cela est dû au fait que, cela est dû à ce que. (Angl.)
—Comme de fait, en effet.
Faite, n. m.
Fait. Ex. Comme de faite, par le faite, sur le faite. Je
l'ai pris sur le faite.
Falbana, falbéna, n. m.
Falbala, garniture dans la robe des femmes.
Falle, n. f.
—Jabot. Ex. La falle de l'oie, du pigeon.
—Avoir la falle basse, avoir une grosse faim.
—Avoir la falle à l'air, avoir la gorge découverte.
Fameuse, n. f.—Pomme fameuse, dite reinette du Canada.
Fameusement, adv.—Extrêmement. Pas académique.
Fâmeux, euse, adj.—Fameux.
Fanal, n. m.
—Lanterne, lanterne sourde.
—Individu très élancé. Ex. Où vas-tu, grand fanal? de
ce train-là.
—Attendre quelqu'un avec une brique et un fanal, l'attendre
de pied ferme, pour lui donner une râclée.
Fanau, n. m.—Fanal.
Fanfarluche, n. f.
Fanfreluche, colifichets propres aux femmes.
Fanil, n. m.—Fenil, grenier à foin.
Fantasse, adj.—Fantasque.
Faraud, e, adj. et n.
—Personne bien mise. Ex. Comme tu es faraud, aujourd'hui,
pour un jour de semaine!
—Celui qui courtise une jeune fille. Ex. Mademoiselle a
un faraud. Comme celui qui courtise une jeune fille ne
doit se présenter devant elle qu'avec une mise soignée, on
lui a appliqué le qualificatif faraud pour le désigner. Dans
le Jura, un faraud est un jeune homme de classe inférieure
qui se pare comme les banquiers et les nobles ou qui singe
leur ton. Le mot s'y écrit farot. En Bourgogne, c'est
faro. Larousse écrit faraud, recherché dans sa mise.
Farauder, v. n.—Faire le faraud.
Farbala, n. m.—Falbala.
Farbena, n. m.—Falbala.
Farce, n. f.—Plaisanterie. Ex. Entendre la farce.
Farcin, n. m.
Saloperie, crasse. Ex. C'est un salaud, il est couvert de farcin.
Farcineux, euse, adj.—Qui fait des farces peu drôles.
Farda, n. m.—Fardeau.
Fardaine, n. f.—Fredaine.
Fardassement, n. m.—Frelassement.
Fardasser, v. n.—V. Farlasser.
Fardé, e, adj.—Hardé. Ex. Un œuf fardé.
Fardoches, n. f. pl.—Ecrues ou bois de croissance récente.
* Fare (bill of), fére, (m. a.)
Menu. Ex. Garçon, apportez-moi le bill of fare.
Farine, n. f.
Farine de diable tourne toujours en son, le bien mal acquis ne
profite à personne.
Farinier, n. m.
Farinière. Le farinier est celui qui fait moudre le blé ou
fait le commerce de farine.
Farlassement, n. m.—Froissement de la soie.
Farlasser, v. a.
Faire un bruit de papier froissé. Ex. Cette femme porte
beaucoup de soie, ça farlasse.
Farme, n. f.—Ferme. Ex. Les farmes du Séminaire.
Ferluquet, n. m.
Freluquet. Jeune homme léger et sans mérite.
* Faro, n. m. (m. a.)—Pharaon. (Jeu de cartes.)
Farouche, adj.
Peureux, craintif, ombrageux. Ex. Mon cheval est farouche,
tu ne pourras pas le prendre dans le clos.
Faroucher, v. a.—Effaroucher.
Fars, n. m.
Farce, herbes hachées pour les préparations culinaires.
Fascine, n. f.
Branchage ou harts entrelacées qui servent à tendre les
pêches, et forment une barrière au poisson. On en fabrique
aussi des claies qui sont utilisables pendant plusieurs
années.
Fatiquant, e, adj.—Fatigant.
Fatique, n. f.—Fatigue.
Fatiquer, v. a.—Fatiguer.
Faubourg, n. m.
Village, endroit où les maisons sont groupées près de l'église
paroissiale.
Fauchable, adj.
Qui peut être fauché. Ex. Ce foin n'est pas fauchable.
Fauchaille, n. f.—Fauchage.
Faucher, v. a.
Faucher dans le champ du voisin, s'emparer du bien des
autres.
Faucheux, adj.—Faucheur.
Faucille, n. f.
Une bonne faucille, un homme habile à manier la faucille,
comme on dit une bonne fourchette, pour désigner un
homme qui mange beaucoup.
Faufilage, n. m.
Faufilure, couture provisoire, à points espacés.
Fauloir, v. imp.
Falloir. Ex. Il faulait bien se décider à faire quelque
chose.
Coupable. Ex. Tous ces enfants sont fautifs, la pénitence
sera générale.
Faut=y!
Exclamation qui exprime l'étonnement, l'horreur, la pitié,
le regret. Ex. Faut-y que je sois malheureux! Y en
avait-il de ce monde aux pageants, faut-y voir?
Fégond, e, adj.—Fécond.
Feignant, adj,—Fainéant. V. Faigniant.
Feillard, n. m.—Feuillard de fer.
Fêle, n. f.—Fêlure.
Feluette, adj.—Fluet. Ex. Une enfant feluette pour son âge.
Femme (bonne), n. f.
Femme âgée. «Parmi les femmes, la qualité de bonne ne s'acquiert
ordinairement que par la perte de la qualité de belle,
et, parmi les hommes, depuis qu'on est bonhomme, on ne
doit plus guère prétendre à la bonne mine.» (Costar,
Apolog.)
Femme (la), n. f.
Ma femme. Ex. Qu'est-ce que t'en penses, la femme?
Fendable, adj.
Qui peut être fendu. Ex. Voilà du bois qui n'est pas fendable.
Fendre, v. n.—Se fendre. Ex. Cet arbre a fendu.
Fendre (se), v. pron.
Dépenser contre son habitude. Ex. Fends-toi d'une piastre,
allons, sois généreux pour une fois.
Fenêtre, n. f.
Jeter son argent par les portes et par les fenêtres, dissiper son
bien follement.
Fénil, n. m.—-Fanil.
Fénir, v. n.—Finir. Ex. Je ne sais point quand cela fénira.
Fer, n. m.
—Cet homme ne vaut pas les quatre fers d'un chien, il ne
vaut rien.
—Une main de fer, un homme qui brise tout ce qu'il touche.
—Avoir trop de fer au feu, entreprendre plus qu'on est
capable d'exécuter.
Ferblanquier, n. m.—Ferblantier.
Ferblanterie, n. f.
Objets en fer-blanc. Ex. Acheter de la ferblanterie pour
monter son ménage.
Ferdaine, n. f.—Fredaine.
Ferdassement, n. m.—V. Farlassement.
Ferdasser, v. n.—V. Farlasser.
Ferdoche, n. f.—V. Fardoche.
