Proportionné, proportionnément, proportionnel, proportionnellement.—Ces deux derniers sont des termes de mathématiques et ne se disent qu'en parlant des quantités, des grandeurs, des nombres: quantités proportionnelles; échelle proportionnelle; réduire proportionnellement un grand dessin à un petit;—la récompense fut proportionnée au service; il n'a pas été récompensé proportionnément (et non proportionnellement) à son mérite.—Ti se prononce comme ci dans ces mots et dans proportionné, proportion, proportionalité.
Propre, adj.—Il a un sens différent selon qu'il est placé devant ou après le substantif: mon propre habit indique l'habit qui m'appartient; il n'est pas question ici de propreté mais de propriété.—Mon habit propre, indique l'état de propreté de celui-ci.—Les propres termes d'une lettre sont les mêmes mots, sans y rien changer, rapportés fidèlement;—des termes propres sont des termes qui expriment nettement la pensée, et conformément aux règles de la langue.
2. Lorsque propre signifie, bien net, bien lavé, bien nettoyé, etc., il se met après son substantif: apportez-moi une assiette propre; voici un verre propre, vous avez des mains propres.—Lorsqu'il signifie, qui appartient en propre, dont on est possesseur, il se place ordinairement devant le substantif: vous avez mes propres gants; il a été blessé par son propre cheval.
3. Ne dites pas, vous êtes si propre avec cette robe; dites, vous êtes si bien avec cette robe. (Wall.)
4. Ne dites pas, c'est du propre que vous avez fait là; dites, c'est une belle affaire, une jolie équipée, un beau tour, une belle besogne, selon le sens.
5. Ne dites pas, c'est du propre pour cela est mal, ni je suis propre pour signifier, que vous avez reçu un malencontre.—Prononcez pro-pre et non pro-pe ni pro-père.
Prorata (au), à proportion, à raison de: au prorata de sa fortune;—ne dites pas à prorata.
Proroger, Prolonger (prorogation, prolongation).—Proroger, v. a., c'est prolonger le temps qui avait été pris, qui avait été donné pour quelque chose: on a prorogé le délai qu'on lui avait accordé; dans cette acception, il a à peu près le même sens que prolonger.—Proroger, en terme de législation politique, signifie suspendre les séances des Chambres par un acte de l'autorité royale, et en remettre la continuation à un certain jour: le roi a prorogé les Chambres jusqu'au premier mars.
2. Prolonger, v. a., veut dire, faire durer plus longtemps, rendre de plus longue durée: prolonger la guerre, prolonger sa vie.—Voyez [prolongation, prolongement].
Prose, s. f., discours non assujetti à la mesure, tout ce qui n'est pas vers: prononcez prô-ze (ô long) et non pro-ze ni prô-ce.