3. Ne dites pas non plus: quelqu'un d'autre, quelque chose d'autre; dites: quelque autre, quelque autre chose; adressez-vous à quelque autre personne ou à quelque autre;—c'est autre chose que j'exige.

4. Ne dites pas: je l'ai trouvé tout autre que je pensais; dites ... que je ne pensais.

5. Nous autres, vous autres. En espagnol, nous et vous sont toujours suivis de autres, même dans la conjugaison: nous autres aimons; vous autres aimez; nous autres parlerons, vous autres parlerez, etc. Il en est à peu près de même en wallon où l'on fait également, surtout dans certains dialectes, un trop fréquent usage de ces expressions. Le génie de la langue française n'autorise l'usage de ces expressions que dans des cas assez rares, et seulement lorsqu'on veut exprimer une opposition à d'autres personnes dont on vient de parler, ou insister particulièrement sur les mots nous, vous: Je m'en vais me promener; vous autres, vous irez étudier; nos professeurs nous ont recommandé de bien étudier; nous autres (les élèves paresseux), nous préférons de nous amuser; les anciens ont cru que le soleil tournait autour de la terre; nous autres, nous croyons que c'est la terre qui tourne autour du soleil.—Les Wallons ne sauraient trop se mettre en garde contre l'usage impropre ou vicieux de ces locutions.

Auxiliaire, s. m., prononcez okcilière, (o bref) et non augziliaire.

2. Plusieurs verbes prennent tantôt avoir et tantôt être, selon qu'ils expriment principalement une action ou principalement un état, en d'autres termes, selon que l'on peut faire les questions: qu'a-t-il fait? ou bien qu'est-il devenu, qu'est-il, où est-il maintenant? Ainsi on dit avec avoir et avec être: sa fortune a augmenté rapidement et sa fortune est augmentée du double;—le prix du pain a encore baissé hier et le prix du pain est baissé;—la fièvre a cessé à minuit et la fièvre est cessée depuis hier;—le vent a changé tout à coup et le vent est changé;—les eaux ont crû rapidement et les eaux sont crues;—ce billet a échu hier et ce billet est échu depuis hier;—sa maladie a beaucoup empiré en peu de temps et sa maladie est bien empirée;—son bail a expiré à la St-Jean et son bail est expiré;—cet enfant a bien grandi en un an et cet enfant est bien grandi;—le baromètre a monté lentement et le baromètre est monté;—il a monté quatre fois à sa chambre pendant la journée et il est monté à sa chambre depuis une heure;—son fusil a parti tout à coup (Acad.) et il est parti pour Paris;—la procession a passé dans notre rue et la procession est passée depuis une heure;—il a sorti mais il vient de rentrer (Acad.) et il est sorti mais il va rentrer;—les poètes disent que Vulcain a tombé du Ciel pendant un jour entier (Acad.) et elle releva son enfant qui était tombé.—Les exemples que nous citons ici de l'Académie, ne sont pas à imiter, attendu qu'ils nous paraissent être de véritables exceptions.—On construit également avec avoir ou être les verbes camper, débarquer, décroître, dégénérer, diminuer, échouer, embellir, enlaidir, grossir, hausser, vieillir, etc.

Avant, Devant.Avant, se dit du temps: je suis parti avant vous;—devant se dit du lieu, de la situation: placez-vous devant votre condisciple, devant cette porte.

2. Ne dites pas: avant que je parte, j'irai vous voir; dites: avant de partir...

3. Avant que, d'après l'Académie, n'est jamais suivi de la négative: j'irai le voir, avant qu'il parte; sauvons-nous avant que l'orage vienne; et non avant qu'il ne parte, avant que l'orage ne vienne.

4. Ne dites pas: avant que faisiez-vous; dites auparavant, autrefois, avant cette époque, etc.: avant, étant préposition, doit toujours être suivi d'un complément.

Avant de, Avant que de.—On dit avant de ou avant que de: avant de venir, ou avant que de venir, (Acad.); les athlètes se frottaient d'huile, avant que de lutter. (Id.) Ajoutons pourtant que avant de est préférable, et que avant que de nous paraît suranné.