Fergâiller, v. a.
—Fourgonner, exciter le feu dans un poêle avec le fourgon.
—Fouiller, fureter.
Fermer (se), v. pron.
Se taire. Ex. Veux-tu te fermer, oui ou non? bavard que
tu es.
Ferrée, n. f.—Bèche.
Ferrée (bière), n. f.
Bière dans laquelle on introduit une barre de fer rougie au
feu pour la tiédir.
Ferreur, n. m.—Maréchal-ferrant.
* Ferry, ferré, (m. a.)
Bateau traversier. Ex. Il faut prendre le ferry pour traverser
le fleuve de Québec à Lévis.
Fertiller, v. n.—Frétiller. V. Fortiller.
Fertilleux, euse, adj.—V. Fortilleux.
Fertillon, n. m.—V. Fortillon.
Fesser, v. a.
—Mordre à l'hameçon. Ex. Le poisson ne fesse pas aujourd'hui.
—Frapper, battre. Ex. Mon maître de classe m'a fessé
dans les mains. Fesser dans le dos, fesser sur la tête.
Fesser dessus (se), loc.
Prendre son parti. Ex. Tu peux te fesser dessus, tu n'obtiendras
rien.
Fêtailler, v. n.
Faire la fête de temps à autre. Ex. Il n'y a pas à compter
sur celui-là, c'est un homme qui fêtaille.
Fêtailleux, n. m.—Qui fêtaille.
Fête, n. m.
—Etre en fête, se mettre en fête, être ivre, s'enivrer.
—Faire une fête, se griser.
Fêtes (les), n. f. pl.
L'intervalle qui s'écoule entre Noël et les Rois. Ex. Vous
descendrez nous voir aux Fêtes.
Fêter, v. n.—Faire un abus des liqueurs fortes.
Fêteux, n. m.
Homme qui est dans l'habitude de fêter.
Feton, n. m.
Cheville qui retient les traits du collier aux limons de la
charrette.
Feu, n. m.
—Sonner le feu, sonner l'alarme.
—Passer au feu, incendier, avoir un nouveau-né.
—Jeter son feu, décharger sa colère.
—Mettre le feu aux êtoupes, allumer la chicane.
—Station du feu, poste des pompiers.
—Assurance contre le feu, contre l'incendie.
—Brigade du feu, corps des pompiers.
—Aller au feu, être témoin d'un incendie.
Feu chalain, n. m.—Eclair de chaleur.
Feu des dents, n. m.
Eczéma qui se produit autour de la bouche et du nez, à
l'époque de la dentition, chez les scrofuleux.
Feu des Roussi.
Flamme bleuâtre qui s'élève parfois au sein de la mer, à
mi-distance entre Caraquet (N. B.) et Paspébiac, sur la
rive de la Baie de Chaleur. D'après une tradition, ces
feux marqueraient l'endroit ou périt une barge conduite
par de hardis marins du nom de Roussi.
Feu sauvage, n. m.
Variété d'eczéma au bord des lèvres. En France on dit feu
volage.
Feuble, adj.—Faible.
Feublement, adv.—Faiblement.
Feublesse, n. f.—Faiblesse.
Feuillard, n. m.—Fer feuillard.
Feuille de chou, n. f.—Gazette éphémère et insignifiante.
Feuiller, v. a.—Feuilleter.
Feuilloter, v. a.—Feuilleter.
Feuvrier, n. m.—Février.
Fève, n. f.
Haricot. Ce que nous appelons gourgane est la vraie fève.
En France, la gourgane est une fève de marais.
Fève rameuse, n. f.—Haricot commun.
Fève (tirer la).
Tirer le gâteau des Rois. Celle à qui la fève échoit, est proclamée
reine.
Fève d'odeur, n. f.
Coumarou, employé pour aromatiser le tabac à priser.
Fève en côsse, n. f.
Haricot vert.
Févérier, n. m.—Février.
Fiable, adj.
Digne de croyance. Ex. Cet homme n'est pas fiable, défions-nous!
Fiacre! interj.
Marque l'étonnement, l'admiration. Ex. Fiacre, quel beau
temps!
Fiarté, n. f.—Fierté.
Fiat, n. m.
Foi, confiance. Ex. C'est un homme qui n'a pas de parole,
il n'y a pas de fiat à faire sur lui. Nous prononçons
fiate. Dans le cas présent, on joue sur le passage de l'Oraison
dominicale, fiat voluntas tua: il n'y a pas de fiat
dans son Pater.
Fichant, adj.—Très contrariant. Ex. C'est-y pas fichant!
Fiche (aller se faire), loc.
Envoyer promener. Ex. Va te faire fiche, tu m'ennuies.
Ficher, v. a.
—Mettre. Ex. Ne fiche plus les pieds ici.
—Ficher le camp, décamper, déguerpir.
—Ficher la paix, donner la tranquillité.
—Aller ficher les pieds ailleurs, s'en aller.
—Ficher le feu, mettre le feu.
Ficher (se), v. pron.
—Laisser entrer, mettre. Ex. Il s'est fiché cette idée dans
le coco.
—Se moquer de. Ex. Je me fiche de toi comme de ma
première chemise.
Fichtre, interj.
Juron, amalgame de fiche et de foutre, pour exprimer l'étonnement,
l'admiration, la douleur. Fichtre n'a rien de
grossier, quoiqu'en dise Dunn dans son Glossaire.
Fichu, n. m. et adj.
—Cravate portée par les hommes. Ex. Mets ton fichu,
mon vieux, pour aller à la messe.
—Perdu. Ex. J'ai laissé mes gants dans les chars, ils sont
bien fichus.
—Coulé, ruiné. Ex. Pierre est fichu pour le reste de ses
jours, car il y a trop longtemps qu'il abuse du public.
—Mourant. Ex. Jean est fichu, le docteur me l'a dit.
—Etre mal fichu, être mal vêtu, être dans une situation
critique.
Fichument, adv.
Beaucoup. Ex. Ces poires sont fichument bonnes.
Fictivement, adv.—Effectivement, réellement.
Fiel, n. m.—Se ronger le fiel, ronger son frein.
Fielleux, euse, adj.—Rancunier.
Fier, ère, adj.
—Heureux, content. Ex. Que je suis fier d'aller me promener
à la campagne!
—Vaniteux. Ex. Que cette femme est fière! elle est toujours
habillée comme une reine.
Fier=à=bras, n. m.
Individu toujours prêt à faire le coup de poing, surtout en
temps d'élection. Ex. A l'assemblée politique de dimanche,
à la halle du marché Jacques-Cartier, il y avait une
gagne de fiers-à-bras soudoyés par les partisans de M. X.
Fiéraud, fiérot, adj.—Fier, vaniteux.
Fiéret, ète, adj.
Fier. Diminutif. Cotgrave et Oudin citent fiéret.
Fierpet, te, n. m. et f.
