Pieux, se, adj., qui a de la piété:—prononcez pi-eu (deux syll.) pour le distinguer de pieu (pièce de bois pointue) qu'on prononce pieu (en une seule syll.)

Pile, s. f., se dit de celui des deux côtés d'une pièce de monnaie où sont empreintes les armes du souverain; le côté opposé se nomme croix ou tête: n'avoir ni croix ni pile; jouons, jetons à croix-pile qui l'aura; que retenez-vous, croix ou pile?

2. Pile, s. f., soufflet, taloche: ce mot n'est pas français.

Piler, v. a., écraser, broyer; écrivez et prononcez piler et non piller (ll mouillées).—Le vase de métal, de pierre, de faïence, etc., dans lequel on pile, se nomme mortier: un mortier de cuivre sert d'enseigne à ce pharmacien.—Le pilon est l'instrument dont on se sert pour piler dans un mortier: un pilon de fer, de bois.

Pilotis, s. m., grosse pièce de bois pointue qu'on fait entrer en terre avec force pour asseoir les fondements d'un édifice, etc.; ne dites pas pilote, qui signifie, celui qui gouverne un vaisseau: Amsterdam est bâti sur pilotis et non, ... sur pilotes.

Pince, Pincette, s. f.—Pince se dit d'une sorte de longues tenailles dont on se sert pour remuer les grosses bûches dans une cheminée: il faut prendre cette bûche avec la pince.—Il se dit également dans plusieurs arts ou métiers, de certaines tenailles, les unes grosses, les autres petites, qui servent à différents usages: les taillandiers, les serruriers ont de grosses pinces pour tenir leur ouvrage, quand ils le mettent au feu; les horlogers, les arquebusiers ont de petites pinces pour prendre et placer les goupilles et autres pièces légères.—Pince signifie aussi un barre de fer aplatie par un bout, et dont on se sert comme d'un levier: lever une grosse pierre avec une pince.

2. Pincette, s. f., et plus ordinairement pincettes (au plur.), ustensile de fer à deux branches égales, dont on se sert pour accommoder le feu: attiser le feu avec des pincettes. On dit aussi tenailles dans ce sens.—Il se dit encore d'un instrument de fer, dont on se sert pour s'arracher le poil: il se fait la barbe avec la pincette.—Il se dit également, dans plusieurs arts ou métiers, de petits instruments de fer à deux branches, dont on se sert pour prendre ou pour placer certains objets qu'on ne pourrait ni prendre ni placer facilement avec les doigts.—Ne dites point épince, épincette.—Voyez tenaille.

Pinçon, Pincée, Pinson.Pinçon, s. m., se dit de la marque qui reste sur la peau quand on a été pincé: je me suis fait un pinçon en fermant cette porte. Mais on dit avoir l'onglée et non des pinçons, lorsqu'on veut parler de certaines douleurs qu'on ressent au bout des doigts quand on y a eu fort froid: je ne puis pas écrire, j'ai l'onglée.—Pincée, s. f., se dit de ce qu'on peut prendre de certaines choses en les pinçant entre deux ou trois doigts: une pincée de sel.—Le pinson, s. m., est une sorte de petit oiseau: gai comme un pinson.—Voyez [pensum].

Pipe, s. f.—Dites pipe bien culottée, et non pipe bien percée ni bien passée.

Piquanterie, n'est pas français: il faut dire picoterie, pour signifier des paroles malignes et de nature à blesser; picoter c'est faire des picoteries; il m'impatiente par des picoteries continuelles; il l'a picoté pendant toute la soirée.