Personne toujours bien mise. Ex. C'est un fierpet, une
fierpette.
Fièvre, n. f.
—Inflammation. Ex. J'ai la fièvre dans ce doigt-là, je
souffre d'un panaris.
—Peur. Ex. Rien qu'à y penser d'avance, j'en ai la fièvre.
—Sentir la fièvre, se dit d'un malade retenu au lit par une
fièvre quelconque.
Fièvres typhoïdes, n. f. pl.
Fièvre typhoïde. Ex. Le docteur a déclaré que mon frère
avait les fièvres typhoïdes.
Fifille, n. f—Fille.
Fifollet, n. m.—Feu-follet.
Fifre, n. m.
Diable. Ex. Je l'ai envoyé au fifre, ce misérable qui m'ennuyait.
Fifre (en), n. m.
D'une humeur terrible. Ex. Je suis en fifre depuis deux
jours, tu sais pourquoi.
Figer, v. n.
Cesser de remuer, devenir immobilisé comme de l'eau congelée
ou du suif figé. Ex. Nous sommes restés figés sur
nos chaises, à la vue de ce spectacle étrange.
Fignoler, v. n.
—Faire le fin.
—Arranger avec beaucoup de soin.
Fignoleux, euse, adj.
Un élégant, le coq du village.
Fignon, ne, adj.—Pimpant, personne qui fignole.
Figuration, n. f.
Idée, conception. Ex. J'ai comme une figuration que vous
réussirez à l'avenir.
Figure, n. f.
—Feuillure, entaille dans laquelle les portes et les fenêtres
sont encadrées pour fermer juste.
—Au jeu de cartes, le roi, la dame et le valet. Ex. Joue
une figure, n'importe laquelle.
Fil, n. m.
—Fait dans le fil, très bien fait.
—De fil en aiguille, peu à peu, de propos en propos.
—Finesses cousues de fil blanc, finesses qui ne sont pas drôles
et faciles à découvrir.
Filasse, n. f.
—Cheveux trop clairs.
—Filasses de tire, filaments ténus formés par la tire.
* File, n. f. (Angl.)
Liasse, dossier, série de journaux. Ex. Apportez-moi la
file de la Vigie et celle des journaux du Conseil législatif.
File (de), loc. adv.
—D'affilée, de suite. Ex. J'ai marché deux heures de file.
—A la file. Ex. Vous ferez attention de marcher de file
durant la procession.
Filée, n. f.
Rangée de personnes ou de choses disposées à la file. Ex.
As-tu vu le triomphe des bleus, y en avait-il une filée de
voitures?
Filer, v. a.
—Produire. Ex. Filer un rapport, un plaidoyer, une
opposition. (Angl.)
—Marcher vite. Ex. File dehors, tu m'embêtes!
—Filer un mauvais coton, passer un mauvais quart-d'heure.
—Filer doux, baisser le ton.
—Tenir en langueur. Ex. Rien ne presse, au contraire, il
faut que nous fassions filer cette affaire aussi longtemps
qu'il y aura moyen.
—Filer sa corde, se conduire de manière à arriver sûrement
à la potence.
Fille, n. f.
—Servante.
—Grande fille, jeune fille parvenue à l'âge de puberté.
—Fille d'enfant, bonne.
—Fille générale, servante bonne à tout faire.
—Aller voir les filles, fréquenter la société des jeunes filles
avec des intentions matrimoniales.
Filleu, n. m.—Filleul.
Fillol, e, n. m. et f.
Filleul, e. Autrefois on disait filole. Molière a dit fillol,
après Brantôme.
Filoseille, n. f.—Filoselle.
Filou, adj.—Trompeur et flagorneur.
Fin (à sa),—Fini, achevé. Ex. Cet homme est bête à sa fin.
Fin (au), loc.
Très bien. Ex. J'ai réussi au fin. Il travaille au fin.
Fin (tout), loc.
Absolument. Ex. J'étais tout fin seul quand il est venu.
Fin (faire le), loc.
Dissimuler, ne pas procéder franchement. Ex. Ne fais pas
le fin avec moi, je connais ces histoires-là.
Fin (un pas), n. m.
Un homme inhabile et peu sensé.
Fin cœur, loc.—Milieu. Ex. Le fin cœur de l'hiver, de l'été.
Fin des fins (à la), loc.—Finalement.
Fin finale.—Fin définitive.
Fin fond (le).
Le tréfonds. Ex. Je verrai le fin fond de cette affaire, ou
il en décousera.
Financer, v. n.
Arranger son affaire de façon à payer tous ses billets ou à
les renouveler à échéance. Ex. C'est une grosse journée
de billets, il va falloir financer pour arriver juste.
Finasser, v. n.—User de subterfuges.—(Familier.)
Finasserie, n. f.—Finesse cousue de fil blanc.
Finasseux, euse, adj.
Individu qui a recours à des subterfuges pour tromper son
monde.
Finement, adv.
D'une manière claire et distincte. Ex. Jacques ne voit et
n'entend pas finement.
Fine mouche (une).—Un homme rusé, très fin.
Finfin, n. m.
Fin, pris en mauvaise part. Ex. C'est un beau finfin, il
mourra jeune.
Finfoin, n. m.—Sainfoin, herbe fourragère.
Fini, part. pass.
Très, complètement. Ex. Cette femme est belle finie.
Finiment, adv.—Parfaitement, très bien fini.
Finir, v. n.
J'en ai fini avec vous, je ne veux pas avoir de rapports avec
vous.
Finisseux, euse, adj.—Qui donne le dernier fini à un ouvrage.
Finition, n. f.
Fin, terme. Ex. Il doit y avoir une finition à ces histoires-là.
Finnan haddie, finnann addé (m. a.)—Morue fumée.
Fiole, n. f.
Sécrétion nasale. Ex. Cet enfant a des fioles au nez.
Fion, n. m.
—Fini. Ex. Donner le fion à un ouvrage.
—Chic. Ex. Cette demoiselle a du fion.
—Homme agité, remuant. Ex. C'est un vrai fion que ce
gaillard-là.
—Traits de plume que le calligraphe ajoute aux lettres
majuscules.
—Dessins. Ex. Ce patineur fait toute espèce de fions avec
ses patins, il va même jusqu'à écrire son nom sur la glace.
—Notes d'agrément. Ex. Nous avons un curé nouveau
qui chante très bien, il fait de beaux fions.
Le mot fion ne se trouve pas dans le Dict. de l'Académie.
Fionner, v. n.
—Ecrire en agrémentant ses lettres de beaucoup de fions.
—Chanter en intercalant des notes d'agrément.
—Patiner en tous sens.
—Jouer du violon, de la flûte, en faisant des fions.
Fionner (se), v. pron.
Se vêtir richement. Ex. Je pars pour le bal, je vais me
fionner.
Fionneux, euse, adj.
Celui qui fionne en chantant, en jouant du violon, de la
flûte, en patinant, en écrivant.
Fioper, v. n.
Faire un certain bruit avec sa bouche lorsqu'on mange avec
un grand appétit.
Fisque, adj.—Fixe.
Fisquer, v. a.—Fixer.
Fissure, n. f.
Apparence. Ex. Je viens de tomber du toit du hangar, et
je n'ai pas attrappé une fissure de mal.
Fiston, n. m.
Fils. Ex. Ecoute, mon fiston, ne va pas au théâtre, tu es
bien trop jeune.
Fixer, v. a.
Regarder en face, avec attention. Ex. Fixe-moi pas comme
ça.
* Fixtures, fixtieure, (m. a.)
Comptoir, rayons, meubles, aménagement.
Flac!
Interjection pour imiter le bruit d'un corps tombant dans
l'eau ou tout liquide.
Flacotage, n. m.—Action de flacoter, de clapoter.
Flacoter, v. n.
—Clapoter. Ex. L'eau entre dans mes bottes, c'est beau
de voir ça, aussi les pieds me flacotent.
—Flotter. Ex. Comme tu es maigre, tu flacotes dans tes
hardes.
Flacoteux, euse, adj.—Qui flacote, clapote.
Flagoter, v. n.—V. Flacoter.
Flague douce, n. f.
Sans caractère. Ex. Pour te dire ce que je pense de cet
homme, ce n'est ni plus ni moins qu'une flague douce.
Flairer, v. a.
Flairer de la douceur, manger du sirop. Acadianisme.
Flamaçon, n. m.—Franc-maçon.
Flambaison, n. f.—Flambée, feu clair de menus bois.
Flambant neuf, loc.
Battant neuf, absolument neuf. Ex. J'ai mis ce matin un
habillement flambant neuf.
Flambe, n. f.—Flamme. Rabelais a écrit flambe.
Flambé, e, part. pass.
—Perdu. Ex. Mon chapeau est flambé, on me l'a changé
pour un autre.
—Ruiné. Ex. La banque du Peuple a fermé ses portes,
je suis flambé.
Flamber, v. a.
—Lancer des éclairs. Ex. Les yeux lui flambent.
—Flamber quelqu'un des yeux, dévisager quelqu'un d'un
regard passionné, ou rendu flamboyant par la colère.
—Flamber le poisson, le fumer.
Flamber (se), v. pron.
Se flamber la cervelle, se brûler la cervelle, se tuer avec un
pistolet.
Flamboter, v. n.
Faire la pêche de nuit, dans un canot qui porte un flambeau
d'écorce ou de bois résineux à son avant. (Cl.)
Flamme, n. f.
Flegme, crachat, pituite. Ex. Ce malade tousse beaucoup,
il renvoie souvent des flammes.
Flâmme, n. f.—Flamme.
Flanc, n. m.
—Un flanc mou, sans énergie, qui a de la misère à se
remuer.
—Se battre les flancs, se remuer, s'agiter.
Flancher, v. n.
Céder, fléchir. Ex. Ne flanche pas, ou nous sommes perdus.
Flancheux, n. m.—Poltron.
Flanc=maçon, n. m.—Franc-maçon.
Flancon, n. m.—Flacon. Ex. Un flancon de gin,
de brandy.
Flandrin, n. m.
Individu de taille élancée, peu alerte, et le plus souvent
paresseux.
Flanquer, v. a.
—Donner. Ex. Je lui ai flanqué une maîtresse tape.
—Envoyer. Ex. Je l'ai flanqué à la porte de mon bureau.
—Mettre. Ex. Flanque-moi ça là?
—Laisser. Ex. Je l'ai flanqué là sans cérémonie.
Flanquette (à la bonne).
A la bonne franquette, sans cérémonie.
Flaquer, v. n.
—Voltiger en ondoyant. Ex. Ses pantalons sont bien trop
larges, ils lui flaquent sur les jambes.
—Bruit produit par l'eau comprimée et remuée. Ex.
L'eau flaque dans mes bottes.
Flaquet, te, adj.
Qui flotte dans ses vêtements. Ex. Ne va pas te montrer
flaquette comme tu es?
Flâse, n. f. (Angl.)—Soie plate. De l'anglais floss.
* Flâser, v. a. (Angl.)—Coudre avec de la flâse.
* Flask, flassque, (m. a.)
Gourde, flacon. Ex. Un flask de brandy.
* Flasque, n. m. (Angl.)—Gourde en verre.
Flasque, adj.
Estomac vide. Ex. Je suis flasque, je n'ai pas mangé depuis
douze heures.
Flasse, adj.—Flasque.
* Flat, flatte, (m. a.)—Bateau plat, bachot.
Flau, n. m.—Fléau à battre le grain. Ex. Battre au flau.
Flaubage, n. m—Action de battre.
Flauber, v. a.
—Battre, rosser. Ex. Ce misérable s'est fait flauber en
grand.
—Voler, soustraire. Ex. Je me suis fait flauber mon parapluie.
En Anjou, on dit flauper pour battre.
Flaubeur, n. m.—Celui qui flaube.
Flèche, n. f.
—Se dit pour l'arc lui-même qui sert à lancer la flèche. Ex.
La corde de ma flèche est trop tendue.
—Passer flèche, sans obstacle. Ex. J'ai passé flèche mon
examen de terme.
—Envoyer une chose flèche, envoyer directement, comme
avec une flèche.
Fléchée (ceinture).
Ceinture fabriquée avec des fils de diverses couleurs. D'origine
indienne.
Flème, n. f.—Phlegme. V. Flamme.
Fleume, n. f.—V. Flamme.
* Fleur, n. f. (Angl.)
Farine. Ex. J'aurais besoin de dix livres de fleur pour les
Fêtes. On peut dire de la fleur de farine.
Fleur de la Passion, n. f.—Passiflore bleue.
* Flinn'cher, v. n. (Angl.)—V. Flancher.
* Flinn'cheux, (Angl.)—V. Flancheux.
Flique, n. f.
—Bande de lard. Ex. Mets les fliques dans le chaudron
pour faire de l'huile.
—Sécrétion nasale. Ex. Mon enfant, tu as toujours la
flique au nez.
Flôbage, n. m.—V. Flaubage.
Flôber, v. a.—V. Flauber.
Flôbeur, euse, adj.—V. Flaubeur.
Flomentation, n. f.
Fomentation, application d'un médicament chaud sur une
partie du corps, pour l'adoucir.
Flomenter, v. a.
Fomenter, appliquer un médicament chaud pour fortifier,
adoucir.
Flon=flon, n. m.—Fla-fla, étalage, ostentation.
Flottan, n. m.—Flétan, gros poisson propre aux mers froides.
Flotter, v. a.—Conduire une cage de bois sur les rivières.
Flotteur, n. m.—Celui qui dirige la cage ou le cageu.
Flouer, v. a.
—Voler. Ex. Il m'a floué pour une grosse somme.
Flouer est probablement une contraction de filouter. Le mot
est français, mais il est peu usité en France.
* Flouque, (Angl.)
Coup inattendu. (Terme de billard). De l'anglais fluke.
* Floux, n. m. (Angl.)
Coup de hasard. Ex. Il est parvenu à réussir à la suite
d'un floux.
* Flush, fleuche, (m. a.)
—Bien pourvu d'argent.
—Prodigue, généreux. Ex. Comme tu es flush, maintenant!
Flûte, n. f.
—Grive des bois, appelée flûte parce que son chant tient un
peu de la flûte.
—Jambes. Ex Prépare tes flûtes pour partir.
Flûter, v. n.—Avoir la diarrhée.
Flûteux, euse, adj.
—Qui a la diarrhée chronique.
—Flûtiste, qui joue de la flûte.
Foi, n. f.
—Ma foi du Bon-Dieu! en vérité.
—Ma foi de piquette!
—Ma foi!
—Ma grand' foi de Dieu, même sens.
Foies, n. f. pl.
Poumons. Ex. Docteur, je crois que je suis pris des foies,
je tousse à cœur de nuit et de jour.
Foin, n. m.
Avoir du foin dans ses bottes, être dans une excellente position
de fortune.
Foin de caribou, n. m.
Mousse qui croît dans les savanes, aussi les jeunes pousses
d'arbustes et d'arbrisseaux.
Foin d'odeur, n. m.
Houque boréale, genre de graminées voisin des avoines.
Foins (les), n. m. pl.
—Epoque de la fenaison.
—Travailler aux foins, faire la fenaison.
Foirer, v. n.
—Se briser, s'écraser. Ex. Cet œuf, en se cassant, m'a
foiré dans la main.
—Renoncer à une affaire après avoir donné à croire qu'on
la transigerait.
Foireux, euse, adj.—Qui change d'idée sans raison valable.
Fois, n. f.
—Moment. Ex. Il y a des fois que je suis plus frileux que
d'autres.
—La fois des grandes fois, dans une circonstance exceptionnelle,
connue de tout le monde.
—Quelquefois. Ex. Vas-tu souvent à l'auditorium?—Des
fois.
Folâtreux, euse, adj.—Qui aime à badiner.
Folle-avoine, n. f.
—Riz du Canada.
—Nom donné autrefois à une tribu outaouaise.
Foncé, n. et adj.
—Habit d'une couleur foncée. Ex. Moi, j'ai l'habitude de
porter du foncé.
—Homme qui possède des fonds. Ex. Tu peux lui vendre
ta terre, c'est un homme bien foncé.
Foncer, v. a.
Mettre un fond à une chaise, à un plat de fer-blanc, à une
chaudière en tôle.
Foncière, n. f.
Fond. Ex. La foncière d'un pantalon. (De Gaspé, Mém.)
Fonctionner, v. n.—Soulager la nature.
Fonçure, n. f.
—Fond. Ex. La fonçure d'un traîneau, d'une carriole,
d'un chapeau, d'une culotte.
—Culotte. Ex. Je l'ai pris par la fonçure et je l'ai fait
pirouetter sur lui-même.
Fond, n. m.—Avoir le fond noir, être très méchant.
Fond de Penouil, n. m.
Fin malheureuse d'une entreprise. Ex. Laisse faire, mon
vieux, avec le temps tu finiras comme les autres par arriver
un jour dans le Fond de Penouil. Langage des pêcheurs
de Gaspé qui entre eux se confient leurs contretemps.
Penouil veut dire péninsule.
Fondé, e, adj.—Riche fondé, très riche.
Fondement, n. m.—Rectum.
Fondeux de cuillers, n. m.
Ouvrier en l'art de fondre le plomb pour fabriquer des cuillers,
qui parcourait jadis les campagnes en y exerçant
son métier.
Fondre, v. a.
Perdre contenance. Ex. Il fond devant moi.
Fondu, part. pas. de fondre.
Dissipé, perdu. Ex. L'argent que tu avais à la banque est-il
fondu?
Fontaine, n. f.
—Puits. Ex. Va chercher de l'eau à la fontaine.
—Plume-fontaine. V. ce mot.
Fontange, n. f.
Nœud de ruban que les femmes mettent sur le devant de la
tête pour attacher la coiffure.
* Foolscap, foule, (m. a.)
Papier écolier, papier ministre.
* Football, foute bâll, (m. a.)
—Ballon en caoutchouc qui se gonfle et se dégonfle à volonté.
—Jouer au foot-ball, ballon au pied.
Forban, n. m. et f.—Personne très évaporée.
Forbu, e, adj.—Fourbu.
Forçaille (au), loc adv.
Au forçaille, au grand forçaille, je le ferai, quoi qu'il en soit,
malgré l'effort qu'il faudra déployer, je me mettrai à
l'œuvre.
Forçant, e, adj. verb.
Pénible, très fatigant. Ex. Cet ouvrage est trop forçant
pour toi.
Forçaye, n. m.—V. Forçaille.
Force, n. f.
—Vigueur. Ex. Cette loi entrera en force aussitôt après
la session. (Angl.)
—Fort. Ex. Nous sommes dans la force de la chaleur.
Forcer, v. a.
—Plier. Ex. J'ai forcé la clef en voulant ouvrir la porte.
—Gâter. Ex. J'ai forcé la serrure avec une mauvaise clef.
—Mettre en abondance. Ex. Il faudra forcer sur le beurre
si tu veux faire un bon gâteau.
—Jouer une carte plus forte que celle qu'il y a sur le tapis,
ou encore lorsqu'on joue d'une couleur dont l'un des
autres joueurs n'a pas, afin de l'obliger à couper.
—Ça force, ce n'est pas brillant. Ex. As-tu une bonne
santé de ce temps-ci?—Plus ou moins, ça force.
—Ça ne force pas, ce n'est pas abondant. Ex. Ta récolte
de légumes est-elle bonne?—Ça ne force pas?
Forcer (se), v. pron.
—Attraper un effort, un tour de reins.
—S'efforcer. Ex. J'ai beau me forcer, j'aboutis point.
—Se luxer. Ex. Je me suis forcé la jambe.
Forçure, n. f.
Fressure, foie de veau, de mouton. Ex. Acheter du dur
de forçure sur le marché.
* Foreman, n. m., (m. a.)
—Prote, dans un atelier d'imprimerie.
—Contre-maître, dans un atelier ou un chantier.
—Chef, dans une boutique, dans un jury.
—Inspecteur, surveillant des travaux.
Forestier, n. m.
Homme de chantier, chasseur, coureur des bois. M. le Dr
J.-C. Taché s'est servi de ce mot pour intituler un de ses
ouvrages: Forestiers et Voyageurs. En France, ce mot
s'emploie pour désigner celui qui a un emploi dans l'administration
forestière.
Forgeon, n. m.—Forgeron.
Forger, v. a.
Forger dans sa tête, ruminer longuement une affaire.
* Forget me not, forghett, (m. a.)
Myosotis, souvenez-vous-de-moi.
Formage, n. m.—Fromage.
Formance, n. f.
Forme, apparence. Ex. Il n'a pas formance d'homme.
Forme, n. f.
Cahier, en terme d'imprimerie. La forme est le châssis de
fer où sont rangées les pages composées typographiquement.
Fort, n. m.
—Village. L'origine de ce mot vient de ce qu'autrefois il
y avait dans certaines paroisses plus exposées que les
autres aux attaques des sauvages, un petit fort que l'on
élevait en plein village, là où la population était plus
dense.
—Liqueur forte. Ex. Prenez-vous du fort quelque fois?
—Rance. Ex. Du beurre qui a goût de fort.
Fort, e, adj.
—Habile. Ex. Il y en a qui sont forts sur le violon, d'autres
sur le piano, moi, mon fort c'est de rire du monde.
—Friand. Ex. Es-tu fort sur le sel?
—Un fort temps, une tempête.
—Envoyer fort, travailler ferme.
—Parler fort, parler d'autorité.
Fort=à=bras, n. m.—Fier-à-bras. V. ce mot.
Fortiller, v. a.
Remuer. Ex. Ne fortille pas tant des jambes.
Fortilleux, euse, adj.—Qui fortille.
Fortillon, n. m.—Enfant qui est sans cesse en mouvement.
Fortuné, e, adj.
Riche. L'Académie a admis fortuné pour signifier être heureux.
Riche et heureux sont deux expressions qui ne vont
pas toujours de pair.
Fosse, n. f.
—Etang ou pièce d'eau dormante.
—Fosse à part, fosse particulière dans un cimetière.
Fossè, n. m.—Fossé. Ex. La rue des Fossès.
Fossette, n. m.
Fossé. Ex. Ma vache est tombée dans le fossette.
Fosseyer, v. a.—Fossoyer.
Fosseyeur, n. et adj.—Fossoyeur.
Fou, n. m.
—Avoir du fou, être un peu fou.
—Un fou de l'asile, fou interné dans un asile d'aliénés.
—Fou à lier, fou furieux.
—Fou à mettre aux loges, à interner dans un asile d'aliénés.
Fou de rire.
Fou rire. Ex. J'ai été pris d'un vrai fou de rire en apercevant
sa binette.
Fouailler, v. a.
—Expédier promptement la besogne. Ex. J'ai vite terminé
mon ouvrage, mais ça fouaillait dur.
—Frapper, fouetter.
Fouaillon, n. m.
Individu qui ne porte que des loques, et plus ou moins
vicieux.
Foudré, e, adj.—Versé. Ex. Nos blés sont foudrés.
Foué, n. f.
—Foi, croyance.
—Fois, expression de quantité.
Fouer, v. a.
Donner, accorder. Ex. Foue-moi la paix, la patience.
Fouer (se), v. pron.—Se moquer. Ex. Je me foue du monde.
Fouiller (se), v. pron.
Chercher inutilement une échappatoire. Ex. Tu peux te
fouiller, tu n'auras pas ce que tu demandes.
Fouillouse, n. f.
Poche, escarcelle. Ex. Va chercher mes ciseaux dans le sac
aux fouillouses. D'après Lacurne de Sainte-Pallaye, fouillouse
veut dire poche, escarcelle.
Fouine, n. f.
Fureteur et malin. Ex. Défie-toi de cet homme, c'est une
fouine.
Fouiner, v. n.
Se sauver comme une fouine au premier signe de danger.
Fouler, v. a.
—Aplanir. Ex. Va passer le rouleau dans l'avenue, et
foule le chemin.
—Maltraiter.
—Foulé de monde. Ex. Je suis allé au théâtre, c'était
foulé.
—Foulé d'ouvrage, accablé de besogne.
Foulon, n. m.—Fouloire.
Foulons, n. m. pl.
Suite de petites anses entre Québec et Sillery, qui servaient
jadis de refuge aux radeaux de bois descendus des rivières.
Foulure, n. f.
Phlegmon du tissu cellulaire qui se loge le plus souvent dans
la main. V. Fourchette.
Four, n. m.
—Envoyer sous le four, envoyer promener.
—Avoir la clef du four sur la figure, avoir des taches noires
sur la figure.
—Chauffer le four, boire des spiritueux.
—Faire un four, subir un échec.
Fourche, n. f.
—Soigner au bout de la fourche, sans précaution.
—Branche. Ex. La rivière Saint-Charles a des fourches.
Fourchemise, n. f.
Fausse chemise, plastron.
Fourcher, v. n.
—La langue m'a fourché, j'ai dit un mot pour un autre.
Français familier.
Fourchetée, n. f.
Fourchée. Quantité de paille ou de foin qu'on enlève avec
une fourche.
Fourchette, n. f.
—La fourchette du père Adam, les doigts.
—Maladie inflammatoire des doigts de la main.
—Une bonne fourchette, un homme de grand appétit.
Fourchon, n. m.
Enfourchure. Entre-deux des jambes d'un pantalon.
Fourgâiller, v. a.
—Fouiller, fureter. Ex. Fourgâiller dans un coffre, un
tiroir.
—Agiter, remuer. Ex. Fourgâiller le feu dans un poêle,
fourgâiller des bûches de bois.
Fourgoter, v. a.
Fureter, déplacer les objets sans soin et sans nécessité.
Fournaise, n. f.
Calorifère à eau, à air, à vapeur. Ex. Une fournaise à air
chaud, une fournaise à vapeur.
Fourneau, n. m.—Gros fumeur.
Fournée, n. f.
—Réserver à quelqu'un un pain de sa fournée, lui réserver
une surprise désagréable.
—Perdre un pain de sa fournée, être dans la tristesse, paraître
embêté.
Fournil, n. m.—Cave à légumes.
Fourniment, n. m.—Fourniture, provisions.
Fournir, v. a.
—Arriver. Ex. J'ai tellement d'ouvrage que je ne fournis
point.
—Jouer une carte de même couleur. Ex. Joue une carte
et fournis. V. Adonner.
—Aller assez vite. Ex. Je ne puis te fournir à ramasser
des pommes.
Fourniture, n. f.—Avoir de la fourniture, fournir, aux cartes.
Fourreau, n. m.—Etui.
Fourrer, v. a.
—Donner. Ex. Je lui ai fourré un bon coup de pied.
—Fourrer dedans, tromper.
—Fourrer son nez partout, se mêler d'une affaire qui ne
nous regarde pas.
Fourrer (se), v. pron.
—Se fourrer dedans, se tromper.
—Se fourrer le doigt dans l'œil jusqu'au coude, se tromper
grossièrement.
Fourrole, n. f.—Coiffure d'homme, ou tuque de laine bleue.
Foutant, adj. verb.
C'est-y pas foutant! expression pour marquer l'ennui, l'embêtement.
Foutée (une), n. f.
Beaucoup. Ex. Il y avait une foutée plus de monde que tu
penses.
Fouter, v. a.
—Donner. Ex. Foute-moi la paix.
—Jeter. Ex. Foute ce gas-là dehors.
—Fouter le camp, se sauver.
Fouter (se), v. pron.
—Se moquer. Ex. Je me foute du monde.
—S'entredonner. Ex. Ils se sont foutés chacun une bonne
claque.
Foutre, n. m.
—Envoyer faire foutre, congédier.
—Ni foutre ni branle, personne.
—Un Jean Foutre. V. Jean Foutre.
Foutu, e, adj. et v. a.
—Fini, ruiné. Ex. Cet homme est foutu.
—Donner. Ex. Il m'a foutu un coup de poing sur le nez.
—Ignorant. Ex. Un foutu notaire.
Foutument, adv.
Extrêmement. Ex. Cet individu est foutument bête.
Fouyer, n. m.
Foyer, dalle scellée devant la cheminée pour isoler le feu du
parquet.
Fraîche, n. f.—Frais. Ex. Sortir pour prendre la fraîche.
Fraîcheur, n. f.
Chaud et froid. Ex. Attraper des fraîcheurs aux pieds.
Frais, îche, adj. et adv.
—Se mettre en frais, se disposer. Ex. Il faut se mettre en
frais de partir demain.
—Etre en frais, être en train. Ex. Quand j'ai reçu votre
lettre, j'étais en frais de vous écrire.
—Nouvellement. Ex. Des œufs frais pondus.
* Fralic, frali, n. m. (Angl.)
—Banquet, festin, fête de famille. Ex. Nous allons avoir
des noces chez les Lapierre, et nous sommes invités à un
grand fralic.
—Désordre, tapage dans une réunion. Ex. Au pique-nique
d'hier, on s'est amusé, il y a eu un gros frali.
Franc=foin, n. m.—Agrostis commun.
Framacie, n. f.—Pharmacie.
Framacien, n. m.—Pharmacien.
Franc, che, adj.
—Un cheval franc, franc du collier.
—Bois franc, bois dur.
—Franc comme l'êpée du roi, loyal.
Français (souliers).
Souliers à boucles importés de France sous le régime français.
Ce soulier ne se fabrique plus ici, mais le mot est
resté pour distinguer le soulier de la botte sauvage.
Française, n. f.
Au jeu de balle, frapper la pelote ou balle au bout du bras,
c'est frapper à la française. Ex. Cet écolier a une bonne
française.
Francheté, n. f.—Franchise.
* Franchise, n. f. (Angl.)—Immunité, liberté politique.
Franchitude, n. f.—Franchise.
Franger, v. a.—Effranger. Ex. Sa robe est toute frangée
du bas.
Frappe=d'abord, n. m.
Hanneton qui pique en se posant sur la peau.
Frapper, v. a.
—Frapper un coup, faire un effort.
—Ne pas frapper coup, ne pas travailler.
Frasil, n. m.
Menus morceaux de glace qui se rencontrent à la surface des
rivières, l'automne et le printemps. Ce mot semble tirer
son origine de fraisil, menues parcelles de charbon qui
restent sur la place où le bois a été carbonisé. En France,
on dit phasil pour de la braise.
Frayant, e, adj.
Effrayant. Ex. Il fait mauvais aujourd'hui, frayant.
Fredasser, v. n.—Froufrouter.
Frédir, v. a. et n.—Froidir.
Fredoche, n. f.—V. Fardoche.
* Freezeur, fri, n. m. (Angl.)—Glacière.
Frégade, n. f.—Frégate.
Freidir, v. a. et n.—Froidir.
Freite, n. m. et adj.—V. Fret.
Frelasser, v. n.
Faire entendre un bruit semblable à des feuilles sèches que
l'on remue. Ex. Cette femme a une robe de soie qui
frélasse beaucoup.
Frémille, n. f.—Fourmi.
Frémillement, n. m.—Fourmillement.
Frémiller, v. n.—Fourmiller.
Frémillière, n. f.—Fourmilière, nid de fourmis.
Frêne blanc, n. m.—Frêne d'Amérique.
Frêne gras, n. m.—Frêne à feuilles de sureau.
Frêne rouge, n. m.—Frêne pubescent.
Frênière, n. f.
Frênaie, terrain planté de frênes.
Fréquentation, n. m.
Action de fréquenter une jeune fille en vue du mariage.
Fréquenter, v. a.—Courtiser une jeune fille.
Frérot, n. m.
Doubles cousins, ou enfants des deux frères mariés aux
deux sœurs. Littré dit: «Frérot, diminutif de frère,
familier. Dans le Glossaire du Nord de la France, fréreux,
cousins germains, ou enfants de deux frères.» Dans
l'ancien français nous trouvons fréreus, cousin fréreux,
cousin germain, et fréreur, avec la même signification.—En
Auvergne, on dit frarot. «La frarot et lai seurotte se
ressounent bien», c'est-à-dire, se ressemblent.
Fret, n. m.
—Colis, marchandises, fret, cargaison.
—Convoi de marchandises. Ex. Voyager par le fret.
—Char à marchandises.
—Agent de fret, commissionnaire de transport.
Fret, te, adj.—-Froid. Ex. J'ai fret aux mains.
Fri (ma).—Ma foi.
Fricasser (se), v. pron.
Se laver les mains comme Ponce-Pilate. Ex. Qu'il dise ce
qu'il voudra, je m'en fricasse. D'après l'Académie, fricasser
signifie, figurement et populairement, dissiper son
bien en débauches et en bonne chère.
Friche, n. m.
Friche, n. f., terre neuve ou vierge. Ex. Cette année, nous
allons semer du grain dans le friche.
Frichnou, n. m.
Fricot qui donne une odeur plus ou moins nauséuse. Ex.
Qu'ça sent le frichnou!
Fricot, n. m.
—Mets particuliers aux cuisinières canadiennes, et dont le
mot fricot, pris généralement, couvre la variété.
—Festin, dîner où sont conviés les parents et amis à l'occasion
d'une fête de famille, d'une noce, etc.
—Confusion, désordre, pêle-mêle.
En France, fricot signifie bombance; c'est le plat qui résulte
de l'action de fricoter.
Fricotage, n. m.
Action de préparer les mets pour un repas ordinaire ou de gala.
Fricoter, v. n.
—Préparer des ragoûts, etc.
—Tenir des propos oiseux. Ex. Qu'est-ce que tu fricotes
encore, avec tes discours qui n'ont ni queue ni tête?
Fricoteux, euse, n. m.
—Qui prépare les fricots.
—Qui perd son temps à tenir des discours frivoles.
Frigousse, n. f.
—Ragoût de viande, de pommes de terre.
—Tout plat mal apprêté.
Friler, v. n.—Grelotter.
* Frille, n. m. (Angl.)
—Petit collet tuyauté ou craqué porté par les petits garçons.
—Morceau de fer-blanc arrondi et craqué qui entoure le
tuyau de poêle à l'endroit même où il communique avec
la cheminée.
* Frilling, n. m., (m. a.)—Fraise, ornement d'un jabot.
Frimasser, v. n.
Se couvrir de frimas. Ex. Ce matin, les arbres sont tous
frimassés.
Frine (ma).—Ma foi. Juron déguisé.
Fringaleux, euse, adj.—Sujet à avoir la fringale.
Fringue, n. f.
—Joie. Ex. As-tu vu l'ami Gaspard? je te dis qu'il est en
fringue, ce matin.
—Crise, excès. Ex. J'ai eu une dure fringue de mal de
dents, depuis deux jours.
Fripe, n. f.
Tomber sur la fripe de quelqu'un, lui donner des coups ou
lui dire de grosses vérités.
Fripé, adj. verb.
Avoir triste mine. Ex. Comme te voilà fripé, as-tu fait une
fête?
Fripouille, n. f.
Gredin, homme sans valeur ni considération.
Frique, n. f.—Plaine de sable.
Friser, v. n.—Rejaillir, eu parlant des liquides.
Frisette, n. f.
Papillotte, chiffon de papier autour duquel on enroule les
cheveux pour les tenir frisés.
Frisonner, v. a.
Poser des frisons sur la jupe ou sur le corsage d'une robe de
femme.
Frisons, n. m. pl.
—Moutons, écume blanche qui se forme à la crête des vagues
quand l'eau de la mer est très agitée.
—Bandes d'étoffes de laine, de coton ou de soie plissées et
qui servent à garnir les bas de robes de femmes.
Frisson, n. m.
Enfant émoustillé. Ex. Un petit frisson.
Frissonneux, euse, adj.
Pris de frisson. Ex. Je suis frissonneux ce matin.
Frit, n. m.—Fruit.
Fritage, n. m.—Fruitage.
Fritier, n. et adj.—Fruitier.
Frivolent, e, adj.
—Coquet. Ex. Une femme frivolente.
—Vif et sec. Ex. Un vent frivolent.
Frivolité, n. f.—Sorte de dentelle, broderie.
Froc, n. f.
—Vêtement de dessous, en laine ou en coton. Ex. Mets
ta froc si tu ne veux pas prendre le rhume.
—Blouse avec ceinture à la taille.
—Frockcoat, redingote, appelée aussi Prince Albert.
Froid, n. m.
—Jeter un froid, produire une impression qui glace les esprits.
—Prendre froid, avoir froid.
—Un froid noir, temps obscur et très froid.
—Prendre du chaud et du froid, contracter une inflammation.
—N'avoir pas froid (frette) aux yeux, avoir un certain
toupet, n'être pas engourdi.
Froidir, v. n.—Ne pas froidir en place, remuer sans cesse.
Frôler (se), v. pron.
Se coller au flanc des autres sans invitation.
Frôleux, euse, adj.—Personne qui se frôle.
* Frolic, n. m. (Angl.) V. Fralic.
Fromage, n. m.—Tête en fromage, fromage de cochon.
Fromage raffiné, n. m.
Petit fromage à la crème, que les seuls cultivateurs de l'île
d'Orléans savent bien fabriquer.
Fromagé, e, adj.
Tête fromagée, fromage de cochon. Fromagé n'est pas français.
Fromagier, n. m.—Fromager, qui fabrique le fromage.
Fromentation, n. f.—Fermentation.
Fromenter, v. n.—Fermenter.
Fronde, n. f.
Furoncle. Ex. J'ai le cou couvert de frondes.
Fronder, v. a.—Lancer avec la fronde ou avec la main.
Front, n. m.
Avoir un front de bœuf, être audacieux à l'excès.
Fronteau, n. m.
Limite extrême d'une pièce de terre, prise sur sa plus grande
longueur.
Frontière, n. f.
Frontail ou frontal, partie de la têtière du cheval qui passe
en avant de la tête et au-dessus des yeux.
Frotter, v. a.
—Cirer. Ex. Garçon, frotte mes bottes.
—Nettoyer. Ex. Marguerite, frotte le poêle, il est très
malpropre.
Frotteur, n. m.—Cireur de bottes.
Frou=frou, n. m.—Personne agitée.
Fruit, adj.—Vieux. Ex. Un code civil trop fruit.
Fruitage, n. m.
—Fruits. Ex. Courir les fruitages.
—Fruits, en général. Ex. Il ne fait pas bon manger du
fruitage quand il fait bien chaud.
Fruster, v. n.—Fouiller partout, fureter.
Frusteux, euse, adj.—Qui fouille partout.
Frutage, n. m.
Fruitage. Ex. Il y a beaucoup de frutages cette année.
Fugère, n. f.—Fougère.
* Full dress, foule, (m. a.)
Grande tenue, bien habillé. Ex. Je suis en full dress ce
matin.
* Full speed, spîde, (m. a.)
A toutes jambes, à bride abattue. Ex. Un train qui va
full speed.
* Full steam, stîme, (m. a.)—A toute vapeur.
Fumelle, n. f.—Femelle. Froissart a écrit fumelle.
Fumer, v. n.
—Se reposer en causant. Ex. Entre donc fumer un peu,
nous allons jaser.
—Faire preuve d'ignorance dans un examen oral. Ex. Un
écolier qui fume en classe, quand son maître lui fait réciter
ses leçons.
Fumeux, adj.
—Fumeur. Ex. Un gros fumeux.
—Ecolier qui ne sait pas ses leçons.
* Fun, fonne, (m. a.)
—Divertissement, amusement. Ex. C'est une personne de
fun. Faire un voyage de fun. Prendre un parti de fun.
Funérailles, n. f. pl.
Objets divers. Ex. Va chercher la boîte aux funérailles,
j'en ai besoin pour avoir des clous et des vis.
Fur et à mesure (à), loc. adv.
Au fur et à mesure. Ex. Vous viendrez à fur et à mesure
que votre nom sera appelé.
Fureteux, euse, adj.—Fureteur.
Furir, v. n.—Entrer en fureur.
Furnonche, n. f.
Espèce de confiture faite avec du sirop et un peu de farine,
auxquels on ajoute du raisin.
* Fuse, fiouse, (m. a.)
—Mèche.
—Coupe-circuit.
Fuseau, n. m.
Bobine. Ex. Donne-moi donc mon fuseau de fil.
Fusée, n. f.
Etre au bout de sa fusée, ne savoir plus que faire, que dire.
Fusil, n. m.
—Estomac, ventre. Ex. Fourre-toi ce verre de vin dans
le fusil.
—Fusil sans plaque, un bon à rien.
—Partir comme un fusil sans plaque, subitement.
Fusil à air, n. m.—Fusil à vent.
Fusil (en), loc.
—En diable, irrité. Ex. Personne n'a su ses leçons, notre
maître était en fusil.